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« Les Emotions Animales » : le 18 Novembre 2018 à Villeneuve Loubet

Le Centre Kami organise la première conférence sur « Les Emotions Animales », le 18 Novembre 2018, dans la salle Irène Kenin du Pôle Culturel Auguste Escoffier à Villeneuve Loubet (06270, dans les Alpes Maritimes), en partenariat avec la Ville de Villeneuve Loubet.

L’objectif de cette conférence, est de discuter avec l’auditoire, des 5 émotions de base, que tous les mammifères sont capables de ressentir , comme décrite par Charles Darwin, il y a 150 ans en arrière : la joie, la colère, la tristesse, la peur, la surprise et le dégoût.

Si la plupart des scientifiques s’accordent à reconnaître que les animaux sont pourvus d’émotions, il est important que professionnels des métiers animaliers et propriétaires d’animaux soient informer sur le fonctionnement émotionnel et cognitif des animaux, et les méthodes thérapeutiques, pouvant les aider dans leurs relations avec les animaux. Divers intervenants, experts du monde animal, viendront partager leur expérience des émotions animales.

Portraits des intervenants

yolaine de la bigneYolaine de La Bigne :  journaliste française de presse écrite et de radio. Elle est également l’auteur de plusieurs livres. Sensibilisée à la nature, elle prend réellement conscience de l’urgence d’agir et se lance dans diverses actions pour défendre l’environnement : replanter des haies bocagères, tenir la page « Ecolo-J » dans le magazine Jonas (2001), écrire des chroniques radio « Les bonnes nouvelles de l’environnement » pour Nature et Découvertes diffusées sur une centaine de radio-locales (2006), créer la Fêt Nat’ (dès 2006 : fête de la nature et de l’écologie sur Paris avec défilés de mode, ateliers de recyclage, spectacle…), un événement qui lui vaut d’être Femme en or 2007…  Elle publie L’Agenda vert 2009 chez Arthaud et lance en 2007 le premier gratuit sur l’environnement, Néoplanète (qui paraît jusqu’en 2014), avec un site et une web-radio. Elle fonde en août 2016 « L’Université d’été de l’animal », qui a pour objectif de réunir chaque année les meilleurs spécialistes de l’intelligence animale et de communiquer leurs découvertes au grand public.

Quelques publications :

  • Quelle époque épique, éditions Hors Collection, 1993
  • L’Agenda vert, éditions Flammarion, 2008
  • Le bon sens, c’est le bonheur ! éditions La Martinière, 2010
  • L’animal est-il l’avenir de l’homme ? L’intelligence animale par les plus grands experts (dir. d’ouvrage), Éditions Larousse, 2017 (ISBN 978-2-03-593076-7)

Joy fromentalJoy Fromental : aventurière de la vie, dont tous les actes et les chemins vont vers le mieux-être des êtres vivants et de la nature. Après avoir apporté son soutien à différentes ONGs et associations humanitaires entre l’Europe et l’Amérique latine, Joy a décidé de développer ses sens et son savoir en découvrant la pranathérapie : une méthode de soins qui permet de soulager les troubles physiques et émotionnels grâce à l’énergie du Cœur, et la Déprogrammation : passer par l’inconscient, pour changer les croyances et redevenir qui nous sommes vraiment au plus profond de nous.
Joy a multiplié des rencontres qui l’ont conduite à « réveiller » ses capacités naturelles à communiquer avec les animaux. Aujourd’hui Joy se risque à s’élever et ouvrir son esprit xà d’autres approches thérapeutiques, et d’autres techniques de guérisons.from joy-logo-high-res

Elle communique et rencontre des animaux -plus ou moins- sauvages et écoute leurs messages pour ensuite transmettre et partager !
Présidente de L’association From Joy to Animals, Nature, Earth (FJANE)

miaMia Berggreen Nielsen : Photographe animalière française qui photographie les chevaux et les hommes en communion. Fascinée par les animaux depuis toujours, Mia consacre sa vie à les magnifier à travers son objectif. Ses photos parlent de l’authenticité, et de la beauté animale vraie. L’instant saisi, la lumière spéciale, le pas des chevaux… on pourrait presque sentir la poussière… Mia est une artiste qui raconte la vérité sur cette relation étroite qu’entretienne l’homme et l’animal.

nathalie schindelmanNathalie Schindelman : Fondatrice de ViA’nimaux et intervenante professionnelle diplômée en médiation animale. Intervenante en Médiation Animale », Nathalie Schindelman suit un cycle de formation Management de projets option Zoothérapie, ainsi qu’une formation organisée par Medianimal : le chien en zoothérapie (mai 2016)

Ses publications :

  • Moi, animal, 200 gr, JE PEUX VOUS AIDER, en 2017

Programme :

09h00 : Ouvertures des portes
09h30-09h45 : Monsieur le Maire, Lionel Luca, Discours d’inauguration
09h45 – 10h00 : Présentation d’ouverture
10h00 – 10h45 : La médiation animale : Passeur d’émotions, Nathalie Schindelman 
11h15 – 12h00 : La communication animale ou l’éveil à la sensibilité des animaux, Joy Fromental 
14h00 – 14h45 : Les émotions des animaux à travers l’objectif, Mia Berggreen Nielsen 
15h15 – 16h15 : L’intelligence animale, Yolaine de la Bigne 
16h30 – 17h00 : Discours de clôture

A qui s’adresse cette conférence :

Cette conférence s’adresse à tout public : adultes, enfants, professionnels, particuliers,… Elle sera une opportunité d’éclairer sur la perception que nous avons des émotions animales et ce qu’il en est. Les intervenants nous livreront une ouverture sur :

  • la sensibilisation et la conscience des émotions et des capacités cognitives des animaux.
  • la réflexion pour modifier nos façons d’interagir avec les animaux, pour le bien-être des animaux humains et non-humains.
  • une nouvelle vision et considération pour vivre de façon plus harmonieuse en renforçant les liens avec notre environnement.

Pour les enfants… et les grands enfants aussi !

Tout au long de la journée, des ateliers coloriages et « Découverte de l’animal » seront au rendez-vous sur le stand de l’association « Les Patounes ».

Les enfants pourront rencontrer Nathie de l’association et aussi Nini, son adorable chienne et ses lapins. Nini et les lapins adorent être caresser et brosser.

Dans l’après midi, Claire de « Poils et Plume », expliquera comment il faut s’occuper d’un animal domestique peu et mal connu : le furet !

Victoria de l’association « Pawsitiv’Alie » fera une démonstration d’obérythmée avec son berger australien Alie, à 11:00 et une seconde à 15:00 !

Les partenaires, sans qui rien n’auraient été possible:

L’association Pawsitiv.AliePawsitiv'Alie
Association Les Patounes L’association From Joy to Animals,Nature, Earth 

Poils et plumes Poils et Plumes 06 L’atelier du foumilier
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Qu’est-ce que la Sentience Animale?

Article de Musky, parue le 3 Janvier 2017  « Cruelty Free Lifestyle. org » – traduction C. Gomez

Qu’est-ce que la sentience animale?

Si vous venez de commencer à faire des recherches sur le droit des animaux, vous avez probablement rencontré ce terme : «sentience animale». Bien qu’il soit utilisé assez souvent, le concept et son importance ne sont pas toujours bien expliqués. C’est pourquoi nous avons décidé d’explorer le concept plus en profondeur aujourd’hui, pour vous aider à prendre des décisions éclairées en ce qui concerne votre point de vue éthique. Bien que cela soit censé être un article éducatif, je veux vous donner mon opinion personnelle sur la sensibilité des animaux.

Ce numéro est «L’éléphant dans la pièce» et vient de l’Université de la blague évidente! Vous entendrez sans doute le classique, l’argument «Les plantes ont aussi des sentiments», utilisé par les personnes qui doivent justifier la cruauté envers les animaux (généralement propagée par l’industrie de la viande!).

Donc, voici une expérience amusante à essayer si vous avez le moindre doute …

Courez vers un mouton et criez « BOUHH ». Le mouton va s’enfuir. Maintenant, montez à une plante et criez « BOUHH ». Est-ce qu’il s’enfuit? Evidemment, c’est une explication très simpliste.

cow-cflorg
Si vous êtes préoccupé par le traitement éthique des animaux, je vous invite à lire le document « Unconscious machines or sentient beings ? », car les informations fournies vous indiqueront la voie à suivre, ainsi que les racines de nombreux problèmes éthiques que nous rencontrons aujourd’hui.
Alors asseyez-vous, versez-vous une tasse de thé et profitez du voyage dans les basiquess du droit des animaux.

Qu’est-ce que la sentience animale?

Tout d’abord, il est important de comprendre un concept plus large avant de le lier aux droits des animaux.

Selon Oxford Dictionaries, être sensible signifie être « capable de percevoir ou de ressentir des choses ». Donc, bien sûr, les humains sont des êtres très sensibles, mais qu’en est-il des animaux?

La sentience animale expliquée

Il existe une définition très bien établie pour la sentience animale. Un animal sensible est «capable de prendre conscience de son environnement, de ses relations avec les autres animaux et les humains et des sensations dans son propre corps, y compris la douleur, la faim, la chaleur ou le froid». En d’autres termes, un animal sensible est « un être qui a des intérêts; c’est-à-dire un être qui préfère, désire ou veut. » Tout comme les humains, les autres êtres sensibles, y compris – mais sans s’y limiter – tous les mammifères et oiseaux, évitent la souffrance et recherchent des expériences heureuses et positives. L’interprétation principale de ce concept, approuvée par un groupe international d’éminents neuroscientifiques, a définie la Déclaration de Cambridge sur la conscience de 2012, qui confirme que les animaux ont les « substrats neurologiques générateurs de conscience ».

Pourquoi est-il important de prendre en compte la sensibilité des animaux?

Le fait est que si vous êtes ici, vous le considérez probablement déjà, car quelque chose vous a amené ici, pour en savoir plus sur l’éthique animale et les pratiques cruelles modernes, telles que l’élevage industriel et les tests de produits cosmétiques sur les animaux. Pendant de nombreuses années, dans de nombreuses cultures, les animaux ont été considérés comme des êtres supplémentaires aux êtres humains, et leur valeur était proportionnelle à la façon dont elles étaient exploitables par l’homme. Aujourd’hui, certaines personnes conservent cette approche et, si elles y croient vraiment, il sera impossible de leur faire changer d’avis.

Cependant, si vous êtes ici, vous êtes déjà différent, car quelque chose vous dit que ce n’est « pas juste » de percevoir les êtres vivants et respirants comme des ressources.

Commençons par une histoire!

Qu’on le veuille ou non, si vous pensez aux gens que vous connaissez, chacun a son propre agenda dans la vie, qui peut ou non être différent du vôtre. Vous êtes probablement très conscient de cela, et savez que vous ne pouvez pas justifier moralement de traiter les autres humains différemment parce que leurs intérêts ne correspondent pas aux vôtres.

En acceptant que les animaux soient des êtres sensibles (ce qui est un fait scientifiquement prouvé ), vous reconnaissez également que: Ces êtres ont des intérêts. Leurs intérêts peuvent être très différents des vôtres. Alors, pourquoi traiteriez-vous une créature avec un certain esprit (ce qui signifie que cette créature peut éprouver de la frustration ou de la satisfaction) comme si c’était une ressource?

La seule réponse, qui n’est pas nécessairement convaincante, est « nous le faisons depuis longtemps ».

Bien, peut-être, il est temps d’arrêter!

Les animaux ont des émotions.

Ce n’est pas parce que les animaux ne sont pas capables de signaler verbalement leurs sentiments que ces sentiments ne sont pas présents.

En fait, la science dit le contraire: les ressources scientifiques disponibles aujourd’hui confirment que de nombreux animaux ont une « vie riche et profondément émotive ».

Cela signifie que les émotions agréables, ainsi que le stress et la peur, sont très importants à considérer.

Par exemple, avez-vous remarqué que les animaux aiment jouer?

Les jeunes veaux caressent et frappent des objets juste pour s’amuser, les poulets heureux battent des ailes et les chiens remuent la queue lorsqu’ils reçoivent un traitement.

Tout comme les humains, les animaux apprécient également leur nourriture, leurs interactions tactiles et sexuelles et leur confort de base, comme se détendre à l’ombre par une journée chaude.

