Catégories
animal Comportement relation homme animal société animale zoothérapie

L’animal de compagnie : un atout pour tisser des liens sociaux

Contexte

Les animaux de compagnie sont déjà identifiés comme une source directe de compagnie et de soutien pour leurs propriétaires. Mais leur attribution va bien au-delà, il est apparu qu’ils endossaient aussi le rôle de catalyseur pour permettre la formation de nouvelles relations amicales ou sociales. Une étude menée par les Dr Lisa Wood et Sandra McCuner, ont montré le rôle indirect qu’ont les animaux pour faciliter les relations sociales selon 3 dimensions : apprendre à connaître les autres, créer des relations amicales et de l’amitié et former des réseaux de soutien social.

La méthode

Durant plusieurs mois, des enquêtes téléphoniques ont été menées auprès de résidents choisis au hasard de quatre villes : Perth, en Australie, et San Diego, Portland et Nashville aux Etats Unis (au total plus de 2500 personnes).

Les participants ont été interrogés sur la connaissance qu’ils avaient des habitants de leur quartier. Concernant ceux qui partageaient leur vie avec des animaux, des questions supplémentaires ont été posées : quel type d’animaux ils ont, si leur animal de compagnie leur avait permis de développer des relations avec les autres habitants qui ont des animaux aussi ou non.

Résultats

Il est apparu que les propriétaires d’animaux étaient beaucoup plus susceptibles de connaître les habitants de leur quartier que ceux qui n’avaient pas d’animaux. Après analyse, cette relation a été significatif pour Perth, San Diego et Nashville. Environ 40% de propriétaires d’animaux ont déclaré avoir reçu un ou plusieurs types de soutien social (c’est-à-dire émotionnel, informatif, d’évaluation, instrumental) de personnes rencontrées par l’intermédiaire de leur animal.

Conclusion

Cette étude montre que les animaux de compagnie peuvent être un catalyseur pour plusieurs dimensions de relations sociales humaines dans les quartiers, allant des interactions sociales accidentelles à la connaissance des gens, en passant par la formation de nouvelles amitiés. Pour de nombreux propriétaires d’animaux domestiques, ces derniers facilitent également les relations qui en découlent : un soutien, à la fois pratique et émotionnellement positif. Étant donné les constats croissants de l’isolement social en tant que facteur de risque pour la santé physique et mentale, les animaux domestiques apparaissent comme étant un véritable facteur de protection pour le bien-être des individus et de la communauté.

rencontre dans un parc

Introduction

Les animaux domestiques jouent un rôle important dans la vie de nombreuses personnes dans le monde et il existe un nombre croissant de recherches indiquant une relation positive entre avoir un animal de compagnie dans sa vie et la santé humaine. Aux États-Unis et en Australie, plus de 60% des ménages possèdent un ou plusieurs animaux domestiques. Les bienfaits pour la santé relatifs aux interactions homme-animal (IAS) ont été largement explorés. Les résultats des études menées, ont révélé un certain nombre de réactions thérapeutiques, physiologiques, psychologiques ainsi que des avantages psychosociaux pour les propriétaires d’animaux, notamment  sur les problèmes cardiovasculaires, de pression artérielle, l’amélioration du taux de survie, l’augmentation de l’activité physique, la stimulation sensorielle accrue, le soutien émotionnel et le sentiment de bien-être physique et psychologique, ainsi que la résilience psychologique parfois d’adversité.

D’autre part, la littérature relate maintenant des preuves empiriques convaincantes de l’importance des relations sociales et du soutien pour la santé et le bien-être physique et mental. En effet, une méta-analyse de 148 études place l’influence des relations sociales sur un risque de mortalité comparable à celui de facteurs de risque bien établis tels que le tabagisme et la consommation d’alcool, concluant que les personnes avaient un taux de survie plus élevé de 50% si elles appartenaient à un groupe social plus large. Inversement, l’isolement social et la solitude ont été identifiés comme des facteurs de risque de mauvaise santé.

Comment alors peut-on améliorer les réseaux de soutien social dans un monde moderne au rythme rapide où les réseaux sociaux virtuels prennent une place élargie et précipite la déconnexion du peuple.

Recherche

Le rôle des animaux dans la facilitation de l’interaction sociale entre les êtres humains a pris du retard par rapport à la prolifération des recherches sur d’autres avantages en matière de santé ou thérapeutiques associés aux animaux de compagnie. Parmi les études entreprises à ce jour, l’accent a été mis principalement sur les chiens et leur capacité à « briser la glace».

Plusieurs études expérimentales ont rapporté que les promeneurs de chiens sont plus susceptibles d’avoir des contacts sociaux et une conversation que des marcheurs solitaires.  Ce rôle de briseur de glace dans la conversation ne se limite pas aux chiens.  D’autres animaux moins fréquents aident aussi à développer des conversations dans les parcs, ou dans des lieux divers.

Un raisonnement avancé par McNicholas et Collis avance que la présence d’un animal offre aux gens un environnement neutre et sans danger.

D’autres éléments suggèrent que les animaux domestiques peuvent provoquer plus que des contacts accidentels ou des conversations occasionnelles avec des étrangers. Par exemple, dans une étude publiée précédemment et réalisée à Perth, en Australie occidentale, 40,5% des propriétaires d’animaux domestiques ont déclaré avoir appris à connaître des gens de leur banlieue via leur animal domestique. Connaître les gens au sein de la communauté locale peut être un antidote important à l’isolement et à la déconnexion sociale, qu’il s’agisse ou non d’amitiés approfondies.

Plus loin dans le continuum de la relation sociale, le rôle des animaux de compagnie dans la facilitation de nouvelles amitiés a été observé dans des études qualitatives en Australie et aux Royaume-Unis.

Alors que les animaux de compagnie ont été reconnus comme une source de bienfaits pour leurs propriétaires, les animaux de compagnie peuvent également aider aux interactions humain-humain. Des contradictions sont soulignées par deux études. Une étude menée à Perth a suggéré des relations facilitées par les animaux domestiques. Une étude britannique de Collis et al. a soutenu que les interactions occasionnelles facilitées par les chiens n’a pas nécessairement amélioré les réseaux sociaux ou le soutien social. Ces résultats divergents soulignent l’importance de distinguer entre les différents types de « facilitations sociales » : allant de salutations échangées avec un étranger, au fait de connaître des personnes par leur visage ou leur nom, ou encore aux personnes considérées comme des connaissances ou même comme des amis.

Cette étude à méthodes mixtes a recueilli des données d’enquête auprès de quatre villes (trois aux États-Unis, une en Australie) et reposait sur divers objectifs de recherche :

• examiner dans quelle mesure les animaux de compagnie sont identifiés comme l’un des vecteurs de rencontres avec d’autres personnes de leur quartier ;

• examiner si la possession d’animaux facilite la formation de nouvelles amitiés (au-delà des connaissances) ;

Comme cette étude faisait partie d’une étude plus vaste sur le capital social, la taille de l’échantillon de 630  de participants par ville a été calculée a priori afin de fournir à l’étude un minimum de 80% de la capacité à détecter une différence de deux unités de capital social moyen.

Les spécifications de quotas ont été utilisées pour garantir que l’échantillon contenait un échantillon représentatif du sexe, du groupe d’âge et du statut socio-économique du quartier, représentatif de la population en général. Pour être éligibles, les participants devaient être âgés de 18 ans et avoir vécu dans leur quartier pendant au moins deux ans.

Les questions étaient :

  1. «Connaissez-vous des gens de ce quartier que vous ne connaissiez pas avant de vivre ici? « 
  2. «Si oui, comment avez-vous connu ces personnes?». Les réponses devaient entrer dans l’une des 12 catégories suivantes; voisins, école d’enfants, enfants (autres que les écoles), sport, clubs, église, animaux domestiques, promenades avec mon / un chien, rencontrés dans la rue ou dans un parc, magasins locaux, activités communautaires et autres
  3. «Possédez-vous un animal de compagnie?» classés par catégories; chien, chat, oiseau, poisson et autre.
  4. “Avez-vous appris à connaître les gens de votre quartier grâce à votre animal de compagnie? (par exemple,
  5. en promenant votre animal de compagnie ou en discutant avec vos voisins au sujet de votre animal de compagnie) « 
  6. «Pouvez-vous en dire un peu plus sur la façon dont vous avez appris à connaître les gens par le biais de votre animal de compagnie? »

Les propriétaires d’animaux ayant indiqué qu’ils avaient rencontré des personnes de leur voisinage via leur animal de compagnie, ont été interrogé, comme suit :

« Considérez-vous les personnes que vous avez rencontrées par le biais de votre animal de compagnie en tant qu’ami (plus qu’une simple connaissance)? ”.

 « Avez-vous rencontré quelqu’un par le biais de votre animal de compagnie à qui vous pourrez:

• parler de quelque chose qui vous inquiète, comme un problème professionnel ou familial (émotion

soutien);

• demander des informations telles que, s’ils pourraient recommander une personne, un artisan,etc… (information);

• demander conseil (aide à l’évaluation);

• demander à emprunter quelque chose (comme un livre ou un outil), rendre un service ou demander une aide pratique telle que l’aide pour un tour (aide instrumentale)?

Aux fins de l’analyse comparative, les répondants ont été classés par propriétaire d’animal (par opposition à ceux qui n’ont pas d’animaux). Pour les questions posées aux propriétaires d’animaux uniquement, les répondants étaient classés en propriétaires de chiens et autres propriétaires d’animaux. Au sein du groupe des propriétaires de chiens, une distinction a été faite entre ceux qui ont rapporté promener leur chien et ceux qui ne l’ont pas fait.

Plus de 80% des répondants ont déclaré connaître des personnes de leur quartier qu’ils ne connaissaient pas auparavant (San Diego 78,4%; Nashville 81,5%; Portland 84,5%; et Perth 85,9%).

Apprendre à connaître les gens par le biais d’animaux domestiques est arrivé en seconde position dans trois villes (San Diego, Nashville, Perth), tandis qu’à Portland, les animaux de compagnie étaient le quatrième facilitateur le plus commun.

De façon globale, les propriétaires d’animaux étaient beaucoup plus susceptibles de faire connaissance avec des personnes qu’ils ne connaissaient pas au préalable, versus les personnes qui n’ont pas d’animaux.

Dans l’ensemble, 58,7% des répondants possédaient un animal domestique, avec de légères variations entre les quatre villes (San Diego 54,8%, Nashville 58,4%, Portland 60,6% et Perth 60,9%). Les chiens étaient le plus commun dans les quatre villes, suivi des chats, des poissons et des oiseaux.

Parmi les propriétaires d’animaux domestiques, les proportions déclarant connaître des gens du voisinage sont similaire dans les quatre villes (San Diego 51,1%; Nashville 52,6%; Portland 47,7%; et Perth 53,4%). Dans chacune des quatre villes, les propriétaires de chiens étaient plus susceptibles que les autres propriétaires d’annoncer que les rencontres se sont faites par le biais de leur animal domestique.

Lorsque les propriétaires de chiens étaient stratifiés selon qu’ils promenaient leur chien ou non, ceux qui promènent leur chien, sont beaucoup plus susceptibles d’apprendre à connaître les gens à travers leur animal de compagnie que ceux qui ne promènent leur chien.

On a demandé à ceux qui avaient rencontré des gens par l’intermédiaire de leur animal de compagnie s’ils pouvaient expliquer comment cela fonctionnait. Ces commentaires ouverts ont permis d’illustrer diverses manières d’appréhender le rôle des animaux domestiques en tant que facteur social.

«Brise-glace» est un thème récurrent. Le rôle des animaux de compagnie en tant que brise-glace ne se limite pas aux échanges avec d’autres propriétaires d’animaux, mais peut également s’étendre à la population du voisinage:

« Les gens s’arrêtent, des inconnus s’arrêtent, et parlent de votre chien. C’est drôle que cela semble être un brise-glace, ou peut-être que les gens avec des chiens le sont aussi ».(homme, Perth)

«J’ai tendance à parler à des personnes à qui je ne parlerais pas normalement. Sans le chien, je ne leur parlerais pas »(homme, Portland).

«À l’époque où nous avions des chats, le chat s’asseyait au sommet de la marche à l’extérieur et les gens nous disaient bonjour à cause du chat. Maintenant nous avons deux chiens et quand nous promenons nos chiens, nous avons fait connaissance de gens qui voulaient faire jouer leur chien avec les notres. Donc nous avons appris à connaîtrecdes gens comme ça »(femme, Nashville).

