Catégories
Alimentation éthique animal bien-être animal nutrition santé animale

Alimentation pour les chiens : quel sont les besoins de nos compagnons?

De nos jours, l’achat d’aliment pour nos chiens devient un vrai casse tête. Alimentation sèche ou barf ? Gamelle maison ou croquettes ? croquettes vétérinaire ou supermarché ? Croquettes pour une race prédéfinie ou sénior ou light… un vrai casse-tête.

De nombreux blogueurs dénoncent les croquettes en soulignant qu’elles sont appauvries en nutriments essentiels pour nos animaux… et je suis persuadée que pour de bons nombres de croquettes vendues ici et là, c’est exact. Mais je ne mettrai pas tout le monde dans le même panier. Il existe des aliments secs pour chiens de très bonnes qualités qui réussissent à combler les besoins nutritionnels de nos animaux. Faut-il encore connaitre ces besoins.

Quels sont ces besoins ?

Le chien et le chat sont des carnivores, cependant, l’histoire d’interdépendance du chien et de l’homme a quelques peu modifier le comportement alimentaire du chien. Ainsi, le chat est rester un pur carnivore, alors que le chien s’est habitué à une nourriture plus varié et assimile particulièrement bien les légumes, les fibres et les glucides. Si la ration quotidienne du chien comporte des glucides et des fibres, l’apport principal demeure les protéines. Il est aussi primordial de fournir aux chiens des vitamines, oligo éléments et minéraux, pour éviter toutes carences.

Le chat nécessite un apport en protéine plus important et surtout des acides aminés, tel que la taurine, que nous trouvons dans la viande.

Il est donc recommandé que chaque ration ait (du plus important en terme de %) : les protéines, les glucides, les fibres, les lipides, les vitamines et minéraux, oligo éléments et acides animés.

Bien entendu les besoins ne seront pas exactement les mêmes pour un chiot que pour un sénior et de même entre un chien adulte très actif, et un chien adulte « pantouflard ». Nous allons faire un focus ici sur un alimentation sèche, type croquettes.

Comment je nourris mon chiot ?

Pour rappel, un chiot est nourri par sa mère, jusqu’à un mois, voire un mois et une semaine. Après cela, les dents du chiot irritent les mamelles de la mère et elle repousse ses chiots. A prtir de là, nous devons prendre le relais avec une nourriture qui pourra l’aider à se développer physiquement et sur le plan cognitif.

Pour les chiots, il est important que les croquettes soient riches en protéines. On peut même imaginer des protéines avec de multiples origines (volailles et poissons) pour assurer une bonne digestibilité; des protéines animales riches en acides aminés, vitamines et minéraux pour permettre une croissance et développement harmonieux. Pour renforcer leurs os et leurs cartilages pendant la croissance, la présence de glucosamine, sulfate de chondroïtine & MSM es souhaitable. Pour les chiots, de l’omega 3 est une excellente source d’EPA et DHA pour soutenir la fonction cognitive, le développement visuel et aider à réduire les inflammations. Bien évidemment, l’origine des aliments est aussi importante que la composition. Les protéines animales doivent provenir de viandes fraiches en morceaux et non pas de carcasses broyées et déshydratées.

Comment bien nourrir mon sénior ?

Les seniors ou chiens de plus de 7 ans ont besoin d’un apport en protéines important pour assurer un bon maintien musculaire (28% de protéines). La complémentation en glucosamine, MSM et sulfate de chondroïtine favorise la réparation des articulations et assure la mobilité. Ces composants sont non seulement importants pour les seniors, mais pour les chiens en surpoids et pour les chiens de grandes tailles d’avantage sujet à des problèmes articulaires. Au delà de l’aspect curatif, l’amélioration et l’apport de confort, pourvoir bénéficier de cet apport assez tôt intervient dans un aspect préventif à ces problèmes. On peut aussi imaginer des ajouts d’anti-inflammatoire naturel dans la composition des croquettes (yucca, pissenlit, curcuma, prêle,..).

Quels croquettes pour mon chien adulte ?

Nous avons vu naître cette dernière décennies des croquettes spéciales pour Golden Retriever, pour Berger Allemand, pour Jack Russel, etc… J’ai trouvé ça excellent, excellent d’ingéniosité en marketing surtout. Enfin une aide visuelle pour les propriétaires qui savent instinctivement quelles croquettes prendre ! Par contre, j’ai été déçu de ne pas trouver de sacs avec la photo de mon corniaud… qu’est ce que je vais bien pouvoir lui prendre ?

Ce qui est important est de comprendre le métabolisme de votre chien, de savoir s’il a un métabolisme rapide ou lent, d’évaluer son besoin en énergie en rapport avec son activité. Et considérer sa taille, plutôt que sa race. Les chiens doivent avoir de la mâche adaptée à leur mâchoire. La taille des croquettes doivent être proportionnelles à la taille de la mâchoire.

Dès lors que vous savez si votre chien a tendance à prendre du poids (métabolisme lent avec peu d’activité) ou s’il dépense beaucoup d’énergie en raison de son activité (chien de travail).

Le taux de contenance minimum de protéines est de 25% (en composition analytique) pour un chien adulte. Cette donnée est réellement un minimum, en deçà, son intégrité musculaire est « menacée ». La présence de glucide est également indispensable. Les glucides sont des source d’énergie lente, qui va se consommer doucement dans l’organisme et offrir à votre chien un apport d’énergie.

La protéine animale peut venir tout autant de la volaille que du poisson. Pour les chien ayant tendance à l’embonpoint, on privilégiera le poisson, qui est plus maigre que la volaille (truite, saumon versus dinde ou poulet)

Les Plus …

Dans de nombreuses croquettes, il est de plus en plus commun de voir l’ajout de compléments nutritionnels, de plantes et de légumes qui vont apporter des vertus intéressantes :

  • Cranberries : Aide à la fonction urinaire
  • Prêle des champs : anti-inflammatoire et renfort articulaire
  • Mannan-oligo-saccharide (MOS): effet prébiotique qui encourage le développement de « bactérie amies » dans le gros intestin. Pour pour la santé gastro-intestinale
  • Frusto-oligo-saccharide (FOS): effet prébiotique qui encourage le développement de « bactérie amies » dans le gros intestin. Pour pour la santé gastro-intestinale. Extrait de fruits et légumes (chicorée)
  • Asperge: composée de flavonoïdes et d’acides phénoliques, c’est un excellent antioxydant.
  • Graine de lin : régule la glycémie et le taux de cholestérol dans le sang
  • Oméga 3: acide gras essentiel, source de EPA et DHA, présent dans les algues, le saumon, le flétan, la sardine,… il a un role crucial dans la composition des membranes cellulaires : bon fonctionnement cardiovasculaire, cérébral, visuel et neuronal.
  • Yucca : booster d’immunité, il contient beaucoup de vitamines et minéraux (Vit. C, K, E, riboflavine, thiamine, acide folique, niacine, pyridoxine, choline) et des acides gras essentiels (oméga 3 et 6), du sodium et du potassium.
  • Pissenlit : vertu dépurative, apaise le foie et prévient les problèmes rénaux.
  • Luzerne : riche en vitamine A, mais aussi Vit. B, E et K. Riche en calcium, fer, magnésium, phosphore et protéines.
  • Betterave : contribue a réduire le stress et apporte une sensation de bien-être. Riche en fer et acide folique. Détoxifie grâce à la bétacyanine.

A vous de faire votre sélection

Le Centre Kami a fait la sienne. Nous avons développé des croquettes qui garantissent une bonne santé pour vos toutous adorés, parce que nous les aimons aussi, vos loulous.

Nos croquettes sont sans OGM, sans gluten, sans céréales

Élaborées avec des vétérinaires et nutritionnistes en Angleterre, nous avons voulu développer une gamme équilibrée et qui répond aux besoins nutritionnels des chiens.

Chiot – Sans céréalesDinde, poulet et Saumonaccéder à la page produit
Chien Adulte petite race – Sans céréales Dinde et Rizaccéder à la page produit
Chien Adulte grande race Sans céréales Dinde avec patates douces et cranberries accéder à la page produit
Chien Adulte – HypoallergéniqueDinde et Riz accéder à la page produit
Chien Adulte – Sans céréalesDinde, Patates douces et Cranberries accéder à la page produit
Chien Adulte -Surpoids Sans céréales: Truite, Saumon, Patates douces et Asperges accéder à la page produit
Chien Sénior- Hypoallergénique Dinde et Riz accéder à la page produit
Publicités
Catégories
animal Comportement relation homme animal société animale zoothérapie

L’animal de compagnie : un atout pour tisser des liens sociaux

Contexte

Les animaux de compagnie sont déjà identifiés comme une source directe de compagnie et de soutien pour leurs propriétaires. Mais leur attribution va bien au-delà, il est apparu qu’ils endossaient aussi le rôle de catalyseur pour permettre la formation de nouvelles relations amicales ou sociales. Une étude menée par les Dr Lisa Wood et Sandra McCuner, ont montré le rôle indirect qu’ont les animaux pour faciliter les relations sociales selon 3 dimensions : apprendre à connaître les autres, créer des relations amicales et de l’amitié et former des réseaux de soutien social.

La méthode

Durant plusieurs mois, des enquêtes téléphoniques ont été menées auprès de résidents choisis au hasard de quatre villes : Perth, en Australie, et San Diego, Portland et Nashville aux Etats Unis (au total plus de 2500 personnes).

Les participants ont été interrogés sur la connaissance qu’ils avaient des habitants de leur quartier. Concernant ceux qui partageaient leur vie avec des animaux, des questions supplémentaires ont été posées : quel type d’animaux ils ont, si leur animal de compagnie leur avait permis de développer des relations avec les autres habitants qui ont des animaux aussi ou non.

Résultats

Il est apparu que les propriétaires d’animaux étaient beaucoup plus susceptibles de connaître les habitants de leur quartier que ceux qui n’avaient pas d’animaux. Après analyse, cette relation a été significatif pour Perth, San Diego et Nashville. Environ 40% de propriétaires d’animaux ont déclaré avoir reçu un ou plusieurs types de soutien social (c’est-à-dire émotionnel, informatif, d’évaluation, instrumental) de personnes rencontrées par l’intermédiaire de leur animal.

Conclusion

Cette étude montre que les animaux de compagnie peuvent être un catalyseur pour plusieurs dimensions de relations sociales humaines dans les quartiers, allant des interactions sociales accidentelles à la connaissance des gens, en passant par la formation de nouvelles amitiés. Pour de nombreux propriétaires d’animaux domestiques, ces derniers facilitent également les relations qui en découlent : un soutien, à la fois pratique et émotionnellement positif. Étant donné les constats croissants de l’isolement social en tant que facteur de risque pour la santé physique et mentale, les animaux domestiques apparaissent comme étant un véritable facteur de protection pour le bien-être des individus et de la communauté.

rencontre dans un parc

Introduction

Les animaux domestiques jouent un rôle important dans la vie de nombreuses personnes dans le monde et il existe un nombre croissant de recherches indiquant une relation positive entre avoir un animal de compagnie dans sa vie et la santé humaine. Aux États-Unis et en Australie, plus de 60% des ménages possèdent un ou plusieurs animaux domestiques. Les bienfaits pour la santé relatifs aux interactions homme-animal (IAS) ont été largement explorés. Les résultats des études menées, ont révélé un certain nombre de réactions thérapeutiques, physiologiques, psychologiques ainsi que des avantages psychosociaux pour les propriétaires d’animaux, notamment  sur les problèmes cardiovasculaires, de pression artérielle, l’amélioration du taux de survie, l’augmentation de l’activité physique, la stimulation sensorielle accrue, le soutien émotionnel et le sentiment de bien-être physique et psychologique, ainsi que la résilience psychologique parfois d’adversité.

D’autre part, la littérature relate maintenant des preuves empiriques convaincantes de l’importance des relations sociales et du soutien pour la santé et le bien-être physique et mental. En effet, une méta-analyse de 148 études place l’influence des relations sociales sur un risque de mortalité comparable à celui de facteurs de risque bien établis tels que le tabagisme et la consommation d’alcool, concluant que les personnes avaient un taux de survie plus élevé de 50% si elles appartenaient à un groupe social plus large. Inversement, l’isolement social et la solitude ont été identifiés comme des facteurs de risque de mauvaise santé.

Comment alors peut-on améliorer les réseaux de soutien social dans un monde moderne au rythme rapide où les réseaux sociaux virtuels prennent une place élargie et précipite la déconnexion du peuple.

Recherche

Le rôle des animaux dans la facilitation de l’interaction sociale entre les êtres humains a pris du retard par rapport à la prolifération des recherches sur d’autres avantages en matière de santé ou thérapeutiques associés aux animaux de compagnie. Parmi les études entreprises à ce jour, l’accent a été mis principalement sur les chiens et leur capacité à « briser la glace».

Plusieurs études expérimentales ont rapporté que les promeneurs de chiens sont plus susceptibles d’avoir des contacts sociaux et une conversation que des marcheurs solitaires.  Ce rôle de briseur de glace dans la conversation ne se limite pas aux chiens.  D’autres animaux moins fréquents aident aussi à développer des conversations dans les parcs, ou dans des lieux divers.

Un raisonnement avancé par McNicholas et Collis avance que la présence d’un animal offre aux gens un environnement neutre et sans danger.

D’autres éléments suggèrent que les animaux domestiques peuvent provoquer plus que des contacts accidentels ou des conversations occasionnelles avec des étrangers. Par exemple, dans une étude publiée précédemment et réalisée à Perth, en Australie occidentale, 40,5% des propriétaires d’animaux domestiques ont déclaré avoir appris à connaître des gens de leur banlieue via leur animal domestique. Connaître les gens au sein de la communauté locale peut être un antidote important à l’isolement et à la déconnexion sociale, qu’il s’agisse ou non d’amitiés approfondies.

Plus loin dans le continuum de la relation sociale, le rôle des animaux de compagnie dans la facilitation de nouvelles amitiés a été observé dans des études qualitatives en Australie et aux Royaume-Unis.

Alors que les animaux de compagnie ont été reconnus comme une source de bienfaits pour leurs propriétaires, les animaux de compagnie peuvent également aider aux interactions humain-humain. Des contradictions sont soulignées par deux études. Une étude menée à Perth a suggéré des relations facilitées par les animaux domestiques. Une étude britannique de Collis et al. a soutenu que les interactions occasionnelles facilitées par les chiens n’a pas nécessairement amélioré les réseaux sociaux ou le soutien social. Ces résultats divergents soulignent l’importance de distinguer entre les différents types de « facilitations sociales » : allant de salutations échangées avec un étranger, au fait de connaître des personnes par leur visage ou leur nom, ou encore aux personnes considérées comme des connaissances ou même comme des amis.

Cette étude à méthodes mixtes a recueilli des données d’enquête auprès de quatre villes (trois aux États-Unis, une en Australie) et reposait sur divers objectifs de recherche :

• examiner dans quelle mesure les animaux de compagnie sont identifiés comme l’un des vecteurs de rencontres avec d’autres personnes de leur quartier ;

• examiner si la possession d’animaux facilite la formation de nouvelles amitiés (au-delà des connaissances) ;

Comme cette étude faisait partie d’une étude plus vaste sur le capital social, la taille de l’échantillon de 630  de participants par ville a été calculée a priori afin de fournir à l’étude un minimum de 80% de la capacité à détecter une différence de deux unités de capital social moyen.

Les spécifications de quotas ont été utilisées pour garantir que l’échantillon contenait un échantillon représentatif du sexe, du groupe d’âge et du statut socio-économique du quartier, représentatif de la population en général. Pour être éligibles, les participants devaient être âgés de 18 ans et avoir vécu dans leur quartier pendant au moins deux ans.

Les questions étaient :

  1. «Connaissez-vous des gens de ce quartier que vous ne connaissiez pas avant de vivre ici? « 
  2. «Si oui, comment avez-vous connu ces personnes?». Les réponses devaient entrer dans l’une des 12 catégories suivantes; voisins, école d’enfants, enfants (autres que les écoles), sport, clubs, église, animaux domestiques, promenades avec mon / un chien, rencontrés dans la rue ou dans un parc, magasins locaux, activités communautaires et autres
  3. «Possédez-vous un animal de compagnie?» classés par catégories; chien, chat, oiseau, poisson et autre.
  4. “Avez-vous appris à connaître les gens de votre quartier grâce à votre animal de compagnie? (par exemple,
  5. en promenant votre animal de compagnie ou en discutant avec vos voisins au sujet de votre animal de compagnie) « 
  6. «Pouvez-vous en dire un peu plus sur la façon dont vous avez appris à connaître les gens par le biais de votre animal de compagnie? »

Les propriétaires d’animaux ayant indiqué qu’ils avaient rencontré des personnes de leur voisinage via leur animal de compagnie, ont été interrogé, comme suit :

« Considérez-vous les personnes que vous avez rencontrées par le biais de votre animal de compagnie en tant qu’ami (plus qu’une simple connaissance)? ”.

 « Avez-vous rencontré quelqu’un par le biais de votre animal de compagnie à qui vous pourrez:

• parler de quelque chose qui vous inquiète, comme un problème professionnel ou familial (émotion

soutien);

• demander des informations telles que, s’ils pourraient recommander une personne, un artisan,etc… (information);

• demander conseil (aide à l’évaluation);

• demander à emprunter quelque chose (comme un livre ou un outil), rendre un service ou demander une aide pratique telle que l’aide pour un tour (aide instrumentale)?

Aux fins de l’analyse comparative, les répondants ont été classés par propriétaire d’animal (par opposition à ceux qui n’ont pas d’animaux). Pour les questions posées aux propriétaires d’animaux uniquement, les répondants étaient classés en propriétaires de chiens et autres propriétaires d’animaux. Au sein du groupe des propriétaires de chiens, une distinction a été faite entre ceux qui ont rapporté promener leur chien et ceux qui ne l’ont pas fait.

Plus de 80% des répondants ont déclaré connaître des personnes de leur quartier qu’ils ne connaissaient pas auparavant (San Diego 78,4%; Nashville 81,5%; Portland 84,5%; et Perth 85,9%).

Apprendre à connaître les gens par le biais d’animaux domestiques est arrivé en seconde position dans trois villes (San Diego, Nashville, Perth), tandis qu’à Portland, les animaux de compagnie étaient le quatrième facilitateur le plus commun.

De façon globale, les propriétaires d’animaux étaient beaucoup plus susceptibles de faire connaissance avec des personnes qu’ils ne connaissaient pas au préalable, versus les personnes qui n’ont pas d’animaux.