Malheureusement, dans la réalité moderne, des millions d’animaux se voient quotidiennement refuser ces expériences de base, sans parler de celles plus sophistiquées. Pour eux, c’est comme passer leur vie entière dans un camp de concentration – ce n’est pas la vie, c’est la survie pleine de souffrance et de douleur, à la fois physique et émotionnelle.

Les animaux sont des êtres sociaux

Les animaux sensibles apprécient les interactions sociales et présentent souvent des structures sociales complexes et des comportements interactifs au sein de leur propre type et entre espèces.

Nier ces liens sociaux avec les animaux entraîne une détresse horrible et une souffrance émotionnelle.

Par exemple, séparer les nouveau-nés de leurs mères est une expérience très traumatisante pour les mères et les bébés – ils pleurent les uns les autres et restent très stressés plusieurs jours après la séparation.

Ne me croyez pas? Vivre à côté d’une ferme laitière. C’est pitoyable d’entendre les pleurs constants de la mère pendant des jours.

Les animaux méritent d’être mieux traités

Malheureusement, les pratiques cruelles mentionnées ci-dessus sont largement répandues et mal réglementées par les organismes gouvernementaux (pour des raisons qui deviennent évidentes lorsque vous faites des recherches sur le sujet).

Nous croyons qu’il est temps de changer et nous espérons sincèrement que vous êtes prêt à vous joindre au mouvement, surtout maintenant que vous savez pourquoi vous aviez ces sentiments suspects envers la cruauté envers les animaux.

Pour finir avec un devis:

Les animaux sont beaucoup plus conscients et intelligents que nous ne l’avons jamais imaginé et, bien qu’ils aient été élevés en esclaves domestiques, ils sont des êtres à part entière.

En tant que tels, ils méritent notre respect.

Référence :

  • Article original « Cruelty Free Lifestyle. org »  03 Janvier 2017

What is animal sentience article, from Cruelty-free lifestyle .org

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Le Bien-être Animal à l’ISN

Le Centre Kami s’est rendu le 5 juin dernier à l’International School of Nice (ISN), avec une représentante des Chats du Mercantour, pour présenter le rôle de bénévole et des associations de la protection animale, ainsi qu’expliquer le comportement des animaux, devant 2 classes d’élèves âgés de 8 à 10 ans.

Lou, une élève de 10 ans, qui est déjà très investie et sensible à la cause animale, a eu l’idée de faire venir des associations de la protection et du bien-être animal dans l’enceinte de son école. Ainsi les Chats du Mercantour et le Centre Kami ont pu sensibiliser une quarantaine d’enfants de 8 à 10 ans sur le comportement des animaux, le respect et les bons gestes à avoir envers eux.

L’ISN est une école internationale et multiculturelle, qui a pour mission d’inspirer et de faire grandir les adultes de demain dans le respect de l’autre et de son environnement. Ce cadre ne pouvait qu’être en adéquation avec les valeurs que nous véhiculons.

Après avoir présenté nos activités respectives, nous avons pu évaluer les connaissances des enfants concernant la vie, les besoins et le comportement des animaux domestiques.

Tous les élèves ont manifesté un grand intérêt et des connaissances intéressantes. Leur enthousiasme s’est vu au travers de leur participation active : tous voulaient répondre au quizz.

Le Centre Kami a eu le privilège de leur décerner un certificat et le livret « Le Guide du Petit Comportementaliste » à chacun des élèves présents. Un excellent moment !

Nous remercions Johanna, la Directrice de l’ISN, qui nous a ouvert ses portes, ainsi que Lou qui a été à l’origine de cette jolie rencontre.

Le Centre Kami intervient dans les écoles, les centres aérés pour faire connaitre les animaux et leur comportement aux enfants. Des interventions à buts pédagogiques et éducatifs, sont dispensés aussi bien en français, qu’en anglais?

Les ateliers pour enfants, organisé par le Centre Kami, reprennent les fondements du comportement animal :

  • Comment un chien, un chat se comporte de façon innée ?
  • Quelles sont les interactions que j’ai avec lui, qui vont modifier son comportement ?
  • Que dois-je faire et ne surtout jamais faire ?
  • Comment mon chien, mon chat peut m’aider à bien grandir ?
  • Ce que j’apprend à mon chien, ce que mon chien m’apprend…
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Souhaitez-vous savoir ce que les chiens font, pensent et ressentent ?

« J’ai des émotions que tu peux comprendre en tant qu’humain, mais j’ai besoin que tu me comprennes en tant que chien. »

Vous voulez devenir un éthologue dans un parc à chien?

Rex arrive au parc canin. Il attend impatiemment que son humain ouvre la porte. Il franchit la barrière et se dirige immédiatement vers un rocher, lève sa jambe droite comme s’il était le « meilleur » des chiens, urine un jet régulier, gratte le sol vigoureusement, se dirige vers la clôture qui entoure le parc, relève sa jambe, projette un peu de pipi, puis regarde autour de lui pour voir qui d’autre est là, ou pour voir fièrement si quelqu’un l’a vu faire ça. C’est la routine de Rex. Cependant, après qu’il ait un peu regardé un peu la seconde fois, si Rex voit son ami Tony, il s’en va, court droit vers lui, fait quelques révérences, et les deux luttent, se mordent l’un l’autre, se poursuivent partout, se ruent sur d’autres chiens et bousculent presque les gens. Ils jouent aussi longtemps que leurs humains le leur permettent. Cependant, si Tony n’est pas là, et Rex regarde les autres chiens qui le regardent, il urine et gratte le sol à nouveau pour s’assurer qu’ils comprennent ce qu’il a fait. Et si un autre chien s’approche et renifle le pipi de Rex et urine dessus, Rex reviendra pour remettre ça dessus.

Cette description de Rex jouant et urinant, est un excellent exemple de ce que à quoi les notes de terrain ressemblent. En effet, les gens dans les parcs à chiens et ailleurs passent beaucoup de temps à observer et à commenter ces comportements. Dans les parcs à chiens, pour devenir éthologues, il faut se concentrer généralement sur le jeu, le pipi, le grattage du sol et les chiens qui observent les autres chiens. Ces comportements sont d’excellents outils pédagogiques car les individus peuvent être identifiés, ils peuvent être vus tout au long de la rencontre, et les actions sont claires et faciles à marquer. Il est également possible de connaître les différences de personnalité entre les chiens observés. Ce clip standard et ce genre d’interactions permettent d’apprendre à devenir de meilleurs observateurs. En principe, nous sommes toujours contents quand les avis se rejoignent sur ce que font les chiens et sur ce que les comportements signifient. Mais les divergences occasionnelles d’opinions sont également instructives. Les gens peuvent voir les choses différemment, et ces différences sont importantes à analyser.

Dans les parcs à chiens ou ailleurs, les gens sont souvent reconnaissants pour ces mini-leçons d’éthologie. Devenir un citoyen éthologue permet de « rentrer» dans la peau d’un chien et de se sentir vraiment plus proche d’eux. Ce sentiment est positif, car les chiens et les humains ne peuvent qu’en bénéficier.

Les chiens sont le rêve d’un éthologue

Lorsque nous observons attentivement les chiens, ce que nous apprenons est une histoire sans fin. Il y a toujours un élément de plus au puzzle expliquant pourquoi les chiens font ce qu’ils font. De plus, pour comprendre les chiens, il n’y a aucun substitut à une observation et à une description soigneuse. Pour les éthologues, observer les chiens dans tous les types d’environnement et de situation est essentiel pour générer des expériences, des modèles et des théories. Pour le compagnon humain d’un chien, observer de près votre propre chien est le meilleur moyen d’améliorer la qualité de vie de votre chien et de soulager le stress que tant de chiens endurent jour après jour.

Il est important de réaliser que pour apprendre ce que c’est que d’être un chien, nous devons, dans un certain sens, devenir un chien. Nous devons essayer d’adopter la perspective d’un chien, même si cela nécessite un saut imaginatif. Quand nous regardons les chiens et d’autres animaux, il est essentiel de voir selon leur propre angle de vision pour finalement comprendre leur point de vue ; de cette façon, nous, les observateurs, devenons les observés.

Pour comprendre ce qu’un chien pense et ressent, nous devons porter une attention particulière aux subtilités de son comportement, qui sont toutes importantes. Et il y a beaucoup de bonnes raisons d’apprendre autant que possible sur le comportement des chiens, y compris l’apprentissage de leurs douleurs potentielles.

Que font les éthologues ?

Les éthologues observent les animaux et posent des questions sur l’évolution et l’écologie des différents comportements. En termes plus élémentaires, l’éthologie c’est l’étude en détails de qui fait quoi à qui, combien de fois, quand et où. Beaucoup de psychologues s’intéressent également au comportement des chiens, mais ils ne prennent généralement pas une vision aussi large, écologique et évolutive du comportement.

Les éthologues se concentrent généralement sur les animaux en liberté plutôt que sur les animaux captifs. Certains chiens sont en liberté et nous pouvons apprendre beaucoup en les regardant, en notant où ils vont, avec qui, et dans quel but, quand aucun humain n’interfère avec leurs choix. Nous pouvons étudier les chiens sauvages tout comme nous étudions d’autres animaux sauvages. Cependant, nous pouvons également étudier les chiens de compagnie dans tous les contextes. Ce domaine d’étude s’appelle l’écologie comportementale des chiens parce que nous pouvons les observer et les étudier dans différentes niches écologiques, y compris dans les chemins où ils peuvent courir, parcs pour chiens, et dans nos maisons, en laisse et détachés, et au cours de leurs diverses interactions : avec d’autres chiens, avec des combinaisons de chiens et de personnes, avec des étrangers, et avec leur famille humaine. L’un des principaux avantages de l’étude des chiens de compagnie est qu’il est possible d’identifier des individus, de les voir interagir avec d’autres chiens identifiables, et de les observer au fil du temps. Quand on étudie d’autres animaux sur le terrain, il n’est pas toujours possible d’identifier les individus de manière fiable ou de les observer sur du long terme.

Il est essentiel de réaliser que le comportement n’est pas seulement quelque chose qu’un individu fait, mais c’est aussi quelque chose qu’un individu a de façon innée, des actions qui peuvent être mesurées. Les modèles de comportement qui perdurent avec le temps (ou entre générations) sont considérés comme des adaptations évolutives. Par exemple, l’arc de jeu est adaptatif car il fonctionne pour initier et maintenir une « ambiance de jeu». Ce geste a été exposé pendant de nombreuses générations, et chaque nouvelle génération continue à l’utiliser.

En pensant et en étudiant le comportement animal de cette manière, l’éthologue Konrad Lorenz a montré comment l’évolution peut influencer une grande variété de comportements, y compris les signaux utilisés pour communiquer la menace et la domination, ainsi que le jeu, parmi d’autres comportements. Auteur de « Man Meets Dog », Konrad Lorenz est souvent appelé le père de l’éthologie, et il est devenu célèbre pour avoir empreigné des canetons et des jeunes. L’importance considérable des recherches éthologiques a été soulignée en 1973 quand, avec Niko Tinbergen, souvent surnommé le curieux naturaliste, Karl von Frisch, pour son travail sur le language des abeilles, a reçu conjointement le prix Nobel de physiologie et de médecine.

Beaucoup de scientifiques qui considéraient leur propre travail comme une « vraie recherche» étaient assez irrités que ce prix sacré soit allé à trois camarades payés pour regarder des animaux. Quoi, créer des expériences de terrain ingénieuses pour étudier le comportement animal – et s’amuser à le faire – n’est pas une véritable recherche ? Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité.

Devenir un chien en parlant couramment le chien

Un éthologiste veut toujours en apprendre plus sur tout ce que font les chiens et pourquoi ils le font, comparer les individus d’une espèce à une autre et à faire des comparaisons inter-espèces pour essayer de comprendre pourquoi il y a des similarités et des différences.

En fin de compte, en devenant vous-même un éthologue, vous pouvez « devenir un chien», ou du moins obtenir une bonne approximation de ce que c’est que d’être un chien ; il s’agit de phénoménologie, un domaine qui met l’accent sur l’importance des expériences directes.