Bien que de nombreuses réponses reçues concernent les chiens, d’autres types d’animaux de compagnie ont également été mentionnés, mais concernent également les chats, mais il existe également des exemples d’autres animaux gardés comme tels que les poulets, les lapins, les moutons, les tortues, un âne et un serpent :

«Lorsque nous avons déménagé pour la première fois dans le quartier, des voisins sont venus et ont remarqué nos chats et dit que si n avions besoin de quelqu’un pour surveiller vos chats pendant nos absences, ils seraient heureux de le faire. Un autre voisin a aussi deux chats et nous avons d’abord appris à nous connaître pendant que nous regardions les chats entre eux. Cette interaction nous a nous fait sentir bienvenue » (Homme, Portland).

« Les enfants veulent voir le serpent et nous ne laissons jamais entrer les enfants sans autorisation parentale. Donc, avant que quiconque puisse voir le serpent ou le manipuler, nous devons rencontrer les parents et que cela leur convient »(femme, Perth).

Dans l’analyse empirique, les propriétaires de chiens étaient plus susceptibles de déclarer rencontrer des que ceux qui n’ont pas de chiens :

 « Beaucoup de gens dans ce quartier possèdent et promènent des chiens. Les chiens insistent pour se rencontrer et se saluer, et leurs humains font de même. Cela m’a amené à être plus sociale que mon inclination » (homme, Portland).

« Les gens promènent leur chien et s’arrêtent pour bavarder. Les chiens et les propriétaires communiquent mutuellement » (homme, Perth).

« Quand nous avons eu notre chien Toby, nous le faisons jouer devant chez nous et nous avons eu plusieurs voisins qui sont venus le rencontrer et jouent avec lui. J’ai rencontré des voisins que je ne connaissais pas avant » (femme, Nashville).

Un certain nombre de réponses ont évoqué le sentiment de « quelque chose de commun » vécu avec d’autres propriétaires d’animaux, en particulier s’ils appartiennent à la même espèce :

« Je rendais visite à un voisin et nous avons mentionné que nous avions un lapin et qu’ils avaient un le lapin aussi. Ils sont devenus plus que de simples connaissances » (femme, Portland).

« J’aime rencontrer mes voisins propriétaires d’animaux de compagnie. J’ai l’impression d’avoir quelque chose en commun avec eux » (mâle, Nashville).

“J’avais un chien dans ma cour, le nouveau voisin l’a admirée et a raconté qu’ils avaient un chien pareil qu’elle est que maintenant leur chien leur manquait. Nous sommes restés amis » (homme, San Diego).

Moins de 3% ont relaté une expérience négative dans le cadre de rencontres avec d’autres personnes propriétaires d’animaux de compagnie. Les expériences négatives concernaient principalement un voisin se plaignant d’aboiement des chiens, ou de friction entre chiens ou entre chats

Dans chacune des quatre villes, environ un quart des propriétaires d’animaux qui ont appris à connaître les habitants de leur quartier grâce à leur animal de compagnie, ont estimé qu’ils s’étaient faits de nouveaux amis. (San Diego 27,0%; Nashville 23,2%; Portland 31,7%; et Perth 24,7%).

Le fait que les animaux de compagnie constituent un point commun est l’un des facteurs qui a permis de cimenter des relations amicales.

« Cela m’a fait penser que nous avons beaucoup en commun. Avoir nos chats comme point commun nous a facilité la tâche devenir amis » (femme, Nashville).

« Chaque fois que je me dirige vers le parc avec mon chien, je tombe sur les mêmes personnes qui promènent leur chien et nous sommes devenus ainsi des amis avec les autres personnes» (homme, Perth).

La propension des animaux de compagnie à mettre les gens en contact avec leurs voisins de manière imprévue a également été noté comme un déclencheur pour la formation de l’amitié:

« Les personnes qui ont perdu leurs animaux domestiques se promènent dans le quartier et demandent si nous avons vu cet animal et nous sortons tous à la recherche de ce dernier, puis nous sortons et prenons un café ensuite » (femme, Portland).

« Mon chat vole les chaussettes des gens dans leurs maisons, puis nous les rendons. C’est un bon moyen pour connaître les gens. Ils pensent tous que c’est hilarant » (femme, Perth).

Dans les exemples suivants, les propriétaires de chiens décrivent comment leur chien a aidé à la création de nouvelles amitiés :

« J’ai rencontré 3 voisins pendant que les promenades nos chiens au parc voisin. À travers les chiens, nous avons rencontré de bonnes personnes, de nouveaux amis »(homme, Portland).

« Il y a un sentier dans notre quartier où les gens se promènent avec leurs chiens. Lorsque vous vous promenez sur ce chemin à la même heure chaque jour, vous rencontrez les mêmes personnes et commencez des conversations et donc se faire des amis »(femme, San Diego).

Dans l’ensemble, 42,3% des propriétaires d’animaux ont reçu un ou plusieurs types de soutien social de la part de personnes qu’ils ont déclaré connaître grâce à leur animal. Les propriétaires de chiens sont trois fois plus susceptibles de recevoir au moins un type de soutien social provenant de personnes rencontrées par leur animal de compagnie.

Quelques différences mineures ont été observées lorsque les villes américaines ont été comparées à la ville australienne en ce qui concerne les quatre types de soutien social les plus couramment reçus. Par exemple,

Dans les villes américaines, un support technique (par exemple, un emprunt, une aide pratique, la garde d’un animal de compagnie ou la collecter du courrier lors d’un déplacement) était la plus courante, avec environ un tiers des propriétaires d’animaux domestiques dans chaque groupe.

Le support d’information (par exemple, la fourniture d’informations sur les services locaux) était le deuxième facteur le plus répandu dans chaque ville des États-Unis. Dans l’échantillon de Perth, le support informationnel était le plus courant (39,2%) suivi du support instrumental (30,8%). Dans les quatre villes, environ un quart des propriétaires d’animaux avaient rencontré quelqu’un par le biais de leur animal avec qui ils pouvaient parler de choses qui les inquiétaient, de 13,8% (Portland) à 20,4% (Nashville).

Discussion

Décrits auparavant comme un pont entre l’homme et la nature, les résultats de cette étude suggèrent que les animaux de compagnie peuvent également jouer le rôle de pont social entre les humains et l’interdépendance de l’homme de plusieurs manières.

L’étude a utilisé un objectif alternatif pour étudier le rôle des animaux de compagnie en tant que vecteurs pour plusieurs formes de relation sociale humaine ; faire connaissance, nouer des amitiés et obtenir un soutien social. Comme beaucoup d’autres mammifères sociaux, l’être humain est une espèce relationnelle, mais le rythme rapide de la vie moderne tend à minimiser les contacts d’humain à humain.

Dans une question spontanée sur la façon dont les gens ont appris à connaître les autres personnes de leur quartier, les animaux de compagnie figurent dans le Top 5 des facteurs de rencontre.

Les structures communautaires et événements sont parfois vantés comme des moyens de contrer cela, mais il est intéressant de noter que, dans cette étude, la promenade canine et les animaux de compagnie étaient plus souvent signalés comme facilitateurs pour apprendre à connaître les gens.

Alors, comment et pourquoi les animaux domestiques aident-ils les personnes à mieux se connaître ?

Cette recherche observationnelle met en avant le rôle des animaux en tant que «brise-glace» et catalyseurs d’interactions ou de conversations sociales entre étrangers. Newby affirme que « la présence d’un animal de compagnie semble » normaliser « les situations sociales, à travers le stade brise-glace au point où ils peuvent risquer de s’engager directement avec une personne inconnue. » Une telle interaction sociale accidentelle et informelle est importante. Il est psychologiquement bénéfique de ressentir un sentiment de connexion avec ceux de notre espèce.

Des recherches antérieures ont commenté le rôle de la promenade pour chiens comme moyen de créer des occasions sociales de rencontrer d’autres personnes et de converser. Dans cette étude, nous avions suffisamment d’échantillons pour explorer les différences entre les propriétaires de chiens et d’autres propriétaires d’animaux, et entre ceux qui promènent leurs enfants.

Il n’était pas surprenant de constater que les propriétaires de chiens étaient beaucoup plus susceptibles d’avoir rencontré des personnes ou de se faire des amis par le biais de leur animal de compagnie que les propriétaires.

Les animaux domestiques peuvent agir en tant que lubrifiant social. Comme pour les chiens, les autres animaux domestiques semblent également être des «briseurs de glace» potentiels dans la conversation. Le chien est une amorce de conversation initiale.

Certains propriétaires d’animaux (quel que soit leur type), semblent trouver une affinité avec d’autres propriétaires d’animaux ; ils se sont connectés par un amour partagé des animaux, avec l’échange d’anecdotes sur les animaux de compagnie un «brise-glace» commun. Certains de ces profils ne se seraient jamais rencontrés s’ils n’avaient pas été réuni par les animaux.

Les conclusions relatives aux animaux de compagnie en tant que vecteur potentiel de réseaux de soutien social ont une grande pertinence, en raison des preuves solides et toujours croissantes de l’importance du soutien social et des relations sociales pour un prisme de résultats en matière de santé et de bien-être.

Conclusion

Il s’agit de la première étude multinationale à explorer simultanément le rôle des animaux de compagnie en tant que catalyseur de différentes formes de relations sociales. La possession d’animaux domestiques semble être un facteur important pour faciliter les interactions sociales et la formation d’amitiés au sein des quartiers. Pour les propriétaires d’animaux, cela aussi se traduit par de nouvelles sources de soutien social, à la fois pratique et émotionnellement. Étant donné que les réseaux d’amitié et le soutien social sont associés à la santé mentale et au bien-être des communautés ; soutenir la propriété d’un animal de compagnie pourrait bien être un moyen sous-reconnu de bien-être individuel et communautaire.

References

1. Allen K, Shykoff B, Izzo J (2001) Pet ownership, but not ace inhibitor therapy, blunts home blood pressure responses to mental stress. Hypertension 38: 815–820. PMID: 11641292

2. Headey B, Grabka MM (2007) Pets and human health in Germany and Australia: National longitudinal results. Social Indicators Research 80: 297–311.

3. Wells DL (2007) Domestic dogs and human health: An overview. British journal of health psychology 12: 145–156. PMID: 17288671

4. Headey B, Na F, Zheng R (2008) Pet dogs benefit owners’ health: A ‘natural experiment’in China. Social Indicators Research 87: 481–493.

5. Holt-Lunstad J, Smith TB, Layton JB (2010) Social relationships and mortality risk: a meta-analytic review. PLoS Medicine 7: e1000316. doi: 10.1371/journal.pmed.1000316 PMID: 20668659

6. Shrapnel B (2006) Contribution of the pet care industry to the Australian economy. Australian Companion Animal Council.

7. APPMA (2011) 2011/2012 National Pet Owners Survey. Greenwich: American Pet Products Manufacturers Association.

8. Wood L, Giles-Corti B, Bulsara M (2005) The pet connection: pets as a conduit for social capital?. Social Science and Medicine 61: 1159–1173. PMID: 15970228

9. Beck A, Meyers N (1996) Health enhancement and companion animal ownership. Annual Review of Public Health 17: 247–257. PMID: 8724226

10. Allen K, Blascovich J (2002) Anger and Hostility Among Married Couple: Pet Dogs as Moderators of Cardiovascular Reactivity to Stress. Delta Society.

11. Qureshi AI, Memon MZ, Vazquez G, Suri MFK (2009) Cat ownership and the Risk of Fatal Cardiovascular Diseases. Results from the Second National Health and Nutrition Examination Study Mortality Follow-up Study. Journal of vascular and interventional neurology 2: 132. PMID: 22518240

12. Edney A (1995) Companion animals and human health: an overview. [see comments]. Journal of the Royal Society of Medicine 88: 704p–708p. PMID: 8786595

13. Friedmann E, Thomas S (1995) Pet ownership, social support, and one-year survival after acute myocardial infarction in the Cardiac Arrhythmia Suppression Trial (CAST). American Journal of Cardiology 76: 1213–1217. PMID: 7502998

14. Cutt H, Knuiman M, Giles-Corti B (2008) Does getting a dog increase recreational walking? Int J Behav Nut Phys Act 5.