Dans l’ensemble, 58,7% des répondants possédaient un animal domestique, avec de légères variations entre les quatre villes (San Diego 54,8%, Nashville 58,4%, Portland 60,6% et Perth 60,9%). Les chiens étaient le plus commun dans les quatre villes, suivi des chats, des poissons et des oiseaux.

Parmi les propriétaires d’animaux domestiques, les proportions déclarant connaître des gens du voisinage sont similaire dans les quatre villes (San Diego 51,1%; Nashville 52,6%; Portland 47,7%; et Perth 53,4%). Dans chacune des quatre villes, les propriétaires de chiens étaient plus susceptibles que les autres propriétaires d’annoncer que les rencontres se sont faites par le biais de leur animal domestique.

Lorsque les propriétaires de chiens étaient stratifiés selon qu’ils promenaient leur chien ou non, ceux qui promènent leur chien, sont beaucoup plus susceptibles d’apprendre à connaître les gens à travers leur animal de compagnie que ceux qui ne promènent leur chien.

On a demandé à ceux qui avaient rencontré des gens par l’intermédiaire de leur animal de compagnie s’ils pouvaient expliquer comment cela fonctionnait. Ces commentaires ouverts ont permis d’illustrer diverses manières d’appréhender le rôle des animaux domestiques en tant que facteur social.

«Brise-glace» est un thème récurrent. Le rôle des animaux de compagnie en tant que brise-glace ne se limite pas aux échanges avec d’autres propriétaires d’animaux, mais peut également s’étendre à la population du voisinage:

« Les gens s’arrêtent, des inconnus s’arrêtent, et parlent de votre chien. C’est drôle que cela semble être un brise-glace, ou peut-être que les gens avec des chiens le sont aussi ».(homme, Perth)

«J’ai tendance à parler à des personnes à qui je ne parlerais pas normalement. Sans le chien, je ne leur parlerais pas »(homme, Portland).

«À l’époque où nous avions des chats, le chat s’asseyait au sommet de la marche à l’extérieur et les gens nous disaient bonjour à cause du chat. Maintenant nous avons deux chiens et quand nous promenons nos chiens, nous avons fait connaissance de gens qui voulaient faire jouer leur chien avec les notres. Donc nous avons appris à connaîtrecdes gens comme ça »(femme, Nashville).

Bien que de nombreuses réponses reçues concernent les chiens, d’autres types d’animaux de compagnie ont également été mentionnés, mais concernent également les chats, mais il existe également des exemples d’autres animaux gardés comme tels que les poulets, les lapins, les moutons, les tortues, un âne et un serpent :

«Lorsque nous avons déménagé pour la première fois dans le quartier, des voisins sont venus et ont remarqué nos chats et dit que si n avions besoin de quelqu’un pour surveiller vos chats pendant nos absences, ils seraient heureux de le faire. Un autre voisin a aussi deux chats et nous avons d’abord appris à nous connaître pendant que nous regardions les chats entre eux. Cette interaction nous a nous fait sentir bienvenue » (Homme, Portland).

« Les enfants veulent voir le serpent et nous ne laissons jamais entrer les enfants sans autorisation parentale. Donc, avant que quiconque puisse voir le serpent ou le manipuler, nous devons rencontrer les parents et que cela leur convient »(femme, Perth).

Dans l’analyse empirique, les propriétaires de chiens étaient plus susceptibles de déclarer rencontrer des que ceux qui n’ont pas de chiens :

 « Beaucoup de gens dans ce quartier possèdent et promènent des chiens. Les chiens insistent pour se rencontrer et se saluer, et leurs humains font de même. Cela m’a amené à être plus sociale que mon inclination » (homme, Portland).

« Les gens promènent leur chien et s’arrêtent pour bavarder. Les chiens et les propriétaires communiquent mutuellement » (homme, Perth).

« Quand nous avons eu notre chien Toby, nous le faisons jouer devant chez nous et nous avons eu plusieurs voisins qui sont venus le rencontrer et jouent avec lui. J’ai rencontré des voisins que je ne connaissais pas avant » (femme, Nashville).

Un certain nombre de réponses ont évoqué le sentiment de « quelque chose de commun » vécu avec d’autres propriétaires d’animaux, en particulier s’ils appartiennent à la même espèce :

« Je rendais visite à un voisin et nous avons mentionné que nous avions un lapin et qu’ils avaient un le lapin aussi. Ils sont devenus plus que de simples connaissances » (femme, Portland).

« J’aime rencontrer mes voisins propriétaires d’animaux de compagnie. J’ai l’impression d’avoir quelque chose en commun avec eux » (mâle, Nashville).

“J’avais un chien dans ma cour, le nouveau voisin l’a admirée et a raconté qu’ils avaient un chien pareil qu’elle est que maintenant leur chien leur manquait. Nous sommes restés amis » (homme, San Diego).

Moins de 3% ont relaté une expérience négative dans le cadre de rencontres avec d’autres personnes propriétaires d’animaux de compagnie. Les expériences négatives concernaient principalement un voisin se plaignant d’aboiement des chiens, ou de friction entre chiens ou entre chats

Dans chacune des quatre villes, environ un quart des propriétaires d’animaux qui ont appris à connaître les habitants de leur quartier grâce à leur animal de compagnie, ont estimé qu’ils s’étaient faits de nouveaux amis. (San Diego 27,0%; Nashville 23,2%; Portland 31,7%; et Perth 24,7%).

Le fait que les animaux de compagnie constituent un point commun est l’un des facteurs qui a permis de cimenter des relations amicales.

« Cela m’a fait penser que nous avons beaucoup en commun. Avoir nos chats comme point commun nous a facilité la tâche devenir amis » (femme, Nashville).

« Chaque fois que je me dirige vers le parc avec mon chien, je tombe sur les mêmes personnes qui promènent leur chien et nous sommes devenus ainsi des amis avec les autres personnes» (homme, Perth).

La propension des animaux de compagnie à mettre les gens en contact avec leurs voisins de manière imprévue a également été noté comme un déclencheur pour la formation de l’amitié:

« Les personnes qui ont perdu leurs animaux domestiques se promènent dans le quartier et demandent si nous avons vu cet animal et nous sortons tous à la recherche de ce dernier, puis nous sortons et prenons un café ensuite » (femme, Portland).

« Mon chat vole les chaussettes des gens dans leurs maisons, puis nous les rendons. C’est un bon moyen pour connaître les gens. Ils pensent tous que c’est hilarant » (femme, Perth).

Dans les exemples suivants, les propriétaires de chiens décrivent comment leur chien a aidé à la création de nouvelles amitiés :

« J’ai rencontré 3 voisins pendant que les promenades nos chiens au parc voisin. À travers les chiens, nous avons rencontré de bonnes personnes, de nouveaux amis »(homme, Portland).

« Il y a un sentier dans notre quartier où les gens se promènent avec leurs chiens. Lorsque vous vous promenez sur ce chemin à la même heure chaque jour, vous rencontrez les mêmes personnes et commencez des conversations et donc se faire des amis »(femme, San Diego).

Dans l’ensemble, 42,3% des propriétaires d’animaux ont reçu un ou plusieurs types de soutien social de la part de personnes qu’ils ont déclaré connaître grâce à leur animal. Les propriétaires de chiens sont trois fois plus susceptibles de recevoir au moins un type de soutien social provenant de personnes rencontrées par leur animal de compagnie.

Quelques différences mineures ont été observées lorsque les villes américaines ont été comparées à la ville australienne en ce qui concerne les quatre types de soutien social les plus couramment reçus. Par exemple,

Dans les villes américaines, un support technique (par exemple, un emprunt, une aide pratique, la garde d’un animal de compagnie ou la collecter du courrier lors d’un déplacement) était la plus courante, avec environ un tiers des propriétaires d’animaux domestiques dans chaque groupe.

Le support d’information (par exemple, la fourniture d’informations sur les services locaux) était le deuxième facteur le plus répandu dans chaque ville des États-Unis. Dans l’échantillon de Perth, le support informationnel était le plus courant (39,2%) suivi du support instrumental (30,8%). Dans les quatre villes, environ un quart des propriétaires d’animaux avaient rencontré quelqu’un par le biais de leur animal avec qui ils pouvaient parler de choses qui les inquiétaient, de 13,8% (Portland) à 20,4% (Nashville).

Discussion

Décrits auparavant comme un pont entre l’homme et la nature, les résultats de cette étude suggèrent que les animaux de compagnie peuvent également jouer le rôle de pont social entre les humains et l’interdépendance de l’homme de plusieurs manières.

L’étude a utilisé un objectif alternatif pour étudier le rôle des animaux de compagnie en tant que vecteurs pour plusieurs formes de relation sociale humaine ; faire connaissance, nouer des amitiés et obtenir un soutien social. Comme beaucoup d’autres mammifères sociaux, l’être humain est une espèce relationnelle, mais le rythme rapide de la vie moderne tend à minimiser les contacts d’humain à humain.

Dans une question spontanée sur la façon dont les gens ont appris à connaître les autres personnes de leur quartier, les animaux de compagnie figurent dans le Top 5 des facteurs de rencontre.

Les structures communautaires et événements sont parfois vantés comme des moyens de contrer cela, mais il est intéressant de noter que, dans cette étude, la promenade canine et les animaux de compagnie étaient plus souvent signalés comme facilitateurs pour apprendre à connaître les gens.

Alors, comment et pourquoi les animaux domestiques aident-ils les personnes à mieux se connaître ?

Cette recherche observationnelle met en avant le rôle des animaux en tant que «brise-glace» et catalyseurs d’interactions ou de conversations sociales entre étrangers. Newby affirme que « la présence d’un animal de compagnie semble » normaliser « les situations sociales, à travers le stade brise-glace au point où ils peuvent risquer de s’engager directement avec une personne inconnue. » Une telle interaction sociale accidentelle et informelle est importante. Il est psychologiquement bénéfique de ressentir un sentiment de connexion avec ceux de notre espèce.

Des recherches antérieures ont commenté le rôle de la promenade pour chiens comme moyen de créer des occasions sociales de rencontrer d’autres personnes et de converser. Dans cette étude, nous avions suffisamment d’échantillons pour explorer les différences entre les propriétaires de chiens et d’autres propriétaires d’animaux, et entre ceux qui promènent leurs enfants.

Il n’était pas surprenant de constater que les propriétaires de chiens étaient beaucoup plus susceptibles d’avoir rencontré des personnes ou de se faire des amis par le biais de leur animal de compagnie que les propriétaires.

Les animaux domestiques peuvent agir en tant que lubrifiant social. Comme pour les chiens, les autres animaux domestiques semblent également être des «briseurs de glace» potentiels dans la conversation. Le chien est une amorce de conversation initiale.

Certains propriétaires d’animaux (quel que soit leur type), semblent trouver une affinité avec d’autres propriétaires d’animaux ; ils se sont connectés par un amour partagé des animaux, avec l’échange d’anecdotes sur les animaux de compagnie un «brise-glace» commun. Certains de ces profils ne se seraient jamais rencontrés s’ils n’avaient pas été réuni par les animaux.

Les conclusions relatives aux animaux de compagnie en tant que vecteur potentiel de réseaux de soutien social ont une grande pertinence, en raison des preuves solides et toujours croissantes de l’importance du soutien social et des relations sociales pour un prisme de résultats en matière de santé et de bien-être.

Conclusion

Il s’agit de la première étude multinationale à explorer simultanément le rôle des animaux de compagnie en tant que catalyseur de différentes formes de relations sociales. La possession d’animaux domestiques semble être un facteur important pour faciliter les interactions sociales et la formation d’amitiés au sein des quartiers. Pour les propriétaires d’animaux, cela aussi se traduit par de nouvelles sources de soutien social, à la fois pratique et émotionnellement. Étant donné que les réseaux d’amitié et le soutien social sont associés à la santé mentale et au bien-être des communautés ; soutenir la propriété d’un animal de compagnie pourrait bien être un moyen sous-reconnu de bien-être individuel et communautaire.

References

1. Allen K, Shykoff B, Izzo J (2001) Pet ownership, but not ace inhibitor therapy, blunts home blood pressure responses to mental stress. Hypertension 38: 815–820. PMID: 11641292

2. Headey B, Grabka MM (2007) Pets and human health in Germany and Australia: National longitudinal results. Social Indicators Research 80: 297–311.

3. Wells DL (2007) Domestic dogs and human health: An overview. British journal of health psychology 12: 145–156. PMID: 17288671

4. Headey B, Na F, Zheng R (2008) Pet dogs benefit owners’ health: A ‘natural experiment’in China. Social Indicators Research 87: 481–493.

5. Holt-Lunstad J, Smith TB, Layton JB (2010) Social relationships and mortality risk: a meta-analytic review. PLoS Medicine 7: e1000316. doi: 10.1371/journal.pmed.1000316 PMID: 20668659

6. Shrapnel B (2006) Contribution of the pet care industry to the Australian economy. Australian Companion Animal Council.

7. APPMA (2011) 2011/2012 National Pet Owners Survey. Greenwich: American Pet Products Manufacturers Association.

8. Wood L, Giles-Corti B, Bulsara M (2005) The pet connection: pets as a conduit for social capital?. Social Science and Medicine 61: 1159–1173. PMID: 15970228

9. Beck A, Meyers N (1996) Health enhancement and companion animal ownership. Annual Review of Public Health 17: 247–257. PMID: 8724226

10. Allen K, Blascovich J (2002) Anger and Hostility Among Married Couple: Pet Dogs as Moderators of Cardiovascular Reactivity to Stress. Delta Society.

11. Qureshi AI, Memon MZ, Vazquez G, Suri MFK (2009) Cat ownership and the Risk of Fatal Cardiovascular Diseases. Results from the Second National Health and Nutrition Examination Study Mortality Follow-up Study. Journal of vascular and interventional neurology 2: 132. PMID: 22518240

12. Edney A (1995) Companion animals and human health: an overview. [see comments]. Journal of the Royal Society of Medicine 88: 704p–708p. PMID: 8786595

13. Friedmann E, Thomas S (1995) Pet ownership, social support, and one-year survival after acute myocardial infarction in the Cardiac Arrhythmia Suppression Trial (CAST). American Journal of Cardiology 76: 1213–1217. PMID: 7502998

14. Cutt H, Knuiman M, Giles-Corti B (2008) Does getting a dog increase recreational walking? Int J Behav Nut Phys Act 5.

15. Jofre M (2005) [Animal-assisted therapy in health care facilities]. Revista chilena de infectologia: organo oficial de la Sociedad Chilena de Infectologia 22: 257–263. PMID: 16077894

16. Arambašić L, Keresteš G, Kuterovac-Jagodić G, Vizek-Vidović V (2000) The role of pet ownership as a possible buffer variable in traumatic experiences. Studia Psychologica 42: 135–146.

17. Mulcahy C, McLaughlin D (2013) Is the Tail Wagging the Dog? A Review of the Evidence for Prison Animal Programs. Australian Psychologist.

18. Shankar A, McMunn A, Banks J, Steptoe A (2011) Loneliness, social isolation, and behavioral and biological health indicators in older adults. Health Psychology 30: 377–385. doi: 10.1037/a0022826 PMID: 21534675

19. Leigh A (2011) Disconnected: NewSouth Publishing.

20. Newby J (1997) The Pact for Survival: Humans and their Companions. Sydney: ABC Books. 280 p.

21. Wood L, Giles-Corti B, Bulsara MK, Bosch D (2007) More than a furry companion: animals on neighbourhood interactions and sense of community. Society and Animals 15: 43–56.

22. Wood L, Christian H (2011) Dog walking as a catalyst for strengthening the social fabric of the community In: Johnson R, Beck A, MCCune S, editors. The Health Benefits of Dog Walking for People and Pets Evidence & Case Studies: Purdue University Press.

23. Messent P (1983) Social facilitation of contact with other people by pet dogs. In: Katcher A, Beck A, editors. New Perspectives on Our Lives With Companion Animals. Philadelphia: University of Pennsylvania Press. pp. 37–46.

24. Robins D, Sanders C, Cahill S (1991) Dogs and their people: pet-facilitated interaction in a public setting. Journal of Contemporary Ethnography 20: 3–25.

25. Rogers J, Hart LA, Boltz RP (1993) The role of pet dogs in casual conversations of elderly adults. The Journal of Social Psychology 133: 265–277. PMID: 8412041

26. McNicholas J, Collis G (2000) Dogs as catalysts for social interactions: robustness of the effect. British Journal of Psychology 91 (Pt 1): 61–70.

27. Hunt S, Hart L, Gomulkiewicz R (1992) Role of small animals in social interactions between strangers. Journal of Social Psychology 132: 245–256.

28. Mackay H (2013) What Makes Us Tick?: The ten desires that drive us. Sydney Hachette Australia.

29. Albery N (2001) The World’s Greatest Ideas: An Encyclopedia of Social Inventions New Society Publishers

30. Cutt H, Giles-Corti B, Wood L, Knuiman M, Burke V (2008) Barriers and motivators for owners walking their dog: results from qualitative research. Health Promotion Journal of Australia 19: 38–44.

31. Edwards V, Knight S (2006) Understanding the Psychology of Walkers with Dogs: new approaches to better management. Hampshire: University of Portsmouth.

32. Garrity T, Stallones L (1998) Effects of pet contact on human well-being. In: Wilson CC, Turner DC, editors. Companion Animals in Human Health. Thousand Oaks, California: SAGE Publications, Inc. pp. 3–22.

33. McNicholas J, Collis G (2006) Animals as Social Supports: Insights for Understanding Animal-Assisted Therapy. In: Fine AH, editor. Handbook on Animal-Assisted Therapy: Theoretical Foundations and Guidelines for Practice. pp. 49–71.

34. Collis G, McNicholas J, Harker R (2003) Could enhanced social networks explain the association between pet ownership and health? unpublished paper, Department of Psychology, University of Warwick.

35. e.Rebublic (2015) Population Density for U.S. Cities Map.

36. Current Results Nexus (2015) Average Annual Temperatures for Large US Cities.

37. United States Census Bureau (2010) American Fact Finder.

38. Australian Bureau of Statistics (2010) National Regional Profile: Perth (C) (Local Government Area)

39. Petcare (2015) what is « pets in the city »?

40. Wood L, Giles-Corti B, Bulsara M (2012) Streets apart—does social capital vary with neighbourhood design? Urban Studies Research.

41. Animal Health Alliance (2013) Pet Ownership in Australia 2013—summary.

42. American Veterinary Association (2012) The 2012 U.S. Pet Ownership and Demographics Sourcebook

43. Wood L (2006) Social capital, mental health and the environments in which people live (PhD thesis). Perth: The University of Western Australia.

