Pratiquer l’analyse comportementale, c’est apprendre à décrypter les comportements d’un animal en utilisant des outils inspirés des thérapies humaines. Nombre de techniques existent, telles que la thérapie cognitivo-comportementale ou TCC, les thérapies systémiques, programmation neurolinguistique ou PNL.
Le comportementaliste doit maîtriser sa communication non-verbale, c’est-à-dire toute les attitudes, mimiques, gestes qui parlent à sa place, souvent involontairement.
Les propriétaires d’animaux arrivent souvent avec un problème lourd à porter, une culpabilité, à la recherche d’une solution et d’un espoir. Le thérapeute comportementaliste se doit alors d’une écoute neutre, par laquelle il doit être capable de se détacher de ses propres émotions.
Son moto doit d’être l’empathie. L’empathie consiste à comprendre et admettre les émotions et les représentations de l’autre, donc à pouvoir « se mettre à sa place », sans pour autant se laisser envahir par ses émotions. Le propriétaire doit se sentir écouter et compris, sans jugement.
La passation d’informations
Le thérapeute a besoin de collecter un maximum d’information, auprès du propriétaire. Les réponses doivent être les plus transparentes possibles et ne pas être bloquantes.
Tous les membres de la famille doivent pouvoir s’exprimer et donner leur avis sur l’animal, son trouble, et la consultation. Tous doivent contribuer pour montrer qu’ils sont parties prenantes.
La sémiologie comportementale
La collecte des symptômes est une phase cruciale.
L’observation de l’animal en liberté dans son environnement ou dans une salle de consultation, a débuté dès le début de la consultation. Cela permet d’évaluer la relation entre l’animal et ses propriétaires, son niveau de peur et tout autre comportement notable.
L’observation doit également rechercher les signes physiques du trouble comportemental, des douleurs éventuelles et les capacités sensorielles de l’animal. Il sera également primordial de savoir si un vétérinaire a déjà vu l’animal pour exclure une pathologie physiologique à expression.
La gestion des émotions prévaut sur celle du temps
Même s’il est inutile de poser pléthore de questions superflues, il ne faut pas non plus passer à coté de l’entretient pour aller vite. Il est important de bien comprendre la demande des propriétaires. Car la demande peut parfois être différente du motif de consultation. Elle doit être clairement évoquée et clarifiée par le comportementaliste.
Parfois la demande est multiple, parfois les propriétaires ont du mal à l’avouer ; parfois cette demande est le signe d’une souffrance, d’un appel à l’aide avant prises des décisions et des cas de conscience. Il faut donc y passer le temps nécessaire, soit avant, soit après l’entretien sémiologique, afin de ne pas se méprendre sur l’objectif de la thérapie et d’être sûr que propriétaires et comportementaliste sont bien en phase.
Enfin, il est parfois nécessaire de se raisonner soi-même sur le but à atteindre. Les propriétaires viennent souvent chercher une solution pour mieux vivre avec leur animal,pour restaurer une harmonie familiale. Le but est rarement de rendre l’animal parfait, selon la définition que nous pouvons donner à cette expression : cette notion est très importante.
Diagnostic et prescription
L’énoncé du diagnostic s’accompagne généralement d’un recadrage du trouble : le comportementaliste explique l’origine et les causes du trouble, en corrigeant l’analyse élaborée par les propriétaires.
Un exemple classique est d’expliquer que le chien (ou chat) n’a pas « été battu » mais a été victime de mauvaises conditions de développement, associées à une susceptibilité individuelle (et non liée à la race) : ces deux paramètres ont généré un syndrome de privation. Ce type d’explication doit être prononcé sans pour autant enfoncé les propriétaires dans un vocable incompréhensible
Dernière étape : Le pronostic et le traitement
Il est important d’expliquer de façon simple le chemin à prendre pour arriver à un résultat de gestion des troubles satisfaisant et attendu. Les propriétaires doivent être avertis du temps nécessaires et de leur investissement personnel, sans compter l’aspect financier.
Leur consentement doit être acquis. La mise en application de la thérapie comportementale doit être réaliste et réalisable : 3 à 4 mesures par consultation semblent souvent un maximum à l’acceptation.
Trop de mesures poussent les propriétaires à ne réaliser que les mesures les plus simples et pas forcément les plus significatives.
Il est important d’expliquer l’impact de ces mesures, pour que les propriétaires comprennent leur importances, comment elles vont intervenir dans le processus et à quelles vitesse.
Un compte rendu écrit doit être fourni. Ce compte rendu viendra sceller l’accord entre le comportementaliste et les propriétaires. Il servira de feuille de route aussi, il doit être très clair. Les mesures ne sont pas toujours très évidentes pour les propriétaires. Un document écrit peut permettre de détailler les mesures de façon plus claire, avec un peu plus de recul.
La prescription :
La prescription de des psychotropes est formellement interdite pour les comportementalistes. Cela ne peut être fait que par des vétérinaires. Fonction de la psychopatholopgie, le comportementaliste devra diriger les propriétaires vers un vétérinaire qui pourra dispenser une prescription médicale si besoin, et gérer quant à lui, la thérapie comportementale, et s’assurer de la synergie. A l’issue de la consultation, la mise en place d’un suivi formalisé (calendrier fixant les dates des suivis téléphoniques et des consultations suivantes) semble associée à de meilleurs résultats : si les améliorations, étape par étape, ne sont pas différentes, la formalisation du suivi est en revanche associée à une meilleure satisfaction du client. Or c’est sa satisfaction qui génère son assiduité, et qui va permettre d’aller « au bout » d’une thérapie qui, comme nombre d’autres maladies, nécessitera le plus souvent quelques mois pour obtenir rémission ou stabilisation. L’alliance thérapeute / propriétaire est la clé de la réussite.