Les modèles d’interaction sociale. Il est important de noter que souvent, lorsque vous observez des chiens ou d’autres animaux, les différentes sortes d’interactions se brouillent terriblement vite. Parfois, il est simplement impossible de savoir qui a initié et qui a mis fin à une rencontre, et quand il y a plus de deux chiens, ou un chien et un humain, cela peut devenir un cauchemar très rapidement. Néanmoins, nous pouvons encore apprendre beaucoup de l’analyse des différents types d’interactions en utilisant cette matrice simple.

Destinataire
Initiateur Chien Humain
Chien 1 2
Humain 3 4

Au cours de votre parcours pour devenir éthologue, vous pouvez créer votre propre matrice ou un ensemble de matrices et remplir les chiffres pour toutes sortes d’interactions. C’est un exercice simple et amusant à travers lequel vous apprendrez beaucoup sur la personnalité de votre chien. Par exemple, est-ce un leader ou un suiveur, un joueur ou plus d’un solitaire ? Quels types d’interactions initient-ils, et quelles sortes de rencontres n’aiment-ils pas particulièrement et essayent-ils d’éviter ? Vous pouvez également découvrir s’ils préfèrent certains chiens plutôt que d’autres, s’ils passent une bonne ou une mauvaise journée, et comment leur comportement change au fil du temps avec des chiens familiers et inconnus et des humains dans différents contextes sociaux et physiques. La liste des choses que vous pouvez apprendre est longue, selon vos intérêts. C’est ce qui rend les chiens si excitants !

Comment mesurer le comportement

En devenant éthologue, vous apprendrez également que les types de données que vous collectez dépendent des méthodes que vous utilisez pour observer des individus ou des groupes d’animaux. Les éthologues essaient d’utiliser des critères et des mesures objectifs lorsqu’ils observent et analysent un comportement. Certaines de ces mesures comprennent :

  • La fréquence : C’est simplement le nombre de fois qu’un comportement est effectué.
  • Taux (fréquence / temps) : C’est un raffinement de la fréquence, en ce que les facteurs de taux dans le temps ou la durée. À quelle fréquence un chien a-t-il un comportement particulier pendant une période donnée ?
  • Intensité : Il est difficile de mesurer l’intensité (ou la concentration) lorsqu’on observe des individus, de sorte que certains chercheurs utilisent souvent ce qu’on appelle l’indice de distraction. A savoir, est-ce difficile d’empêcher un animal de faire quelque chose ? Ainsi, par exemple, quand un chien se promène avec le nez coincé au sol, il est parfois presque impossible d’attirer leur attention. L’intensité est une mesure subjective, mais elle peut être rendue un peu plus objective en mesurant la force d’une odeur, l’intensité du bruit requis et le temps qu’il faut pour attirer l’attention de l’individu.

Construire un éthogramme, ou un menu de ce que font les chiens

La façon la plus simple de devenir un chien ou un autre animal est de passer du temps à les regarder. Il est incroyablement instructif de simplement les observer courir librement, ou presque, comme dans les parcs à chiens et sur les sentiers où ils sont autorisés à courir et à explorer par leurs propres moyens. Cependant, l’observation des chiens pendant qu’ils marchent attachés par une laisse à un humain fournit également des données. Et, il est presque aussi important de regarder les gens qui sont avec les chiens. Le résultat de ces observations serait une liste de modèles de comportement appelés un éthogramme. Cette liste est juste cela, un menu descriptif de ce que les chiens et les humains font sans interprétation ou explication de pourquoi ils le font. Les actions peuvent être décrites par leurs caractéristiques physiques – à quoi elles ressemblent – telles que les postures, les gestes, les expressions faciales et la démarche, ou par leurs conséquences, telles que l’orientation d’un individu vers des objets ou des individus dans l’environnement, qui conduisent à l’accomplissement d’une tâche ou à un résultat.

Développer un éthogramme, ou un menu de ce que font les animaux, est la partie la plus importante d’une étude comportementale. C’est une grande expérience d’apprendre comment les animaux agissent. Certains modèles de comportement comprennent l’approche d’un chien à d’autres chiens (vitesse et orientation); la morsure dirigé vers différentes parties du corps; intensité mordante (inhibée et douce, ou dure et accompagnée d’une secousse de la tête ou non); rouler dessus; se tenant sur; le menton au repos, le jeu sollicitant; auto-jouer; uriner et la posture utilisée; cacaoyer; grondement; aboiement; gémissements; approcher et se retirer; pawing dirigé vers différentes parties du corps; position de l’oreille; position de queue; démarche; etc.

« Alors, que faire de toute cette recherche éthologique pour moi et mon chien ? »

Permettez-moi de terminer en considérant une question : « Alors, qu’est-ce que toute cette recherche éthologique fait pour moi et mon chien ? » Il est important de sortir de notre tour d’ivoire et d’entrer en piste. Trop de chercheurs et d’éducateurs canins observent les chiens dans un système type « laboratoire » ou quand les chiens sont au travail, mais ils doivent aussi aller dans des endroits où les chiens sont promenés et autorisés à courir librement. Les parcs pour chiens sont d’excellents endroits pour étudier le comportement des chiens.

Il est également important de se référer à la science citoyenne dans la recherche sur les chiens et entendre ce que les autres pensent des chiens que nous observons ensemble. La science en général, et l’éthologie des chiens en particulier, ne pourront être améliorées et croître grâce aux efforts des scientifiques citoyens. Brian Hare, expert en chiens de l’Université Duke, mentionne : «À l’avenir, les scientifiques citoyens produiront des ensembles de données utiles qui testeront les hypothèses et répondront aux questions en complément des techniques de laboratoire conventionnelles utilisées pour étudier la psychologie canine. »

En fin de compte, notre objectif commun est d’utiliser ce que nous savons pour rendre la vie des chiens, avec qui nous partageons nos maisons et nos cœurs, la meilleure possible. Je suis également sûre que pendant que nous surveillons les chiens, ils nous observent attentivement et apprennent notre comportement. Eux aussi ont besoin d’apprendre sur le comportement de leurs humains et d’autres humains afin de mieux s’adapter à notre monde.

Dans «Learning to Speak Dog Part 4: Reading a Dog’s Body », il est mentionné: «Étudier le comportement d’un chien et les observer interagir avec le monde, peut être un spectacle fascinant, surtout si vous savez ce qu’il faut rechercher. Cela peut être utile pour apprendre à lire le langage corporel de votre chien, le comprendre et avoir une idée de ce qu’il ressent, de son humeur et de ce qu’il essaie de dire, il vous aidera à éviter les problèmes potentiels et à diffuser ceux qui existent déjà. Cela peut vous aider à mieux vous connaître, et vous apprendrez une nouvelle langue. « 

20160921_164514Je ne pourrais pas être plus d’accord. En apprenant sur le comportement des chiens et en parlant couramment le chien, vous aiderez le chien ou les chiens avec qui vous vivez à profiter pleinement de la vie. En outre, ces informations peuvent être utilisée pour améliorer vos relations avec votre chien et d’autres – un gagnant-gagnant.

Prenez part aux discussions sur la fascinante vie sociale, cognitive, émotionnelle et morale des chiens. De nombreuses recherches sont menées dans le monde entier, et presque chaque semaine, nous en apprenons davantage sur le comportement de nos compagnons canins et sur leurs motivations, ce qu’ils savent et ce qu’ils ressentent, comment fonctionnent leurs sens et leurs cerveaux, et comment ils négocient leurs mondes sociaux, y compris leurs interactions avec d’autres chiens et humains.

Corine Gomez

Revue d’Article – Marc Bekoff

References

  1. Bekoff, Marc. Canine Confidential: Why Dogs Do What They Do. Chicago: University of Chicago Press, 2018.
  2. Also see: Canine Confidential: Why Dogs Do What They Do and Mark Derr’s An Eminent Ethologist Elucidates Dogs
  3. Stewart, Laughlin et al. Citizen Science as a New Tool in Dog Cognition Research.” PLoS One, 2015. 
  4. Learning to Speak Dog Part 4: Reading a Dog’s Body : https://thelabsand.co/learning-to-speak-dog-part-4-reading-a-dogs-body/
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Levée de fond pour « Le Guide du Petit Comportementaliste »: votre contribution est cruciale

« Aimer les animaux, c’est faire en sorte que les adultes du futur les respectent; Pour cela il faut les éduquer aujourd’hui » 

Nous avons créé des ateliers éducatifs pour enfants, dans le but de leur enseigner les bases du comportement animal, les bons gestes et le respect envers les animaux. Ces ateliers se veulent ludiques et pédagogiques : des quizz, des jeux de rôles et des cas à traiter… comme de vrai comportementaliste.

Nous avons développé pour les besoins de nos ateliers, « le Guide du Petit Comportementaliste« .

guide PC couverture

Il s’agit d’un livret qui traite de façon éducative du chien, du chat, du furet et des rongeurs familiers, avec 3 axes majeurs :

La prévention : prévenir des accidents qui incluent les animaux et les enfants, et qui peuvent être dramatiques pour tous.

Le respect de l’autre : voir l’animal différemment et comprendre qu’un animal a des besoins vitaux à respecter

L’élargissement des connaissances : en appendre plus pour mieux comprendre

Pour finaliser le projet, nous avons besoin de soutien financier et avons mis en place une levée de fond sur leetchi, pour imprimer les livrets et pouvoir les distribuer gratuitement aux enfants. Permettez nous d’éduquer les enfants pour les aider à bien grandir.

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Les enfants et les animaux méritent qu’on les protège et les éduque

Retrouvez tous les détails des ateliers pour enfants, développé par le Centre Kami.

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Les chiens pensent et planifient pour l’avenir ?

Revue d’article de Mark Bekoff – Publié le 28 déc. 2017

Un essai du Dr Stanley Coren intitulé « Les chiens pensent-ils et planifient-ils pour l’avenir ? » soulève des questions très intéressantes sur les capacités cognitives des chiens. Bon nombre de personnes répondent spontanément : «Bien sûr qu’ils le font, comment pourraient-ils survivre dans leurs mondes sociaux exigeants ? ». D’autres témoignent qu’il suffit de les regarder pour avoir la réponse, tandis que d’autres notent que si des oiseaux et d’autres animaux le font, alors pourquoi pas les chiens ?

Combien d’entre vous pourraient relater des histoires sur la façon dont votre chien vous a conduit à un ballon ou à un autre jouet, coincé sous un lit, un meuble, dans le but de le récupérer pour continuer à jouer avec?

Le Dr Coren fournit de bons exemples qui soutiennent que les chiens pensent et planifient pour ce que nous pouvons considérer comme l’avenir. Certes, ses propres histoires et ainsi que d’autres, ne sont pas des données scientifiques à proprement dites, mais de simple observations. Sa conclusion est, qu’il est difficile d’interpréter le comportement des chiens autrement que de penser que leurs agissements impliquent une sorte de planification et d’anticipation des événements futurs.

L’essai du Dr Coren et certains témoignages font réfléchir sur les attentes et les demandes de nos chiens. Voici quelques observations et données à méditer qui montrent que les chiens pensent et planifient pour l’avenir. Certaines études se concentrent sur les interactions sociales entre chiens et entre les chiens et les autres animaux, y compris les humains. Ces études basées sur les observations – souvent appelées « science citoyenne » – prises dans leur ensemble, sont des données qui peuvent mener à des études plus systématiques de cette question intrigante. Il a été soutenu avec succès que la science citoyenne peut jouer un rôle important dans la production de recherches détaillées sur les chiens et autres animaux.

Le pillage de gamelle en faisant croire que quelqu’un est à la porte d’entrée

Voici un exemple élaboré de réflexion et de planification pour parvenir à une fin. Il a été rapporté à de nombreuses reprises par des foyers qui ont au moins deux chiens : Joe et Sam, deux chiens, sont nourris en même temps dans des gamelles séparées. Joe vide sa gamelle en un éclair et essaie de voler la gamelle de Sam, en mettant le museau dedans. Mais cela ne fonctionne pas. Alors Joe court en aboyant, à la porte d’entrée comme si quelqu’un était là. Sam, alors le suit pour accueillir le nouvel entrant, laissant la gamelle disponible pour Joe, qui la pille allègrement. Dans certains cas, Sam, ou d’autres chiens dont la nourriture a été volée, apprennent de leur erreur et ne se laissent plus être dupés. Mais, quand la courbe d’apprentissage très lente, alors les «chiens Joe» peuvent les duper souvent. Il apparait clairement que les «chiens Joe» pensent et planifient pour l’avenir et que les «chiens Sam» doivent affiner leurs propres compétences cognitives pour ne pas continuer à se laisser berner.