44. McHarg M, Baldock C, Heady B, Robinson A (1995) National People and Pets Survey: Health Benefits. Sydney: Urban Animal Management Coalition. 19–29 p.

45. Cutt H, Giles-Corti B, Knuiman M, Pikora T (2008) Physical activity behaviour of dog owners: Development and reliability of the Dogs and Physical Activity (DAPA) tool. J Phys Act Health 5: S73–S89. PMID: 18364529

46. House J (1981) Work stress and social support 1981. RMA-WC, editor. Reading MA: Addison-Wesley Company.

47. Israel BA (1985) Social networks and social support: implications for natural helper and community level interventions. Health Education & Behavior 12: 65–80.

48. Young R (2009) Using social network analysis to explore the role of playgroups as a channel for social support, UWA Health Science Honours Project. School of Population Health, The University of Western Australia.

49. United States Census Bureau (2013) American Fact Finder.

50. Australian Bureau of Statistics (2014) Australian Bureau of Statistics.

51. Cutt H, Giles-Corti B, Knuiman M, Timperio A, Bull F (2008) Understanding Dog Owners’ Increased Levels of Physical Activity: Results From RESIDE. Am J Public Health 98: 66–69. PMID: 18048786

52. Cutt H, Giles-Corti B, Knuiman M (2008) Encouraging physical activity through dog walking: Why don’t some owners walk with their dog? Prev Med 46: 120–126. PMID: 17942146

53. Christian nee Cutt H, Giles-Corti B, Knuiman M (2010) « I’m Just a’-Walking the Dog » correlates of regular dog walking. Fam Community Health 33: 44–52. doi: 10.1097/FCH.0b013e3181c4e208 PMID: 20010004

54. Patton M (2002) Qualitative evaluation and research methods. Newbury Park, California: Sage Publications.

55. Podberscek AL (2000) The Relationships Between People And Pets Cambridge: Cambridge University Press.

56. Walljasper J (2007) The Great Neighborhood Book: New Society.

57. Putnam RD (2004) Better together: Restoring the American community: SimonandSchuster. com.

58. Patterson ML, Webb A (2002) Passing encounters: Patterns of recognition and avoidance in pedestrians. Basic and applied social psychology 24: 57.

59. Hirschauer S (2005) On Doing Being a Stranger: The Practical Constitution of Civil Inattention. Journal for the theory of social behaviour 35: 41–67.

60. Uchino B (2006) Social Support and Health: A Review of Physiological Processes Potentially Underlying Links to Disease Outcomes. Journal of Behavioral Medicine 29: 377–387. PMID: 16758315

61. Thoits PA (2011) Mechanisms Linking Social Ties and Support to Physical and Mental Health. Journal of Health and Social Behavior 52: 145–161. doi: 10.1177/0022146510395592 PMID: 21673143

62. Cohen S, Wills TA (1985) Stress, Social Support, and the Buffering Hypothesis. Psychological Bulletin 98: 310–357. PMID: 3901065

63. Kazdin AE (2011) Single-case research designs: Methods for clinical and applied settings: Oxford University Press.

64. Knight S, Edwards V (2008) In the Company of Wolves The Physical, Social, and Psychological Benefits of Dog Ownership. Journal of Aging and Health 20: 437–455. doi: 10.1177/0898264308315875 PMID: 18448686

65. Brownson RC, Chang JJ, Eyler AA, Ainsworth BE, Kirtland KA, Saelens BE, et al. (2004) Measuring the environment for friendliness toward physical activity: a comparison of the reliability of 3 questions. American Journal of Public Health 94: 473. PMID: 14998817

66. Caughy M, Campo P, Muntaner C (2003) When being alone might be better: neighbourhood poverty, social capital and child mental health. Social Science and Medicine 57: 227–237. PMID: 12765704

67. Portes A, Landolt P (1996) The Downside of Social Capital. The American Prospect 26: 18–21 (cont. to p94).

Catégories
animal éducation cognition animale Comportement

De l’exercice pour les chiens âgés : pour garder des aptitudes cognitives

Par Zazie Todd, PhD. Parce que la science compte pour nos chiens et nos chats. – 31 janvier 2018

Nous savons qu’avec le vieillissement, ils peuvent subir un déclin cognitif, y compris au niveau de l’attention. Nous avons l’habitude d’entendre que de nombreuses activités faisant intervenir le cerveau peuvent aider à conjurer certains de ces changements. Il s’avère que cela peut aussi être le cas pour les chiens.

En vieillissant, les chiens connaissent une baisse d’attention, tout comme les humains plus âgés. Mais un entrainement tout au long de la vie, peut aider à prévenir ce déclin, selon une étude publiée en 2017 par des scientifiques de l’Institut de recherche Messerli de Vetmeduni, Vienne- Autriche. Nous devons recevoir cette information avec tout le positif qu’elle représent : l’attention est importante pour la communication homme-chien, ainsi que pour d’autres processus.

L’étude a pris des chiens âgés de 6 ans à un peu plus de 14 ans. Ils ont été divisés en 3 groupes d’âge: âge tardif (entre 6 et 8 ans), chiens âgés (8 à 10 ans) et gériatriques (10 ans et plus). Il y avait 75 Border Collies (dont 59 avaient été testés dans une étude précédente) et 110 chiens d’autres races et de races mélangées.

Training à deux

Ils ont tous pris part à deux expériences conçues pour être naturelles, de sorte que les chiens n’ont pas besoin d’entrainement préalable. Les propriétaires ont rempli un questionnaire dont la participation du chien à 6 types d’entraînement différents: cours pour les chiots, obéissance, agilité, chasse au nez, danse du chien et dressage des chiens de berger.

La première expérience visait à déterminer dans quelle mesure un stimulus social ou non social pouvait attirer et retenir l’attention du chien. Le stimulus non social consistait en un jouet attaché à un fil de sorte qu’il puisse être déplacé de haut en bas, devant le chien pendant une minute. Le stimulus social était une personne qui entrait, se tenait près du chien et peignait un mur imaginaire pendant une minute.

Les résultats ont montré que les chiens âgés et les chiens gériatriques mettaient plus de temps à examiner les deux stimuli que ceux de l’âge adulte tardif, et que l’entraînement connu au cours de leur vie n’avait aucun effet sur cela. Tous les chiens ont été d’avantage intéressés par la personne que parle jouet.

L’attention soutenue diminue avec l’âge et c’est pire chez les chiens gériatriques. Mais les chiens entraînés tout au long de leur vie ont concentré leur attention sur le stimulus plus longtemps que ceux ayant un faible niveau d’entraînement.

Durga Chapagain, (1er auteur de l’article) a déclaré: «La diminution de l’attention soutenue chez les chiens plus âgés est due à la nature répétitive, monotone et non stimulante de la tâche, ce qui conduit à une diminution du contrôle de l’attention endogène à mesure que la tâche avance. ”

La deuxième expérience a porté sur l’attention sélective. Chaque chien a pris part à une session d’entrainement de 5 minutes au clicker. Au tout début, l’expérimentateur appelle le chien et jette un morceau de saucisse sur le sol. Ensuite, chaque fois que le chien la regarde dans les yeux, elle clique et jette un morceau de saucisse sur le sol. Si le chien perd tout intérêt, elle froisse un sac en plastique. Nous savons tous que c’est un bon moyen d’attirer l’attention d’un chien!

Cette tâche nécessite que le chien détourne son attention du contact visuel avec la personne pour rechercher la nourriture sur le sol. Même les chiens plus âgés peuvent apprendre de nouvelles astuces, comme le montre cette étude sur le vieillissement de l’attention. Contrairement à l’homme, l’âge n’a pas affecté l’attention sélective dans cette tâche.

Les chiens avec des scores plus élevés pour l’entraînement au cours de leur vie et les chiens avec une expérience préalable de l’entraînement au clicker, ont établi un contact visuel plus rapide que ceux ayant un faible niveau d’entraînement et ceux n’ayant pas d’expérience spécifique de clicker.

Les chiens plus âgés ont mis plus de temps à trouver la nourriture au sol. Les chiens gériatriques ont étét ceux qui ont pris le plus de temps, confortant les travaux antérieurs sur le vieillissement chez les chiens. Il n’existait aucune différence en raison du temps passé à trouver de la nourriture tout au long de la formation, mais les chiens ayant déjà suivi une formation au clicker étaient plus rapides à trouver la nourriture que ceux qui n’en avaient pas. Par définition, les chiens éduqués au clicker avaient plus d’expérience dans la recherche de nourriture après le clic, et les chercheurs disent qu’ils peuvent également avoir une anticipation accrue de la nourriture.

Ils soulignent que tous les types d’entrainement impliquent un chien qui regarde un humain. À partir de ces résultats, il est impossible de séparer spécifiquement les effets de la formation au clicker des autres types de formation, car la formation au clicker a contribué aux scores de la formation tout au long de la vie.

Il n’est sans doute pas surprenant que les chiens ayant une expérience préalable de l’entraînement au clicker, aient mieux réussi, mais il convient de noter que tous les chiens se sont améliorés pour créer un contact visuel pendant la session de 5 minutes. Ce qui montre donc qu’un vieux chien est toujours en aptitude à apprendre de nouveaux tours.

Le fait que les chiens entraînés aient mieux réussi à cette tâche d’attention sélective est très prometteur.

Friederike Range, auteur principal, a déclaré: «Les chiens ayant un score élevé d’entraînement ont réagi plus rapidement avec les deux mesures d’attention. Ce résultat est en effet une preuve convaincante pour les propriétaires de chiens d’engager leurs chiens dans différentes formes d’entraînement physique et mental, s’ils veulent que leurs amis à fourrure conservent leurs capacités d’attention tout au long de leur vieillissement. « 

Pour les propriétaires de Border Collie qui voudraient savoir comment cette race se compare aux autres chiens, il y avait en réalité peu de différences, mais les Border Collies étaient plus rapides à trouver la nourriture au sol.

Cette étude suggère que l’entraînement basé sur les récompenses, a des avantages cognitifs qui persistent dans la vie ultérieure du chien.

Le document est en accès libre et vous pouvez le lire via le lien ci-dessous et vous pouvez suivre le Clever Dog Lab sur Facebook.

Référence

Chapagain, D., Virányi, Z., Wallis, L. J., Huber, L., Serra, J. et Range, F. (2017). Vieillissement de l’attention chez les border collies et autres races de chiens de compagnie: les avantages protecteurs de la formation tout au long de la vie. Frontiers in vieillissement neuroscience, 9, 100.

Catégories
animal éthique zoothérapie

Les animaux de compagnie dans les pratiques thérapeutiques

Par le Dr. par Rhonda McCloud, Psy.D

Sigmund Freud a été le premier psychothérapeute à utiliser accidentellement son chien, Fijo, pour aider ses clients à se calmer pendant les séances de thérapie et à offrir à ses clients, la sécurité et l’acceptation en facilitant le processus de psychanalyse. Dans les années 1960, Boris Levinson, fondateur de la Thérapie facilitée par les animaux de compagnie, a publié dans la revue Mental Hygiene « Les canidés en tant que « cothérapeutes »» et son livre, intitulé Pet-Oriented Child Psychotherapy. Levinson a mené la première étude auprès de 425 psychothérapeutes à New York, qui ont répondu à un questionnaire sur l’utilisation d’animaux de compagnie lors de séances de thérapie. 33% d’entre eux ont déclaré avoir utilisé leurs animaux de compagnie comme « aides thérapeutiques » et 75% ont recommandé à leur patient, d’avoir des animaux de compagnie à la maison pour améliorer leur santé mentale.

La zoothérapie en psychiatrie

Aujourd’hui, on ignore combien de thérapeutes utilisent leurs propres animaux de compagnie, mais de plus en plus de gens lisent et en apprennent davantage sur la zoothérapie. Selon une recherche (cf. Web d’Amazon), 3891 livres ont été écrits sur la zoothérapie. La zoothérapie se constitue en une variété d’animaux de compagnie. The Pet Partners est l’une des principales organisations aux Etats Unis, utilisant une variété d’animaux de compagnie tels que les chiens, les chats, les lapins, les chevaux, les cochons et les lamas. Dans la pratique, les patients peuvent tirer un bénéfice des animaux de compagnie en les touchant, en communiquant et en développant des objectifs thérapeutiques.

« Therapy Canines International (TDI) ® », l’autre organisation (USA) de premier plan dans le domaine des thérapies pour animaux de compagnie, regroupe maintenant 24 750 équipes humaines/canidés volontaires. Elles visitent des bibliothèques, des écoles, des hôpitaux, des centres d’hébergement et des lieux de sinistre. On ignore combien de volontaires de ces deux organisations leaders ont des membres qui sont des thérapeutes qualifiés qui utilisent leurs chiens de thérapie formées dans leurs propres pratiques.
  
Professionnelle de la santé mentale humaine, qui a un chien de thérapie entraînée, un Beagle nommé Sofia. À l’âge de deux ans, elle a achevé ses cours élémentaires, avancés et intermédiaires, réussi son test Canine Good Citizen (CGC) et son évaluation thérapeutique. Sofia et moi-même faisons des visites d’anithérapie pour animaux de compagnie depuis 7 ans dans divers contextes avec diverses populations.

La plus grande joie professionnelle avec la zoothérapie et avec Sofia, est de travailler avec des enfants en famille d’accueil. J’ai commencé à emmener Sofia avec moi dans des foyers d’accueil lorsque les enfants ont été placés pour la première fois chez de nouveaux parents d’accueil. S’ils n’avaient pas d’animaux domestiques chez eux, je prenais Sofia et je laissais la caresser pendant que je leur lisais l’histoire de Sofia. J’ai écrit un livre d’auto-assistance : « Rencontrez Sofia, Ouvrez votre cœur et Vivez une vie pawsitive », alors que j’étais inscrit à un cours de psychologie des médias à la California Southern University. C’est une histoire sur la façon dont Sofia a également perdu sa maison et a dû déménager tout en réalisant son rêve de devenir un chien de thérapie. Les enfants se sont immédiatement connectés avec nous quand ils ont répondu aux questions ouvertes. Lire l’histoire en faisant asseoir Sofia à leurs côtés a aidé à nouer des liens avec l’enfant, le parent nourricier, moi-même et Sofia. J’ai lu le livre aux enfants en famille d’accueil, aux enfants des bibliothèques locales, aux personnes âgées dans les maisons de retraite et même aux patients des hôpitaux. Un garçon a emporté ce livre lors de ses divers placements avant d’être adopté. Sa mère adoptive m’a dit qu’il lui avait dit que Sofia était son chien.

Une fois, je suis allée à l’hôpital pour visiter une personne âgée et je n’ai pas pu emmener Sofia avec moi, mais j’ai pris son livre à la place. À l’hôpital, pendant la lecture elle a eu le sourire aux lèvres. J’ai aussi remarqué le tensiomètre et à ce moment-là, sa tension était très élevée au début de la lecture du livre. Au moment où j’avais fini de lire le livre, et qu’elle avait répondu aux questions, sa tension artérielle était beaucoup plus basse sur le moniteur. Des recherches soutiennent le concept selon lequel caresser une chien peut réduire la pression artérielle.

Sofia se rapprochant de la retraite, j’ai donc commencé à former deux nouveaux chien, croisés Labrador, Busy et Mama. Ils allaient devenir des chiens d’assistance psychiatrique agréés formés par la DogWish Organization à Hemet, en Californie.

L’éthique : un maître mot

Bien que tous les chiens ne soient pas formés pour devenir des chiens de service psychiatrique, il existe de nombreuses autres formes de traitement. Un animal de soutien émotionnel (ESA) est un animal de compagnie d’une personne en particulier. Il offre des avantages thérapeutiques tels que la réduction des symptômes de panique et d’anxiété liés à une déficience mentale ou psychiatrique. Les chiens de thérapie sont des chiens formés qui assistent de nombreuses personnes différentes dans divers contextes.

En tant que professionnel de la santé mentale, travaillant avec un animal de compagnie, il est important de rappeler l’éthique, de maintenir une assurance responsabilité et de connaître les signes de stress chez un animal. Ces signes se manifestent avec les pupilles dilatées, des rougeurs aux yeux et des regards fixes sur le conducteur. Le visage et les oreilles de l’animal présentent d’autres signes de stress qui peuvent être inégaux, le dos plat ou levé. Ils peuvent aussi bailler ou baver. On entend aussi le stress dans leurs vocalisations dans les grognements et les gémissements. Leur posture reflète également des signes de stress dû à la rigidité et à l’évitement dans l’exécution d’une tâche. Parfois, le passage de gaz, la respiration superficielle, la mastication, la rotation en rond sont aussi des signes de stress canin.

Certains documents passés et actuels fournissent aux professionnels de la santé mentale une compréhension de l’assistance canine en thérapie, des interventions canines pouvant être utilisées pour réduire l’anxiété, les symptômes dépressifs, la solitude, l’utilisation de médicaments psychotropes, l’isolement, l’amélioration de la socialisation, le sentiment de sécurité et la sécurité.

Interactions et estime de soi

 Des recherches suggèrent que des chiens bien entraînés dans le cadre d’une pratique thérapeutique peuvent aider les enfants atteints d’autisme, les anciens combattants atteints de SSPT, les personnes âgées souffrant de dépression et de démence. On peut également l’appeler «la thérapie ambulatoire» quand la session la session se déroule à l’extérieur, lors d’une promenade. Le principal avantage du nouvel environnement d’interaction patient-chien est que le patient, qui peut être un enfant, peut expérimenter et ressentir l’environnement de manière plus tridimensionnelle pour éveiller sa conscience et celle de son environnement et ainsi se retrouver dans le «maintenant» de l’environnement. Lorsque le thérapeute observe cette nouvelle interaction, il peut favoriser une augmentation des perspectives thérapeutiques.

En 2003, la Delta Society a découvert que les animaux domestiques aidaient les gens de plusieurs manières. Les animaux aident à éclairer l’humeur et l’affect, procurent du plaisir et de l’affection, aident à résoudre les problèmes de deuil et de perte. Les animaux améliorent également les aptitudes sociales, l’estime de soi, la réalité, la coopération, la mémoire et le rappel, la capacité de confiance, la capacité de résolution de problèmes, la concentration et l’attention, et augmentent la capacité à exprimer des sentiments. Ils diminuent également les comportements de manipulation et certains comportements répétitifs chez les enfants autistes. Les animaux domestiques peuvent aider à réduire l’anxiété générale et la solitude.