15. Jofre M (2005) [Animal-assisted therapy in health care facilities]. Revista chilena de infectologia: organo oficial de la Sociedad Chilena de Infectologia 22: 257–263. PMID: 16077894

16. Arambašić L, Keresteš G, Kuterovac-Jagodić G, Vizek-Vidović V (2000) The role of pet ownership as a possible buffer variable in traumatic experiences. Studia Psychologica 42: 135–146.

17. Mulcahy C, McLaughlin D (2013) Is the Tail Wagging the Dog? A Review of the Evidence for Prison Animal Programs. Australian Psychologist.

18. Shankar A, McMunn A, Banks J, Steptoe A (2011) Loneliness, social isolation, and behavioral and biological health indicators in older adults. Health Psychology 30: 377–385. doi: 10.1037/a0022826 PMID: 21534675

19. Leigh A (2011) Disconnected: NewSouth Publishing.

20. Newby J (1997) The Pact for Survival: Humans and their Companions. Sydney: ABC Books. 280 p.

21. Wood L, Giles-Corti B, Bulsara MK, Bosch D (2007) More than a furry companion: animals on neighbourhood interactions and sense of community. Society and Animals 15: 43–56.

22. Wood L, Christian H (2011) Dog walking as a catalyst for strengthening the social fabric of the community In: Johnson R, Beck A, MCCune S, editors. The Health Benefits of Dog Walking for People and Pets Evidence & Case Studies: Purdue University Press.

23. Messent P (1983) Social facilitation of contact with other people by pet dogs. In: Katcher A, Beck A, editors. New Perspectives on Our Lives With Companion Animals. Philadelphia: University of Pennsylvania Press. pp. 37–46.

24. Robins D, Sanders C, Cahill S (1991) Dogs and their people: pet-facilitated interaction in a public setting. Journal of Contemporary Ethnography 20: 3–25.

25. Rogers J, Hart LA, Boltz RP (1993) The role of pet dogs in casual conversations of elderly adults. The Journal of Social Psychology 133: 265–277. PMID: 8412041

26. McNicholas J, Collis G (2000) Dogs as catalysts for social interactions: robustness of the effect. British Journal of Psychology 91 (Pt 1): 61–70.

27. Hunt S, Hart L, Gomulkiewicz R (1992) Role of small animals in social interactions between strangers. Journal of Social Psychology 132: 245–256.

28. Mackay H (2013) What Makes Us Tick?: The ten desires that drive us. Sydney Hachette Australia.

29. Albery N (2001) The World’s Greatest Ideas: An Encyclopedia of Social Inventions New Society Publishers

30. Cutt H, Giles-Corti B, Wood L, Knuiman M, Burke V (2008) Barriers and motivators for owners walking their dog: results from qualitative research. Health Promotion Journal of Australia 19: 38–44.

31. Edwards V, Knight S (2006) Understanding the Psychology of Walkers with Dogs: new approaches to better management. Hampshire: University of Portsmouth.

32. Garrity T, Stallones L (1998) Effects of pet contact on human well-being. In: Wilson CC, Turner DC, editors. Companion Animals in Human Health. Thousand Oaks, California: SAGE Publications, Inc. pp. 3–22.

33. McNicholas J, Collis G (2006) Animals as Social Supports: Insights for Understanding Animal-Assisted Therapy. In: Fine AH, editor. Handbook on Animal-Assisted Therapy: Theoretical Foundations and Guidelines for Practice. pp. 49–71.

34. Collis G, McNicholas J, Harker R (2003) Could enhanced social networks explain the association between pet ownership and health? unpublished paper, Department of Psychology, University of Warwick.

35. e.Rebublic (2015) Population Density for U.S. Cities Map.

36. Current Results Nexus (2015) Average Annual Temperatures for Large US Cities.

37. United States Census Bureau (2010) American Fact Finder.

38. Australian Bureau of Statistics (2010) National Regional Profile: Perth (C) (Local Government Area)

39. Petcare (2015) what is « pets in the city »?

40. Wood L, Giles-Corti B, Bulsara M (2012) Streets apart—does social capital vary with neighbourhood design? Urban Studies Research.

41. Animal Health Alliance (2013) Pet Ownership in Australia 2013—summary.

42. American Veterinary Association (2012) The 2012 U.S. Pet Ownership and Demographics Sourcebook

43. Wood L (2006) Social capital, mental health and the environments in which people live (PhD thesis). Perth: The University of Western Australia.

44. McHarg M, Baldock C, Heady B, Robinson A (1995) National People and Pets Survey: Health Benefits. Sydney: Urban Animal Management Coalition. 19–29 p.

45. Cutt H, Giles-Corti B, Knuiman M, Pikora T (2008) Physical activity behaviour of dog owners: Development and reliability of the Dogs and Physical Activity (DAPA) tool. J Phys Act Health 5: S73–S89. PMID: 18364529

46. House J (1981) Work stress and social support 1981. RMA-WC, editor. Reading MA: Addison-Wesley Company.

47. Israel BA (1985) Social networks and social support: implications for natural helper and community level interventions. Health Education & Behavior 12: 65–80.

48. Young R (2009) Using social network analysis to explore the role of playgroups as a channel for social support, UWA Health Science Honours Project. School of Population Health, The University of Western Australia.

49. United States Census Bureau (2013) American Fact Finder.

50. Australian Bureau of Statistics (2014) Australian Bureau of Statistics.

51. Cutt H, Giles-Corti B, Knuiman M, Timperio A, Bull F (2008) Understanding Dog Owners’ Increased Levels of Physical Activity: Results From RESIDE. Am J Public Health 98: 66–69. PMID: 18048786

52. Cutt H, Giles-Corti B, Knuiman M (2008) Encouraging physical activity through dog walking: Why don’t some owners walk with their dog? Prev Med 46: 120–126. PMID: 17942146

53. Christian nee Cutt H, Giles-Corti B, Knuiman M (2010) « I’m Just a’-Walking the Dog » correlates of regular dog walking. Fam Community Health 33: 44–52. doi: 10.1097/FCH.0b013e3181c4e208 PMID: 20010004

54. Patton M (2002) Qualitative evaluation and research methods. Newbury Park, California: Sage Publications.

55. Podberscek AL (2000) The Relationships Between People And Pets Cambridge: Cambridge University Press.

56. Walljasper J (2007) The Great Neighborhood Book: New Society.

57. Putnam RD (2004) Better together: Restoring the American community: SimonandSchuster. com.

58. Patterson ML, Webb A (2002) Passing encounters: Patterns of recognition and avoidance in pedestrians. Basic and applied social psychology 24: 57.

59. Hirschauer S (2005) On Doing Being a Stranger: The Practical Constitution of Civil Inattention. Journal for the theory of social behaviour 35: 41–67.

60. Uchino B (2006) Social Support and Health: A Review of Physiological Processes Potentially Underlying Links to Disease Outcomes. Journal of Behavioral Medicine 29: 377–387. PMID: 16758315

61. Thoits PA (2011) Mechanisms Linking Social Ties and Support to Physical and Mental Health. Journal of Health and Social Behavior 52: 145–161. doi: 10.1177/0022146510395592 PMID: 21673143

62. Cohen S, Wills TA (1985) Stress, Social Support, and the Buffering Hypothesis. Psychological Bulletin 98: 310–357. PMID: 3901065

63. Kazdin AE (2011) Single-case research designs: Methods for clinical and applied settings: Oxford University Press.

64. Knight S, Edwards V (2008) In the Company of Wolves The Physical, Social, and Psychological Benefits of Dog Ownership. Journal of Aging and Health 20: 437–455. doi: 10.1177/0898264308315875 PMID: 18448686

65. Brownson RC, Chang JJ, Eyler AA, Ainsworth BE, Kirtland KA, Saelens BE, et al. (2004) Measuring the environment for friendliness toward physical activity: a comparison of the reliability of 3 questions. American Journal of Public Health 94: 473. PMID: 14998817

66. Caughy M, Campo P, Muntaner C (2003) When being alone might be better: neighbourhood poverty, social capital and child mental health. Social Science and Medicine 57: 227–237. PMID: 12765704

67. Portes A, Landolt P (1996) The Downside of Social Capital. The American Prospect 26: 18–21 (cont. to p94).

Publicités
Catégories
animal éducation cognition animale Comportement

De l’exercice pour les chiens âgés : pour garder des aptitudes cognitives

Par Zazie Todd, PhD. Parce que la science compte pour nos chiens et nos chats. – 31 janvier 2018

Nous savons qu’avec le vieillissement, ils peuvent subir un déclin cognitif, y compris au niveau de l’attention. Nous avons l’habitude d’entendre que de nombreuses activités faisant intervenir le cerveau peuvent aider à conjurer certains de ces changements. Il s’avère que cela peut aussi être le cas pour les chiens.

En vieillissant, les chiens connaissent une baisse d’attention, tout comme les humains plus âgés. Mais un entrainement tout au long de la vie, peut aider à prévenir ce déclin, selon une étude publiée en 2017 par des scientifiques de l’Institut de recherche Messerli de Vetmeduni, Vienne- Autriche. Nous devons recevoir cette information avec tout le positif qu’elle représent : l’attention est importante pour la communication homme-chien, ainsi que pour d’autres processus.

L’étude a pris des chiens âgés de 6 ans à un peu plus de 14 ans. Ils ont été divisés en 3 groupes d’âge: âge tardif (entre 6 et 8 ans), chiens âgés (8 à 10 ans) et gériatriques (10 ans et plus). Il y avait 75 Border Collies (dont 59 avaient été testés dans une étude précédente) et 110 chiens d’autres races et de races mélangées.

Training à deux

Ils ont tous pris part à deux expériences conçues pour être naturelles, de sorte que les chiens n’ont pas besoin d’entrainement préalable. Les propriétaires ont rempli un questionnaire dont la participation du chien à 6 types d’entraînement différents: cours pour les chiots, obéissance, agilité, chasse au nez, danse du chien et dressage des chiens de berger.

La première expérience visait à déterminer dans quelle mesure un stimulus social ou non social pouvait attirer et retenir l’attention du chien. Le stimulus non social consistait en un jouet attaché à un fil de sorte qu’il puisse être déplacé de haut en bas, devant le chien pendant une minute. Le stimulus social était une personne qui entrait, se tenait près du chien et peignait un mur imaginaire pendant une minute.

Les résultats ont montré que les chiens âgés et les chiens gériatriques mettaient plus de temps à examiner les deux stimuli que ceux de l’âge adulte tardif, et que l’entraînement connu au cours de leur vie n’avait aucun effet sur cela. Tous les chiens ont été d’avantage intéressés par la personne que parle jouet.

L’attention soutenue diminue avec l’âge et c’est pire chez les chiens gériatriques. Mais les chiens entraînés tout au long de leur vie ont concentré leur attention sur le stimulus plus longtemps que ceux ayant un faible niveau d’entraînement.

Durga Chapagain, (1er auteur de l’article) a déclaré: «La diminution de l’attention soutenue chez les chiens plus âgés est due à la nature répétitive, monotone et non stimulante de la tâche, ce qui conduit à une diminution du contrôle de l’attention endogène à mesure que la tâche avance. ”

La deuxième expérience a porté sur l’attention sélective. Chaque chien a pris part à une session d’entrainement de 5 minutes au clicker. Au tout début, l’expérimentateur appelle le chien et jette un morceau de saucisse sur le sol. Ensuite, chaque fois que le chien la regarde dans les yeux, elle clique et jette un morceau de saucisse sur le sol. Si le chien perd tout intérêt, elle froisse un sac en plastique. Nous savons tous que c’est un bon moyen d’attirer l’attention d’un chien!

Cette tâche nécessite que le chien détourne son attention du contact visuel avec la personne pour rechercher la nourriture sur le sol. Même les chiens plus âgés peuvent apprendre de nouvelles astuces, comme le montre cette étude sur le vieillissement de l’attention. Contrairement à l’homme, l’âge n’a pas affecté l’attention sélective dans cette tâche.

Les chiens avec des scores plus élevés pour l’entraînement au cours de leur vie et les chiens avec une expérience préalable de l’entraînement au clicker, ont établi un contact visuel plus rapide que ceux ayant un faible niveau d’entraînement et ceux n’ayant pas d’expérience spécifique de clicker.