Anticiper les promenades de routine

Un autre exemple, soulevé par le Dr Coren, est que les chiens savent quand ils vont promener, et quand cela ne va pas se produire. Ils s’habituent à une certaine routine. Il existe de nombreux témoignages sur des chiens qui comprennent quand ils vont promener et quand cela ne va pas se produire. Alors ils vont tout faire pour que leurs humains changent d’avis et finissent par capituler avec une promenade. Ce qui pourrait signifier que les chiens ne pensent pas à l’avenir. S’ils ne pensent pas à l’avenir, alors à quoi ils pensent ?

Jeu social

J’ai connu 2 chiens – Skunk, un bull terrier femelle, et Ugo, un mélange de labrador et groenendael, mâle – qui étaient clairement les meilleurs amis et aimaient jouer ensemble. Quand Skunk entendait prononcer le nom de Ugo, elle savait qu’elle allait le retrouver et semblait déjà toute excitée avant même de l’avoir vu. Dès que nous sortions nous promener, elle tiraient sur son harnais, les pates avant presque décollées du sol, le fouet agité de façon vive et incessante, et là elle regardait dans tous les sens, et vérifiant s’il était là en soulevant la tête et en reniflant l’air. Dès qu’elle le voyait alors là, c’était une succession d’aboiements, de cris de joie jusqu’à ce qu’elle puisse se jeter sur lui et l’embrasser. Ensuite, ils jouaient ensemble comme s’ils étaient les deux seuls chiens au monde.

Une chose intéressante se produisait les jours où Ugo ne montrait pas. Son nom n’étant pas prononcé, Skunk semblait savoir qu’il ne viendrait pas. Skunk était capable de savoir que lorsque nous mentionnions Ugo, son meilleur ami allait venir et faisait une démonstration de joie, avant de le voir. Elle anticipait la venue de Ugo, à l’écoute de son nom. Clairement Skunk était capable de penser à l’avenir.

Un autre exemple de réflexion et de planification concernant le comportement social : Lorsque les chiens exécutent des signaux d’invitation au jeu, leurs actions changent la signification des comportements qui sont généralement perçus autrement dans d’autres contextes, tels que mordre et secouer la tête, se heurter avec une vitesse et une force raisonnable et le chevauchement, par exemple. Les chiens qui jouent, savent que ces signaux sont « tout en jeu ». Ils réfléchissent et planifient en fonction du jeu futur. C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles le jeu n’atteint que très rarement des rixes. Les chiens et autres animaux affinent également leur stratégie de jeu, en fonction de leur expérience de jeu passé. Il semble également probable que les chiens ont ce que l’on appelle une théorie de l’esprit qui se manifeste quand ils jouent socialement et savent ce que les autres pensent et ressentent, et peuvent prédire ce qu’ils sont susceptibles de faire dans le futur. Le Dr Coren note également à quel point la prédiction est importante pour les chiens et autres animaux.

Le Frisbee

chien-frisbee

Considérons également les chiens jouant au frisbee, comme Ari dans la photo d’accompagnement. Certains chiens sont des joueurs de Frisbee experts et sont capables de suivre un plateau volant et de comprendre comment ce plateau va commencer à descendre et où il sera à la bonne hauteur pour qu’ils l’attrapent. Certaines personnes soutiennent que cette capacité est instinctive et que les chiens utilisent une «arithmétique instinctive», semblable aux joueurs de champ, sachant où une balle de baseball atterrira dans leur gant en suivant sa trajectoire.

Cependant, il y a beaucoup de bons exemples de chiens qui apprennent à jouer au frisbee qui montrent clairement qu’ils apprennent à réfléchir et à planifier pour l’avenir, et différentes méthodes d’enseignement qui montrent que ce n’est pas aussi difficile que certains le prétendent. Une compétence difficile à apprendre.

L’entrainement du chien

Un autre exemple de chiens qui réfléchissent et planifient pour l’avenir se concentre sur la formation des chiens elle-même. Certains éducateurs entraînent les chiens à réfléchir aux conséquences futures de leurs actions, et surtout celles qu’ils ne doivent pas faire, raison fondamentale pour laquelle ils doivent être formés. On parlera notamment des chiens guide d’aveugle, qui ont une approche et une cognition particulièrement développé dans ce sens.

Si certains chercheurs persistent à chercher l’explication la plus simple et la plus parcimonieuse pour tous les types de comportements, en soutenant que les modèles instinctifs câblés prédominent dans de nombreuses sortes de rencontres sociales et non sociales, il est impossible de croire que tout ce que font les chiens ou les autres animaux est exclusivement conduit dans ce sens.

« Se baser sur les principes de base de ce que nous savons sur les chiens nous amènerait à croire qu’ils doivent avoir une capacité de réflexion du futur. Du point de vue de l’évolution, les chiens et leurs cousins ​​sauvages devaient avoir une idée de l’avenir pour devenir des chasseurs à succès. Vous ne pouvez vraiment pas espérer chasser un autre animal à moins que vous ne puissiez anticiper ce qu’il va faire ensuite, et après tout, penser à l’avenir. » Dr Coren

En outre, les chiens sont des animaux sociaux. L’essence des interactions sociales et des communications est, qu’un individu doit être capable de prédire les effets que son comportement aura sur le comportement d’autres individus. Cela apparaît particulièrement dans certaines recherches récentes qui cherchent à savoir si les chiens sont capables de se livrer à la tromperie ou au mensonge. Les tentatives de tromper un autre individu indiquent une pensée future. L’idée est que toute forme de mensonge ou de tromperie implique des processus de pensée.

Ne sous-estimons pas ce que les chiens sont capables de faire.

Dans le livre « Species of Mind », Colin Allen et Mark Bekoff ont soutenu que les explications cognitives, qui font appel à la pensée et à la planification, peuvent être des explications simples et ne reposent pas sur tout ou presque, surtout si elle se repose sur les prévisions de situations sociales et non sociales dans lesquelles un individu va se trouver. Ainsi, la capacité des chiens à prédire le comportement des autres, tout comme le vol d’un Frisbee, pourrait facilement dépendre de sa capacité à raisonner et à établir des prédictions. Il y a peu de raisons de douter que les chiens et les autres non-humains ont des attentes pour les choses à venir.

La science citoyenne et la recherche dans le domaine de la cognition et de la planification par les chiens et autres animaux sont des terrains, nous l’espérons, fertiles. Une quantité incroyable de données comparatives sur la vie cognitive et émotionnelle des animaux non humains montre à quel point il est trompeur de sous-estimer ce dont les chiens et les autres animaux sont capables.

Corine Gomez
Comportementaliste

Références

 » Dogs Think About and Plan For the Future, Don’t They? » – Mark Bekof :

Canine Confidential: Why Dogs Do What They Do, « The Power of Play: Dogs Just Want to Have Fun, » « Dog Play Is Socially Contagious and Now We Know Why, » « How and Why Dogs Play Revisited: Who’s Confused?« , « What’s Happening When Dogs Play Tug-of-War? Dog Park Chatter, » « Theory of Mind and Play: Ape Exceptionalism Is Too Narrow, » « Chimps Seem to Know What Others Know—So Do Dogs at Play, » « Get Down and Dirty With Your Dog: Bow, Hug, and Tug, »

Les gens s’inquiètent souvent que le jeu escalade en combats. Les données montrent que le jeu ne dégénère que rarement en agression. Par exemple,  Shyan, Fortune, and King (2003) rapporte que moins de 0,5% des jeux de combats chez les chiens se sont transformés en conflits, et seulement la moitié de ces combats étaient clairement agressifs. Leurs données sont en accord avec les observations de coyotes sauvages et de chiens en liberté.

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« Les animaux savent-ils vraiment qu’ils vont mourir ? » – essai de Marc Bekoff

Les discussions sur le suicide des animaux soulèvent de nombreuses questions fascinantes.

Que savons-nous vraiment du suicide chez les animaux non humains et de leur conception de la mort ?

« Bien que les histoires d’animaux suicidaires soient anecdotiques, ce qui compte, c’est qu’elles sont parfaitement plausibles du point de vue de la science contemporaine (Preti 2011a, p.819). Ainsi, même si nous ne pouvons pas actuellement prouver qu’un animal s’est effectivement suicidé, il existe un nombre croissant de preuves indiquant que cette possibilité ne peut pas être exclue par principe.- David M. Peña- Guzmán, 2017 »

De récentes discussions, sur le fait de savoir si les animaux non-humains se suicident, soulèvent de nombreuses questions fascinantes et majeures sur ce qu’ils savent de leur propre mort et de celle des autres. Dans l’excellent essai du Dr Jessica Pierce intitulé « Un nouveau regard sur le suicide des animaux », elle mentionne : « Bien que beaucoup de gens s’empressent d’écarter la question . Les animaux peuvent-ils se suicider? Aussi stupide et aussi fantastiquement anthropomorphe, nous devrions nous arrêter et réfléchir sérieusement à la question. » Son article m’a permis de recevoir quelques emails sur cette possibilité. Deux étaient écrits comme suit: «Les animaux savent-ils vraiment qu’ils vont mourir? » et « Est-ce que les animaux ont le même concept de mort que nous? »

L’essai du Dr Pierce a été motivé par un article du philosophe David Peña-Guzmán, qui a suscité la réflexion : « Les animaux non humains peuvent-ils se suicider? » Dans l’essai, il conclut qu’il y a des raisons scientifiques et philosophiques qui soutiennent l’idée que les non-humains peuvent être source d’automutilation et de leur propre mort. Il écrit :

« Beaucoup de gens croient que seuls les humains ont les capacités cognitives et comportementales nécessaires pour un comportement suicidaire, comme la subjectivité réflexive, le libre arbitre, l’intentionnalité, ou la conscience de la mort. Trois contre-arguments basés sur (i) les émotions négatives et les psychopathologies chez les animaux non-humains, (ii) la nature du comportement autodestructeur et (iii) le problème de la fidélité au modèle dans la recherche sur le suicide – suggèrent que les comportements autodestructeurs et autodestructeurs parmi les animaux humains et non humains varient le long d’un continuum. »

Quelque chose doit émaner de l’exceptionnalisme humain

Le raisonnement du Dr. Peña-Guzmán est en accord avec les idées de Charles Darwin sur la continuité évolutionniste qui soulignent que dans de nombreux contextes, les différences entre les membres de diverses espèces, sont des différences de degré plutôt que de type. Ce sont des nuances de gris, plutôt que de fortes différences entre les noirs et les blancs, ce qui signifie que nous devons garder l’esprit ouvert sur les capacités cognitives et émotionnelles des autres animaux et sur leur ressemblance avec les nôtres. L’ esprit animal et la manie de l’Exceptionalisme Humain « .

En ce qui concerne l’unicité et la supériorité humaines supposées, le Dr Peña-Guzmán écrit:

« On pourrait faire valoir que dans le cas des sciences animales, ce biais se manifeste principalement comme un biais anti-confirmation qui nous incline à être hyper-sceptique des idées qui remettent en question notre croyance en notre unicité et notre supériorité présumées. Dans notre esprit, de telles idées ne sont jamais confirmées – peu importe le soutien qu’elles peuvent avoir. Ce parti pris met les chercheurs suicidaires dans une double contrainte puisqu’ils doivent prendre position sur la question de savoir si le lien entre les émotions négatives et les comportements autodestructeurs existe aussi bien chez les humains que chez les animaux non humains … »

Je suis d’accord à 100% avec les docteurs Peña-Guzmán et Pierce, concernant leur conclusion, selon laquelle nous devons garder l’esprit ouvert sur la question de savoir si oui ou non les non-humains se suicident. En Juillet 2012, j’ai écrit un essai intitulé « Did a Female Burro Commit Suicide? » basé sur une histoire que m’a racontée Cathy Manning au sujet d’une ânesse qui semblait vouloir se suicider après avoir donné naissance à un bébé avec un bec de lièvre qui ne respirait pas. Le bébé ne pouvait pas être ranimé et Cathy regardait la mère marcher dans un lac et se noyer.