Les professionnels de la santé mentale peuvent utiliser des animaux dans plusieurs techniques de conseil assisté par un chien. Par exemple, demandez au patient de donner et de recevoir de l’amour et de l’affection avec un chien (apprendre à tenir l’animal), apprendre à manipuler avec douceur un chien, apprendre à communiquer avec un chien ou apprendre comment les chiens apprennent. Les patients peuvent également observer et discuter des réponses des chiens au comportement humain avec le thérapeute et généraliser le comportement des chiens aux circonstances humaines. Les patients peuvent apprendre à toucher doucement ou à rester dans le «ici et maintenant» lors du brossage d’un chien. L’apprentissage des soins appropriés, l’alimentation, le toilettage, la marche et la participation du chien peuvent aider un patient à apprendre à suivre une routine.

Un animal en thérapie facilite la communication en encourageant le patient à parler à son chien, à parler du chien et à partager des histoires de chiens. Les patients peuvent acquérir des compétences sociales en emmenant le chien dans une promenade supervisée et en le présentant aux autres.

Il existe une variété d’orientations thérapeutiques pouvant utiliser des canidés en complément des approches traditionnelles.

Le thérapeute en thérapie cognitivo-comportementale (TCC) a pour objectif d’aider le patient à identifier et à modifier les croyances irrationnelles qui influencent ses sentiments et comportements dégradants. Le thérapeute CBT invite le patient à travailler avec le chien pendant la séance de thérapie, en l’encadrant à lui demander de faire des tours. L’intervention clé est l’approximation successive basée sur la mise en forme du comportement, dans laquelle le patient pratique de petits changements incrémentiels dans la direction de l’objectif ou du résultat souhaité du traitement. Une autre intervention est la restructuration cognitive, ou l’identification et la modification de schémas de pensées et de croyances qui contribuent au dysfonctionnement émotionnel et comportemental du patient.

Les interventions assistées par des chiens visent à motiver le patient en raison de ses liens sociaux pour atteindre une supériorité motivée par ses sentiments d’infériorité au sein de la famille et de la communauté. S’efforcer d’y parvenir peut-être fonctionnel ou dysfonctionnel. Quelques techniques adlériennes se produisent lorsque le conseiller commente l’interaction patient-chien. Le thérapeute pourrait partager des informations sur les antécédents familiaux du chien et d’autres antécédents liés au chien ou utiliser des questions sur la relation patient-chien pour encourager le chien à jouer le rôle de conseiller.

Les conseils de Gestalt et les interventions d’assistance canine aideront le patient à se concentrer sur le «ici et maintenant», de manière à ce qu’il ou elle puisse devenir pleinement conscient et présent. Les conseillers Gestalt encouragent les patients à toucher et caresser le chien et les incitent à faire part de leurs préoccupations aux chiens, les encouragent à inventer des histoires impliquant le chien de thérapie, créent des activités structurées avec le chien.

D’autres approches avec des chiens

Les thérapeutes existentiels encouragent le patient à recréer des expériences dans lesquelles le chien joue un rôle spécifique. Les thérapeutes de la réalité utilisent des interventions assistées par un chien dans ce domaine aident le patient à se concentrer sur le présent tout en apprenant que les erreurs commises dans le passé ne sont plus pertinentes et que l’importance de la vie est dans le présent. Un thérapeute utilisant la thérapie de la réalité utiliserait des interventions assistées par un chien pour aider le patient à se concentrer sur le présent tout en apprenant que les erreurs commises dans le passé ne sont plus pertinentes et que l’importance de la vie est dans le présent. Un thérapeute centré sur les solutions utilise un chien dans la pratique pour motiver le patient à apprendre et à appliquer de nouvelles compétences sociales et relationnelles avec son chien et d’autres personnes afin de réussir dans la vie.

En conclusion

Les chiens et les autres animaux peuvent aider les thérapeutes à améliorer certains de leurs patient et des personnes souffrant de divers troubles mentaux. Il est important que les professionnels de la santé mentale restent informés des nouvelles directives et lois en matière d’éthique relatives à l’utilisation des animaux domestiques et des animaux dressés dans leur pratique, car le domaine continue de changer et d’évoluer. Aujourd’hui, de plus en plus de patients viennent à des séances de thérapie pour demander aux professionnels de la santé mentale d’écrire une lettre aux propriétaires de chiens, pour bénéficier d’un animal de support affectif ou d’avoir leur propre animal d’assistance psychiatrique. Enfin, il est également important que les professionnels de la santé mentale restent dans leur formation, leur expérience et leur éducation.

References

  • Chandler, C. (2012).  Animal assisted therapy in counseling (2nd ed.). New York, NY: Routledge.
  • Chandler, C., et al. (2010).  Matching animal-assisted therapy techniques and intentions with counseling guiding theories.  Journal of Mental Health Counseling, 32(4), 354-374.
  • Coren S. (2002).  The pawprints of history: Canines and the course of human events. New York, NY:  Free Press.
  • Fine, A. (2000).  Animals and therapists: Incorporating animals in outpatient psychotherapy.  Handbook on animal assisted therapy: Theoretical foundations and guidelines for practice.  San Diego, CA:  Sage.
  • Fine, A. (2010).  Handbook on animal-assisted therapy: Theoretical foundations and guidelines for practice (3rd ed.).  Burlington, MA:  Elsevier.
  • Pavlides, M. (2008).  Animal-assisted interventions for individuals with autism.  London: UK.  Jessica Kingsley Publishers.
Catégories
animal émotions éthique cognition animale comparatif humain et non humain Comportement conscience publication

Les animaux non-humain peuvent- ils se suicider ?

Commentaires et traduction de l’essai du Dr David M. Peña-Guzmán « Can non-human animals commit suicide« 

Commentaires: L’essai rédigé par le Dr Pena-Guzman fait appel à diverses approches. L’approche stricto sensu scientifique montre une dualité dans les visions : nombres de scientifiques soutiennent que les animaux se peuvent pas se suicider, car ils sont dépourvus de caractéristiques humaines qui sont des critères inaliénables pour mener au comportement suicidaire, tels que la subjectivité réflexive, el libre arbitre ou la conscience de la mort. D’autres éminents scientifiques avancent quant à eux, des arguments en faveur de la possibilité du suicide chez les animaux : les capacités émotionnelles, cognitives et comportementales chez les animaux sont aussi élaborés que chez les humains.

Si on s’inscrit dans une approche d’évolution continuitive, peut-on exclure que les animaux non humains ont développé à l’instar des animaux humains, des comportements similaires ou parallèles ?

Les scientifiques s’appuient sur des preuves, des observations et des modélisations pour démontrer des vérités. Est-il nécessaire de rappeler, que ce n’est pas parce qu’on ne voit pas une chose, qu’elle n’existe pas !

De plus, créer des modèle dans la recherche sur le suicide animal, signifierait « maltraiter suffisamment un animal » (voire des dizaine), pour les pousser au suicide. Et en ce point, une telle recherche serait controversé et répréhensible d’un point de vue éthique. Ainsi l’approche éthique et philosophe du suicide animal s’interposerait en ce sens.

Le Dr Pena-Guzman expose ces approches avec des arguments et des éléments qui laissent à penser que si la science se posent des question sur la possibilité que le suicide existe chez les animaux non humain, notre sens de l’éthique devrait nous pousser à tout faire pour éviter ces probabilités.

Corine Gomez, comportement

Je vous laisse découvrir l’essai, ci -dessous:

Abstract: Beaucoup de gens croient que seuls les humains ont des capacités cognitives et comportementales, et donc des capacités nécessaires pour un comportement suicidaire. Dans l’article, il sera notamment question de la subjectivité réflexive, du libre arbitre, de l’intentionnalité ou encore de la conscience de la mort. Trois contre-arguments – basés sur les émotions négatives et les psychopathologies chez les animaux non humains, la nature du comportement autodestructeur, et le schéma récurrent du suicide dans la recherche – suggèrent que les comportements auto-destructeurs et auto-flagellateurs chez les animaux humains et non humains varient le long d’un continuum.

Contre le concept de suicide chez les animaux

Le suicide est un phénomène complexe. Dans le cas des êtres humains, il soulève une question épineuse sur la vie et la mort auxquelles aucun être vivant n’est peut-être en mesure de répondre. Un problème auquel Camus (1955) a dit un jour: «Il n’y a qu’une seule question philosophique sérieux, et c’est le suicide ». Curieusement, le concept de suicide semble perdre toute sa complexité lorsqu’il est appliqué aux animaux non-humains, car beaucoup de personne considèrent que les animaux ne disposent pas des ressources émotionnelles et cognitives nécessaires, pour le commettre. Ce que Shneidman (1985) appelle «le meurtre au cent quatre-vingtième degré». Pour eux, le concept de suicide animal ne peut être qu’une blague, une erreur de catégorie ou une illusion anthropo-morphisque.

Ils répondent généralement à la suggestion selon laquelle certains animaux peuvent se livrer à des activités suicidaires, en subordonnant le suicide à certaines fonctions ou capacités que seul l’homme (les êtres humains) sont présumés posséder, tels que la subjectivité auto-réfléchissante, le libre arbitre ou la conscience de la mort. Ces points ne sont toutefois pas concluants.

Cependant ils sont en conflit avec les recherches empiriques sur les capacités des animaux non-humains qui s’appuient sur des hypothèses concernant la place de l’homo sapiens dans l’ordre des choses.

1.1. La subjectivité réflexive

Selon certains avis, le suicide n’est possible que pour les animaux dotés d’une forme de subjectivité qui comprend non seulement la sensibilité, mais aussi un type spécifique de subjectivité auto-réflexive (désormais «réflexivité») grâce à laquelle un animal est capable de se saisir en tant qu’agent capable d’agir (c’est-à-dire en tant que «je»). Le suicide, de ce point de vue, est un acte fondamentalement réflexif (sur soi) dont l’agent (le Je) est à la fois sujet et objet. En tant que tel, il nécessite un niveau de sophistication subjective que les animaux n’ont tout simplement pas.

Ce point de vue souffre de deux inconvénients. Le premier est autant conceptuel qu’empirique: elle suppose que la réflexivité est une dichotomie tout ou rien,et que les animaux n’en ont pas, ou en maquent résolument. Pourtant, nous n’avons aucune raison – du moins pas depuis que Darwin a mis les humains et les animaux sur un continuum naturel dans « Sur l’origine des espèces » (1859) et « La descendance de Man » (1871) – d’attendre de telles discontinuités dans la nature. Dans un article publié dans « TRENDS in Écologie et évolution » en 2004, Bekoff et Sherman soutiennent que la diversité naturelle et l’évolution biologique rendent très peu probable qu’il n’y ait qu’une seule norme pour classer les animaux, en deux classes simples: les nantis qui possèdent et les non-nantis qui ne possèdent pas.

Il n’y a pas de « test évident »pour déterminer le degré de connaissance de soi parmi tous les taxons »(p. 178). Pour faire suite aux thèse de Darwin, Bekoff et Sherman soutiennent que les animaux ont différents types de degrés de conscience de soi – types qui ne peuvent pas être réduits à «des types simples», et des degrés qui ne peuvent pas être facilement quantifiés. De nombreuses recherches empiriques soutiennent ce paradigme (DeGrazia 1996; Baars 2005; Seth, Baars et Edelman 2005; DeGrazia 2006; Feinberg et Mallatt 2013; Tononi et Koch 2015; Rowlands 2016).

Cette recherche remet en question la croyance conventionnelle voulant que la connaissance de soi définisse les êtres humains seulelmzent et exclue le reste de la nature (Bekoff et Sherman 2004, p. 179).

Bekoff et Sherman (2004) soulignent la diversité des animaux de ce continuum en identifiantau moins trois types différents de subjectivité qui sillonnent le règne animal de manière élaborée et non linéaire (voir le tableau 1), ce qui suggère que la connaissance de soi est un continuum qui évolue constamment (et dans de multiples directions) plutôt qu’une dichotomie qui sculpte et cisaille la nature à ses articulations: «Le degré de connaissance de soi des individus dans les espèces peuvent être représentées comme un point sur un continuum de complexité et de conscience participative »(p. 176). Comme tout le reste dans la nature, la connaissance de soi est une question de degré.

L’incohérence interne est le deuxième inconvénient sur l’idée que seuls les humains ont la subjectivité réflexive (cf. l’objet et le sujet) et donc que seuls les humains peuvent se suicider. Même si la réflexivité était une dichotomie naturelle et une condition nécessaire au suicide, il ne s’ensuivrait pas que la dichotomie correspond parfaitement à la classification des espèces. Il ne s’ensuivrait pas non plus que seuls les humains peuvent se suicider. Il existe des humains dont les comportements suicidaires ont été documentés, mais qui peuvent ne pas répondre aux exigences d’une théorie de la subjectivité réflexive, les enfants par exemple. (Stefanowski-Harding 1990; Matter and Matter 1984; Martin 2014; Heise, York et Thatcher 2016; Bodzy et al. 2016). Bon nombre d’animaux non-humain réussissent le test d’auto-reconnaissance, et de par là répondent aux exigences de réflexivité.

Les singes, les dauphins, les éléphants et la pie eurasienne, par exemple, ont tous passé le test de Gallup. (1970) : le célèbre « test du miroir », que de nombreux experts du comportement animal considèrent comme le test de la subjectivité réflexive et de la consciente de soi (Prior, Schwarz et Güntürkün 2008), alors que certains enfants humains échouent jusqu’à l’âge de six ans (Willett 2014, p. 122) .

D’où l’argument que les animaux ne peuvent pas se suicider parce qu’ils n’ont pas de notion de subjectivité.

Si on exclue tous les non-humains du domaine du suicide, cet argument devrait être être interprétée de manière assez stricte – dans ce cas, cela exclurait inévitablement certains humains.

Inversement, pour inclure efficacement tous les humains, il faudrait l’interpréter de manière plus libérale et dans ce cas, cela inclurait inévitablement des non-humains.

1.2. Le libre arbitre

Certains penseurs utilisent le concept de libre arbitre comme argument contre le suicide des animaux, en partie parce que ce concept façonne nos intuitions à propos du suicide (Szasz 1986; Higonnet 1986; Hassana 1998; Douglas 2015) . Inspiré par une compréhension théologique des êtres humains, de tels penseurs soutiennent que les animaux ne peuvent pas se suicide, car le suicide est une expression du libre arbitre, que seuls les humains en sont pourvus.

Est-ce que les animaux tels que les vaches, les cochons, les perroquets, les chiens et les orangs-outans ont le libre arbitre?

Bien que cela soit incompatible avec l’orthodoxie théologique, il est possible de prétendre que c’est le cas. Certaines cultures le revendiquent déjà, de même que des experts du «choix de comportement volontaire» et de la «Théorie du renforcement positif». Ces derniers considèrent que les animaux ne sont pas des agents passifs dans le processus de recherche, mais des participants actifs qui peuvent choisir de participer ou non à la recherche de leur propre volonté (Berns, Brooks et Spivak 2012; Tan et Hare 2013; Fenton 2014) . Dans un article de 2012 publié dans Biology & Philosophy, Fenton affirme que certains des animaux (des chimpanzés) ont la capacité de modifier leurs types d’interactions avec les humains et que, par conséquent, les protocoles de recherche, qui ne considèrent pas cette capacité, peuvent échouer en raison «des normes d’éthiques de la recherche »(p. 89). Le primatologue japonais Tetsuro Matsuzawa est du même avis. Après des décennies de travail avec les chimpanzés, Matsuzawa en est venu à la conclusion que les chimpanzés agissent librement et volontairement. Comme il le dit explicitement, ils agissent « sur la base de leur libre arbitre » (Matsuzawa, 2006). Comme Fenton, il pense également que la recherche comportementale et biomédicale doit s’adapter aux capacités volontaires et décisionnelles des chimpanzés, au même titre que la recherche biomédicale sur des sujets humains incorpore la capacité des êtres humains à consentir aux soins médicaux.

Maintenant, on pourrait éviter d’attribuer le libre arbitre à des animaux non humains selon Steward (2015), qui établit un équilibre fragile entre les engagements théologiques en faveur de l’exceptionnalisme et le corpus croissant de preuves empiriques selon lesquelles les animaux peuvent aussi agir librement (ou au moins aussi librement que les humains) en faisant la distinction entre ce qui est appellé «la pleine liberté»et« les capacités d’action volontaire ». Steward dit, que seuls les êtres humains ont un libre arbitre à part entière, mais de nombreux animaux peuvent agir volontairement. À première vue, cette position semble assez raisonnable, parfaitement logé entre les extrêmes. Il satisfait les théologiens qui affirment avec force que seuls les humains ont le libre arbitre et les scientifiques naturels dont les recherches indiquent que les animaux sont plus que des automates cartésiens ou des boîtes noires pavloviennes.

Cependant, si nous examinons attentivement cette position, elle se révélera rapidement intenable, voire incompréhensible. Dès que nous acceptons que les animaux ont des préférences, qu’ils les expriment et poursuivent ces préférences dans divers contextes, qu’ils planifient l’avenir, qu’ils maintiennent leurs intentions pendant de longues périodes, qu’ils acceptent et se dissocient de situations différentes et qu’ils font des choix non pré-déterminés, il devient assez difficile de voir les différence significative entre avoir un libre arbitre à part entière et simplement avoir la capacité d’agir librement.

Quelle différence empiriquement cela fait-il qu’un animal ait le libre arbitre ou qu’il soit complètement épanoui?

Y a-t-il des exemples qui montrent qu’un animal doté d’un libre arbitre à part entière peut faire des choix particuliers, qu’un animal seulement doté de capacités d’action volontaire ne peuvent pas faire ? Cela ne semble pas être le cas. Cette distinction peut alors être un cas classique de ce que William James (1995) avait autrefois appelé «la coupe de cheveux scolastique», une référence à la pratique médiévale consistant à faire des distinctions linguistiques dénuées de fondement empirique.

Par définition, le libre arbitre est un concept métaphysique. Il dénote une force qui est causalement efficace mais qui reste en quelque sorte en dehors de l’ordre de la nature, c’est-à-dire une force dont les effets peuvent être ressentis dans le monde naturel, mais cela ne change rien à ce qu’il se passe dans ce monde. En tant que tel, ce concept a un air anti-naturaliste qui peut être incompatible avec l’épistémologie scientifique en général et avec les compréhension contemporaines du suicide en particulier.

Définir le suicide en termes de libre volonté, c’est placer le phénomène sur un piédestal métaphysique, en dehors de la portée de la science et des explications – littéralement au-delà de la (méta) nature (physis). Pourtant, il n’est pas rare pour les scientifiques et les laïcs de réagir aux histoires d’animaux suicidaires : citons par exemple, le cas du scorpion qui se pique quand il est entouré par le feu ou le rat qui cherche l’odeur d’un chat et se fait tués. Les scientifiques affirment qu’il ne s’agit pas de «vrais» suicides, car ils peut être expliqué en termes de causes purement naturelles – par exemple, une réaction réflexe simple dans le cas du scorpion et de l’activité du parasite Toxoplasma gondii dans le cas du rat.