Les chiens plus âgés ont mis plus de temps à trouver la nourriture au sol. Les chiens gériatriques ont étét ceux qui ont pris le plus de temps, confortant les travaux antérieurs sur le vieillissement chez les chiens. Il n’existait aucune différence en raison du temps passé à trouver de la nourriture tout au long de la formation, mais les chiens ayant déjà suivi une formation au clicker étaient plus rapides à trouver la nourriture que ceux qui n’en avaient pas. Par définition, les chiens éduqués au clicker avaient plus d’expérience dans la recherche de nourriture après le clic, et les chercheurs disent qu’ils peuvent également avoir une anticipation accrue de la nourriture.

Ils soulignent que tous les types d’entrainement impliquent un chien qui regarde un humain. À partir de ces résultats, il est impossible de séparer spécifiquement les effets de la formation au clicker des autres types de formation, car la formation au clicker a contribué aux scores de la formation tout au long de la vie.

Il n’est sans doute pas surprenant que les chiens ayant une expérience préalable de l’entraînement au clicker, aient mieux réussi, mais il convient de noter que tous les chiens se sont améliorés pour créer un contact visuel pendant la session de 5 minutes. Ce qui montre donc qu’un vieux chien est toujours en aptitude à apprendre de nouveaux tours.

Le fait que les chiens entraînés aient mieux réussi à cette tâche d’attention sélective est très prometteur.

Friederike Range, auteur principal, a déclaré: «Les chiens ayant un score élevé d’entraînement ont réagi plus rapidement avec les deux mesures d’attention. Ce résultat est en effet une preuve convaincante pour les propriétaires de chiens d’engager leurs chiens dans différentes formes d’entraînement physique et mental, s’ils veulent que leurs amis à fourrure conservent leurs capacités d’attention tout au long de leur vieillissement. « 

Pour les propriétaires de Border Collie qui voudraient savoir comment cette race se compare aux autres chiens, il y avait en réalité peu de différences, mais les Border Collies étaient plus rapides à trouver la nourriture au sol.

Cette étude suggère que l’entraînement basé sur les récompenses, a des avantages cognitifs qui persistent dans la vie ultérieure du chien.

Le document est en accès libre et vous pouvez le lire via le lien ci-dessous et vous pouvez suivre le Clever Dog Lab sur Facebook.

Référence

Chapagain, D., Virányi, Z., Wallis, L. J., Huber, L., Serra, J. et Range, F. (2017). Vieillissement de l’attention chez les border collies et autres races de chiens de compagnie: les avantages protecteurs de la formation tout au long de la vie. Frontiers in vieillissement neuroscience, 9, 100.

Catégories
éducation cognition animale Comportement

Races et comportement : un lien génétique ?

Article de Stanley Coren – Octobre 2019- Les données montrent que de nombreux comportements de chiens sont fortement hérités.

Une question d’actualité qui préoccupe les chercheurs intéressés par le comportement des chiens est de savoir quelle quantité est codée dans leur ADN. Selon les conclusions d’une équipe de recherche dirigée par Evan McLean de l’Université de l’Arizona, il semblerait que la réponse soit considérable.

Les gens ont bricolé la génétique des chiens pendant près de 300 ans, date à laquelle nous avons commencé à voir émerger des races de chiens définies. Une race de chien est une race ou un type particulier de chien qui a été élevé intentionnellement par des humains pour créer ou améliorer certains traits. Bien qu’aujourd’hui beaucoup de gens pensent que les races de chiens différencier les chiens sur la base de leur apparence, les objectifs initiaux avaient à voir avec le comportement canin. Ainsi, l’idée était de générer des lignées de chiens qui excelleraient dans l’exécution de tâches spécifiques, telles que l’élevage, la chasse et la garde. Selon l’American Kennel Club, la règle générale est que toute race de chien « produit toujours la vérité ». Cela signifie que tous les membres d’une race donnée partageront un ensemble défini de traits physiques et comportementaux.

Il a toujours été étonnant de voir émerger des comportements hérités chez les chiens. Par exemple, un chiot Border Collie âgé de huit semaines a démontré un comportement d’élevage autour des moutons. De même, un chiot allemand de cinq semaines poil court a affiché un point parfait sur un bouquet de plumes qui pendait devant lui, un Golden Retriever âgé de six semaines récupérant un jouet en forme de canard et un Cairn Terrier âgé de deux semaines, chutant sur une souris et la tuant à la manière des terriers traditionnels. Cependant, les experts en chiens qui examinent ces comportements spécifiques à une race parviennent souvent à la conclusion qu’il s’agit de modèles hérités d’habiletés spécifiques, tout en étant plus hésitants à supposer que des caractéristiques psychologiques de base telles que l’intelligence, l’agression ou la peur sont également héritées. .

Je me souviens du scepticisme rencontré par certains scientifiques lors de la publication de « The Intelligence of Dogs« , qui classait les races de chiens en termes d’intelligence (dont l’un des aspects était la capacité de formation). L’idée que l’intelligence et l’entraînement étaient des caractéristiques héritées de la race leur paraissait exagérée. Pourtant, chaque année, si vous regardez les 10 meilleurs concurrents d’obéissance aux chiens répertoriés par l’American Kennel Club, le Canadian Kennel Club et le British Kennel Club, vous constaterez que mes conclusions sont confirmées par la prépondérance écrasante de Golden Retrievers, Border Collies, Poodles et Labrador Retrievers arrivent en tête des listes des meilleurs chiens dans les compétitions d’obéissance standard et les compétitions d’obédience.

Cette nouvelle recherche est issue de trois grandes bases de données spécialisées. Deux de ces cartes cartographient les codes génétiques des chiens, tandis que la troisième contient des informations sur les tendances comportementales dans un large échantillon de chiens. Toutes ces bases de données contiennent également des informations qui permettent aux chercheurs d’identifier les chiens de race de race.

Les informations sur le comportement des chiens proviennent de la base de données C-BARQ, qui contient des informations sur plus de 14 000 chiens. C-BARQ est un questionnaire long et hautement validé par lequel les propriétaires de chiens décrivent les comportements typiques observés chez leurs chiens. Les résultats se décomposent en 14 dimensions de comportement différentes, y compris la capacité d’entraînement, plusieurs types d’agressivité, plusieurs types de peur, l’attachement (en fait, la recherche d’attention et d’attention), l’énergie et la poursuite de comportements. À partir de cette collecte de données, un score pourrait être calculé pour chacune des 101 races de chiens pour les 14 dimensions du comportement C-BARQ. Les chercheurs ayant ensuite consulté les bases de données sur les génotypes, ils ont recherché des similitudes générales dans l’ADN de races présentant des scores de comportement comparables. Malgré des milliers de variantes génétiques, 131 étaient considérées comme significativement associées au comportement des races mesurées. Sans surprise, la plupart d’entre eux étaient associés à la fonction et au développement du cerveau.

Les résultats indiquent que, pour certains traits de comportement, les gènes semblent expliquer 60 à 70% de la variation comportementale entre les races. La capacité de s’entraîner faisait partie de ces dimensions comportementales hautement héréditaires. Les Golden Retrievers, Border Collies et Poodles se distinguaient alors que Basset Hounds et Beagles semblaient être génétiquement programmés pour être moins entraînables.

Une autre caractéristique hautement héréditaire est l’agression envers les étrangers, avec les bergers allemands et les Chow Chows génétiquement prédisposés à une forte agression, tandis que les Greyhounds et les Labrador Retrievers semblent hériter d’un tempérament beaucoup plus placide.

L’attachement et la recherche d’attention apparaissent également codés dans l’ADN canin; des races comme le Cocker Spaniel et le Flat Coated Retriever sont extrêmement affectueuses, tandis que les Grandes Pyrénées et Akitas héritent d’une propension beaucoup plus distante et antisociale.

Les comportements de chasse sont également fortement hérités, les Huskies de Sibérie et les Airedales étant les plus susceptibles de manifester ces comportements, tandis que Newfoundlands et Chihuahuas étaient les moins susceptibles de le faire.

En examinant les 10 dimensions comportementales restantes (y compris le niveau d’énergie et diverses formes de peur), les chercheurs ont découvert que la contribution génétique oscillait autour de 50%. Certains scientifiques s’empresseront de souligner que cela signifie que les différences en matière d’environnement, d’histoire individuelle et de jeu de formation jouent un rôle tout aussi important dans la contribution génétique à la formation de ces comportements. Avoir 50% d’un comportement provenant de l’ADN d’un chien fournira un avantage considérable. aide ou au détriment de notre capacité à contrôler tout comportement spécifique. Combattre un trait hérité est difficile, tandis que tirer parti d’une prédisposition héréditaire peut rendre la vie plus facile.

Pour donner un exemple de cela sur la dimension de la capacité de formation, mon garde-côte néo-écossais Duck Tolling Retriever, Ranger, a pu obtenir quatre diplômes d’obéissance à l’âge de 18 mois, alors que ma chère Beagle, Darby, avait quatre ans pour son premier titre d’obéissance. Selon moi, les deux ont été formés de la même manière, mais dans un cas, je disposais d’une prédisposition génétique à une capacité d’entraînement élevée, tandis que dans l’autre, l’ADN n’était pas aussi coopératif.

D’après ce nouvel ensemble de données, nous pouvons conclure que l’objectif initial de la création de races de chiens sélectionnées génétiquement, qui consistait à produire des lignées de chiens possédant des aptitudes et des caractéristiques psychologiques particulières, a été couronné de succès.

References

  • MacLean EL, Snyder-Mackler N, vonHoldt BM, Serpell JA. (2019), Highly heritable and functionally relevant breed differences in dog behaviour. Proceedings of the Royal Society B, 286: 20190716. http://dx.doi.org/10.1098/rspb.2019.0716
  • Coren, S. (2006). The Intelligence of Dogs (revised edition). New York: Free Press.

Catégories
animal émotions éthique cognition animale comparatif humain et non humain Comportement conscience publication

Les animaux non-humain peuvent- ils se suicider ?

Commentaires et traduction de l’essai du Dr David M. Peña-Guzmán « Can non-human animals commit suicide« 

Commentaires: L’essai rédigé par le Dr Pena-Guzman fait appel à diverses approches. L’approche stricto sensu scientifique montre une dualité dans les visions : nombres de scientifiques soutiennent que les animaux se peuvent pas se suicider, car ils sont dépourvus de caractéristiques humaines qui sont des critères inaliénables pour mener au comportement suicidaire, tels que la subjectivité réflexive, el libre arbitre ou la conscience de la mort. D’autres éminents scientifiques avancent quant à eux, des arguments en faveur de la possibilité du suicide chez les animaux : les capacités émotionnelles, cognitives et comportementales chez les animaux sont aussi élaborés que chez les humains.

Si on s’inscrit dans une approche d’évolution continuitive, peut-on exclure que les animaux non humains ont développé à l’instar des animaux humains, des comportements similaires ou parallèles ?

Les scientifiques s’appuient sur des preuves, des observations et des modélisations pour démontrer des vérités. Est-il nécessaire de rappeler, que ce n’est pas parce qu’on ne voit pas une chose, qu’elle n’existe pas !

De plus, créer des modèle dans la recherche sur le suicide animal, signifierait « maltraiter suffisamment un animal » (voire des dizaine), pour les pousser au suicide. Et en ce point, une telle recherche serait controversé et répréhensible d’un point de vue éthique. Ainsi l’approche éthique et philosophe du suicide animal s’interposerait en ce sens.

Le Dr Pena-Guzman expose ces approches avec des arguments et des éléments qui laissent à penser que si la science se posent des question sur la possibilité que le suicide existe chez les animaux non humain, notre sens de l’éthique devrait nous pousser à tout faire pour éviter ces probabilités.

Corine Gomez, comportement

Je vous laisse découvrir l’essai, ci -dessous:

Abstract: Beaucoup de gens croient que seuls les humains ont des capacités cognitives et comportementales, et donc des capacités nécessaires pour un comportement suicidaire. Dans l’article, il sera notamment question de la subjectivité réflexive, du libre arbitre, de l’intentionnalité ou encore de la conscience de la mort. Trois contre-arguments – basés sur les émotions négatives et les psychopathologies chez les animaux non humains, la nature du comportement autodestructeur, et le schéma récurrent du suicide dans la recherche – suggèrent que les comportements auto-destructeurs et auto-flagellateurs chez les animaux humains et non humains varient le long d’un continuum.