« Les animaux savent-ils vraiment qu’ils vont mourir ? » et « Est-ce que les animaux ont le même concept de mort que nous ? « 

Parmi les emails que j’ai reçus, j’en ai sélectionné deux, parce qu’ils soulèvent des questions profondément importantes qu’il est très difficile de répondre avec certitude, étant donné ce que nous savons actuellement. Les autres questions que j’ai reçues pourraient être facilement regroupées dans ces deux requêtes générales.

Concernant les questions : « Les animaux savent-ils vraiment qu’ils vont mourir ? » et « Est-ce que les animaux ont le même concept de mort que nous ?  » Je ne sais pas, et je ne suis pas sûr que quelqu’un d’autre le sache non plus. Cela ne veut pas dire que ce n’est pas le cas, mais je ne connais aucune recherche qui montre de façon concluante ce qu’il en est. Lorsque j’ai parlé à quelques personnes de ces possibilités au cours des dernières années, on me refuse des réponses claires tel un « oui » définitif ou un « non » définitif. Vivre dans cette troublante zone d’incertitude – peut-être qu’ils le savent et peut-être pas – me fait garder l’esprit ouvert sur les capacités cognitives et émotionnelles des non-humains, qui peuvent s’informer de leur propre disparition et de ce qu’ils savent quand d’autres sont morts et ne reviennent pas. Cela me garde éveillé la nuit parfois, et je me demande qui sont les autres animaux et que savent-ils vraiment sur ces choses qui se passent dans leur vie fascinante.

Quand on me pousse à donner des réponses plus définitives, je me retrouve à répondre : « Je ne pense pas qu’un animal non-humain se demande si sa vie finit comme celle des humains. » Mais je qualifie immédiatement cette déclaration en disant clairement : « Je ne sais vraiment pas et je ne pense pas que quelqu’un d’autre le sait en ce moment. » Et, je ne pense pas non plus qu’un non-humain est conscience de la mort d’un autre individu, mais le mot clé ici est « penser ».

Cette zone grise d’incertitude – peut-être qu’ils le savent et peut-être qu’ils ne le savent pas – ne disparaît pas.

Ainsi, les humains sont-ils exceptionnels parmi les mammifères et les autres non-humains en ayant un concept plus développé de leur propre et de la mort d’autres. Je sais cependant que beaucoup de non-humains souffrent et pleurent la perte des autres individus, mais je ne sais pas s’ils savent que les défunts sont partis pour toujours.

Ce que les autres animaux pensent et ressentent lorsqu’ils sont profondément attristés lorsqu’un autre animal meurt n’est pas clair, mais il est évident qu’une grande variété d’animaux subit la perte de leur famille et de leurs amis. L’histoire de Cathy au sujet de l’ânesse qui s’est noyé, et d’autres, dont certaines sont discutées par le Dr Peña-Guzmán, m’a fait repenser la question de savoir si les animaux se suicident et j’espère que ces histoires et d’autres porte pour une discussion éclairée et une recherche comparative sur cette possibilité intrigante. Nous devons prêter une attention particulière aux histoires qui ont un thème commun, et espérons qu’elles stimuleront davantage de recherches dans un domaine donné. Nous devons également réfléchir davantage à la question de savoir quand une différence de degré devient une différence de nature, mais c’est un sujet épineux pour les futurs essais.

Je suis profondément redevable aux Drs. Peña-Guzmán et Pierce pour avoir écrit leurs réflexions et pour leur ouverture d’esprit en matière de suicide animal. Je suis également reconnaissant à ceux qui prennent au sérieux ces questions sur le suicide des animaux et qui gardent l’esprit ouvert. Quand j’étudie attentivement ce que nous savons du suicide animal et ce que les non-humains savent de leur propre mort et de celle des autres, je pense qu’il est trop tôt pour répondre aux questions : « Les animaux savent-ils vraiment qu’ils vont mourir ? et « Est-ce que les animaux ont le même concept de mort que nous? » Je suis tout à fait d’accord avec le Dr Pierce quand elle écrit : « Bien que beaucoup de gens s’empressent d’écarter la question : les animaux peuvent-ils se suicider ? aussi stupide et aussi fantastiquement anthropomorphe, nous devrions nous arrêter et réfléchir sérieusement à la question. »

Restez à l’écoute pour plus de discussions sur la vie cognitive et émotionnelle des animaux. Il y a encore beaucoup à apprendre, et il ressort clairement d’une bonne partie de la recherche comparative détaillée sur d’autres animaux. Car nous ne sommes pas seuls à avoir développé des compétences cognitives et des émotions complexes et sophistiquées.

Marc_and_JethroEssai de Mark Bekoff – Publié le 08 Jan 2018

Article original: « Do Animals Really Know They’re Gonna Die? » [https://www.psychologytoday.com/blog/animal-emotions/201801/do-animals-really-know-theyre-gonna-die]

Ce post est en réponse à la publication du Dr Jessica Pierce « A New look at animal suicide » (un nouveau regard sur le suicide des animaux)

Reférences:

  1. Dr Jessica Pierce :  “A New Look at Animal Suicide” [https://www.psychologytoday.com/blog/all-dogs-go-heaven/201801/new-look-animal-suicide]
  2. Dr Peña-Guzmán : « Can nonhuman animals commit suicide? » [http://animalstudiesrepository.org/cgi/viewcontent.cgi?article=1201&context=animsent
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La vie dans l’ère de la Compassion, de la Liberté et de la Justice pour Tous

La coexistence dans l’Anthropocène et au-delà repose sur la compassion pour tous les êtres
Marc Bekoff – Article Publié le 31 déc. 2017 – Psychology Today.

Pour Noël, j’ai demandé au Père Noël de m’apporter le dernier livre écrit par Mark Bekoff et Jessica Pierce, « The Animals’ Agenda -Freedom, Compassion and Coexistence in the Human Age ». Le Père Noël a exhaussé mes vœux. Il me semblait important de le partager, car c’est un plaidoyer en faveur des animaux qui se doit d’être entendu. C’est une œuvre qui se doit d’être lu pour ceux qui veulent plus de moralité et de justice pour les animaux, humains et non-humains. Et je suis tombé sur cet essai qu’a écrit Mark Bekoff. Qui mieux que lui, peut ainsi se résumer lui-même.

Compassion et justice pour tous

« Nous avons besoin d’un autre concept, plus sage et peut-être plus mystique, des animaux. Loin de la nature universelle et vivant par artifice compliqué, l’homme dans la civilisation sonde la créature à travers le verre de sa connaissance et voit ainsi une plume magnifiée et toute l’image en distorsion. Nous les patronnons pour leur inachèvement, pour leur tragique destin d’avoir pris formes diverses si loin en dessous de nous. Et là nous nous trompons. Car l’animal ne doit pas être mesuré par l’homme. Dans un monde plus ancien et plus complet que le nôtre, ils se meuvent de manière achevée et complète, dotés de l’extension des sens que nous avons perdus ou jamais atteints, vivant par des voix que nous n’entendrons jamais. Ils ne sont pas frères, ils ne sont pas des subalternes : ce sont d’autres nations, prises avec nous-mêmes dans le filet de la vie et du temps, compagnons de captivité de la splendeur et du travail de la terre. » Henry Beston, The Outermost House: Une année de vie sur la grande plage de Cape Cod

Nous vivons tous dans l’Anthropocène, souvent appelé « l’âge de l’humanité », en réalité, il est plus correct de l’appeler « la rage de l’inhumanité », une époque où nous perdons des espèces animales non-humaines et leurs maisons à des taux sans précédent. Quelque chose doit être fait maintenant pour arrêter ces pertes horribles. Un moyen de favoriser la coexistence entre les non-humains et les humains, est d’arrêter d’utiliser d’autres animaux au service des humains. Nous devons travailler dur pour la liberté et la justice pour tous.

La citation ci-dessus d’Henry Beston, est l’un de mes favoris de tous les temps*. J’y vais constamment car cela en dit long sur les autres animaux et sur nos relations avec eux. Premièrement, nous voyons effectivement les autres à travers nos propres sens, mais nous savons que les autres animaux ne perçoivent pas le monde comme nous le faisons. Donc, nos opinions sont, en effet, déformées. Nous les patronnons aussi pour ne pas être comme nous, pour ce que nous percevons comme leur incomplétude, comme si nous, nous étions complets. Cette fausse représentation permet à certaines personnes de placer d’autres animaux au-dessous de nous sur une échelle évolutionnaire mythique. Ils sont considérés comme des êtres « inférieurs », un mouvement qui se traduit par un mauvais traitement rampant et un abus flagrant. Comme le dit Beston, « Et nous nous trompons« , car nous ne devrions pas être le modèle par rapport auquel nous mesurons d’autres animaux. J’aime aussi comment il considère les autres animaux comme « d’autres nations», car cela nous demande de les considérer comme les êtres qu’ils sont, pas comme ce que nous voulons qu’ils soient. Et sûrement, d’autres animaux sont pris dans le « travail de la terre », captifs de tout ce que nous voulons qu’ils fassent et de qui nous voulons qu’ils soient. Comme nous l’avons vu, cela crée beaucoup de stress, de douleur, de souffrance et de mort, alors qu’ils tentent de s’adapter à un monde dominé par l’homme. De plus, juste parce qu’un individu est « sauvage », il n’est pas nécessairement libre.

the animals'agendaLes humains s’engagent dans des relations intimes et nécessaires avec d’autres animaux, et dans la plupart de ces interactions, nous détenons le pouvoir. Mais le pouvoir n’est pas une droit pour la domination ou l’abus. Tenter d’imaginer un monde sans interactions homme-animal, est à la fois absurde et triste, surtout depuis que nous avons évolué ensemble. Mais pouvons-nous imaginer et créer un monde dans lequel nos interactions avec les animaux sont plus respectueuses de leurs propres besoins et intérêts?

Nous pensons que la réponse à cette question est un oui retentissant ! Cependant, travailler pour un tel monde exigera que nous arrêtions d’utiliser la science et l’arrogance centrée sur l’humain comme outils de la violence contre d’autres animaux. Nous devons aller au-delà du welfarisme.

Où va la science du bien-être ? Le vortex welfariste

La science du bien-être animal est en pleine croissance et s’est fermement développée en un domaine de recherche internationalement reconnu. Mais où est-ce exactement ? D’une part, il y a eu des changements positifs au nom des animaux. En mars 2016, la Chine a publié ses premières lignes directrices pour le traitement plus humain des animaux de laboratoire. Le Congrès des États-Unis a adopté des modifications à la Toxic Substances Control Act, dont l’Environmental Protection Agency doit réduire et remplacer les tests sur les animaux, où des alternatives scientifiquement fiables sont disponibles. Le comité de rédaction du New York Times a appelé le Pentagone à mettre un terme à l’utilisation d’animaux vivants dans l’entraînement au combat. Le zoo de Buenos Aires ferme ses portes après 140 ans, invoquant la raison pour laquelle la détention d’animaux sauvages en captivité est dégradante. L’Iran a interdit l’utilisation d’animaux sauvages dans les cirques, et au moment de la rédaction de ce rapport, 42 compagnies aériennes ont adopté des interdictions d’expéditions de trophées-animaux sur leurs transporteurs.

Nous reconnaissons que ce sont des mouvements positifs; Cependant, la science du bien-être animal nécessitera des changements plus profonds. Et au fil du temps, nous accumulons des données plus précises sur les désirs et les besoins des animaux. Donald Broom et Andrew Fraser, deux des plus grands chercheurs en bien-être au monde, écrivent: «Notre connaissance de. . . les indicateurs de bien-être se sont rapidement améliorés au fil des années, les chercheurs ayant étudié les effets des conditions difficiles sur les animaux. « . Les concepts de bien-être ont été affinés et les méthodes d’évaluation développées, développées, condensées. Nous avons une bonne liste de choses qui «défient» les animaux: exposition à des agents pathogènes, dommages tissulaires, attaque ou menace d’attaque, compétition sociale, stimulation excessive, manque de stimulation, absence de stimulus clés, et l’incapacité de contrôler leurs environnements.