Les vrais suicides, disent-ils, exigent un «choix libre de la volonté».

L’hypothèse qui sous-tend que si une mort auto-induite peut être expliquée de façon naturalistique (par des processus physiques, chimiques, biologiques ou psychologiques), elle ne peut être appelé «suicide». Que dire alors de la mort humaine auto-provoquée qui peut aussi être expliqué de cette manière? Prenons le cas des antidépresseurs. Il est de notoriété publique que le nombre de suicides augmente pendant le traitement antidépresseur avec sérotonine sélective des inhibiteurs de la recapture (ISRS). ISRS, qui se trouvent dans les antidépresseurs populaires comme le Prozac, le Paxil et le Zoloft. Ils affectent le cerveau de manière à ce que les patients qui les prennent puissent éprouver de nombreux états émotionnels généralement associés au suicide (dépression, manie, agression, etc.). Maintenant, imaginons qu’un patient sous ISRS se suicide. En supposant que la science fasse le lien entre les ISRS et le suicide, nous pourrions accepter une explication purement naturaliste du suicide. Nous dirions: «La cause de la la mort de la patiente était l’effet des ISRS sur son cerveau. » Nous ne dirions pas: » La cause était sa mort est le pouvoir transcendental, donné par Dieu, d’agir d’une manière qui ne soit déterminée par aucune cause. « 

Perlin (1994) observe que la vision médiévale du suicide comme «pécheur» a donné la façon moderne de l’interpréter comme «environnementale». Aujourd’hui, les chercheurs recherchent les mécanismes causaux impliqués dans le suicide; et ils les recherchent dans le domaine de la physique nature, pas au-delà. Aucune théorie scientifique contemporaine n’explique le suicide via le concept de libre arbitre. Les théories neurologiques se concentrent sur les processus neurochimiques concomitants avec suicide. Les théories psychologiques se réfèrent au contenu émotionnel et cognitif du suicide et de l’esprit (pensées, sentiments, affects, tendances). Les théories sociologiques, épidémiologiques et écologiques se concentrent sur les facteurs sociaux, environnementaux et politiques qui agissent sur les individus : la pauvreté, le sans-abrisme, la toxicomanie, la maladie mentale, les caractéristiques du milieu de vie, des modèles de désorganisation sociale et des systèmes fracturés de signification (Jones 1982). Même s’ils sont en désaccord sur de nombreux points, toutes ces théories s’accordent sur un même point – à savoir que la cause du suicide doit être recherchée non pas danbs le domaine métaphysique qui est extrait du monde empirique, mais dans le monde empirique lui-même. Durkheim (2002) a fait valoir ce point de manière assez convaincante dans son étude fondamentale de 1897 sur le suicide, où il a rejeté les cadres transcendantaux en faveur des cadres empiriques (Douglas 2015). Plus de cent ans plus tard, la science continue de suivre l’initiative de Durkheim. Comme l’écriture de cet article, aucune théorie scientifique du suicide n’intègre le libre arbitre dans son espace explicatif. Il faut donc se poser la question suivante : si nous n’utilisons plus le concept de le libre arbitre pour donner un sens au suicide humain, pourquoi l’utilisons-nous dans le cadre de ces actes pour les non-humains?

1.3. La conscience de la mort

On dit généralement que pour se suicider, un individu doit avoir l’intention de créer sa propre mort, ce que les animaux ne peuvent pas faire car ils ne peuvent pas «représenter» ou «conceptualiser» la mort en première place. Mais même si nous supposons, pour les besoins de l’argumentation, que les animaux n’ont pas de concept de mort, on ne sait toujours pas pourquoi cela devrait les empêcher de se suicider. D’autant qu’il y a des humains qui se suicident et qui peuvent aussi ne pas posséder ce concept (par exemple, les enfants). En outre, il n’est pas prouvé que les animaux soient dépourvus de ce concept.

La mort joue un rôle plus central dans la vie de nombreux animaux . Des rituels funéraires ont été observés chez diverses espèces animales, notamment les corbeaux (BBC News 2015), pies (Bekoff 2009a), gorilles en captivité (Morin 2015), renards roux (Bekoff 2009b), les éléphants et les dauphins (Goldman 2012). En outre, de nombreux animaux – y compris les animaux de compagnie tels que les chats et les chiens, et les animaux de la ferme comme les chevaux, les lapins et les oiseaux – des expériences ont montré les sentiments de deuil, de mélancolie et de chagrin éprouvés lors de la mort d’un parent, amis ou compagnons , ce qui peut signifier que les survivants comprennent la différence entre la vie et la mort (Angier 2008; King 2013; Bekoff 2009b). Ces sentiments peuvent être si aigus que les vétérinaires recommandent que les animaux endeuillés “aient le droit de voir le corps d’un compagnon récemment décédé [… comme]. Cela peut aider avec une sorte d’acceptation de la perte »(Wedderburn 2015, p. 1). Comme leur les humains, les animaux non-humains comprendre la finalité de la mort; comme nous, ils ont besoin de dire au revoir. Dans l’étude de Walker, Waran et Phillips (2016), sur les perceptions des propriétaires concernant la réaction de leurs compagnons non-humains à la mort d’un autre animal, ils soutiennent ce point de vue : les animaux doivent dire adieu à leur compagnons.

Des recherches dans le domaine émergeant de la «thanatologie pan», qui consiste à étudier comment les membres du genre Pan se situent et traitent la mort. Ils montre également que les chimpanzés et les bonobos ont une emprise sur la mort qui dépasse le simple fait d’expérimenter le chagrin et la tristesse à la vue du visage d’un être cher qui n’est plus. Les membres de ce genre ont des rituels entourant la mort,

Les bonobos, par exemple, empêchent souvent les corps d’amis et de proches décédés, d’être déplacés ou touchés par des étrangers, même si cela implique de causer un préjudice à eux-mêmes (NOVA 2008), alors que les chimpanzés traitent des congénères malades et en bonne santé différemment, tout comme ils traitent les corps des malades différemment avant et après la mort (Anderson, Gillies et Lock, 2010). Des chimpanzées ont été filmées portant le restes momifiés de leurs bébés sur le dos pendant des semaines ou des mois après que les bébés ont péri (Matsuzawa 1997; Biro et al. 2010). Ce comportement, qui réfute sans doute la thèse de Varki et Brower (2013) selon laquelle seuls les humains peuvent «nier» la mort, a été documentée chez un large éventail de mammifères, y compris des mammifères terrestres tels que les gorilles, babouins, macaques, lémuriens et géladas (Goldman 2012, p. 1), et mammifères marins tels que les grands dauphins Indo-Pacifique, dauphins spinelles, épaulards, baleine à bosse australienne, dauphins, cachalots, dauphins de Risso et globicéphales noirs (Reggente et al.2016).

2. Arguments en faveur du concept de suicide chez les animaux

Les scientifiques qui défendent ouvertement la possibilité de suicide animal sont une minorité. Cela pourrait être dû à l’excentricité du sujet, mais aussi à la façon dont la plupart des scientifiques actuellement à l’apogée de leur carrière ont été formés pour réfléchir et écrire sur animaux dans les années 60, 70, 80, 90 et le début des années 2000 – à savoir, à une distance fraîche et avec un air de scepticisme, et sans jamais imputer des émotions, des sentiments, ou même un état mental aux animaux, de peur de sonner «anthropomorphique» (King 2013, p. 8; Bekoff 2007, p.xvii).

Sans le savoir, un bon nombre de chercheurs peuvent donc se choisir eux-mêmes des sujets de recherche qui nécessitent une discussion sur ce que Bekoff (2007) appelle «la vie émotionnelle des animaux », y compris le suicide. Quoi qu’il en soit, ce qui devrait nous surprendre c’est qu’il n’y ait pas plus de scientifiques qui embrassent ouvertement la possibilité du suicide chez les animaux. Ceci suggère qu’il existe des raisons scientifiquement valables de croire que le suicide peut ne pas être un phénomène exclusivement humain.

2.1. Émotions négatives et psychopathologies

Certains chercheurs admettent que certains animaux peuvent avoir «la machinerie mentale pour commettre un suicide »(Preti 2011b), car ils peuvent expérimenter de nombreux états émotionnels typiquement liée au suicide (p. 2). Un large éventail d’animaux éprouvent de l’impuissance (Seligman 1972; Malkesman et al. 2009), la léthargie (Anderson, Gillies et Lock 2010) et de nombreux autres ont des états symptomatiques de la dépression, tels qu’anxiété chronique, agressivité, des problèmes de sommeil et d’anhédonie (Preti 2011a). Certains présentent même des pathologies homologues à des troubles psychiatriques humains reconnus comme antécédents de suicide, y compris les troubles post-traumatiques.

Les troubles de stress, troubles de l’alimentation et antisocial, limite et schizoïde, des troubles de la personnalité (Lilienfeld et al. 1999; O’Connor et al. 2001; Bradshaw 2005; Bruene et al. 2006) . Il est également révélateur à cet égard que nous diagnostiquons régulièrement des animaux en utilisant des modèles psychologiques et psychiatriques humains et nous traitons leurs troubles mentaux avec des médicaments destiné à l’usage humain. Par exemple, il n’est pas rare que des animaux domestiques et captifs, luttant contre l’anxiété chronique et la dépression se font prescrire des antidépresseurs humains comme le Prozac, le Xanax et le Paxil (Braitman 2014; Korte et al. 2007; Overall 2000), souvent avec des résultats favorables (Crawley, Sutton et Pickar, 1985).

2.2. Comportement auto-destructeur parallèle

Les animaux non humains pratiquent souvent les mêmes types de comportements d’auto-mutilation et d’autodestruction qui, chez les êtres humains, sont décrits comme «suicidaires». Crawley, Sutton et Pickar (1985) constituent un condensé utile de preuves de comportements autodestructeurs chez animaux non humains qui sont «pertinents pour les comportements autodestructeurs et suicidaires chez l’homme»(p. 300), sur la base desquelles ils concluent que «l’être humain n’est pas le seul à manifester comportements qui finissent par causer l’automutilation ou la mort »(p. 308) (voir tableau 2).

Certes, de nombreux comportements énumérés par Crawley, Sutton et Pickar (1985) ont été expliquée par des théories qui ne font aucune référence au suicide. Cela est mis sur le comptes de l’évolution de la sélection, par exemple, comment expliquer avec succès le comportement altruiste des hyménoptères, alors que les théories écologiques de la croissance démographique expliquent le comportement de dispersion des lemmings. Mais il y a une différence entre la façon dont nous expliquons le comportement et comment nous l’appelons. Comme nous expliquons le décès d’un patient sous ISRS en faisant appel aux effets du médicament et en appelant la mort, un «suicide», nous pouvons expliquer nombre de ces comportements de nombreuses façons et appelez-les «suicidaires». Néanmoins, nous voudrons peut-être diviser Crawley, Sutton et Pickar (1985) des preuves «faibles» et «fortes». Des preuves faibles incluraient des facteurs comportementaux généraux. Ils existent des parallèles entre les humains et les non-humains qui ne sont pas spécifiques au suicide, alors que force est de constaté que ces preuves incluraient des parallèles biologiques, chimiques, neurologiques et psychologiques avec des liens plus direct au suicide. Gould et al. (2017) a récemment décrit plusieurs de ces parallèles en détails, ainsi que d’autres non mentionnés dans Crawley, Sutton et Pickar (1985), tels que «les anomalies du système des neurotransmetteurs, modifications endocriniennes et neuro-immunes, […] déficits décisionnels, ainsi que le rôle des interactions critiques entre génétique et facteurs épigénétiques »(Gould et al. 2017, p. 1).

Envisager, comme de preuves solides, les comportements autodestructeurs des cétacés et, plus spécifiquement, le sujet controversé du suicide des dauphins. À l’Academy Award-Winning, le documentaire primé « The Cove » (2009), le dresseur de dauphins et activiste des droits des animaux, Richard O’Barry affirme avoir observé un dauphin nommé Kathy se suicider, en choisissant de ne plus respirer. Selon O’Barry, Kathy, apparue dans le film des années 1960 « Flipper », était gravement déprimé après avoir passé toute sa vie en captivité. O’Barry a dit, « elle a probablement perdu sa volonté de vivre et s’est suicidée: «Ce sont des créatures conscientes de soi avec un cerveau plus grand qu’un cerveau humain. Si la vie devient si insupportable, ils ne prennent tout simplement pas le prochain souffle. C’est un suicide » (Nobel 2010, p. 1).

Aux oreilles sceptiques, cette histoire sent l’anthropomorphisme. Il semble projeter sur un dauphin une gamme d’états mentaux et de motivation que seuls les êtres humains sont supposés expérimenter.

Pourtant, selon Naomi Rose, une experte de renommée mondiale en comportement des orque et membre du Comité scientifique de la Commission baleinière internationale, la proposition d’O’Barry n’est pas aussi aussi invraisemblable que certains puissent le penser (Braitman 2014, p. 167). Elle n’est pas seule dans cette vue.

Marino (2016), un expert en cognition des dauphins dont les recherches ont d’abord montré que les dauphins passent l’épreuve du miroir de Gallup et sont d’accord avec elle. Dans un livre blanc sur le suicide des dauphins, Marino affirme que «les preuves comportementales, cognitives, neurologiques et physiologiques suggèrent qu’il est possible que les dauphins possèdent la capacité de mettre fin à leurs propres vies »(p. 1). Elle donne trois raisons de ce point de vue.

Premièrement, les dauphins sont des mammifères extraordinairement intelligents capables de prendre conscience de soi et métacognition. Ils se reconnaissent dans un miroir (Reiss et Marino 2001), «ils démontrent leur conscience de leur propre corps de diverses manières» (Mercado et al. 1998, 1999) et ils affichent une cognition sociale de haut niveau (Marino 2016, p. 1-2).

Dauphin aux comportements dépressifs en captivité

Seconde, les dauphins ont un grand cerveau complexe: «Le néocortex des dauphins (la partie du cerveau impliquée dans la pensée d’ordre supérieur) est massive et encore plus alambiquée. En outre, le système limbique du dauphin, une série de structures neuronales et de circuits qui contrôlent la mémoire et les émotions à long terme, est particulièrement élaboré« , qui suggère que les dauphins «possèdent une capacité sophistiquée d’émotions et de processus de pensées qui seraient impliqués dans des états de motivation complexes, tels que ceux qui accompagnent les pensées suicidaires »(ibid., p. 2).

Et troisièmement, la nature de la respiration des dauphins fournit un mécanisme viable pour l’exécution du suicide. Contrairement aux humains, les dauphins sont des respirateurs volontaires. Chaque respiration qu’ils prennent reflète une décision consciente qu’ils prennent. « Ils n’ont pas la réaction d’inhalation involontaire qui causerait la noyade chez l’homme et d’autres animaux terrestres. Au lieu de cela, les dauphins peuvent retenir leur souffle indéfiniment jusqu’à ce qu ‘ils meurent d’hypoxie. Ceci fournit un mécanisme physiologique qui permettrait de cesser de respirer volontairement »(ibid.). 19 Marino conclut que les dauphins peuvent être capables d’avoir l’intention de se suicider. Elle ajoute cependant que la conclusion est provisoire car il est difficile de confirmer des états subjectifs.

L’histoire particulière d’O’Barry, ainsi que les preuves récoltées suggèrent que la capacité de suicide «peut exister chez les dauphins »(ibid.). King (2013) fait écho à cette affirmation, en affirmant que l’hypothèse de la présence de cette capacité chez les dauphins ne peut être exclue même lorsque la technologie du sonar militaire joue un rôle dans la mort auto-infligée d’un dauphin (p. 122). [Voir aussi King 2016 et accompagnant commentaires, ce journal. – éd.]

En général, les preuves d’un comportement auto-destructeur et autodestructeur chez les animaux sont importants et nombreux. Dans un rapport de 2007, Preti a passé en revue toutes les recherches sur le suicide chez les animaux publiées entre 1967 et 2007 dans les bases de données Medline / PubMed et Psycho-INFO pour déterminer si les preuves disponibles étayaient la conviction que les animaux se livraient à des actes suicidaires.

Son examen complet a fourni de nombreuses preuves de cette conviction. Beaucoup d’animaux, particulièrement captifs et isolés, adoptent des comportements autodestructeurs qui fonctionnent pleinement gamme allant de l’automutilation à l’auto-canibalisme (p. 834). Certaines des espèces mentionnées dans les rapports de Preti incluent des singes rhésus, des lapins, des rats, des psittacidés et des poulpes, accepte d’autres mécanismes de suicide chez les dauphins, notamment le refus de manger et le refus de s’engager avec d’autres, qui entraînent tous deux une mort lente (Braitman 2014, p. 168).

La liste est non exhaustive. Ailleurs, Preti s’appuie sur cette idée en indiquant que de nombreux animaux se laisse mourir de faim volontairement s’ils sont capturés ou séparés de leurs proches, alors que d’autres s’autodétruisent dans la psychopathologie. D’autres encore perdent tout simplement leur intérêt dans des activités typiques d’espèce, améliorant la vie si elles se trouvent dans des conditions de vie sous-optimale, en particulier celles «perçues comme incontrôlables» (Preti 2011a, p. 819). Preti (2007) termine sur une note similaire à celle de Marino: bien que les preuves existantes ne prouvent pas que les animaux se suicident, cela démontre que cette possibilité ne peut être «rejetée a priori» (p. 843).

2.3. Le dilemme de la fidélité du modèle dans la recherche sur le suicide

Les modèles sont des représentations conceptuelles qui aident les scientifiques à expliquer et à prédire les phénomènes naturels. Avec eux, les scientifiques décrivent les mécanismes de causalité impliqués dans différents types de phénomènes et faire des estimations sur le comportement futur des systèmes de ressources naturelles. Les modèles facilitent ce que les philosophes de la science appellent le «raisonnement de substitution», qui est une manœuvre épistémique par laquelle on fait des déductions sur un système cible en observant le comportement d’un modèle, en faisant des prédictions sur son comportement futur et en extrapolant du modèle à la cible.

Dans la littérature de philosophie de la science, les modèles qui capturent assez de les relations de causalité d’un système cible pour aider les scientifiques à tirer des conclusions fiables concernant son comportement est dit «d’un ordre de fidélité élevé». Des modèles qui ne parviennent pas à accélérer les recherches scientifiques.

