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Mon animal me parle : les dessous de la communication animale

Communiquer, c’est aimer, c’est vouloir partager, transmettre, apprendre, donner. On ne peut pas communiquer avec un animal sans avoir cette notion à l’esprit.

En période de confinement, nous avons particulièrement été contactés par des propriétaires désireux de connaître l’état émotionnel de leur animaux. Il s’agissait pour la plupart de propriétaires de chevaux qui ne pouvaient plus aller voir leurs équidés, mais aussi de chiens.

Cet engouement a mis en exergue l’intérêt des personnes pour le bien-être et la considération animale et leur ouverture d’esprit en ce qui concerne des choses aussi impalpables que la communication animale. Chaque communicant a sa propre façon d’expliquer ce qu’est la communication animale. Certains s’appuient sur une approche très spirituelle ou métaphysique, d’autres s’appuient sur l’inter-connectivité des éléments. Chaque élément du vivant faisant partie d’une chaine unique. Nous nous impactons tous et sommes tous reliés d’une façon comme d’une autre. C’est le point de vue que je partage.

Tous reliés, tous dans le même système

Toutes les femmes qui sont mères, seront d’accord pour dire qu’un lien spécial uni la maman à son nouveau né. Il n’a pas besoin de parler pour se faire comprendre. Une maman comprend son bébé, comme si une acuité spéciale avait été créée pour l’évènement. Une mère ressent son enfant. Cette affirmation est valable pour l’ensemble des mammifères, bon nombres de reptiles et la majeure partie des oiseaux.

Les insectes tels que les termites, fourmis ou abeilles ont aussi élaborés un système de communication extra-sensoriel. En plus de communiquer entre individus de la même espèces, les insectes sont capables de communiquer avec d’autres espèces et aussi avec leur environnement végétal. Des études ont montré des relations étroites entre des fournis et l’habitat qu’elles occupaient, ainsi qu’avec les pucerons qu’elles élevaient pour le miellat.

Les animaux vont choisir leur habitat en fonction des vibrations du lieu. Ils vont considérer le nourriture que le lieu peut conférer, mais aussi les aspects sécuritaires et vibratoires, que ce soit un terrier, un arbre, un nid au sol ou dans une cavité rocheuse. Ils vont ressentir l’endroit et savoir s’il est approprié pour une nidification.

Les animaux sont sensibles aux lignes telluriques, aux magnétismes, aux vibrations de la planète. Ils ressentent les évènements, préviennent d’un danger – ils ont cette sensibilité consciente, une intuition, une sensorialité exacerbée. Dans de nombreuses confessions ou approches spirituelles, on parle de connections. Comme si tous les êtres vivants étaient interconnectés, reliés par un fil invisible.

Cette théorie est de plus en plus étudié dans le développement des réseaux et la communication entre végétaux. Les plantes avaient inventé « internet » bien avant les hommes. Le réseau est composé de minces filets de champignons que l’on appelle mycélium. La relation des racines des plantes et des champignons est appelée « mycorhize ». Elle est bénéfique pour les deux parties concernées : les plantes fournissent des glucides aux champignons et en échange, les champignons fournissent de l’eau et des nutriments (phosphore et l’azote). Ce réseau fongique permet aux plantes de s’entraider dans leur croissance et leur épanouissement.

L’étude menée par David Johnson, diplômé de l’Université d’Aberdeen, et son équipe montre que les fèves utilisent également le réseau fongique pour intercepter le danger imminent sur une autre plante. Quand les pucerons affamés se nourrissent sur les feuilles de l’un des pieds de fève, les plantes reliées via le mycélium, ont commencer à excréter leur défenses chimiques anti-pucerons, alors que les pieds qui n’étaient pas reliés n’ont eu aucune réaction.

De nombreuses études ont ouvert de nouvelles perspectives dans la compréhension des plantes et leurs réactions à leur environnement, et leur transmission d’information. Les plantes apparaissent comme étant loin d’être des organismes figés qui ne font que prendre la lumière et dégager du CO2. Elles interagissent avec les animaux qui les entourent, et les stimuli visuels et sonores. Véritable acteurs du système, les plantes communiquent avec les animaux. Ainsi, quand une plantes ressent un stress par manque d’eau ou coupure de leur tige. Elles émettent des sons détectables par d’autres organismes présents à quelques mètres d’elle, insectes ou petits mammifères. Ainsi les papillons ne pondraient pas leurs œufs sur une plante dont ils perçoivent le stress dû à un manque d’eau.