Contre le concept de suicide chez les animaux

Le suicide est un phénomène complexe. Dans le cas des êtres humains, il soulève une question épineuse sur la vie et la mort auxquelles aucun être vivant n’est peut-être en mesure de répondre. Un problème auquel Camus (1955) a dit un jour: «Il n’y a qu’une seule question philosophique sérieux, et c’est le suicide ». Curieusement, le concept de suicide semble perdre toute sa complexité lorsqu’il est appliqué aux animaux non-humains, car beaucoup de personne considèrent que les animaux ne disposent pas des ressources émotionnelles et cognitives nécessaires, pour le commettre. Ce que Shneidman (1985) appelle «le meurtre au cent quatre-vingtième degré». Pour eux, le concept de suicide animal ne peut être qu’une blague, une erreur de catégorie ou une illusion anthropo-morphisque.

Ils répondent généralement à la suggestion selon laquelle certains animaux peuvent se livrer à des activités suicidaires, en subordonnant le suicide à certaines fonctions ou capacités que seul l’homme (les êtres humains) sont présumés posséder, tels que la subjectivité auto-réfléchissante, le libre arbitre ou la conscience de la mort. Ces points ne sont toutefois pas concluants.

Cependant ils sont en conflit avec les recherches empiriques sur les capacités des animaux non-humains qui s’appuient sur des hypothèses concernant la place de l’homo sapiens dans l’ordre des choses.

1.1. La subjectivité réflexive

Selon certains avis, le suicide n’est possible que pour les animaux dotés d’une forme de subjectivité qui comprend non seulement la sensibilité, mais aussi un type spécifique de subjectivité auto-réflexive (désormais «réflexivité») grâce à laquelle un animal est capable de se saisir en tant qu’agent capable d’agir (c’est-à-dire en tant que «je»). Le suicide, de ce point de vue, est un acte fondamentalement réflexif (sur soi) dont l’agent (le Je) est à la fois sujet et objet. En tant que tel, il nécessite un niveau de sophistication subjective que les animaux n’ont tout simplement pas.

Ce point de vue souffre de deux inconvénients. Le premier est autant conceptuel qu’empirique: elle suppose que la réflexivité est une dichotomie tout ou rien,et que les animaux n’en ont pas, ou en maquent résolument. Pourtant, nous n’avons aucune raison – du moins pas depuis que Darwin a mis les humains et les animaux sur un continuum naturel dans « Sur l’origine des espèces » (1859) et « La descendance de Man » (1871) – d’attendre de telles discontinuités dans la nature. Dans un article publié dans « TRENDS in Écologie et évolution » en 2004, Bekoff et Sherman soutiennent que la diversité naturelle et l’évolution biologique rendent très peu probable qu’il n’y ait qu’une seule norme pour classer les animaux, en deux classes simples: les nantis qui possèdent et les non-nantis qui ne possèdent pas.

Il n’y a pas de « test évident »pour déterminer le degré de connaissance de soi parmi tous les taxons »(p. 178). Pour faire suite aux thèse de Darwin, Bekoff et Sherman soutiennent que les animaux ont différents types de degrés de conscience de soi – types qui ne peuvent pas être réduits à «des types simples», et des degrés qui ne peuvent pas être facilement quantifiés. De nombreuses recherches empiriques soutiennent ce paradigme (DeGrazia 1996; Baars 2005; Seth, Baars et Edelman 2005; DeGrazia 2006; Feinberg et Mallatt 2013; Tononi et Koch 2015; Rowlands 2016).

Cette recherche remet en question la croyance conventionnelle voulant que la connaissance de soi définisse les êtres humains seulelmzent et exclue le reste de la nature (Bekoff et Sherman 2004, p. 179).

Bekoff et Sherman (2004) soulignent la diversité des animaux de ce continuum en identifiantau moins trois types différents de subjectivité qui sillonnent le règne animal de manière élaborée et non linéaire (voir le tableau 1), ce qui suggère que la connaissance de soi est un continuum qui évolue constamment (et dans de multiples directions) plutôt qu’une dichotomie qui sculpte et cisaille la nature à ses articulations: «Le degré de connaissance de soi des individus dans les espèces peuvent être représentées comme un point sur un continuum de complexité et de conscience participative »(p. 176). Comme tout le reste dans la nature, la connaissance de soi est une question de degré.

L’incohérence interne est le deuxième inconvénient sur l’idée que seuls les humains ont la subjectivité réflexive (cf. l’objet et le sujet) et donc que seuls les humains peuvent se suicider. Même si la réflexivité était une dichotomie naturelle et une condition nécessaire au suicide, il ne s’ensuivrait pas que la dichotomie correspond parfaitement à la classification des espèces. Il ne s’ensuivrait pas non plus que seuls les humains peuvent se suicider. Il existe des humains dont les comportements suicidaires ont été documentés, mais qui peuvent ne pas répondre aux exigences d’une théorie de la subjectivité réflexive, les enfants par exemple. (Stefanowski-Harding 1990; Matter and Matter 1984; Martin 2014; Heise, York et Thatcher 2016; Bodzy et al. 2016). Bon nombre d’animaux non-humain réussissent le test d’auto-reconnaissance, et de par là répondent aux exigences de réflexivité.

Les singes, les dauphins, les éléphants et la pie eurasienne, par exemple, ont tous passé le test de Gallup. (1970) : le célèbre « test du miroir », que de nombreux experts du comportement animal considèrent comme le test de la subjectivité réflexive et de la consciente de soi (Prior, Schwarz et Güntürkün 2008), alors que certains enfants humains échouent jusqu’à l’âge de six ans (Willett 2014, p. 122) .

D’où l’argument que les animaux ne peuvent pas se suicider parce qu’ils n’ont pas de notion de subjectivité.

Si on exclue tous les non-humains du domaine du suicide, cet argument devrait être être interprétée de manière assez stricte – dans ce cas, cela exclurait inévitablement certains humains.

Inversement, pour inclure efficacement tous les humains, il faudrait l’interpréter de manière plus libérale et dans ce cas, cela inclurait inévitablement des non-humains.

1.2. Le libre arbitre

Certains penseurs utilisent le concept de libre arbitre comme argument contre le suicide des animaux, en partie parce que ce concept façonne nos intuitions à propos du suicide (Szasz 1986; Higonnet 1986; Hassana 1998; Douglas 2015) . Inspiré par une compréhension théologique des êtres humains, de tels penseurs soutiennent que les animaux ne peuvent pas se suicide, car le suicide est une expression du libre arbitre, que seuls les humains en sont pourvus.

Est-ce que les animaux tels que les vaches, les cochons, les perroquets, les chiens et les orangs-outans ont le libre arbitre?

Bien que cela soit incompatible avec l’orthodoxie théologique, il est possible de prétendre que c’est le cas. Certaines cultures le revendiquent déjà, de même que des experts du «choix de comportement volontaire» et de la «Théorie du renforcement positif». Ces derniers considèrent que les animaux ne sont pas des agents passifs dans le processus de recherche, mais des participants actifs qui peuvent choisir de participer ou non à la recherche de leur propre volonté (Berns, Brooks et Spivak 2012; Tan et Hare 2013; Fenton 2014) . Dans un article de 2012 publié dans Biology & Philosophy, Fenton affirme que certains des animaux (des chimpanzés) ont la capacité de modifier leurs types d’interactions avec les humains et que, par conséquent, les protocoles de recherche, qui ne considèrent pas cette capacité, peuvent échouer en raison «des normes d’éthiques de la recherche »(p. 89). Le primatologue japonais Tetsuro Matsuzawa est du même avis. Après des décennies de travail avec les chimpanzés, Matsuzawa en est venu à la conclusion que les chimpanzés agissent librement et volontairement. Comme il le dit explicitement, ils agissent « sur la base de leur libre arbitre » (Matsuzawa, 2006). Comme Fenton, il pense également que la recherche comportementale et biomédicale doit s’adapter aux capacités volontaires et décisionnelles des chimpanzés, au même titre que la recherche biomédicale sur des sujets humains incorpore la capacité des êtres humains à consentir aux soins médicaux.

Maintenant, on pourrait éviter d’attribuer le libre arbitre à des animaux non humains selon Steward (2015), qui établit un équilibre fragile entre les engagements théologiques en faveur de l’exceptionnalisme et le corpus croissant de preuves empiriques selon lesquelles les animaux peuvent aussi agir librement (ou au moins aussi librement que les humains) en faisant la distinction entre ce qui est appellé «la pleine liberté»et« les capacités d’action volontaire ». Steward dit, que seuls les êtres humains ont un libre arbitre à part entière, mais de nombreux animaux peuvent agir volontairement. À première vue, cette position semble assez raisonnable, parfaitement logé entre les extrêmes. Il satisfait les théologiens qui affirment avec force que seuls les humains ont le libre arbitre et les scientifiques naturels dont les recherches indiquent que les animaux sont plus que des automates cartésiens ou des boîtes noires pavloviennes.

Cependant, si nous examinons attentivement cette position, elle se révélera rapidement intenable, voire incompréhensible. Dès que nous acceptons que les animaux ont des préférences, qu’ils les expriment et poursuivent ces préférences dans divers contextes, qu’ils planifient l’avenir, qu’ils maintiennent leurs intentions pendant de longues périodes, qu’ils acceptent et se dissocient de situations différentes et qu’ils font des choix non pré-déterminés, il devient assez difficile de voir les différence significative entre avoir un libre arbitre à part entière et simplement avoir la capacité d’agir librement.

Quelle différence empiriquement cela fait-il qu’un animal ait le libre arbitre ou qu’il soit complètement épanoui?

Y a-t-il des exemples qui montrent qu’un animal doté d’un libre arbitre à part entière peut faire des choix particuliers, qu’un animal seulement doté de capacités d’action volontaire ne peuvent pas faire ? Cela ne semble pas être le cas. Cette distinction peut alors être un cas classique de ce que William James (1995) avait autrefois appelé «la coupe de cheveux scolastique», une référence à la pratique médiévale consistant à faire des distinctions linguistiques dénuées de fondement empirique.

Par définition, le libre arbitre est un concept métaphysique. Il dénote une force qui est causalement efficace mais qui reste en quelque sorte en dehors de l’ordre de la nature, c’est-à-dire une force dont les effets peuvent être ressentis dans le monde naturel, mais cela ne change rien à ce qu’il se passe dans ce monde. En tant que tel, ce concept a un air anti-naturaliste qui peut être incompatible avec l’épistémologie scientifique en général et avec les compréhension contemporaines du suicide en particulier.

Définir le suicide en termes de libre volonté, c’est placer le phénomène sur un piédestal métaphysique, en dehors de la portée de la science et des explications – littéralement au-delà de la (méta) nature (physis). Pourtant, il n’est pas rare pour les scientifiques et les laïcs de réagir aux histoires d’animaux suicidaires : citons par exemple, le cas du scorpion qui se pique quand il est entouré par le feu ou le rat qui cherche l’odeur d’un chat et se fait tués. Les scientifiques affirment qu’il ne s’agit pas de «vrais» suicides, car ils peut être expliqué en termes de causes purement naturelles – par exemple, une réaction réflexe simple dans le cas du scorpion et de l’activité du parasite Toxoplasma gondii dans le cas du rat.

Les vrais suicides, disent-ils, exigent un «choix libre de la volonté».