En plus de ces données, la notion des Cinq Libertés semblent évoluer conceptuellement. Par exemple, David Mellor, du Centre de science et de bioéthique du bien-être animal de l’Université Massey en Nouvelle-Zélande, a proposé un changement de terminologie aux «cinq domaines». Le modèle des domaines aborde certaines faiblesses des Cinq Libertés et offres, selon Mellor , une méthode plus scientifiquement mise à jour pour évaluer les dommages aux animaux. L’un des principaux problèmes avec les Cinq Libertés est que le mot «libérer de» dans quatre des cinq déclarations implique que l’élimination de certaines expériences (la faim, la peur, la douleur) soit possible. En effet, comme nous le savons tous, ces expériences affectives font partie intégrante de la vie et servent, biologiquement, à motiver un animal à s’engager dans des comportements essentiels à sa survie. Mellor prétend que l’objectif de la science du bien-être ne devrait pas être d’éliminer ces expériences, mais plutôt de les équilibrer contre des expériences affectives positives

Rien de tout cela ne constitue une évolution substantielle des principes moraux ou scientifiques fondamentaux et de la teneur de la science du bien-être. Mellor reconnaît que le paradigme welfariste permet des états de bien-être négatifs, mais il encourage une sorte de repondération des échelles afin que la souffrance que nous imposons soit tempérée en jetant quelques animaux supplémentaires à l’état de bien-être. Il admet que les animaux éprouveront toujours la douleur et la souffrance, mais veut leur donner autant de confort, de plaisir et de contrôle que possible et réduire l’intensité des états négatifs à des niveaux «tolérables», dans le contexte de leur utilisation comme nous le souhaitons.

Nous sommes toujours pris dans le «vortex welfariste» . Nous accumulons simplement de plus en plus de données, sur la façon dont nous nuisons aux animaux et ce qu’ils vivent dans  différentes situations considérées comme «difficiles» que nous leur imposons. Alors que certains peuvent prétendre que nous sommes trop critiques, ou que nous ne prêtons pas attention au nombre de changements qui ont été faits pour améliorer la vie des autres animaux, la science du bien-être continue de favoriser les intérêts humains par rapport aux autres animaux. Il y a de nouvelles données welfaristes – beaucoup de données – sur ce que nous savons de la meilleure façon d’abattre, de piéger, de confiner et de contraindre «humainement». Mais les engagements sur les valeurs des entreprises welfariste sont si fortement biaisés en faveur de leur intérêt personnel, que le traitement des animaux, sous ce régime, ne dépassera jamais l’exploitation et la violence.

Nous pouvons nous efforcer de donner aux animaux une vie meilleure, mais une vie meilleure n’est pas nécessairement une bonne vie.

Les engagements moraux (ou pour nous, les engagements immoraux) du welfarisme, sont restés constants : nous sommes toujours les pourvoyeurs de douleur et de souffrance. Dans quel genre de monde vivons-nous quand tout un programme de recherche est axé sur la meilleure façon de nuire aux animaux, et comment apaiser la conscience de ceux qui pourraient avoir des réserves sur la violence?

Le bouclier de la science du bien-être

Le Dr Yuval Noah Harari de l’Université hébraïque, l’auteur du livre phare Sapiens, a écrit un essai d’opinion pour le Guardian en 2015 appelant l’agriculture industrielle le plus grand crime de l’histoire. « L’étude scientifique des animaux« , écrit-il, « a joué un rôle lugubre dans cette tragédie. La communauté scientifique a utilisé sa connaissance croissante des animaux principalement pour manipuler leur vie plus efficacement au service de l’industrie humaine. « Harari a capturé l’essence de pourquoi le bien-être ne peut jamais être assez bon.

La science du bien-être animal fonctionne au service d’une variété d’industries,  bien que dans ce rôle, elle peut et ne fera jamais que renforcer le statu quo. Elle ne défiera jamais l’exploitation brutale des animaux dans l’agriculture ou dans la recherche en laboratoire, dans les zoos, les animaleries ou les programmes de recherche sur la conservation. En effet, comme le suggère Harari, la science n’a pas seulement gardé le silence sur notre traitement violent des animaux; il a apporté son soutien et son expertise à cette entreprise. Pire encore, la science du bien-être a tissé un masque d’objectivité autour des pratiques abusives. Broom et Fraser écrivent, par exemple, que «l’évaluation du bien-être peut être effectuée d’une manière objective et indépendante de toute considération morale». Comme le manteau d’invisibilité de Harry Potter, l’objectivité de la science du bien-être vise à protéger ceux qui valident l’examen moral. Mais le statu quo que la science du bien-être perpétue, est un ensemble d’hypothèses de valeurs, y compris l’hypothèse que les ressentis des animaux ne comptent pas vraiment, et même si elles importent un peu, les intérêts des animaux non-humains peuvent être vaincus quand cela sert les intérêts des animaux humains.

La science a été mise au travail pour rendre nos manipulations des animaux plus efficaces, plus productives et plus rentables. Elle a été un partenaire dans le crime avec les industries, qui utilisent et abusent des animaux. Elle a été utilisée pour justifier et neutraliser éthiquement les crimes contre les animaux. Mais ce n’est pas un rôle inévitable pour la science. Car la science a le potentiel d’aider les animaux et de guérir notre relation fracturée avec eux. En effet, à mesure que la science de la cognition et de l’émotion animales continue de progresser, il se peut fort bien que les faiblesses du welfarisme deviennent plus apparentes et que les incohérences de base soient dévoilées. Plus nous en savons sur la vie intérieure des animaux, plus la science du bien-être animal au service de l’industrie devient incongrue.

Science, éthique et plaidoyer: remplacer la science du welfarisme par la science du bien-être animal et se concentrer sur les animaux individuellement

Les connaissances de base de la science du bien-être animal sont extrêmement importantes.

Le premier d’entre eux est que les animaux ont des expériences subjectives.La seconde est que, non seulement les animaux éprouvent des sentiments négatifs comme la douleur et la peur et la frustration, mais éprouvent aussi du plaisir, du bonheur, de l’excitation et d’autres sentiments positifs.

À la suite de ces derniers, l’idée finale est que le comportement offre une fenêtre claire sur les sentiments des animaux. Le comportement est, en effet, une bonne fenêtre pour voir et connaître les animaux. Mais il peut s’agir d’une très petite fenêtre welfariste, dans une maison que nous concevons, construisons et gérons pour nos propres fins. Ou, il peut s’agir d’une fenêtre beaucoup plus grande, à travers laquelle nous pouvons scruter mais ne pas construire, dont les dimensions sont inconnues.

Si nous regardions à l’intérieur d’un abattoir ou regardions dans un bassin d’orque à SeaWorld, nous verrions une vaste collection de préoccupations de «bien-être». Mais l’abattoir et le bassin d’orques doivent être vus d’un point de vue beaucoup plus large. Nous ne devrions pas regarder dans l’abattoir et le bassin de l’orque, et bricoler avec les conditions que nous trouvons acceptables, mais en les regardant, en prenant pleinement mesure de ce que ces lieux signifient pour les animaux. L’essence de l’éthologie de la liberté est que le comportement est une fenêtre sur ce que les animaux veulent et veulent vraiment: être libres de vivre leur vie, être libérés de la souffrance et de l’exploitation auxquelles nous les soumettons – mais seulement si nous regardons la bonne façon: directement dans les yeux des animaux eux-mêmes.

Contrairement à la science du welfarisme, la science du bien-être utilise ce que nous apprenons de la cognition et de l’émotion au profit des animaux, cherchant continuellement à améliorer leur liberté de vivre leur vie en paix et en sécurité (2). science du bien-être, la science du bien-être ajoute le corollaire éthique essentiel que les sentiments des animaux individuels ont de l’importance. Contrairement au welfarisme, une science du bien-être admet d’emblée que la science et les valeurs sont intimement liées et que nos évaluations de ce dont les animaux ont besoin sont scientifiques et éthiques. En effet, les valeurs viennent en premier et éclairent le genre de questions scientifiques que nous sommes ouverts à poser et les types de réponses que nous sommes disposés à découvrir. Le welfarisme est une cage qui piège la perception humaine, celle qui limite aussi notre sens de l’empathie pour les autres êtres. Nous devons ouvrir les portes de la cage.

Il y aura toujours des compromis sur ce dont les humains ont besoin et sur ce dont les animaux ont besoin. Les humains interagissent et utilisent inévitablement d’autres animaux, et nous ne préconisons pas une approche non interventionniste des animaux et de la nature, bien que cela ne soit pas une mauvaise idée dans un monde dominé par l’homme. Mais un grand nombre de choses que nous faisons actuellement aux animaux sont simplement fausses et doivent cesser: l’abattage inutile des animaux pour la nourriture et la fourrure, l’utilisation d’animaux dans la recherche invasive, le confinement des animaux pour le divertissement humain et nos empiétements excessifs sur la faune. Le seuil pour enlever la liberté d’un animal ou nier l’une ou l’autre des Cinq Libertés est, actuellement, extraordinairement et offensivement bas. La barre doit être levée.

Comme nous l’avons souligné tout au long du livre, la question centrale qui motive la science du bien-être animal est «Qu’est-ce que les animaux veulent et ont besoin?» Cette question est restée au centre du welfarisme au cours des cinq dernières décennies.

En savons-nous assez pour répondre à cette question? Absolument. Nous en savons assez, maintenant, pour savoir que les animaux veulent être libres de l’exploitation humaine, libres de la captivité et libres des souffrances que nous leur imposons. Cela ne veut pas dire que de nouvelles recherches scientifiques sur le cœur et l’esprit des animaux ne sont pas importantes, car c’est le cas. Plus nous en savons, plus nous pouvons interagir avec les autres animaux, aussi longtemps que nous pouvons sortir de la cage welfariste et nous concentrer plus objectivement sur ce qu’ils veulent et ce dont ils ont besoin. Ce que nous devons faire maintenant, c’est combler le fossé de l’application des connaissances.

Nous devons appliquer ce que nous savons de l’émotion et de la cognition, et suivre les implications morales de la science dont nous disposons actuellement. L’éthologie cognitive, l’étude des esprits animaux, doit prendre un «tournant pratique», mettant ce que nous savons des animaux au service des animaux eux-mêmes. Les scientifiques peuvent être des outils de l’industrie, ou ils peuvent être des défenseurs des animaux d’une manière qui sert vraiment les animaux. Nous aimerions voir plus de scientifiques s’éloigner des défenseurs du welfarisme et devenir des défenseurs plus positifs pour les animaux eux-mêmes. Alors que certains scientifiques prétendent qu’ils n’ont pas à être des défenseurs, ils oublient que la défense de l’utilisation des animaux, est un plaidoyer qui va à l’encontre des animaux.

Il y a quelques années, Marc Bekoff a donné une conférence à Sydney, en Australie, où il a soutenu qu’il était injuste de tuer des kangourous pour le sport, le plaisir et la nourriture. À la fin de cette discussion, un scientifique travaillant pour l’industrie de la viande de kangourou a critiqué son rôle d’avocat. Il a dit que la science est censée être objective et que les scientifiques ne devraient pas être des défenseurs. Marc Bekoff a répondu que lui et son critique étaient tous les deux des avocats. Marc Bekoff a plaidé pour les kangourous, alors que son critique plaidait en leur défaveur. Le meilleur espoir de combler le fossé de l’application des connaissances incombe aux futurs scientifiques et à tous les enfants, car ils n’ont pas encore été inoculés contre la compassion pour les animaux. On peut faire de la «bonne science» et toujours ressentir pour les animaux, et en effet, nous avons déjà vu que la compassion et la préoccupation pour les animaux peuvent produire une meilleure science.

En encourageant les écoles et les parents à inclure une éducation humaine, nous pouvons espérer faire grandir des enfants qui comprendront que les animaux ont des sentiments et, plus important encore, qui seront capables de traduire cela dans leur vie quotidienne et dans leurs choix. Marc Bekoff a beaucoup écrit sur la notion de «rééducation de l’éducation», sur le retour de notre relation avec la terre et sur le fait que les jeunes quittent leurs mégots et sortent dans la nature. Non seulement nos enfants bénéficieront d’une éducation de préemption, mais les générations futures le feront aussi alors, nous négocierons la sortie difficile de l’Anthropocène.