Le ressenti émotionnel

Si les insectes ou petits mammifères parviennent à percevoir les messages des plantes, on peut alors aller un peu plus loin dans le développement de notre approche sur la communication animale.

Si on s’accorde à dire que nous sommes tous reliés, sans en avoir conscience. Quand une personne adopte un chien, un chat ou tout autre animal, l’inter-connectivité existe déjà de façon inconsciente. Nous allons tisser des liens relationnels conscients avec notre animal, qui vont venir s’ajouter aux liens d’inter-connectivité.

Les liens que nous allons créer vont vibrer dans un « nouvel état », un nouveau niveau de vibration, car nous allons y mettre une partie de notre émotionnel et l’animal met une partie de son émotionnel aussi. Nous créons une sorte « d’harmonique émotionnelle ». C’est comme si nous faisons vibrer différentes cordes d’une guitare pour créer un accord. Si les individus s’accordent bien, on dira qu’il y a accord parfait, sinon, nous pourrons parler de dissonance.

Quand deux individus – quelque soit leur sexe, espèce – établissent des liens avec un rapport émotionnel fort, chaque protagoniste va être capable de ressentir à un moment donné, l’état émotionnel de l’autre. On voit ça dans des couples qui ont passé bons nombres d’années ensemble, mais aussi entre un humain et son chien ou son chat. Son animal n’a pas eu besoin de s’exprimer, l’humain sait ce qu’il veut. En plus d’un décryptage comportemental, il a ressenti les vibrations émotionnelles de son compagnon à poils. Tous les propriétaires d’animaux empathiques connaissent cette sensation : comprendre ce que nous dit l’animal, ressentir sa demande, ses besoins et parfois sa détresse.

Comment se fait-il que le communicant puisse ressentir ce que lui envoie un animal qu’il ne connait pas ?

Profession Communiquant

Si le fait qu’une personne puisse comprendre son chien ou son chat, est un fait acquis, comment expliquer qu’une personne n’ayant aucun lien avec l’animal puisse alors entrer en communication avec lui ?

Nous avons expliqué précédemment qu’une interconnexion existe entre les être vivants. Que des plantes peuvent communiquer entre elle par un réseau fongique, qu’elles communiquent avec les insectes par des sécrétions chimiques, des signaux visuels et sonores. Et les animaux communiquent entre eux aussi, intra et inter espèces. Les témoignages d’animaux venant en aide spontanément et sans motivation autre que l’empathie ornent les réseaux sociaux tels que YouTube, Facebook, et autres : un hippopotame connu pour leur agressivité qui va aider une jeune antilope à sortie d’une rivière avant de se faire dévorer par un crocodile ; un chien qui va aider un chat tomber dans un trou. il y a eu une histoire aussi, ou une lionne adopte et protège une jeune impala.

Comment expliquer ces phénomènes contre-nature, si on ne considère pas l’empathie, l’intelligence émotionnelle des animaux, mais pas seulement. Une lionne peut faire preuve d’empathie en ne dévorant pas une jeune antilope, mais irait-elle jusqu’à la protéger si un lien très spécial ne s’était pas créé entre les deux animaux ? Ce lien doit même être plus fort que l’instinct de prédation. L’impala a dû communiquer sa détresse à la lionne, qui a laissé parler son instinct maternel, plutôt que celui de prédateur. Cette lionne a été réceptive aux vibrations et harmoniques de l’impala car elles étaient toutes les deux au diapason à ce moment là, « sur la même longueur d’ondes ».

Et c’est précisément ce qu’il se passe entre un communiquant et un animal. Le communiquant va se mettre sur la même longueur d’ondes vibratoires que les animaux avec qui il va communiquer. L’affect ne rentre pas en compte. Le communiquant ne va pas avoir besoin d’avoir tissé des liens affectifs avec l’animal. Ce qui est en contre partie indispensable, est que sa démarche se fasse dans la bienveillance la plus totale pour créer une harmonie émotionnelle, comme évoquée plus haut.