L’hypothèse qui sous-tend que si une mort auto-induite peut être expliquée de façon naturalistique (par des processus physiques, chimiques, biologiques ou psychologiques), elle ne peut être appelé «suicide». Que dire alors de la mort humaine auto-provoquée qui peut aussi être expliqué de cette manière? Prenons le cas des antidépresseurs. Il est de notoriété publique que le nombre de suicides augmente pendant le traitement antidépresseur avec sérotonine sélective des inhibiteurs de la recapture (ISRS). ISRS, qui se trouvent dans les antidépresseurs populaires comme le Prozac, le Paxil et le Zoloft. Ils affectent le cerveau de manière à ce que les patients qui les prennent puissent éprouver de nombreux états émotionnels généralement associés au suicide (dépression, manie, agression, etc.). Maintenant, imaginons qu’un patient sous ISRS se suicide. En supposant que la science fasse le lien entre les ISRS et le suicide, nous pourrions accepter une explication purement naturaliste du suicide. Nous dirions: «La cause de la la mort de la patiente était l’effet des ISRS sur son cerveau. » Nous ne dirions pas: » La cause était sa mort est le pouvoir transcendental, donné par Dieu, d’agir d’une manière qui ne soit déterminée par aucune cause. « 

Perlin (1994) observe que la vision médiévale du suicide comme «pécheur» a donné la façon moderne de l’interpréter comme «environnementale». Aujourd’hui, les chercheurs recherchent les mécanismes causaux impliqués dans le suicide; et ils les recherchent dans le domaine de la physique nature, pas au-delà. Aucune théorie scientifique contemporaine n’explique le suicide via le concept de libre arbitre. Les théories neurologiques se concentrent sur les processus neurochimiques concomitants avec suicide. Les théories psychologiques se réfèrent au contenu émotionnel et cognitif du suicide et de l’esprit (pensées, sentiments, affects, tendances). Les théories sociologiques, épidémiologiques et écologiques se concentrent sur les facteurs sociaux, environnementaux et politiques qui agissent sur les individus : la pauvreté, le sans-abrisme, la toxicomanie, la maladie mentale, les caractéristiques du milieu de vie, des modèles de désorganisation sociale et des systèmes fracturés de signification (Jones 1982). Même s’ils sont en désaccord sur de nombreux points, toutes ces théories s’accordent sur un même point – à savoir que la cause du suicide doit être recherchée non pas danbs le domaine métaphysique qui est extrait du monde empirique, mais dans le monde empirique lui-même. Durkheim (2002) a fait valoir ce point de manière assez convaincante dans son étude fondamentale de 1897 sur le suicide, où il a rejeté les cadres transcendantaux en faveur des cadres empiriques (Douglas 2015). Plus de cent ans plus tard, la science continue de suivre l’initiative de Durkheim. Comme l’écriture de cet article, aucune théorie scientifique du suicide n’intègre le libre arbitre dans son espace explicatif. Il faut donc se poser la question suivante : si nous n’utilisons plus le concept de le libre arbitre pour donner un sens au suicide humain, pourquoi l’utilisons-nous dans le cadre de ces actes pour les non-humains?

1.3. La conscience de la mort

On dit généralement que pour se suicider, un individu doit avoir l’intention de créer sa propre mort, ce que les animaux ne peuvent pas faire car ils ne peuvent pas «représenter» ou «conceptualiser» la mort en première place. Mais même si nous supposons, pour les besoins de l’argumentation, que les animaux n’ont pas de concept de mort, on ne sait toujours pas pourquoi cela devrait les empêcher de se suicider. D’autant qu’il y a des humains qui se suicident et qui peuvent aussi ne pas posséder ce concept (par exemple, les enfants). En outre, il n’est pas prouvé que les animaux soient dépourvus de ce concept.

La mort joue un rôle plus central dans la vie de nombreux animaux . Des rituels funéraires ont été observés chez diverses espèces animales, notamment les corbeaux (BBC News 2015), pies (Bekoff 2009a), gorilles en captivité (Morin 2015), renards roux (Bekoff 2009b), les éléphants et les dauphins (Goldman 2012). En outre, de nombreux animaux – y compris les animaux de compagnie tels que les chats et les chiens, et les animaux de la ferme comme les chevaux, les lapins et les oiseaux – des expériences ont montré les sentiments de deuil, de mélancolie et de chagrin éprouvés lors de la mort d’un parent, amis ou compagnons , ce qui peut signifier que les survivants comprennent la différence entre la vie et la mort (Angier 2008; King 2013; Bekoff 2009b). Ces sentiments peuvent être si aigus que les vétérinaires recommandent que les animaux endeuillés “aient le droit de voir le corps d’un compagnon récemment décédé [… comme]. Cela peut aider avec une sorte d’acceptation de la perte »(Wedderburn 2015, p. 1). Comme leur les humains, les animaux non-humains comprendre la finalité de la mort; comme nous, ils ont besoin de dire au revoir. Dans l’étude de Walker, Waran et Phillips (2016), sur les perceptions des propriétaires concernant la réaction de leurs compagnons non-humains à la mort d’un autre animal, ils soutiennent ce point de vue : les animaux doivent dire adieu à leur compagnons.

Des recherches dans le domaine émergeant de la «thanatologie pan», qui consiste à étudier comment les membres du genre Pan se situent et traitent la mort. Ils montre également que les chimpanzés et les bonobos ont une emprise sur la mort qui dépasse le simple fait d’expérimenter le chagrin et la tristesse à la vue du visage d’un être cher qui n’est plus. Les membres de ce genre ont des rituels entourant la mort,

Les bonobos, par exemple, empêchent souvent les corps d’amis et de proches décédés, d’être déplacés ou touchés par des étrangers, même si cela implique de causer un préjudice à eux-mêmes (NOVA 2008), alors que les chimpanzés traitent des congénères malades et en bonne santé différemment, tout comme ils traitent les corps des malades différemment avant et après la mort (Anderson, Gillies et Lock, 2010). Des chimpanzées ont été filmées portant le restes momifiés de leurs bébés sur le dos pendant des semaines ou des mois après que les bébés ont péri (Matsuzawa 1997; Biro et al. 2010). Ce comportement, qui réfute sans doute la thèse de Varki et Brower (2013) selon laquelle seuls les humains peuvent «nier» la mort, a été documentée chez un large éventail de mammifères, y compris des mammifères terrestres tels que les gorilles, babouins, macaques, lémuriens et géladas (Goldman 2012, p. 1), et mammifères marins tels que les grands dauphins Indo-Pacifique, dauphins spinelles, épaulards, baleine à bosse australienne, dauphins, cachalots, dauphins de Risso et globicéphales noirs (Reggente et al.2016).

2. Arguments en faveur du concept de suicide chez les animaux

Les scientifiques qui défendent ouvertement la possibilité de suicide animal sont une minorité. Cela pourrait être dû à l’excentricité du sujet, mais aussi à la façon dont la plupart des scientifiques actuellement à l’apogée de leur carrière ont été formés pour réfléchir et écrire sur animaux dans les années 60, 70, 80, 90 et le début des années 2000 – à savoir, à une distance fraîche et avec un air de scepticisme, et sans jamais imputer des émotions, des sentiments, ou même un état mental aux animaux, de peur de sonner «anthropomorphique» (King 2013, p. 8; Bekoff 2007, p.xvii).

Sans le savoir, un bon nombre de chercheurs peuvent donc se choisir eux-mêmes des sujets de recherche qui nécessitent une discussion sur ce que Bekoff (2007) appelle «la vie émotionnelle des animaux », y compris le suicide. Quoi qu’il en soit, ce qui devrait nous surprendre c’est qu’il n’y ait pas plus de scientifiques qui embrassent ouvertement la possibilité du suicide chez les animaux. Ceci suggère qu’il existe des raisons scientifiquement valables de croire que le suicide peut ne pas être un phénomène exclusivement humain.

2.1. Émotions négatives et psychopathologies

Certains chercheurs admettent que certains animaux peuvent avoir «la machinerie mentale pour commettre un suicide »(Preti 2011b), car ils peuvent expérimenter de nombreux états émotionnels typiquement liée au suicide (p. 2). Un large éventail d’animaux éprouvent de l’impuissance (Seligman 1972; Malkesman et al. 2009), la léthargie (Anderson, Gillies et Lock 2010) et de nombreux autres ont des états symptomatiques de la dépression, tels qu’anxiété chronique, agressivité, des problèmes de sommeil et d’anhédonie (Preti 2011a). Certains présentent même des pathologies homologues à des troubles psychiatriques humains reconnus comme antécédents de suicide, y compris les troubles post-traumatiques.

Les troubles de stress, troubles de l’alimentation et antisocial, limite et schizoïde, des troubles de la personnalité (Lilienfeld et al. 1999; O’Connor et al. 2001; Bradshaw 2005; Bruene et al. 2006) . Il est également révélateur à cet égard que nous diagnostiquons régulièrement des animaux en utilisant des modèles psychologiques et psychiatriques humains et nous traitons leurs troubles mentaux avec des médicaments destiné à l’usage humain. Par exemple, il n’est pas rare que des animaux domestiques et captifs, luttant contre l’anxiété chronique et la dépression se font prescrire des antidépresseurs humains comme le Prozac, le Xanax et le Paxil (Braitman 2014; Korte et al. 2007; Overall 2000), souvent avec des résultats favorables (Crawley, Sutton et Pickar, 1985).

2.2. Comportement auto-destructeur parallèle

Les animaux non humains pratiquent souvent les mêmes types de comportements d’auto-mutilation et d’autodestruction qui, chez les êtres humains, sont décrits comme «suicidaires». Crawley, Sutton et Pickar (1985) constituent un condensé utile de preuves de comportements autodestructeurs chez animaux non humains qui sont «pertinents pour les comportements autodestructeurs et suicidaires chez l’homme»(p. 300), sur la base desquelles ils concluent que «l’être humain n’est pas le seul à manifester comportements qui finissent par causer l’automutilation ou la mort »(p. 308) (voir tableau 2).

Certes, de nombreux comportements énumérés par Crawley, Sutton et Pickar (1985) ont été expliquée par des théories qui ne font aucune référence au suicide. Cela est mis sur le comptes de l’évolution de la sélection, par exemple, comment expliquer avec succès le comportement altruiste des hyménoptères, alors que les théories écologiques de la croissance démographique expliquent le comportement de dispersion des lemmings. Mais il y a une différence entre la façon dont nous expliquons le comportement et comment nous l’appelons. Comme nous expliquons le décès d’un patient sous ISRS en faisant appel aux effets du médicament et en appelant la mort, un «suicide», nous pouvons expliquer nombre de ces comportements de nombreuses façons et appelez-les «suicidaires». Néanmoins, nous voudrons peut-être diviser Crawley, Sutton et Pickar (1985) des preuves «faibles» et «fortes». Des preuves faibles incluraient des facteurs comportementaux généraux. Ils existent des parallèles entre les humains et les non-humains qui ne sont pas spécifiques au suicide, alors que force est de constaté que ces preuves incluraient des parallèles biologiques, chimiques, neurologiques et psychologiques avec des liens plus direct au suicide. Gould et al. (2017) a récemment décrit plusieurs de ces parallèles en détails, ainsi que d’autres non mentionnés dans Crawley, Sutton et Pickar (1985), tels que «les anomalies du système des neurotransmetteurs, modifications endocriniennes et neuro-immunes, […] déficits décisionnels, ainsi que le rôle des interactions critiques entre génétique et facteurs épigénétiques »(Gould et al. 2017, p. 1).

Envisager, comme de preuves solides, les comportements autodestructeurs des cétacés et, plus spécifiquement, le sujet controversé du suicide des dauphins. À l’Academy Award-Winning, le documentaire primé « The Cove » (2009), le dresseur de dauphins et activiste des droits des animaux, Richard O’Barry affirme avoir observé un dauphin nommé Kathy se suicider, en choisissant de ne plus respirer. Selon O’Barry, Kathy, apparue dans le film des années 1960 « Flipper », était gravement déprimé après avoir passé toute sa vie en captivité. O’Barry a dit, « elle a probablement perdu sa volonté de vivre et s’est suicidée: «Ce sont des créatures conscientes de soi avec un cerveau plus grand qu’un cerveau humain. Si la vie devient si insupportable, ils ne prennent tout simplement pas le prochain souffle. C’est un suicide » (Nobel 2010, p. 1).

Aux oreilles sceptiques, cette histoire sent l’anthropomorphisme. Il semble projeter sur un dauphin une gamme d’états mentaux et de motivation que seuls les êtres humains sont supposés expérimenter.

Pourtant, selon Naomi Rose, une experte de renommée mondiale en comportement des orque et membre du Comité scientifique de la Commission baleinière internationale, la proposition d’O’Barry n’est pas aussi aussi invraisemblable que certains puissent le penser (Braitman 2014, p. 167). Elle n’est pas seule dans cette vue.

Marino (2016), un expert en cognition des dauphins dont les recherches ont d’abord montré que les dauphins passent l’épreuve du miroir de Gallup et sont d’accord avec elle. Dans un livre blanc sur le suicide des dauphins, Marino affirme que «les preuves comportementales, cognitives, neurologiques et physiologiques suggèrent qu’il est possible que les dauphins possèdent la capacité de mettre fin à leurs propres vies »(p. 1). Elle donne trois raisons de ce point de vue.