Ce que la recherche sur la cognition et l’émotion chez les animaux continue de démontrer, c’est à quel point nous sommes entrelacés, sur le plan de l’évolution. Le coté exceptionnel de l’ humain, l’idée que nous sommes tout à fait différents, et que nous avons le droit de faire ce que nous voulons (dans notre propre logique), est scientifiquement insupportable. En écrivant sur la découverte en 2015 de fossiles d’un parent humain précoce appelé Homo naledi, le primatologue renommé Frans de Waal a écrit: «Nous essayons beaucoup trop de nier que nous sommes des singes modifiés. La découverte de ces fossiles est une percée paléontologique majeure. Pourquoi ne pas saisir ce moment pour surmonter notre anthropocentrisme et reconnaître le flou des distinctions au sein de notre famille élargie? Nous sommes une riche collection de mosaïques, non seulement génétiquement et anatomiquement, mais aussi mentalement. »

Favoriser les libertés

Alors que le livre en était au début de sa rédaction, Marc Bekoff a reçu un courriel de Jennifer Miller, qui travaillait dans un centre de réintroduction pour des perroquets captifs au Costa Rica. Jennifer lui raconta l’histoire d’un grand ara vert qui s’était échappé du centre. Le sort du perroquet est devenu une source de discussions houleuses parmi le personnel du centre. Le sentiment de Jennifer était qu’ils ne devraient pas essayer de récupérer l’animal et devraient juste le laisser être libre. D’autres étaient fortement en désaccord, estimant que c’était leur obligation de le trouver et de le ramener parce qu’il risquait de mourir seul dans la nature. Cette histoire est un merveilleux exemple de la façon dont la liberté pour les animaux signifie différentes choses pour différentes personnes, et comment la liberté peut entrer en conflit avec d’autres valeurs.

Il a été décidé de demander à quelques personnes de partager leurs réflexions sur ce que la liberté pour les animaux signifie. Voici quelques réponses:

Michael Tobias (auteur et cinéaste primé): « Nous n’avons aucune idée de ce que signifie la liberté. Mais nous pouvons certainement apprécier ce que signifie le manque de liberté. »

Sarah Bexell (Institut pour la connexion homme-animal, Université de Denver): «Autodétermination. . . y compris le choix de l’endroit où errer, voler, nager, choix d’amis, choix d’activités, choix de nourriture, choix de partenaires, choix de la maison / nid, et même les mauvais choix qui mettent fin à leurs vies, mais au moins la mort est survenue »

Jo-Anne McArthur (cinéaste de la vidéo « Les fantômes dans notre machine »(3) et auteur de We Animals et Captive (4)):« Être libre de l’exploitation corporelle et psychologique par les humains. . . être respecté par les humains et non objectivé. »

George Schaller (biologiste de la conservation de renommée mondiale): » Une question intrigante. Je viens de rentrer hier de l’est de Tibet à la recherche d’animaux non- humains. Un animal dans la nature est libre de passer une grande partie de son temps à la recherche de nourriture ou de mourir de faim, en compétition pour son statut et ses compagnons, et reste en alerte pour éviter de devenir sa proie. Un animal captif est bien nourri, sa vie sociale, le cas échéant, confinée à ses compagnons de cellule, et, à l’abri du danger, son existence est émoussée et banale, sa force évolutive dépensée, la plaçant parmi les morts vivants. »

Hope Ferdowsian (bioéthicien (5)): « La même chose que pour les humains. La liberté de satisfaire nos besoins physiques fondamentaux, quels qu’ils soient, selon les espèces et les individus, y compris la liberté de mouvement (liberté corporelle); être à l’abri des dommages causés par les humains (intégrité corporelle – ce qui devrait inclure l’absence de dommages à l’esprit); liberté d’aimer et de se lier avec qui nous souhaitons; le respect de nos choix, et la liberté de l’humiliation et de la honte intentionnelle.  »

Ceci est un échantillon de ce que la liberté signifie pour les personnes qui ont travaillé dans divers secteurs de l’interface homme-animal. Mais l’histoire de l’ara nous rappelle que nous avons aussi besoin, et surtout, de penser à ce que la liberté signifie pour les animaux. Qu’est-ce que la liberté signifie pour l’oiseau échappé ? Être libre de voler mais ne pas survivre longtemps, ou retarder la liberté de vol jusqu’à ce qu’il soit mieux équipé

Transition du welfarisme au bien-être: le potentiel adjacent

Un numéro récent de l’Atlantic Monthly présentait sa grande question: «Quelles habitudes contemporaines seront les plus impensables dans 100 ans?» L’une des réponses était «Manger des animaux pour leur protéine». Il est en effet possible d’imaginer un avenir dans lequel les gens vont regarder en arrière comment les animaux ont été traités au début du vingt et unième siècle et frémir d’horreur. « Ils étaient des barbares« , disent-ils à propos de nous. «Comment pourraient-ils ignorer la sensibilité et la souffrance des animaux?» Ils pourraient le dire à propos de tous les lieux d’utilisation des animaux dont nous avons parlé.

Steven Johnson, qui a étudié et écrit sur l’histoire de l’innovation, explore la notion de ce qu’il appelle l’adjacente possible. Le possible adjacent, écrit Johnson, «est une sorte d’ombre qui plane sur les bords de l’état actuel des choses, une carte de toutes les façons dont le présent peut se réinventer». Le passé et le présent nous préparent à tout nombre des futurs. En fonction de ce qui a été posé et des idées qui circulent, certaines nouvelles pensées deviennent pensables. Comme le suggère Johnson, «L’étrange et belle vérité sur les adjacents possibles est que ses frontières se développent au fur et à mesure que vous les explorez. Chaque nouvelle combinaison ouvre la possibilité d’autres nouvelles combinaisons.  »

Les pièces sont ici en ce moment pour un changement de paradigme majeur dans la façon dont nous pensons et interagissons avec d’autres animaux. En effet, ils sont là depuis un certain temps, mais peu sont assez audacieux pour dire «assez c’est assez». Un avenir est possible dans lequel les humains et les autres animaux coexistent pacifiquement, où la non-violence est la norme plutôt que l’exception. Les animaux seront considérés comme moralement offensants. Le welfarisme soulève l’ante en reconnaissant que les animaux ont des sentiments et que ces sentiments sont importants. Mais en continuant à favoriser les intérêts humains au-dessus des intérêts des animaux individuels, cela ne va pas assez loin.

Renforcer les libertés et le bien-être des animaux individuels, et défendre la coexistence pacifique et l’harmonie des animaux et des personnes, ouvre la porte à un nouveau adjacent possible. L’anthropocène – l’âge de l’humanité – pourrait bien évoluer vers le Compassionocene – l’Age de la Compassion. Sur la lancée d’une préoccupation mondiale accrue pour le bien-être des animaux individuels, nous devons œuvrer pour un avenir de plus grande compassion, de liberté et de justice pour tous. C’est la bonne chose à faire.(6)

Bonne année à tous les êtres, non humains et humains, et travaillons tous ensemble pour faire de 2018 et au-delà – pour toujours – un bien meilleur endroit pour tous les individus. C’est aussi la bonne chose à faire.

Marc Bekoff

Marc Bekoff, Ph.D., is professor emeritus of ecology and evolutionary biology at the University of Colorado, Boulder.

Texte original : Psychology Today – 31 Dec 2017

Références

  1. Extrait et légèrement modifié (en italique) de l’Agenda des animaux: liberté, compassion et coexistence à l’ère humaine, chapitre 8, où des références spécifiques peuvent être trouvées. Cette partie de cet essai a été écrite avec Dr. Jessica Pierce, co-auteur de l’ordre du jour des animaux. Nous avons choisi l’image pour notre couverture de livre avec soin, en voyant un jeune lion sauvage sur le Maasai Mara comme un symbole de liberté. Ce jeune homme semble, par son expression d’intention, croire que le monde est son domaine et qu’il peut faire ce qu’il veut. Mais sa « baby-sitter » semble déjà lui dire que même s’il est sauvage, il n’est pas forcément libre.
  2. Pour plus d’informations sur la science du bien-être des animaux, veuillez vous reporter à «Les animaux ont besoin de plus de liberté, pas de plus grandes cages» et «Le programme des animaux: une interview sur le bien-être des animaux»
  3. « La douleur des animaux fait mal: les fantômes dans notre machine »
  4. « Captive: Un nouveau livre sur les zoos est un changeur de jeu »
  5. Auteur de Phoenix Zones: où la force est née et la résilience vit
  6. Pour plus de réflexion sur la possibilité de donner plus de liberté, de compassion et de justice aux autres animaux, veuillez vous reporter à la section «Comment améliorer le monde pour les animaux non humains» dans laquelle de nombreuses personnes interviennent.

 

 

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« Les animaux ne sont pas sensibles et ne peuvent pas ressentir de douleur, selon les députés conservateurs Britaniques »

C’est une affirmation inepte, répréhensible et sanglante qui ignore des tonnes de science.

Traduction de l’article orignal : Mark Bekkof – Psychology Today, 21 Nov. 2017

 

« Quiconque dit que la vie importe moins aux animaux qu’à nous, n’a pas tenu dans ses mains un animal qui se bat pour sa vie. Tout l’être de l’animal est jeté dans ce combat, sans réserve. « (Elisabeth Costello, dans Les vies des animaux de J. M. Coetzee)

 Les données soutenant la sensibilité animale parlent d’elles-mêmes alors cessons de prétendre que nous sommes les seuls êtres sensibles

Des personnes de toutes horizons m’envoient des emails ses derniers, à propos d’un essai de Yas Necati intitulé «Les conservateurs ont voté que les animaux ne peuvent pas ressentir la douleur dans le cadre du projet de loi de l’UE, marquant ainsi le commencement des anti-science Brexit « (pour en savoir plus, voir  » Les députés votent que les animaux ne peuvent pas ressentir la douleur ou les émotions » dans le projet de loi sur le Brexit). Les animaux de compagnie, les animaux de compagnie sont exclus de ce mouvement incroyablement stupide. Je pensais que j’avais fait un très mauvais rêve mais malheureusement, ce ne étais pas le cas.

Et ce matin, j’ai entendu parler d’un autre essai de Melanie Phillips intitulé «Les animaux ne devraient jamais être traités comme des égaux», sous-titré: «La vie secrète des vaches ne doit pas nous faire croire que d’autres espèces ont des sentiments ». Encore une fois, j’aurais souhaité que ce ne soit qu’un mauvais rêve, à propos d’une prétention fictive et folle, qui disparaîtrait quand ma tête se serait éclaircie, mais le encore, malheureusement, ça ne l’étaient pas. « La vie secrète des vaches » est un livre récemment mis à jour par Rosamund Young.

Les animaux domestiques sont épargnés de cette folie

M. Necati dit que, « Le gouvernement conservateur s’est surpassé quand il s’agit de négliger les droits des animaux cette semaine – en votant que tous les animaux (sauf les humains, bien sûr) n’ont pas d’émotions ou de sentiments, y compris la capacité à ressentir la douleur. En quittant l’UE en 2019, ce n’est pas seulement les blaireaux et les renards qui seront menacés par ce changement de loi, mais tous les animaux qui ne sont pas des animaux de compagnie, donc tous les animaux dont il sera profitable d’exploiter. » Bien sûr, les animaux de compagnie ne sont pas plus sensibles que les animaux qui sont idiotement disséqués.

Il est essentiel de rendre les données scientifiques disponibles à un large public pour contrer les contre-faits sur la sensibilité des animaux

Beaucoup de gens m’ont demandé d’écrire quelque chose à propos de cette décision qui manque vraisemblablement d’informations. J’ai alors pensé que la meilleure façon de le faire, est de mettre à jour les données disponibles au plus grand nombre. Quand les gens prennent des décisions aussi stupides et mal informées, il y a peu de choses que l’on puisse faire.