Grace à un apprentissage, mais aussi de la patience et de la pratique, nous sommes tous en mesure de communiquer avec les animaux. Il faut apprendre les méthodes et se connaitre aussi pour savoir gérer son émotionnel et ne pas laisser son mental prendre le dessus.

Comment les communicants recoivent-ils les informations ?

La première étape consiste à apprendre à adapter nos vibrations sur le canal des vibrations des animaux. Les humains sont trop dans le mental et la réflexion. Ils faut apprendre le lâcher prise, la relaxation et la méditation au préalable, pour faire « taire le mental » et ouvrir nos canaux sensoriel.

Ainsi certains communicants vont recevoir les informations sous forme d’images, d’autres sous formes de sons ou de sensations tactiles, et bien entendu, sous forme de pensées qui ne leur appartiennent pas.

La pratique va permettre aux communicant débutants de savoir faire la différence entre ses propres pensées et celles des animaux. Dès lors que le message est reçu, l’autre exercice périlleux va être de ne pas faire d’interprétation et de restituer le message tel qu’il a été donné. C’est une spécialité humaine que d’interpréterles informations qui nous ont été transmises, les faire passer dans nos filtres cérébraux et les rendre avec notre perception. Or, il faut se discipliner à ne pas le faire pour rester fidèle au message initial, ou bribes de messages reçus. Ce qui n’a pas de sens pour nous, peut en avoir pour l’humain de l’animal. Nous ne devons pas « déformer  » le message reçu.

Pour illustrer, lors d’une communication, un chat montre de l’herbe et du poisson. Le communiquant dit au propriétaire du lapin: « il veut de l’herbe à chat pour se purger et il veut du poisson ». Le propriétaire surpris, dit que son chat n’aime pas le poisson. Le communicant insiste, et bien entendu, le propriétaire va chercher du poisson et de l’herbe à chat. Sauf que le chat fait une allergie à l’herbe à chat et ne mange pas le poisson, car il n’aime pas ça. Le communicant a eu une partie de l’information et a interprété que le chat en faisait la demande. Le propriétaire avait l’autre partie de l’information : mon chat n’aime pas ça. Mais il s’est laissé influencer par le communicant. Ce que le communicant aurait du faire, c’est dire « l m’a montré de l’herbe et du poisson », le propriétaire aurait répondu naturellement « bizarre, il n’aime pas ça. ». Ainsi le communicant aurait compris que le chat avait un vrai problème avec ses deux éléments.

Les interprétations peuvent être de vrais ennemis.

Communiquer, c’est aimer

Communiquer avec un animal doit se faire exclusivement pour aider l’animal, intervenir pour gérer un problème, l’écouter, comprendre ces motivations ou son manque de motivation. Le communiquant professionnel est un thérapeute à part entière. Il doit adopter une déontologie et une éthique. Bon nombre de communicants / communicateurs ont une démarche mercantile, où l’appât du gain face au désarroi des propriétaires a prit le dessus sur la déontologie ; comme dans beaucoup de professions liées à la santé et au bien-être, me direz-vous.

Pendant le bisous, mon chien s’est lis à bailler… il en avait marre de mes bisous

Communiquer, c’est aimer, c’est vouloir partager, transmettre, apprendre, donner. On ne peut pas communiquer avec un animal sans avoir cette notion à l’esprit. Un animal, quel qu’il soit, est dénué de vice ou mauvaises pensées (sans parler de prédation ou de lutte à mort pour la survie). Un animal ne cherchera jamais à nuire. Il est dans ce que l’on appelle l’amour inconditionnel. Vouloir communiquer avec lui, c’est tendre aussi à cet amour inconditionnel. On ne peut communiquer avec les animaux que si nos intentions sont louables et justes.

Il faut apprendre à communiquer avec les animaux, car ils ont beaucoup de choses à nous dire et à nous transmettre, à commencer par leur volonté de partager leur environnement avec nous et coexister pacifiquement. Ne faisons-nous pas partie du même monde ?

Corine Gomez, Comportementaliste animalier

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