Premièrement, les dauphins sont des mammifères extraordinairement intelligents capables de prendre conscience de soi et métacognition. Ils se reconnaissent dans un miroir (Reiss et Marino 2001), «ils démontrent leur conscience de leur propre corps de diverses manières» (Mercado et al. 1998, 1999) et ils affichent une cognition sociale de haut niveau (Marino 2016, p. 1-2).

Dauphin aux comportements dépressifs en captivité

Seconde, les dauphins ont un grand cerveau complexe: «Le néocortex des dauphins (la partie du cerveau impliquée dans la pensée d’ordre supérieur) est massive et encore plus alambiquée. En outre, le système limbique du dauphin, une série de structures neuronales et de circuits qui contrôlent la mémoire et les émotions à long terme, est particulièrement élaboré« , qui suggère que les dauphins «possèdent une capacité sophistiquée d’émotions et de processus de pensées qui seraient impliqués dans des états de motivation complexes, tels que ceux qui accompagnent les pensées suicidaires »(ibid., p. 2).

Et troisièmement, la nature de la respiration des dauphins fournit un mécanisme viable pour l’exécution du suicide. Contrairement aux humains, les dauphins sont des respirateurs volontaires. Chaque respiration qu’ils prennent reflète une décision consciente qu’ils prennent. « Ils n’ont pas la réaction d’inhalation involontaire qui causerait la noyade chez l’homme et d’autres animaux terrestres. Au lieu de cela, les dauphins peuvent retenir leur souffle indéfiniment jusqu’à ce qu ‘ils meurent d’hypoxie. Ceci fournit un mécanisme physiologique qui permettrait de cesser de respirer volontairement »(ibid.). 19 Marino conclut que les dauphins peuvent être capables d’avoir l’intention de se suicider. Elle ajoute cependant que la conclusion est provisoire car il est difficile de confirmer des états subjectifs.

L’histoire particulière d’O’Barry, ainsi que les preuves récoltées suggèrent que la capacité de suicide «peut exister chez les dauphins »(ibid.). King (2013) fait écho à cette affirmation, en affirmant que l’hypothèse de la présence de cette capacité chez les dauphins ne peut être exclue même lorsque la technologie du sonar militaire joue un rôle dans la mort auto-infligée d’un dauphin (p. 122). [Voir aussi King 2016 et accompagnant commentaires, ce journal. – éd.]

En général, les preuves d’un comportement auto-destructeur et autodestructeur chez les animaux sont importants et nombreux. Dans un rapport de 2007, Preti a passé en revue toutes les recherches sur le suicide chez les animaux publiées entre 1967 et 2007 dans les bases de données Medline / PubMed et Psycho-INFO pour déterminer si les preuves disponibles étayaient la conviction que les animaux se livraient à des actes suicidaires.

Son examen complet a fourni de nombreuses preuves de cette conviction. Beaucoup d’animaux, particulièrement captifs et isolés, adoptent des comportements autodestructeurs qui fonctionnent pleinement gamme allant de l’automutilation à l’auto-canibalisme (p. 834). Certaines des espèces mentionnées dans les rapports de Preti incluent des singes rhésus, des lapins, des rats, des psittacidés et des poulpes, accepte d’autres mécanismes de suicide chez les dauphins, notamment le refus de manger et le refus de s’engager avec d’autres, qui entraînent tous deux une mort lente (Braitman 2014, p. 168).

La liste est non exhaustive. Ailleurs, Preti s’appuie sur cette idée en indiquant que de nombreux animaux se laisse mourir de faim volontairement s’ils sont capturés ou séparés de leurs proches, alors que d’autres s’autodétruisent dans la psychopathologie. D’autres encore perdent tout simplement leur intérêt dans des activités typiques d’espèce, améliorant la vie si elles se trouvent dans des conditions de vie sous-optimale, en particulier celles «perçues comme incontrôlables» (Preti 2011a, p. 819). Preti (2007) termine sur une note similaire à celle de Marino: bien que les preuves existantes ne prouvent pas que les animaux se suicident, cela démontre que cette possibilité ne peut être «rejetée a priori» (p. 843).

2.3. Le dilemme de la fidélité du modèle dans la recherche sur le suicide

Les modèles sont des représentations conceptuelles qui aident les scientifiques à expliquer et à prédire les phénomènes naturels. Avec eux, les scientifiques décrivent les mécanismes de causalité impliqués dans différents types de phénomènes et faire des estimations sur le comportement futur des systèmes de ressources naturelles. Les modèles facilitent ce que les philosophes de la science appellent le «raisonnement de substitution», qui est une manœuvre épistémique par laquelle on fait des déductions sur un système cible en observant le comportement d’un modèle, en faisant des prédictions sur son comportement futur et en extrapolant du modèle à la cible.

Dans la littérature de philosophie de la science, les modèles qui capturent assez de les relations de causalité d’un système cible pour aider les scientifiques à tirer des conclusions fiables concernant son comportement est dit «d’un ordre de fidélité élevé». Des modèles qui ne parviennent pas à accélérer les recherches scientifiques.

L’explication et la prédiction, en revanche, sont considérées comme «d’un faible ordre de fidélité». Alors que les modèles d’animaux sont éthiquement controversés (DeGrazia 2016; DeGrazia et Sebo2015; Conlee 2012), ils sont régulièrement utilisés dans la recherche sur le suicide humain, où ils sont considérés comme «des outils formidables pour étudier l’étiologie d’une maladie, son évolution et son potentiel traitement »(Preti 2011a, p. 818). La plupart des chercheurs sur le suicide croient, explicitement ou implicitement, qu’il existe un lien clair et vérifiable entre les modèles animaux et leurs systèmes cibles et que, par conséquent, les premiers sont d’un ordre de fidélité élevé (Lipsaka 2000) – sinon, ils n’utiliseraient pas ces modèles dans leurs recherches, et encore moins les traiteraient comme fiables.

En effet, la validation de modèles animaux est si forte que les chercheurs les parlent de triple validation, c’est-à-dire validé dans trois sens: (1) au sens d’avoir un degré élevé de « correspondance » ou de « similitude » avec leur mécanisme cible (« validité apparente »), (2) dans la façon d’induire des changements de comportement chez les animaux «pouvant être surveillés et inversés par les modalités de traitement efficaces chez l’homme  » (« validité prédictive « ), et (3) dans le sentiment de capturer des voies biologiques, chimiques et neurologiques ayant une importance causale chez des animaux comparables à ceux qui interviennent dans la biologie et le comportement humains (« validité ») (ibid.).

Il est de constaté que l’engagement des scientifiques envers leur utilisation a des conséquences sur le suicide chez les animaux. Actuellement, les chercheurs utilisent des modèles animaux pour étudier les états émotionnels considérés comme des antécédents au suicide, aux comportements autodestructeurs de l’être humain et au «comportement biologique intermédiaires» qui, chez l’être humain, mènent d’un antécédent émotionnel à un effet comportemental (par exemple, de la psychopathologie à l’autodestruction). Cela implique que les animaux peuvent expérimenter certaines de ces émotions et des psychopathologies conduisant au suicide chez l’homme (Malkesman et Al. 2009, p. 165) et donc que les animaux peuvent adopter des comportements qui, chez l’homme, sont «suicidaire» et que les processus intermédiaires sont similaires chez l’homme et chez l’animal (ou, du moins, suffisamment similaire pour permettre un raisonnement de substitution dans la recherche sur le suicide) (Crawley, Sutton et Pickar 1985; Preti 2011a). Nos meilleures pratiques de recherche nous engagent donc à considérer que les animaux non- humains (i) expérimentent les conditions émotionnelles et psychologiques que, chez les êtres humains, se suicident; (ii) afficher des comportements qui, chez l’homme, sont exemplaire du suicide; et iii) subissent les mêmes processus biochimiques et biologiques (i) à (ii).

Sur quoi nous basons-nous alors pour penser qu’il serait impossible pour un animal de se suicider ou d’adopter un comportement suicidaire?

Peut-être que la réponse n’est qu’un biais d’interprétation impactant les domaines de la recherche sur le suicide: le parti pris de l’humanisme. Dès son plus jeune âge, on nous apprend que l’homme se tient au-dessus de tous les autres animaux en vertu de posséder un « quelque chose » spécial (raison, langage, subjectivité, volonté libre, conscience de la mort ou autre chose) qui nous donne un statut moral exceptionnel et inimitable. Cette croyance affecte notre façon de penser et de parler des animaux, sans parler de la façon dont nous les traitons. Cela peut également affecter la façon dont nous interprétons les données sur la richesse et la complexité de leur vie cognitive, comportementale et sociale.

Nous sommes amener à appliquer des normes de preuve atypiques dans certains contextes mais pas dans d’autres et donc de rejeter d’emblée les hypothèses selon lesquelles nous sommes psychologiquement prédisposé à douter ou à rejeter des évidences (Leavens, Bard et Hopkins 2017; Willett 2014; Burghardt 2016). On pourrait soutenir qu’en sciences animales, ce biais se manifeste principalement comme un parti pris anti-conformiste qui nous incite à être hyper sceptique des idées qui remettre en question notre croyance en notre unicité et notre supériorité présumées. Dans nos esprits, de telles idées ne jamais être confirmées – peu importe le soutien qu’ils pourraient avoir. Ce biais met les chercheurs spécialistes du suicide dans une double impasse, car ils doivent prendre position sur l’existence du lien entre les émotions négatives et les comportements autodestructeurs à la fois chez les humains et les animaux non-humains. S’ils acceptent le lien, ils préservent la validité du modèle animal dans la recherche sur le suicide. S’ils le rejettent, ils préservent l’idéologie de l’homme exceptionnalisme mais remettent en question la légitimité de la recherche sur le suicide chez les animaux elle-même.

Si les animaux peuvent s’autodétruire en raison d’émotions négatives ou psychopathologies, nous nous justifions (sur le plan épistémologique, pas nécessairement éthiquement) en les utilisant comme modèles de suicide humain. Mais alors nous ne pouvons pas exclure la possibilité que eux aussi se suicident. Si, au contraire, ils ne le peuvent pas, nous pouvons exclure la possibilité de suicide chez les animaux, mais nous devons cesser d’utiliser des modèles animaux car ils ne peuvent «faire avancer notre savoir sur le suicide »(Rezaeian 2012, p. 17). Notre conviction que les animaux ne peuvent pas s’engager dans un comportement suicidaire, et notre conviction que la recherche sur les animaux peut éclairer «chaque l’étape menant au suicide chez l’homme »(Preti 2011a, p. 821) peuvent être incompatible.

3. L’hypothèse du suicide chez les animaux: une approche continuisme

Considérer les comportements autodestructeurs comme des points sur un spectre incluant les humains et les animaux, ouvre la porte à une nouvelle façon de penser au suicide qui mettrait comportements suicidaires au premier plan. De ce point de vue, que nous pourrions appeler «le point de vue continu», le comportement suicidaire est un spectre naturel qui englobe un large éventail d’activités animales, qui sont (i) autodirigées et qui (ii) causent des blessures graves à l’animal jusqu’à la cessation de son activité, soit soudainement, soit sur une longue période. À la fin de ce spectre, nous trouvons certains des actes les plus sophistiqués d’auto-annihilation. D’un bout on trouve les animaux complexes sur le plan cognitif, y compris l’homme; à l’autre bout, on trouve des formes plus basiques, en ce qui concerne l’automutilation et l’autodestruction, nous pouvons citer l’auto-piqûre du scorpion. […]

Il est une notion appelée «conservation-retrait», qui correpond à un processus complexe et réalisable de multiples façons par lequel un animal désactive ou annule ses activités habituelles de conservation de la vie. Deux dimensions de cette théorie doivent être élaborées. Tout d’abord, notez que cette théorie n’admet aucun écart radical entre l’homme et le non humain. Il rejette la notion populaire ce «quelque chose» nous rend, homo sapiens, biologiquement unique. Fait important, cela ne veut pas exclure des différences significatives entre les différents types de comportements suicidaires ou entre les types de comportements suicidaires possibles pour différentes espèces. […]

le paradigme continuiste exige que nous considérions tous les comportements suicidaires comme «identiques». le point de vue continuiste est qu’il n’ya pas «quelque chose» qui fasse du comportement suicidaire une possibilité seulement pour les humains. Le comportement suicidaire est réalisable à plusieurs reprises, ce qui signifie qu’il peut être effectuée par différentes voies de causalité et peut prendre des formes radicalement différentes qui varieront probablement en fonction d’un certain nombre de facteurs, tels que les lignées évolutives de différentes espèces, les antécédents de développement de différents animaux, les moyens d’autodestruction à leur disposition, la présence ou l’absence de psychopathologies différentes.