Une grande quantité de données soutenant la sensibilité animale répandue parlent d’elles-mêmes comme les principes de base de la biologie évolutionniste, y compris les idées de Charles Darwin sur la continuité évolutionnaire. Il est essentiel de les rendre accessible à un large public afin que «ce vote fictif sur les sentiments des animaux» puisse être largement contesté. Les gens ont le droit d’exprimer leurs convictions, mais il est préférable que cela se base sur des faits bien établis plutôt que sur ce qu’ils imaginent être.

Vous pouvez accéder ici pour des discussions approfondies sur la recherche sur la sensibilité animale et ici pour des discussions sur la recherche sur la douleur animale qui sont soutenues par une recherche comparative détaillée. Une publication savante intitulée «Animal Sentience: An Interdisciplinary Journal on Animal Feeling (Sensibilité Animale : un journal interdisciplinaire sur le ressenti des animaux) » fournit des essais et des commentaires à jour, sur la sensibilité animale chez une grande variété de non-humains. Plus d’essais courants et de livres peuvent être trouvés. Des discussions récentes sur la vie cognitive et émotionnelle des vaches et des moutons peuvent être vues dans «Les vaches: la science montre qu’elles sont des individus brillants et émotionnels», «Visages discriminés des moutons, alors qu’y a-t-il pour les moutons? ». Téléchargez la Charte pour la compassion des animaux, établie par Rob Percival, fondateur et directeur.

En outre, il y a aussi la Déclaration de Cambridge sur la Conscience qui souligne:

« L’absence de néocortex ne semble pas empêcher un organisme d’expérimenter des états affectifs. Des preuves convergentes indiquent que les animaux non humains ont les substrats neuroanatomiques, neurochimiques et neurophysiologiques des états conscients ainsi que la capacité à manifester des comportements intentionnels. Par conséquent, le poids de la preuve indique que les humains ne sont pas uniques dans la possession des substrats neurologiques qui génèrent la conscience. Les animaux non humains, y compris tous les mammifères et les oiseaux, et de nombreuses autres créatures, y compris les pieuvres, possèdent également ces substrats neurologiques.  »

C’est une initiative extrêmement importante de la part de scientifiques respectés. Dans un essai intitulé « Les scientifiques concluent que les animaux non-humains sont des êtres conscients« , j’ai noté que cette déclaration était attendue depuis longtemps et que le fait d’être anti-science est nocif pour les autres animaux. J’ai également avancé : « travaillons tous ensemble pour utiliser cette information pour arrêter l’abus de millions et de millions d’animaux conscients au nom de la science, de l’éducation, de la nourriture, des divertissements et des vêtements. Nous leur devons vraiment d’utiliser notre savoir en leur nom, et de prendre en compte la compassion et l’empathie dans notre façon de traiter ces êtres incroyables.  »

Le Parlement Portugais a également reconnu les animaux comme des êtres sensibles, comme l’a fait le gouvernement Néo-Zélandais. Ce dernier exemple est très intéressant et plutôt dérangeant, car le gouvernement Néo-Zélandais a également déclaré une guerre contre la faune, qui le rendra exempt de prédateurs d’ici 2050, en utilisant des moyens horriblement brutaux de tuer des millions et des millions d’animaux sensibles (pour plus de détails voir « Le ‘Possum Stomp’ contre la compassion et la conservation et l’éthique » et ci-après « Un Professeur américain condamne les ravages de la Nouvelle-Zélande et possum ‘meurtre« ). Les plus jeunes sont encouragés à nuire et à tuer ces êtres sensibles dans le cadre d’événements scolaires.

Cette éducation inhumaine peut avoir des effets à long terme, y compris la violence envers les humains.

Faisons quelque chose maintenant pour arrêter ces mensonges et cesser de prétendre que nous sommes les seuls êtres sensibles

« Ceux qui « nous » définissent par notre capacité à introspecter donnent une vision déformée de ce qui est important pour et sur les êtres humains, et ignorent le fait que de nombreuses créatures nous ressemblent de manière plus significative en partageant la vulnérabilité, les douleurs, les peurs, et les joies, qui sont la vie des animaux sociaux. « (Lynne Sharpe, Creatures Like Us)

Il est essentiel de contrer les contrefaits qui sont fondamentalement des mensonges, contenus dans l’affirmation selon laquelle les non-humains ne sont pas sensibles et ne ressentent pas de douleur. C’est une affirmation inepte, répréhensible et sanglante qui ignore des tonnes d’avancées scientifiques détaillées et rigoureuses. C’est dans le même élan, que la loi fédérale américaine sur la protection des animaux stipule que les rats et les souris ne sont pas des. Certaines personnes rient quand ils entendent cela, mais pour ces êtres et les autres ce n’est pas du tout risible.

Dans « L’agenda d’un animal : liberté, compassion et coexistence durant l’ère humaine » Jessica Pierce et moi écrivons au sujet du manque de connaissance sur les données scientifiques, montrant que les autres animaux sont des êtres sensibles et vont de l’avant, et comment ces méconnaissances causent des dommages intentionnels. À grande échelle, cela signifie que, ce que nous connaissons depuis longtemps sur la cognition et l’émotion animale, n’a pas encore été traduit dans les attitudes et les pratiques humaines (pour plus de détails, voir «Les animaux ont besoin de plus de liberté, pas de plus grandes cages» ).

Dans un essai intitulé « Une Déclaration Universelle sur la Sensibilité Animale: Ne prétendons pas« , j’ai noté que nous ne sommes certainement pas exceptionnels ou seuls dans le domaine de la sensibilité et en effet, l’appartenance au club de la sensibilité est en croissance rapide. Il y a de bonnes raisons biologiques pour reconnaître les animaux en tant qu’êtres sensibles. Nous devons abandonner le point de vue anthropocentrique selon lequel seuls les grands animaux comme nous, les grands singes non humains, les éléphants et les cétacés (dauphins et baleines) ont des capacités mentales suffisantes pour des formes complexes de conscience et de conscience. Donc, la question intéressante et stimulante est : pourquoi la sensibilité a évolué dans diverses espèces, et si seulement elle a évolué.

Dans un essai que j’ai écrit pour le magazine New Scientist intitulé «Les animaux sont conscients et devraient être traités comme tels» à propos de la Déclaration de Cambridge sur la Conscience, Andrzej Krauze présente un dessin animé de différents animaux assis autour d’une table discutant de ces questions. La copie imprimée s’appelait «Bienvenue dans notre monde» et il était temps que nous le fassions avec un cœur ouvert.

Comme je l’ai écrit plus haut, il y a plus qu’assez de données disponibles pour permettre à ceux qui pensent encore que les animaux non-humains sont des objets insensibles et non-émotifs, de savoir qu’ils ont tout à fait tort et d’éliminer les faussetés. Affirmer le contraire n’est pas seulement ridiculement stupide, mais montre aussi que l’attitude selon laquelle il est parfaitement normal que les humains dominent tous les autres animaux est à peine morte.

Cette revendication est non seulement une insulte pour eux, mais aussi une insulte pour nous.

Dans l’ensemble, nous devons cesser de prétendre que nous ne savons pas si les autres animaux sont sensibles. Nous devons accepter le fait que nous savons ce que les animaux non humains veulent et ce dont ils ont besoin, à savoir : vivre en paix et en sécurité, comme pour nous. Leurs esprits ne sont pas aussi privés et fermés que certains le prétendent.

Je vous invite à partager ce que nous savons avec autant de personnes que vous le pouvez. Comme l’a souligné la regrettée Gretchen Wyler, « la cruauté ne peut pas rester à l’honneur« .

Des pétitions pour abroger l’affirmation fausse et absurde selon laquelle les animaux ne sont pas sensibles et ne peuvent pas ressentir la douleur peuvent être trouvées ici (il y a maintenant plus de 45 000 signatures).

Les implications de ce mouvement anti-science ne connaissent pas de limites. Les croyances ne devraient pas et ne doivent pas être utilisées comme des substituts aux faits. Les animaux seront reconnaissants et nous remercient chaleureusement de prêter attention à la science de la sensibilité animale. Et quand nous écoutons nos cœurs, nous reconnaissons et apprécions tout ce que nous savons de ce que ressentent les autres animaux et que nous leur devons de les protéger de quelque manière que ce soit.

Les autres animaux ont besoin de toute l’aide possible. Donnons-leur ce dont ils ont besoin maintenant. C’est facile à faire et nous ne devons pas faire moins.

 

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Mark Bekoff, Ph D., Professeur Emérite en Ecologie et Bioloie Evolutionniste à l’University de Boulder, Colorado USA

 

 

Ref.

Texte Original de Mark Bekoff, Ph.D, paru le 21 Nov 2017 dans Psychology Today

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Votre Chat n’a plus de poils sous le ventre. Pourquoi et que faire?

Vous venez de vous apercevoir que votre chat n’a plus de poils sous le ventre. sa peau apparaît toute lisse, du nombril aux cuisses. Que se passe-t-il ?

Chez le chat, l’apparition de plaques dépilées est un problème assez fréquent. Dans un grand nombre de cas, c’est un léchage excessif qui est à l’origine de la perte de poils. Cependant, plusieurs causes peuvent être à l’origine:

Les lésions typiques du léchage

Lorsqu’un chat se lèche de façon excessive, les poils sont cassés à la racine et de larges plages dépourvues de poils apparaissent. Les zones dépilées sont souvent symétriques, il s’agit généralement d’un carré totalement dépilé sur le bas-ventre ou d’un triangle, partant du nombril. Dans des cas plus graves, les cuisses et les flancs peuvent être totalement nus également. Et rarement des plaques rouges, ou croûtes apparaissent. La peau est parfaitement lisse et semble froide.

Des maladies de peau peuvent être en cause

De nombreuses maladies parasitaires ou dermatologiques peuvent déclencher des anomalies du pelage ou de la peau chez le chat : Puces, gale, poux, teigne, allergies, infections de la peau, dermatites…
Que le chat se gratte ou non, qu’il présente des croûtes, des plaques ou juste des dépilations, une consultation vétérinaire s’impose toujours en premier lieu.

Le léchage compulsif peut être d’origine anxieuse

Le chat est un animal d’une extrême sensibilité ; divers événements peuvent le déstabiliser et déclencher du léchage compulsif d’origine anxieuse :
Modification de son milieu de vie : déménagement, changement du mobilier, petits travaux, ou tout simplement un changement d’horaires des propriétaires peuvent déclencher du stress chez le chat.
Modification du groupe familial : arrivée d’un bébé, d’un chien ou d’un nouveau chat, recomposition de la famille, décès d’un de ses membres, sont des causes fréquentes de déstabilisation.
Insécurité : passage de chats errants dans le jardin, dégradation des relations avec les humains, régime alimentaire trop sévère, soins médicaux traumatisants peuvent aussi être sources d’angoisse.
Un chat déstabilisé, stressé, ou anxieux se trouve dans un inconfort émotionnel qui envahit son quotidien. Pour certains chats, le léchage procure un apaisement, un soulagement momentané. Mais si les causes de stress ne disparaissent pas, le léchage devient compulsif, sans que le chat ne parvienne à s’apaiser durablement : des lésions dépilées apparaissent alors et s’entretiennent.

Le chat se lèche toujours en cachette

C’est toujours très étonnant pour le propriétaire de s’entendre dire que son chat s’est épilé tout seul à force de se lécher. En effet, le plus souvent, le chat se lèche «en cachette», dans une de ses zones de repli et à l’abri des regards.

Que faire ?

1ère étape : face à une lésion de peau quelle qu’elle soit, consultez votre vétérinaire pour un examen médical. Les causes dermatologiques, allergiques ainsi que d’autres maladies doivent être écartées en priorité.

2ème étape : si aucune cause médicale n’est découverte, une prise en charge comportementale s’impose. Ne laissez pas l’anxiété s’installer ! Une consultation comportementale, auprès d’un vétérinaire comportementaliste ou d’un comportementaliste professionnel permettra :
– de trouver la cause du problème et l’affection dont souffre votre chat,
– d’améliorer son milieu de vie et de le rendre plus apaisant,
– dans certains cas, des compléments alimentaires déstressants permettent d’accélérer la guérison.

Votre vétérinaire traitant saura vous conseiller et vous orienter si nécessaire vers un professionnel pour prendre en charge les troubles du comportement.

Références:
http://www.zoopsy.com : fiches conseils