L’explication et la prédiction, en revanche, sont considérées comme «d’un faible ordre de fidélité». Alors que les modèles d’animaux sont éthiquement controversés (DeGrazia 2016; DeGrazia et Sebo2015; Conlee 2012), ils sont régulièrement utilisés dans la recherche sur le suicide humain, où ils sont considérés comme «des outils formidables pour étudier l’étiologie d’une maladie, son évolution et son potentiel traitement »(Preti 2011a, p. 818). La plupart des chercheurs sur le suicide croient, explicitement ou implicitement, qu’il existe un lien clair et vérifiable entre les modèles animaux et leurs systèmes cibles et que, par conséquent, les premiers sont d’un ordre de fidélité élevé (Lipsaka 2000) – sinon, ils n’utiliseraient pas ces modèles dans leurs recherches, et encore moins les traiteraient comme fiables.

En effet, la validation de modèles animaux est si forte que les chercheurs les parlent de triple validation, c’est-à-dire validé dans trois sens: (1) au sens d’avoir un degré élevé de « correspondance » ou de « similitude » avec leur mécanisme cible (« validité apparente »), (2) dans la façon d’induire des changements de comportement chez les animaux «pouvant être surveillés et inversés par les modalités de traitement efficaces chez l’homme  » (« validité prédictive « ), et (3) dans le sentiment de capturer des voies biologiques, chimiques et neurologiques ayant une importance causale chez des animaux comparables à ceux qui interviennent dans la biologie et le comportement humains (« validité ») (ibid.).

Il est de constaté que l’engagement des scientifiques envers leur utilisation a des conséquences sur le suicide chez les animaux. Actuellement, les chercheurs utilisent des modèles animaux pour étudier les états émotionnels considérés comme des antécédents au suicide, aux comportements autodestructeurs de l’être humain et au «comportement biologique intermédiaires» qui, chez l’être humain, mènent d’un antécédent émotionnel à un effet comportemental (par exemple, de la psychopathologie à l’autodestruction). Cela implique que les animaux peuvent expérimenter certaines de ces émotions et des psychopathologies conduisant au suicide chez l’homme (Malkesman et Al. 2009, p. 165) et donc que les animaux peuvent adopter des comportements qui, chez l’homme, sont «suicidaire» et que les processus intermédiaires sont similaires chez l’homme et chez l’animal (ou, du moins, suffisamment similaire pour permettre un raisonnement de substitution dans la recherche sur le suicide) (Crawley, Sutton et Pickar 1985; Preti 2011a). Nos meilleures pratiques de recherche nous engagent donc à considérer que les animaux non- humains (i) expérimentent les conditions émotionnelles et psychologiques que, chez les êtres humains, se suicident; (ii) afficher des comportements qui, chez l’homme, sont exemplaire du suicide; et iii) subissent les mêmes processus biochimiques et biologiques (i) à (ii).

Sur quoi nous basons-nous alors pour penser qu’il serait impossible pour un animal de se suicider ou d’adopter un comportement suicidaire?

Peut-être que la réponse n’est qu’un biais d’interprétation impactant les domaines de la recherche sur le suicide: le parti pris de l’humanisme. Dès son plus jeune âge, on nous apprend que l’homme se tient au-dessus de tous les autres animaux en vertu de posséder un « quelque chose » spécial (raison, langage, subjectivité, volonté libre, conscience de la mort ou autre chose) qui nous donne un statut moral exceptionnel et inimitable. Cette croyance affecte notre façon de penser et de parler des animaux, sans parler de la façon dont nous les traitons. Cela peut également affecter la façon dont nous interprétons les données sur la richesse et la complexité de leur vie cognitive, comportementale et sociale.

Nous sommes amener à appliquer des normes de preuve atypiques dans certains contextes mais pas dans d’autres et donc de rejeter d’emblée les hypothèses selon lesquelles nous sommes psychologiquement prédisposé à douter ou à rejeter des évidences (Leavens, Bard et Hopkins 2017; Willett 2014; Burghardt 2016). On pourrait soutenir qu’en sciences animales, ce biais se manifeste principalement comme un parti pris anti-conformiste qui nous incite à être hyper sceptique des idées qui remettre en question notre croyance en notre unicité et notre supériorité présumées. Dans nos esprits, de telles idées ne jamais être confirmées – peu importe le soutien qu’ils pourraient avoir. Ce biais met les chercheurs spécialistes du suicide dans une double impasse, car ils doivent prendre position sur l’existence du lien entre les émotions négatives et les comportements autodestructeurs à la fois chez les humains et les animaux non-humains. S’ils acceptent le lien, ils préservent la validité du modèle animal dans la recherche sur le suicide. S’ils le rejettent, ils préservent l’idéologie de l’homme exceptionnalisme mais remettent en question la légitimité de la recherche sur le suicide chez les animaux elle-même.

Si les animaux peuvent s’autodétruire en raison d’émotions négatives ou psychopathologies, nous nous justifions (sur le plan épistémologique, pas nécessairement éthiquement) en les utilisant comme modèles de suicide humain. Mais alors nous ne pouvons pas exclure la possibilité que eux aussi se suicident. Si, au contraire, ils ne le peuvent pas, nous pouvons exclure la possibilité de suicide chez les animaux, mais nous devons cesser d’utiliser des modèles animaux car ils ne peuvent «faire avancer notre savoir sur le suicide »(Rezaeian 2012, p. 17). Notre conviction que les animaux ne peuvent pas s’engager dans un comportement suicidaire, et notre conviction que la recherche sur les animaux peut éclairer «chaque l’étape menant au suicide chez l’homme »(Preti 2011a, p. 821) peuvent être incompatible.

3. L’hypothèse du suicide chez les animaux: une approche continuisme

Considérer les comportements autodestructeurs comme des points sur un spectre incluant les humains et les animaux, ouvre la porte à une nouvelle façon de penser au suicide qui mettrait comportements suicidaires au premier plan. De ce point de vue, que nous pourrions appeler «le point de vue continu», le comportement suicidaire est un spectre naturel qui englobe un large éventail d’activités animales, qui sont (i) autodirigées et qui (ii) causent des blessures graves à l’animal jusqu’à la cessation de son activité, soit soudainement, soit sur une longue période. À la fin de ce spectre, nous trouvons certains des actes les plus sophistiqués d’auto-annihilation. D’un bout on trouve les animaux complexes sur le plan cognitif, y compris l’homme; à l’autre bout, on trouve des formes plus basiques, en ce qui concerne l’automutilation et l’autodestruction, nous pouvons citer l’auto-piqûre du scorpion. […]

Il est une notion appelée «conservation-retrait», qui correpond à un processus complexe et réalisable de multiples façons par lequel un animal désactive ou annule ses activités habituelles de conservation de la vie. Deux dimensions de cette théorie doivent être élaborées. Tout d’abord, notez que cette théorie n’admet aucun écart radical entre l’homme et le non humain. Il rejette la notion populaire ce «quelque chose» nous rend, homo sapiens, biologiquement unique. Fait important, cela ne veut pas exclure des différences significatives entre les différents types de comportements suicidaires ou entre les types de comportements suicidaires possibles pour différentes espèces. […]

le paradigme continuiste exige que nous considérions tous les comportements suicidaires comme «identiques». le point de vue continuiste est qu’il n’ya pas «quelque chose» qui fasse du comportement suicidaire une possibilité seulement pour les humains. Le comportement suicidaire est réalisable à plusieurs reprises, ce qui signifie qu’il peut être effectuée par différentes voies de causalité et peut prendre des formes radicalement différentes qui varieront probablement en fonction d’un certain nombre de facteurs, tels que les lignées évolutives de différentes espèces, les antécédents de développement de différents animaux, les moyens d’autodestruction à leur disposition, la présence ou l’absence de psychopathologies différentes.

Deuxièmement, et plus controversé, la théorie continuiste supprime la classique notion selon laquelle l’intention précède toujours le comportement et doit être une composante de toutes les explications des suicides.

De nombreux commentateurs s’interrogeront sans doute sur une théorie du suicide qui abandonne le concept d’intention, puisque «c’est une prémisse quasi-universelle dans les sciences cognitives que les états mentaux provoquent le comportement »(Leavens, Bard et Hopkins 2017, p.6) Pourtant, il y a de bonnes raisons de se méfier de cette croyance «quasi universelle», qui perd déjà du terrain dans les sciences animales à la lumière des travaux récents sur la cognition animale qui expliquent le comportement des animaux sans recourir à des états mentaux, y compris des intentions.

Considérons les travaux récents de Leavens et al. (2017) sur la cognition sociale des singes et la communication. De nombreux primatologues ont affirmé que les singes ne se livraient pas à des activités déclaratives ou à des gestes expressifs (tels que pointer du doigt), car ils ne peuvent pas évoquer les qualités mentales requises. C’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas avoir l’intention voulue de la bonne manière. Cette vue, qui a façonné pratiquement toutes les recherches sur la cognition des singes depuis les années 1970, repose « sur l’hypothèse fondamentale selon laquelle les états intentionnels et épistémiques provoquent un comportement manifeste » (Leavens et al. 2017, p. 6). En l’absence d’états épistémiques, le comportement ne peut se matérialiser. Cependant, ce point de vue est attaqué sous trois angles.

Tout d’abord, cette hypothèse fondamentale n’est pas nécessaire, car il existe de nombreux modèles de comportement qui n’hypostisent pas les états mentaux (croyances, intentions, désirs) en tant que causes de comportement. Dans l’étude du comportement humain, ces modèles incluent des «positions théoriques fondés sur des perspectives cognitives distribuées ou incarnées […], ainsi que sur certains récentes extensions du behaviorisme »(ibid.). 21 Dans l’étude du comportement des animaux, cela inclut, les approches expérimentales basées sur des «croisements», une «opérationnalisation radicale», «Formation» et des «échantillonnage», que tous les auteurs préconisent (ibid. P. 5-12).

Leavens et al. soulignent également que, l’hypothèse que les états mentaux causent le comportement est empiriquement en défaut. Bien que nous soyons habitués à penser que les états mentaux causent le comportement, « il est en pratique impossible d’attribuer une valeur de vérité à la présence ou à l’absence de tout état mental hypothétique »(ibid. p. 7). À l’heure actuelle, il n’y a pas de procédure scientifique – pas d’IRM, pas de questionnaire, pas d’intervention chirurgicale – cela peut détecter. Durkheim (2002) soutient que l’intention n’est pas une condition nécessaire au suicide humain. Entre-temps, Jones (1982) nous invite à considérer le suicide comme une chaîne complexe d’événements dans lesquels le comportement suicidaire vient en premièr et l’intention ensuite. Pour lui, l’intention de mourir, si elle se forme, se forme souvent après que le processus de conservation-retrait ait commencé. Les théories contemporaines du suicide qui permettent de s’intégrer à la notion d’intention peuvent donc limiter leurs propres explications.

L’étude scientifique du suicide bénéficiera probablement de la valorisation de l’image du suicide en tant que continuum de comportements de conservation-retrait. Cette image va mieux avec les dernières découvertes empiriques sur les capacités comportementales et cognitives de nombreux animaux et ne rend pas tout le domaine de la recherche sur le suicide humain épistémologiquement suspect en mystifiant les «parallèles inter-espèces» qu’il présuppose (Malkesman et al. 2009). En outre, c’est un cadre explicatif plus ordonné et plus élégant que son équivalent anthropocentrique.

Selon sa formulation, la théorie anthropocentrique selon laquelle seuls les êtres humains s’engagent dans le suicide ne permet pas d’expliquer divers suicides chez l’homme. Quand il nécessite une subjectivité réflexive, il ne parvient pas à expliquer les suicides d’êtres humains qui pourraient ne pas répondre à certains critères de connaissance de soi, tels que les enfants et les personnes souffrant de graves troubles cognitifs. Quand il faut la libre volonté, il ne parvient pas à expliquer les suicides humains déclenchés par des causes naturelles traitables empiriquement (tels que les antidépresseurs). Quand il faut prendre conscience de la mort, il se heurte à nouveau au problème des enfants et des personnes gravement handicapées sur le plan cognitif qui peuvent ne pas comprendre leur propre mortalité ni celle des autres. Enfin, quand il mentionne l’intention, la théorie anthropocentrique se heurte au problème empirique que l’intention est infalsifiable, le problème de causalité qu’il ne peut pas précéder le comportement, et l’épistémologique problème qui (même s’il existe et précède le comportement) peut être impossible à déterminer,

4. Humilité épistémique

L' »humilité épistémique » se réfère à une attitude d’ouverture et de modestie par rapport aux croyances propres. Être humble au sens épistémique signifie être franc à propos des limites des connaissances scientifiques – à reconnaître les lacunes, les clivages et les lacunes qui caractérisent souvent même nos théories les plus puissantes (et de calibrer nos croyances sur le monde en conséquence).

Cela signifie rester ouvert à des possibilités compatibles avec les principes d’observation et des échafaudages théoriques d’une science même s’ils vont à l’encontre de la sagesse reçue ou conviction personnelle. Être humble sur le plan épistémique, c’est être modeste sur la force et atteindre d’autres façons de voir et d’interpréter le monde. Appliqué au suicide animal, l’humilité exige de prendre au sérieux les preuves empiriques qui remettent en question nos des idées préconçue sur les capacités cognitives, émotionnelles et comportementales des animaux non humains, et de faire face aux faiblesses empiriques et conceptuelles de la théorie anthropocentrique de suicide.

Certains experts en comportement animal adoptent déjà une interprétation continuiste de suicide (Crawley, Sutton et Pickar 1985, p. 308; Braitman 2014, p. 210). Pourtant, les adversaires les repoussent souvent en soulignant que nous n’avons pas encore créé de modèle animal réussi de suicide (Comai et Gobbi 2016; Hooper 2010). Selon eux, cela prouve que les animaux sont incapables de comportement suicidaire. Comme le disent Comai et Gobbi (2016): «il n’y a pas d’animaux modèles de suicide principalement parce qu’il n’ya pas d’exemple de suicide chez les animaux »(p. 177).

Mais en plus de poser la question, cet argument ignore de nombreuses alternatives d’explications de la non-existence de ces modèles . Considérant qu’il est vrai que le suicide chez les animaux n’a pas encore été modélisé en laboratoire, l’humilité épistémique veut qu’il ne peut être totalement exclu sur la base des connaissances actuelles.

Épistémologiquement, cette attitude nous aide à éviter des conclusions irréfléchies sur les animaux susceptibles d’entrer en conflit avec les conclusions empiriques de l’analyse cognitive. Sur le plan éthique, il est le moins susceptible de contribuer, directement ou indirectement, au harcèlement des animaux. Willett (2014) soutient que les jugements scientifiques sur les animaux peuvent ou non motiver des jugements non scientifiques sur ce que les humains peuvent ou non leur faire. Moins nous pensons que les animaux sont capables de le faire, plus nous rationalisons.

Faut-il «instrumentaliser» et causer un préjudice pour le bénéfice humain (dans les laboratoires, usines, fermes, etc.), pour permettre la modélisation? Les jugements sur le suicide chez les animaux ne sont donc pas que scientifiques; elles sont éthiques aussi. Et d’un point de vue éthique, une attitude d’humilité épistémique est préférable parce qu’il répond au mieux à ce que les philosophes appellent le «principe minimax» de la rationalité, qui considère que, lors du choix entre deux options, il convient de choisir celle qui est la plus susceptible de donner le moins pire scénario.

Si les animaux peuvent se suicider et que l’hypothèse du suicide d’animal est correcte, le traitement épistémique éviter des traitement non éthiques sur les espèces animales non humaines

L’humilité nous aide à éviter (a) la perte épistémique de fausses déductions sur les animaux non-humains et b) le risque éthique que ces déductions soient utilisées pour justifier la violation de l’éthique sur le traitement des animaux. Si l’hypothèse du suicide chez l’animal est fausse, l’humilité épistémique n’entraîne (a) aucun coût éthique et (b) seul le coût épistémique négligeable d’avoir retardé l’acceptation de cette inférence correcte.

Une analyse coûts-avantages éthique fait pencher la balance en faveur du point de vue du continu. [Cf. Bouleau (2017) article ciblé et commentaires sur le principe de précaution dans ce journal – éd.]

5. Implications

L’hypothèse du suicide chez les animaux bouleverse nos croyances culturelles sur les animaux et, si exact, peut avoir d’importantes implications pratiques et éthiques. Dans leur travail sur le deuil du chimpanzé, par exemple, Anderson, Gillies et Lock (2010), soutiennent que si nous acceptons que chimpanzés ont le concept de la mort, nous pouvons engager un certain nombre de responsabilités éthiques envers eux, cela devrait affecter la façon dont nous les traitons et les gérons dans les zoos, les sanctuaires et laboratoires. Pour eux, le débat scientifique sur le fait de savoir si les chimpanzés ont le concept de le mort, a des implications au-delà de la science.

Un argument similaire peut être avancé à propos du suicide. Si nous accordons que les animaux se livrent à un comportement suicidaire, un certain nombre de choses peuvent suivre. Peut-être qu’il s’ensuit que les vétérinaires devraient être mieux formés au diagnostic et à la gestion des comportements suicidaires chez les animaux.

Il en résulte que les chercheurs spécialisés dans les animaux devraient investir plus de temps et d’énergie pour étudier comment le comportement suicidaire se manifeste chez différentes espèces et sous différentes conditions environnementales. Peut-être aussi que si certains animaux, mis en lumière lors de recherches futures, seront statistiquement plus susceptibles de s’autodétruire dans certains environnements, nous devrions avoir le devoir moral de changer ces environnements ou de déplacer les animaux. Si les animaux peuvent se suicider alors qu’ils sont sous la responsabilités et les les soins donnés par des humains, nous devrions appliquer une norme de contrôle strict. Plus généralement, il se peut aussi que nous devions tous nous engager dans une autocritique sérieuse et repenser nos hypothèses sur les animaux (et modifier nos pratiques en conséquence).

Par exemple, si certains animaux adoptent un comportement suicidaire, cela signifie-t-il qu’ils se livrent à une sorte de «comportement de négation» que les anthropologues ont historiquement qualifié de «Prométhéen».

Les chimpanzés, par exemple, ont la capacité de dire «non» – «non» aux autres animaux, «non» aux humains, « non » peut-être à la vie elle-même? Les animaux peuvent-ils réfléchir sur leurs conditions de vie et les rejeter?

Est-ce qu’un chimpanzé, à l’instar de Socrate, peut faire la différence entre une «vie» et une «vie qui vaut la peine d’être vécue? Celles-ci peuvent sembler être des questions philosophiques abstraites, mais elles ont des ramifications concrètes pour les chercheurs, les vétérinaires et même les éthiciens que nous ne pouvons pas ignorer. Ethiquement, qu’est-ce que cela pourrait signifier que la captivité pousse certains animaux au bord de l’auto-déshumanisation?

De même, que peut signifier que nous utilisons souvent des êtres sensibles qui peuvent être capable de consentir à la recherche biomédicale invasive sans leur consentement (quelle que soit les conditions)? C’est le problème des questions philosophiques : elles semblent lointaines, jusqu’elles viennent frappé à la porte.

6. Conclusion

Il existe de bonnes raisons empiriques et philosophiques de soutenir l’hypothèse du suicide animal. Certains découlent de recherches éthologiques et de laboratoires sur la sensibilité, la cognition et le comportement des animaux : autres de ce que les pratiques actuelles en matière de recherche sur le suicide impliquent.

Le «changement de paradigme» (Kuhn 1970) dans la recherche sur le suicide d’un mentaliste et anthropocentrique à un une approche plus comportementaliste et continuiste pourrait approfondir notre compréhension des parallèles qui existent entre les animaux humains et non humains et aider à résoudre divers problèmes conceptuels sur le suicide humain. Cela ferait également pression sur les chercheurs pour définir plus clairement ce qu’est le suicide, et sur les éthologues pour mieux justifier la « grande division » entre les humains et les animaux.

Bien que les histoires d’animaux suicidaires soient anecdotiques, l’important est qu’elles soient parfaitement plausible du point de vue de la science contemporaine (Preti 2011a, p. 819). Ainsi, même si nous ne pouvons actuellement pas prouver qu’un animal se soit suicidé, il existe un nombre important et croissant d’éléments de preuves indiquant que cette possibilité ne peut être réglée par principe. Certaines créatures, pour citer Braitman (2014), «devraient recevoir le bénéfice du doute »(p. 159). Compte tenu des enjeux, nous devons au moins autant aux animaux, qu’aux humains.

Références:

Catégories
animal éthique droit animalier publication

Les grands carnivores: L’Union Européenne prend des mesures pour les protéger

L’Union Européenne (EU) va enfin mettre en place des mesures visant à protéger les grands carnivores dans les pays de l’Union Européenne.

Ces mesures vont permettre aux agriculteurs de recevoir une indemnisation intégrale pour tout dommage causé par des attaques d’animaux protégés tels que les lynx, les loups et les ours. Les autres dépenses, telles que l’installation de clôtures électriques ou l’acquisition de chiens de protection pour prévenir les dommages, seront également intégralement remboursées.

L’UE estime que cette initiative contribuera à protéger les grands prédateurs dans les zones où ils sont entrés en conflit avec les humains.

ours brun

Les militants de la protection animale espèrent que cela limitera le besoin de réforme.

Après plusieurs décennies de déclin, le nombre de grands carnivores comme le loup et l’ours est stable ou en augmentation dans de nombreuses régions d’Europe, souvent grâce aux efforts de conservation concentrés.
Il y a maintenant environ 17 000 ours bruns en Europe, répartis dans 22 pays. Bien qu’ils restent menacés, ils ont bien réussi à s’installer dans le nord de l’Espagne, où leur nombre a presque doublé en dix ans.

Mais le succès de la conservation augmente également les risques de conflit homme-faune.

Le nombre de loups a augmenté en Allemagne à un point tel que les animaux errent maintenant aux Pays-Bas où ils ont été associés à une augmentation des attaques sur les moutons.

Bien que ces carnivores sauvages soient protégés par la loi dans la plupart des pays, cela n’a pas empêché les agriculteurs de prendre les armes lorsque leurs animaux domestiques ont été attaqués.

Ce conflit est devenu un problème important dans certains pays. En France, environ 10.000 moutons ont été tués dans des attaques de loups, selon les éleveurs, en 2016. Le  gouvernement a versé une indemnité de quelque 3,2 millions d’euros.

À présent, l’UE espère qu’en assouplissant les règles de remboursement des dommages causés par les carnivores, elle réduira la nécessité pour les éleveurs – agriculteurs de tuer ces espèces menacées.

En vertu du nouvel arrangement, les États membres seront en mesure d’indemniser intégralement les agriculteurs pour les dommages causés par les loups et les ours. Les agriculteurs auront également droit à une indemnité pour la construction de clôtures électriques et l’achat de chiens de protection (type Montagne des Pyrénées,…).
Les dépenses indirectes, y compris les factures vétérinaires pour le traitement des moutons et des bovins blessés, ainsi que les coûts liés à la recherche des animaux disparus, seront également entièrement prises en charge.

Les militants des droits des animaux ont bien accueilli cette initiative.

« Cela enlève une excuse pour tuer les animaux du fait que l’on peut prendre des mesures préventives afin de réduire, voire éliminer complètement la menace », a déclaré le Dr Jo Swabe de Humane Society International. « Nous espérons que cela fera une différence sur le terrain. »

Les gouvernements allemand et français ont exercé beaucoup de pression pour permettre l’abattage des loups comme moyen de protection du bétail domestique. Et certains ont dit craindre que les humains ne soient également attaqués.

« Vous avez essentiellement des politiciens alarmistes qui disent que nous devons avoir cette option, car il peut parfois s’agir d’un enfant attaqué », a déclaré le Dr Swabe.
« Mais si vous regardez le comportement du loup, il est très peu probable qu’un enfant soit jamais attaqué. Ils ont plus à craindre de nous que nous en avons. »

Bien que l’UE ait sanctionné l’augmentation des paiements versés aux agriculteurs dans l’espoir que cela puisse réduire le besoin de réforme, les gouvernements n’ont pas toujours fourni l’argent nécessaire.

Affaire à suivre…

Corine Gomez
Comportementaliste

Catégories
animal éthique comparatif humain et non humain Comportement conscience

La leçons des animaux sur le leadership féminin

Une nouvelle étude majeure indique les raisons pour lesquelles les femmes ne le font pas, mais pourraient le diriger.

Revue d’articles – Dr. Mark Bekoff

« Malgré de nombreux efforts pour réduire l’écart entre les sexes dans les postes de direction, les femmes restent universellement sous-représentées à ces postes dans pratiquement toutes les disciplines, y compris les sciences, la politique et les grosses entreprises. Nous étions donc intéressés par une approche non traditionnelle du phénomène en cherchant des indices dans les sociétés d’animaux non humains « .

« Nous avons beaucoup à apprendre des manières fascinantes par lesquelles la sélection naturelle a favorisé les traits de comportement des animaux non humains. En étudiant les mammifères non humains où la femelle règne, nous pourrons mieux comprendre les secrets de la destruction du plafond de verre. »

La biologiste Jennifer Smith et ses collègues, biologistes au Mills College, ont récemment publié un article de recherche intitulé « Obstacles et opportunités pour le leadership féminin dans les sociétés de mammifères : perspective comparative« . Un court résumé de cette étude avait été publié dans un article de New Scientist intitulé « Les 7 mammifères non humains où les femelles font la loi« . Dr Smith a accepté d’être interrogé au sujet de cette étude détaillée basée sur des données, qui « élucide les obstacles au leadership féminin, mais révèle également que les opérationnalisations traditionnelles du leadership sont elles-mêmes biaisées par les hommes ».

Pourquoi vous et vos collègues avez-vous mené les recherches sur le leadership féminin dans les sociétés de mammifères non humaines ? Quelle est l’importance de la perspective comparative pour ceux qui ne savent pas ce que cela implique ?

« … en étudiant les schémas comportementaux des animaux vivants aujourd’hui, nous espérions comprendre l’émergence de dirigeantes dans un cadre évolutif comparatif afin de donner un aperçu de la valeur ainsi que des obstacles historiques potentiels au leadership féminin au cours de millions d’années de lignée de mammifères. « 

Malgré de nombreux efforts pour réduire l’écart entre les sexes dans les postes de direction, les femmes restent universellement sous-représentées aux postes de direction dans presque toutes les disciplines, y compris les sciences, la politique et les affaires. Nous étions donc intéressés par une approche non traditionnelle de la compréhension de ce phénomène en recherchant des indices dans les sociétés d’animaux non humains. La sélection naturelle étant censée favoriser les solutions permettant aux individus de réussir dans leurs conditions écologiques, nous nous attendions à découvrir les règles qui régissent les sociétés qui promeuvent et se développent grâce aux fortes dirigeantes. Ainsi, en étudiant les schémas comportementaux des animaux vivants aujourd’hui, nous espérions comprendre l’émergence de dirigeantes dans un cadre comparatif d’évolution pour donner un aperçu de la valeur ainsi que des barrières historiques potentielles au leadership féminin pendant des millions d’années à travers la lignée des mammifères.

Comment avez-vous collecté et analysé les données ?

Nous avons examiné les données de 76 espèces sociales de mammifères bien étudiés pour lesquelles les modèles de leadership sont compris dans quatre contextes dans lesquels le leadership est exercé: mouvement, acquisition de nourriture, médiation au sein d’un groupe et interactions entre groupes. Dans une étude précédente intitulée « Le leadership dans les sociétés de mammifères: émergence, distribution, pouvoir et gains« , nous avons identifié ces quatre domaines comme étant importants pour les sociétés de mammifères humains et non humains, définissant les dirigeants comme des individus qui exercent une influence disproportionnée sur les sociétés et les comportements collectifs des membres du groupe. Dans la présente étude, nous avons identifié les espèces pour lesquelles les femelles mènent aux conflits plus souvent que les mâles, dans au moins deux de ces contextes majeurs. Nous avons utilisé cette définition stricte des espèces avec un fort leadership féminin pour en savoir plus sur les cas pour lesquels le leadership féminin est la norme.

Quelles sont vos principales découvertes sur les non-humains dans lesquels le leadership féminin se produit ?

Sur la base de notre définition stricte de « dirigeantes fortes», nous avons constaté que le leadership à prédominance féminine est généralement rare chez les mammifères sociaux, mais qu’il est omniprésent dans la vie des épaulards, des lions, des hyènes tachetées, des bonobos, des lémurs et des éléphants. Les leaders émergent sans contrainte et les suiveurs bénéficient du soutien social et / ou des connaissances écologiques des femelles plus âgées.

mammals females

Groupe sociaux de mammifères non humain dans lesquelles, les femelles sont des dirigeantes fortes. Source: Jennifer Smith; ces photos sont du domaine public sous la licence Creative Commons (voir note 1)

Dans votre essai, vous notez sept observations qui pourraient être pertinentes pour les humains. Pouvez-vous expliquer brièvement chacun ?

  1. Les femelles dirigeantes ont émergé, le plus souvent, au sein de familles et de petits groupes égalitaires, comme chez les lions et les éléphants. Cela se produit souvent lorsque les femelles adultes sont suivies par leur progéniture dépendante. Bien que le simple fait de se déplacer d’un endroit à l’autre, ait souvent été considéré comme un processus trivial, les femelles jouent un rôle essentiel pour éloigner ces petits groupes du danger et les amener à se nourrir, deux éléments indispensables à la survie. Ce n’est qu’un exemple des nombreuses façons dont les mammifères femelles influent sur les résultats sociétaux d’une manière importante qui est souvent négligée ou sous-estimée de toute autre manière lorsqu’elle est considérée dans le cadre des opérations traditionnelles du leadership humain.
  1. Il est plus probable que des dirigeantes fortes émergent lorsque les femelles forment des unités coopératives, comme c’est le cas chez les bonobos et les hyènes tachetées. Cette tendance a des implications évidentes car elle suggère que les femelles ont plus de chances d’être des leaders efficaces lorsqu’elles forment des coalitions solides au sein de leurs réseaux sociaux. Les femmes pourraient tirer profit de l’utilisation des médias sociaux et de coalitions pour former de solides alliances semblables au réseau masculins pour les hommes.
  1. Les femelles aînées servent souvent de dépositaire important de connaissances, amenant les membres du groupe vers des sources de nourriture importantes et loin du danger. Chez les orques et les éléphants, on associe leur longue durée de vie et les groupes composés de plusieurs générations d’individus appartenant à la lignée féminine, y compris des femelles post-reproductrices disposant de vastes connaissances.
  1. Des dirigeantes fortes semblent plus susceptibles d’apparaître dans des espèces pour lesquelles la gestion des conflits au sein de groupes est d’une importance vitale, comme cela se produit chez les hyènes tachetées. Cela suggère un créneau pour les femmes en tant que dirigeantes d’organisations nécessitant une médiation des conflits au sein et entre les groupes.
  1. De nombreuses espèces de mammifères caractérisées par un fort leadership féminin s’éloignent du schéma typique des mammifères, de sorte que les femelles sont légèrement plus grandes et plus fortes que les mâles, soit seules, soit en unissant leurs forces, soit les deux. Les hyènes tachetées, par exemple, sont physiquement plus grandes que les mâles. Les lémurs femelles et mâles ont la même taille. En revanche, les bonobos doivent unir leurs forces à celles des autres femelles pour surmonter leur taille inférieure à celle des mâles. Avec les nouvelles technologies, les humains sont en mesure de surmonter ces obstacles physiques grâce aux coalitions virtuelles et physiques qui mobilisent et responsabilisent les femmes pour les aider à surmonter ces obstacles potentiels.
  1. Certains traits observés chez les mammifères dotés de modèles de leadership important, tels que le manque de parité au sein de groupes humains, ne peuvent probablement pas expliquer le peu de dirigeantes chez l’espèce humaine. Nous (humains) partageons 99% de nos gènes avec des bonobos et des chimpanzés. Bien que les deux espèces ressemblent aux humains en ce sens qu’elles présentent également des schémas d’enclin préjudiciable envers les femelles, seuls les bonobos ont un leadership féminin fort.

 

  • Notre examen a des implications pratiques pour le leadership des femmes dans les affaires et la politique modernes. Cela suggère que certains facteurs peuvent être en partie le résultat de différences de genres et évolutives dans le physique et le comportement, mais aussi que les humains ont le potentiel de surmonter ces obstacles.

Vous notez également que les « obstacles évolutifs » possibles au leadership féminin chez l’humain e ne sont pas insurmontables. Que sont ces obstacles et comment peuvent être surmontés ? « Notre analyse comparative montre que plusieurs obstacles au leadership des femmes sont profondément ancrés dans l’histoire évolutive des mammifères, mais qu’il existe de nombreuses possibilités de leadership féminin, y compris celles qui existent déjà, et qui sont souvent ignorés dans les définitions opérationnelles du leadership. « 

Dans cet article, nous déclarons qu’« en tant qu’espèce culturelle, nous sommes capables de choisir notre propre avenir, de nous débarrasser – si nous voulons – de plafonds et de pyramides de verre et de créer les types de structures sociales permettant aux organisations de tirer profit de « l’avantage du leadership féminin ». La notion que les traditions culturelles de l’homme peuvent façonner les opportunités pour le leadership féminin est très excitante et offre un sentiment d’optimisme.

Que voyez-vous comme projets de recherche futurs importants sur ce sujet très important ?

Les étapes importantes de cette recherche consistent à communiquer nos résultats à un large public afin que d’autres puissent en apprendre davantage sur la « nature » du leadership. Nous travaillons actuellement à élargir le champ de cette recherche – pour inclure plus d’informations sur différentes espèces – et pour l’insérer dans un cadre quantitatif afin de démêler les effets de l’histoire de l’évolution et des facteurs écologiques actuels sur l’apparition de fortes dirigeantes au sein de sociétés de mammifères.

Y a-t-il autre chose à dire aux lecteurs ?

Nous avons beaucoup à apprendre des manières fascinantes dont la sélection naturelle a favorisé les traits comportementaux des animaux non-humains. En étudiant les mammifères non-humains, où la femelle règne, nous pouvons mieux comprendre les secrets de la destruction du plafond de verre. En tant qu’humains, nous possédons la capacité de choisir nos façons de vivre, de diriger et d’aider les autres. Nous pouvons mettre en œuvre des apprentissages que nous considérons comme utiles, et rejeter ceux qui ne le sont pas. Notre étude suggère que nous pourrions tirer parti de la création de réseaux de soutien, de l’acquisition des compétences des femmes expérimentées de nos communautés, et de la gestion efficace des conflits. Reconnaître qu’il s’agit du premier pas vers la promotion d’une société plus équitable dans laquelle les femmes sont accueillies et soutenues en tant que dirigeantes. Notre étude suggère que non seulement c’est une chose morale à faire, mais que soutenir l’émergence de femmes en tant que dirigeantes profitera à la société dans son ensemble.

Pour conclure :

Cette étude sera un classique dans le domaine et nous espérons que son lectorat sera large, non seulement parmi les universitaires, mais aussi parmi les personnes extérieures au domaine de la biologie, en particulier celles occupant des postes qui pourraient être utilisés pour équilibrer la parité hommes-femmes parmi les dirigeants. Les sept raisons qui ont été évoquées, expliquent pourquoi cette étude sur les non-humains est pertinente pour les humains. Elles peuvent certainement servir de rampe de lancement dont bénéficieront les femmes dans de nombreux domaines différents.
Note 1: Les sociétés mammifères non humaines pour lesquelles les femelles émergent en tant que leaders puissants lors de comportements collectifs dans de multiples contextes incluent: A) les épaulards (Orcinus orca), B) les lions d’Afrique (Panthera leo; photo de Greg Willis via Wikimedia / CC BY-SA 2.5) , C) hyènes tachetées (Crocuta crocuta; photo de David S. Green), D) bonobos (pan panusus; photo de Pierre Fidenci via Wikimedia / CC BY-SA 2.5), E) lémuriens à volants en noir et blanc (Varecia variegata Photo de Charles J. Sharp via Wikimedia / CC BY-SA 3.0), F) Lémur catta (Lemur catta; Photo de David Deniss via Wikimedia / CC BY-SA 3.0), G) Éléphants de brousse (Loxodonta africana; Photo par Amoghavarsha via Wikimedia / CC BY-SA 3.0), H) Éléphants d’Asie (Elephas maximus; Photo par Steve Evans via Wikimedia / CC BY-SA 2.0). Toutes les photos sont du domaine public sous la licence Creative Commons, à l’exception de celles utilisées avec l’autorisation de David S. Green

Mark Bekoff – Lessons from Animals About Barriers to Female Leadership – Posted Oct 09, 2018

References

Smith, Jennifer E., Chelsea A. Ortiz, Madison T. Buhbe, and Mark van Vugt. 2018. Obstacles and opportunities for female leadership in mammalian societies: A comparative perspectiveThe Leadership Quarterly.

Catégories
animal émotions éthique bien-être animal conscience droit animalier

Qu’est-ce que la Sentience Animale?

Article de Musky, parue le 3 Janvier 2017  « Cruelty Free Lifestyle. org » – traduction C. Gomez

Qu’est-ce que la sentience animale?

Si vous venez de commencer à faire des recherches sur le droit des animaux, vous avez probablement rencontré ce terme : «sentience animale». Bien qu’il soit utilisé assez souvent, le concept et son importance ne sont pas toujours bien expliqués. C’est pourquoi nous avons décidé d’explorer le concept plus en profondeur aujourd’hui, pour vous aider à prendre des décisions éclairées en ce qui concerne votre point de vue éthique. Bien que cela soit censé être un article éducatif, je veux vous donner mon opinion personnelle sur la sensibilité des animaux.

Ce numéro est «L’éléphant dans la pièce» et vient de l’Université de la blague évidente! Vous entendrez sans doute le classique, l’argument «Les plantes ont aussi des sentiments», utilisé par les personnes qui doivent justifier la cruauté envers les animaux (généralement propagée par l’industrie de la viande!).

Donc, voici une expérience amusante à essayer si vous avez le moindre doute …

Courez vers un mouton et criez « BOUHH ». Le mouton va s’enfuir. Maintenant, montez à une plante et criez « BOUHH ». Est-ce qu’il s’enfuit? Evidemment, c’est une explication très simpliste.

cow-cflorg
Si vous êtes préoccupé par le traitement éthique des animaux, je vous invite à lire le document « Unconscious machines or sentient beings ? », car les informations fournies vous indiqueront la voie à suivre, ainsi que les racines de nombreux problèmes éthiques que nous rencontrons aujourd’hui.
Alors asseyez-vous, versez-vous une tasse de thé et profitez du voyage dans les basiquess du droit des animaux.

Qu’est-ce que la sentience animale?

Tout d’abord, il est important de comprendre un concept plus large avant de le lier aux droits des animaux.

Selon Oxford Dictionaries, être sensible signifie être « capable de percevoir ou de ressentir des choses ». Donc, bien sûr, les humains sont des êtres très sensibles, mais qu’en est-il des animaux?

La sentience animale expliquée

Il existe une définition très bien établie pour la sentience animale. Un animal sensible est «capable de prendre conscience de son environnement, de ses relations avec les autres animaux et les humains et des sensations dans son propre corps, y compris la douleur, la faim, la chaleur ou le froid». En d’autres termes, un animal sensible est « un être qui a des intérêts; c’est-à-dire un être qui préfère, désire ou veut. » Tout comme les humains, les autres êtres sensibles, y compris – mais sans s’y limiter – tous les mammifères et oiseaux, évitent la souffrance et recherchent des expériences heureuses et positives. L’interprétation principale de ce concept, approuvée par un groupe international d’éminents neuroscientifiques, a définie la Déclaration de Cambridge sur la conscience de 2012, qui confirme que les animaux ont les « substrats neurologiques générateurs de conscience ».

Pourquoi est-il important de prendre en compte la sensibilité des animaux?

Le fait est que si vous êtes ici, vous le considérez probablement déjà, car quelque chose vous a amené ici, pour en savoir plus sur l’éthique animale et les pratiques cruelles modernes, telles que l’élevage industriel et les tests de produits cosmétiques sur les animaux. Pendant de nombreuses années, dans de nombreuses cultures, les animaux ont été considérés comme des êtres supplémentaires aux êtres humains, et leur valeur était proportionnelle à la façon dont elles étaient exploitables par l’homme. Aujourd’hui, certaines personnes conservent cette approche et, si elles y croient vraiment, il sera impossible de leur faire changer d’avis.

Cependant, si vous êtes ici, vous êtes déjà différent, car quelque chose vous dit que ce n’est « pas juste » de percevoir les êtres vivants et respirants comme des ressources.

Commençons par une histoire!

Qu’on le veuille ou non, si vous pensez aux gens que vous connaissez, chacun a son propre agenda dans la vie, qui peut ou non être différent du vôtre. Vous êtes probablement très conscient de cela, et savez que vous ne pouvez pas justifier moralement de traiter les autres humains différemment parce que leurs intérêts ne correspondent pas aux vôtres.

En acceptant que les animaux soient des êtres sensibles (ce qui est un fait scientifiquement prouvé ), vous reconnaissez également que: Ces êtres ont des intérêts. Leurs intérêts peuvent être très différents des vôtres. Alors, pourquoi traiteriez-vous une créature avec un certain esprit (ce qui signifie que cette créature peut éprouver de la frustration ou de la satisfaction) comme si c’était une ressource?

La seule réponse, qui n’est pas nécessairement convaincante, est « nous le faisons depuis longtemps ».

Bien, peut-être, il est temps d’arrêter!

Les animaux ont des émotions.

Ce n’est pas parce que les animaux ne sont pas capables de signaler verbalement leurs sentiments que ces sentiments ne sont pas présents.

En fait, la science dit le contraire: les ressources scientifiques disponibles aujourd’hui confirment que de nombreux animaux ont une « vie riche et profondément émotive ».

Cela signifie que les émotions agréables, ainsi que le stress et la peur, sont très importants à considérer.

Par exemple, avez-vous remarqué que les animaux aiment jouer?

Les jeunes veaux caressent et frappent des objets juste pour s’amuser, les poulets heureux battent des ailes et les chiens remuent la queue lorsqu’ils reçoivent un traitement.

Tout comme les humains, les animaux apprécient également leur nourriture, leurs interactions tactiles et sexuelles et leur confort de base, comme se détendre à l’ombre par une journée chaude.

Malheureusement, dans la réalité moderne, des millions d’animaux se voient quotidiennement refuser ces expériences de base, sans parler de celles plus sophistiquées. Pour eux, c’est comme passer leur vie entière dans un camp de concentration – ce n’est pas la vie, c’est la survie pleine de souffrance et de douleur, à la fois physique et émotionnelle.

Les animaux sont des êtres sociaux

Les animaux sensibles apprécient les interactions sociales et présentent souvent des structures sociales complexes et des comportements interactifs au sein de leur propre type et entre espèces.

Nier ces liens sociaux avec les animaux entraîne une détresse horrible et une souffrance émotionnelle.

Par exemple, séparer les nouveau-nés de leurs mères est une expérience très traumatisante pour les mères et les bébés – ils pleurent les uns les autres et restent très stressés plusieurs jours après la séparation.

Ne me croyez pas? Vivre à côté d’une ferme laitière. C’est pitoyable d’entendre les pleurs constants de la mère pendant des jours.

Les animaux méritent d’être mieux traités

Malheureusement, les pratiques cruelles mentionnées ci-dessus sont largement répandues et mal réglementées par les organismes gouvernementaux (pour des raisons qui deviennent évidentes lorsque vous faites des recherches sur le sujet).

Nous croyons qu’il est temps de changer et nous espérons sincèrement que vous êtes prêt à vous joindre au mouvement, surtout maintenant que vous savez pourquoi vous aviez ces sentiments suspects envers la cruauté envers les animaux.

Pour finir avec un devis:

Les animaux sont beaucoup plus conscients et intelligents que nous ne l’avons jamais imaginé et, bien qu’ils aient été élevés en esclaves domestiques, ils sont des êtres à part entière.

En tant que tels, ils méritent notre respect.

Référence :

  • Article original « Cruelty Free Lifestyle. org »  03 Janvier 2017

What is animal sentience article, from Cruelty-free lifestyle .org

Catégories
animal éducation cognition animale Comportement

Les chiots peuvent apprendre de leurs congénères et des humains.

Observer le comportement d’un humain peut être étonnamment instructif pour un chiot.

L’apprentissage social : une nécessité pour survivre

Pour survivre, les jeunes individus, y compris les chiots, les louveteaux et les bébés humains, doivent apprendre où aller, ce qui est source de sécurité pour eux et ce qu’ils sont censés faire. Si ces jeunes devaient apprendre seulement en essayant, en interagissant avec le monde et en faisant des erreurs, beaucoup se blesseraient sérieusement et beaucoup d’autres ne vivraient pas pour raconter leur expérience. Pour cette raison, les animaux qui vivent dans des groupes sociaux bénéficient de quelque chose appelé « l’apprentissage social ». En termes simples, l’apprentissage social fait référence au fait que les jeunes observent le comportement des individus plus expérimentés (généralement leur mère ou d’autres adultes dans la famille ou le groupe social). Ils apprennent quels sont les comportements les plus susceptibles de générer des récompenses et les comportements qui leur sont préjudiciables.

P_20180509_140312_vHDR_AutoIl est donc raisonnable de penser que l’évolution a prédisposé les jeunes animaux à observer les comportements des adultes de leur propre espèce, afin d’apprendre de nouveaux comportements en toute sécurité. Nous savons que les jeunes enfants observent les membres de leur famille pour apprendre davantage sur leur environnement, tandis que les jeunes loups observent comment les membres de leurs meutes se comportent.

Cependant, les choses sont beaucoup plus complexes pour les chiens domestiques. Ils ont évolué dans un environnement humain, extrêmement complexe, avec beaucoup d’informations majeures qui doivent être apprises. N’oublions pas en outre, que deux espèces différentes se manifestent et ont des comportements variés autour des chiots domestiques : les autres chiens, mais aussi les humains. Ces deux types d’individus vont fournir des informations importantes et précieuses pour la sécurité et l’épanouissement du chiot.

Les jeunes chiots apprennent-ils d’avantage en observant les comportements des humains, de leur mère ou ceux d’autres chiens?

Une équipe de chercheurs dirigée par Claudia Fugazza du Département d’Ethologie de l’Université Eötvös Loránd a posé la question suivante: «Les jeunes chiots apprennent-ils en observant les comportements humains? Leur mère ou d’autres chiens? « Pour répondre à cette question, ils ont utilisé un groupe de chiots âgés de huit semaines, de races différentes, comprenant des Labrador Retrievers, des Border Collies et des Tervurens Belges. Ils devaient résoudre deux problèmes : Les deux impliquaient d’ouvrir une boîte pour obtenir une friandise disposée à l’intérieur. Une des boîtes pouvait être ouverte en soulevant un couvercle à charnière, tandis que l’autre pouvait être ouverte en faisant glisser le couvercle sur le côté.

On a d’abord montré aux chiots que les boîtes contenaient des friandises en autorisant certains d’entre eux à en manger quelques-unes. Cela a permis de focaliser leur intérêt sur les boites. L’étude a montré que si les chiots étaient simplement autorisés à explorer la boîte fermée, et à la manipuler par tâtonnement, seulement environ 50% d’entre eux parviendraient à ouvrir la boîte pour manger la friandise dans le temps imparti (soit 2 minutes).

Un premier panel de chiots a été placé dans des box à environ un mètre et demi de la boîte d’essai. Ainsi, ils pouvaient l’observer très clairement d’autres chiens adultes résoudre le problème. Donnant ainsi l’occasion aux chiots d’apprendre la bonne technique pour atteindre l’objectif. Les chiens adultes pouvaient autant être les mères des chiots ou des chiens complètement inconnus. Les chiens adultes avaient été formés, au préalable, à ouvrir systématiquement l’une ou l’autre des 2 boîtes. À la fin de la période d’observation, les chiots ont pu aller à la boîte pour essayer de l’ouvrir les uns après les autres. Il est apparu que l’observation les chiens adultes a été profitable aux  chiots observateurs. Alors qu’une amélioration de 5% est notée pour les chiots qui ont pu observer leur mère ouvrir la boîte, une amélioration de 29 % du taux de réussite a été noté quand il d’agissait de chiots qui avaient observer un chien adulte étranger. Ce résultat montre qu’un chiot serait plus attentif au comportement d’un chien étranger, qu’à celui de sa mère.

De réelles capacités cognitives observées

P_20180615_103407_vHDR_AutoDe plus il est important de noter que les chiots ne sont pas simplement en train d’imiter le comportement des chiens adultes mais plutôt d’extraire des informations sur le fonctionnement des boîtes. Cette certitude vient du fait que certains des chiens adultes ont ouvert les boîtes avec leurs museaux, tandis que d’autres les ont ouvertes avec leurs pattes. Cependant, tous les chiots ont utilisé leur museau pour ouvrir les boîtes. Cela signifie qu’ils ont appris comment les boîtes fonctionnent grâce à l’observation, sans pour autant reproduire la méthode utilisée par le chien adulte. Par conséquent, cela démontre que les jeunes chiots peuvent apprendre en observant le comportement des autres chiens dans l’environnement.  Il serait logique de penser que l’évolution ait programmé les jeunes individus à observer les actions des animaux de leur propre espèce, pour améliorer la probabilité de leur survie.

Mais maintenant la question cruciale demeure : Puisque les chiens évoluent dans un environnement typiquement humain, ont-ils aussi été câblés de telle sorte que, dès leur jeune age, ils sont prédisposés à observer les êtres humains et à extraire des informations qu’ils pourront ensuite utiliser ? Un test en format Humain :Tout comme le premier test, les chiots observent des épreuves séparées, mais avec cette fois-ci, des êtres humains ouvrant une boîte spécifique. Une fois libérés, les chiots ont montré qu’ils avaient appris en regardant les humains faire. L’amélioration notée était de 42% dans la résolution des problèmes et dans la période de temps allouée.

Conclusion

Cela signifie que, au moins dans cette étude, les chiots ont davantage profité de l’observation du comportement d’un humain plutôt que du comportement d’un autre chien. L’étude a également montré que ces bénéfices ont persisté, et sont susceptibles d’être mémorisés de façon permanente, car lorsque retesté une heure plus tard les chiots se souvient encore comment résoudre les boîtes de puzzle. Le Docteur Fugazza a résumé les implications de cette étude en disant: « Nous pouvons former les chiots dès leur plus jeune âge en leur montrant ce qu’ils doivent faire, comme leur mère. »

Si nous voulons qu’ils ramassent un bâton, nous devons aller le chercher d’abord, si nous voulons qu’il aille se coucher dans une couche spécifique, nous devons nous y coucher d’abord. Je vous laisse imaginer ce qu’il va vous falloir faire pour éduquer votre chiot.

Corine Gomez

References

  • Stanley Coren : https://www.psychologytoday.com/intl/basics/animal-behavior
  • Claudia Fugazza, Alexandra Moesta, Ákos Pogány & Ádám Miklósi (2018). Social learning from conspecific’s and humans in dog puppies. Scientific Reports, 8:9257 | DOI:10.1038/s41598-018-27654-0

 

Catégories
animal éducation bien-être animal Comportement conscience Littérature publication

L’extra-socialisation des chiots : une nécessité démontrée

Une étude récente met en évidence, au travers de diverses expériences que l’extra-socialisation pour des chiots et jeunes chiens est « la cerise sur le gâteau » pour une adaptation, intégration à leur futur environnement.

Le Dr Zazie Todd a publié une étude basée sur les recherches de Helen Vaterlaws-Whiteside et Amandine Hartmann, intitulée «Améliorer le comportement des chiots en utilisant un nouveau programme de socialisation standardisé».

En résumé, cet essai qui s’adresse à ceux qui choisissent de partager leur maison et leur cœur avec un chien, traite de six portées de chiots faisant partie du programme d’élevage des chiens guides pour aveugles, qui ont participé à l’étude.

La moitié des chiots recevaient une extra-socialisation cinq jours par semaine pendant les six premières semaines de leur vie, comprenant des activités diverses telles que:

  • Des interactions répétées et intenses avec les humains et les animaux
  • Des stimulations visuelles, auditives et tactiles accrue: « caresser doucement le chiot avec les doigts, une serviette, des gants en caoutchouc, en examinant doucement les oreilles et les dents du chiot et en encourageant le chiot à faire des choses comme franchir un obstacle ou franchir une porte. Les chercheurs ont fait en sorte que le chiot soit à l’aise en toute circonstance. « 

Les chiots ont été évalués à l’âge de six semaines, puis à l’âge de huit mois. Dans l’ensemble, les chiots qui ont reçu une extra-socialisation, par rapport aux chiots qui ont reçu une socialisation normale, «ont obtenu de meilleurs résultats lors des tests à 6 semaines». Il a été montré qu’à 8 mois, ils étaient moins susceptibles d’avoir des comportements liés à la séparation, ou avoir une sensibilité corporelle.

Dans l’ensemble, «l’extra-socialisation a apporté des avantages importants pour leur bien-être comportemental en tant que jeunes adultes. Ces résultats seront particulièrement intéressants pour ceux qui élèvent et entraînent les chiens d’assistance, mais ils sont importants pour tous ceux qui se soucient des chiens. »

Selon les chercheurs eux-mêmes, « l’extra-stimulation spécifiquement étudié pour des chiots très jeunes, a permis de développer un contact physique accru, des défis mentaux et une interaction positive étendue avec les personnes étrangères à la portée. Cela explique également le comportement d’anxiété réduit et le comportement détendu lors des tests à huit mois. »

 

Etre bien socialisé aux autres chiens et aux humains est essentiel pour les chiots. Cette période est appelée la période sensible. La recherche classique faite par Drs. John Paul Scott et John Fuller, a démontré qu’il suffisait de deux périodes de 20 minutes de contact social par semaine pour produire des chiens socialisés.

Si PLUS c’est mieux, alors ne nous contentons pas du minimum.

La présente étude montre clairement que «plus c’est mieux» et que les chiots qui ont bénéficié de l’extra-socialisation sont d’avantage paré en termes de résilience et de qualité de vie. Les animaux de compagnie ont besoin de beaucoup plus que ce que nous leur donnons. Les effets positifs de l’extra-socialisation montrent que nous pouvons toujours faire plus pour les chiens dont nous sommes les responsables, les gardiens. C’est une situation gagnant-gagnant pour tous.

De nombreux chiens de compagnie sont plus stressés que nous ne le pensons dans un monde dominé par l’homme, et il est bénéfique pour eux de développer autant de résilience que possible, en essayant de s’adapter à nos modes de vie.

Je suis en faveur d’apporter aux chiens et à tous les autres animaux,  tout ce qu’il nous est humainement possible. Ne soyons pas avare de notre temps. Si nous endossons la responsabilité d’adopter un animal, c’est pour son bien, voire même pour son « meilleur ». Et son meilleur passe par une extra-socialisation, pour qu’il soit capable de s’adapter à toutes les circonstances sans sombrer dans l’anxiété ou la dépression.

Il n’y a rien de mal à faire plus pour les non-humains qui dépendent de nous. Nous sommes leurs lignes de vie et devons leur donner la meilleure vie possible. Montrons leur combien nous nous soucions d’eux et combien nous les aimons.

Corine Gomez
Comportementaliste

Réferences

  • Vaterlaws-Whiteside, H. et Hartmann, A. (2017). « Améliorer le comportement des chiots en utilisant un nouveau programme de socialisation standardisé. » Applied Animal Behavior Science, 197, 55-61. https://doi.org/10.1016/j.applanim.2017.08.003