Deuxièmement, et plus controversé, la théorie continuiste supprime la classique notion selon laquelle l’intention précède toujours le comportement et doit être une composante de toutes les explications des suicides.

De nombreux commentateurs s’interrogeront sans doute sur une théorie du suicide qui abandonne le concept d’intention, puisque «c’est une prémisse quasi-universelle dans les sciences cognitives que les états mentaux provoquent le comportement »(Leavens, Bard et Hopkins 2017, p.6) Pourtant, il y a de bonnes raisons de se méfier de cette croyance «quasi universelle», qui perd déjà du terrain dans les sciences animales à la lumière des travaux récents sur la cognition animale qui expliquent le comportement des animaux sans recourir à des états mentaux, y compris des intentions.

Considérons les travaux récents de Leavens et al. (2017) sur la cognition sociale des singes et la communication. De nombreux primatologues ont affirmé que les singes ne se livraient pas à des activités déclaratives ou à des gestes expressifs (tels que pointer du doigt), car ils ne peuvent pas évoquer les qualités mentales requises. C’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas avoir l’intention voulue de la bonne manière. Cette vue, qui a façonné pratiquement toutes les recherches sur la cognition des singes depuis les années 1970, repose « sur l’hypothèse fondamentale selon laquelle les états intentionnels et épistémiques provoquent un comportement manifeste » (Leavens et al. 2017, p. 6). En l’absence d’états épistémiques, le comportement ne peut se matérialiser. Cependant, ce point de vue est attaqué sous trois angles.

Tout d’abord, cette hypothèse fondamentale n’est pas nécessaire, car il existe de nombreux modèles de comportement qui n’hypostisent pas les états mentaux (croyances, intentions, désirs) en tant que causes de comportement. Dans l’étude du comportement humain, ces modèles incluent des «positions théoriques fondés sur des perspectives cognitives distribuées ou incarnées […], ainsi que sur certains récentes extensions du behaviorisme »(ibid.). 21 Dans l’étude du comportement des animaux, cela inclut, les approches expérimentales basées sur des «croisements», une «opérationnalisation radicale», «Formation» et des «échantillonnage», que tous les auteurs préconisent (ibid. P. 5-12).

Leavens et al. soulignent également que, l’hypothèse que les états mentaux causent le comportement est empiriquement en défaut. Bien que nous soyons habitués à penser que les états mentaux causent le comportement, « il est en pratique impossible d’attribuer une valeur de vérité à la présence ou à l’absence de tout état mental hypothétique »(ibid. p. 7). À l’heure actuelle, il n’y a pas de procédure scientifique – pas d’IRM, pas de questionnaire, pas d’intervention chirurgicale – cela peut détecter. Durkheim (2002) soutient que l’intention n’est pas une condition nécessaire au suicide humain. Entre-temps, Jones (1982) nous invite à considérer le suicide comme une chaîne complexe d’événements dans lesquels le comportement suicidaire vient en premièr et l’intention ensuite. Pour lui, l’intention de mourir, si elle se forme, se forme souvent après que le processus de conservation-retrait ait commencé. Les théories contemporaines du suicide qui permettent de s’intégrer à la notion d’intention peuvent donc limiter leurs propres explications.

L’étude scientifique du suicide bénéficiera probablement de la valorisation de l’image du suicide en tant que continuum de comportements de conservation-retrait. Cette image va mieux avec les dernières découvertes empiriques sur les capacités comportementales et cognitives de nombreux animaux et ne rend pas tout le domaine de la recherche sur le suicide humain épistémologiquement suspect en mystifiant les «parallèles inter-espèces» qu’il présuppose (Malkesman et al. 2009). En outre, c’est un cadre explicatif plus ordonné et plus élégant que son équivalent anthropocentrique.

Selon sa formulation, la théorie anthropocentrique selon laquelle seuls les êtres humains s’engagent dans le suicide ne permet pas d’expliquer divers suicides chez l’homme. Quand il nécessite une subjectivité réflexive, il ne parvient pas à expliquer les suicides d’êtres humains qui pourraient ne pas répondre à certains critères de connaissance de soi, tels que les enfants et les personnes souffrant de graves troubles cognitifs. Quand il faut la libre volonté, il ne parvient pas à expliquer les suicides humains déclenchés par des causes naturelles traitables empiriquement (tels que les antidépresseurs). Quand il faut prendre conscience de la mort, il se heurte à nouveau au problème des enfants et des personnes gravement handicapées sur le plan cognitif qui peuvent ne pas comprendre leur propre mortalité ni celle des autres. Enfin, quand il mentionne l’intention, la théorie anthropocentrique se heurte au problème empirique que l’intention est infalsifiable, le problème de causalité qu’il ne peut pas précéder le comportement, et l’épistémologique problème qui (même s’il existe et précède le comportement) peut être impossible à déterminer,

4. Humilité épistémique

L' »humilité épistémique » se réfère à une attitude d’ouverture et de modestie par rapport aux croyances propres. Être humble au sens épistémique signifie être franc à propos des limites des connaissances scientifiques – à reconnaître les lacunes, les clivages et les lacunes qui caractérisent souvent même nos théories les plus puissantes (et de calibrer nos croyances sur le monde en conséquence).

Cela signifie rester ouvert à des possibilités compatibles avec les principes d’observation et des échafaudages théoriques d’une science même s’ils vont à l’encontre de la sagesse reçue ou conviction personnelle. Être humble sur le plan épistémique, c’est être modeste sur la force et atteindre d’autres façons de voir et d’interpréter le monde. Appliqué au suicide animal, l’humilité exige de prendre au sérieux les preuves empiriques qui remettent en question nos des idées préconçue sur les capacités cognitives, émotionnelles et comportementales des animaux non humains, et de faire face aux faiblesses empiriques et conceptuelles de la théorie anthropocentrique de suicide.

Certains experts en comportement animal adoptent déjà une interprétation continuiste de suicide (Crawley, Sutton et Pickar 1985, p. 308; Braitman 2014, p. 210). Pourtant, les adversaires les repoussent souvent en soulignant que nous n’avons pas encore créé de modèle animal réussi de suicide (Comai et Gobbi 2016; Hooper 2010). Selon eux, cela prouve que les animaux sont incapables de comportement suicidaire. Comme le disent Comai et Gobbi (2016): «il n’y a pas d’animaux modèles de suicide principalement parce qu’il n’ya pas d’exemple de suicide chez les animaux »(p. 177).

Mais en plus de poser la question, cet argument ignore de nombreuses alternatives d’explications de la non-existence de ces modèles . Considérant qu’il est vrai que le suicide chez les animaux n’a pas encore été modélisé en laboratoire, l’humilité épistémique veut qu’il ne peut être totalement exclu sur la base des connaissances actuelles.

Épistémologiquement, cette attitude nous aide à éviter des conclusions irréfléchies sur les animaux susceptibles d’entrer en conflit avec les conclusions empiriques de l’analyse cognitive. Sur le plan éthique, il est le moins susceptible de contribuer, directement ou indirectement, au harcèlement des animaux. Willett (2014) soutient que les jugements scientifiques sur les animaux peuvent ou non motiver des jugements non scientifiques sur ce que les humains peuvent ou non leur faire. Moins nous pensons que les animaux sont capables de le faire, plus nous rationalisons.

Faut-il «instrumentaliser» et causer un préjudice pour le bénéfice humain (dans les laboratoires, usines, fermes, etc.), pour permettre la modélisation? Les jugements sur le suicide chez les animaux ne sont donc pas que scientifiques; elles sont éthiques aussi. Et d’un point de vue éthique, une attitude d’humilité épistémique est préférable parce qu’il répond au mieux à ce que les philosophes appellent le «principe minimax» de la rationalité, qui considère que, lors du choix entre deux options, il convient de choisir celle qui est la plus susceptible de donner le moins pire scénario.

Si les animaux peuvent se suicider et que l’hypothèse du suicide d’animal est correcte, le traitement épistémique éviter des traitement non éthiques sur les espèces animales non humaines

L’humilité nous aide à éviter (a) la perte épistémique de fausses déductions sur les animaux non-humains et b) le risque éthique que ces déductions soient utilisées pour justifier la violation de l’éthique sur le traitement des animaux. Si l’hypothèse du suicide chez l’animal est fausse, l’humilité épistémique n’entraîne (a) aucun coût éthique et (b) seul le coût épistémique négligeable d’avoir retardé l’acceptation de cette inférence correcte.

Une analyse coûts-avantages éthique fait pencher la balance en faveur du point de vue du continu. [Cf. Bouleau (2017) article ciblé et commentaires sur le principe de précaution dans ce journal – éd.]

5. Implications

L’hypothèse du suicide chez les animaux bouleverse nos croyances culturelles sur les animaux et, si exact, peut avoir d’importantes implications pratiques et éthiques. Dans leur travail sur le deuil du chimpanzé, par exemple, Anderson, Gillies et Lock (2010), soutiennent que si nous acceptons que chimpanzés ont le concept de la mort, nous pouvons engager un certain nombre de responsabilités éthiques envers eux, cela devrait affecter la façon dont nous les traitons et les gérons dans les zoos, les sanctuaires et laboratoires. Pour eux, le débat scientifique sur le fait de savoir si les chimpanzés ont le concept de le mort, a des implications au-delà de la science.

Un argument similaire peut être avancé à propos du suicide. Si nous accordons que les animaux se livrent à un comportement suicidaire, un certain nombre de choses peuvent suivre. Peut-être qu’il s’ensuit que les vétérinaires devraient être mieux formés au diagnostic et à la gestion des comportements suicidaires chez les animaux.

Il en résulte que les chercheurs spécialisés dans les animaux devraient investir plus de temps et d’énergie pour étudier comment le comportement suicidaire se manifeste chez différentes espèces et sous différentes conditions environnementales. Peut-être aussi que si certains animaux, mis en lumière lors de recherches futures, seront statistiquement plus susceptibles de s’autodétruire dans certains environnements, nous devrions avoir le devoir moral de changer ces environnements ou de déplacer les animaux. Si les animaux peuvent se suicider alors qu’ils sont sous la responsabilités et les les soins donnés par des humains, nous devrions appliquer une norme de contrôle strict. Plus généralement, il se peut aussi que nous devions tous nous engager dans une autocritique sérieuse et repenser nos hypothèses sur les animaux (et modifier nos pratiques en conséquence).

Par exemple, si certains animaux adoptent un comportement suicidaire, cela signifie-t-il qu’ils se livrent à une sorte de «comportement de négation» que les anthropologues ont historiquement qualifié de «Prométhéen».

Les chimpanzés, par exemple, ont la capacité de dire «non» – «non» aux autres animaux, «non» aux humains, « non » peut-être à la vie elle-même? Les animaux peuvent-ils réfléchir sur leurs conditions de vie et les rejeter?

Est-ce qu’un chimpanzé, à l’instar de Socrate, peut faire la différence entre une «vie» et une «vie qui vaut la peine d’être vécue? Celles-ci peuvent sembler être des questions philosophiques abstraites, mais elles ont des ramifications concrètes pour les chercheurs, les vétérinaires et même les éthiciens que nous ne pouvons pas ignorer. Ethiquement, qu’est-ce que cela pourrait signifier que la captivité pousse certains animaux au bord de l’auto-déshumanisation?

De même, que peut signifier que nous utilisons souvent des êtres sensibles qui peuvent être capable de consentir à la recherche biomédicale invasive sans leur consentement (quelle que soit les conditions)? C’est le problème des questions philosophiques : elles semblent lointaines, jusqu’elles viennent frappé à la porte.

6. Conclusion

Il existe de bonnes raisons empiriques et philosophiques de soutenir l’hypothèse du suicide animal. Certains découlent de recherches éthologiques et de laboratoires sur la sensibilité, la cognition et le comportement des animaux : autres de ce que les pratiques actuelles en matière de recherche sur le suicide impliquent.

Le «changement de paradigme» (Kuhn 1970) dans la recherche sur le suicide d’un mentaliste et anthropocentrique à un une approche plus comportementaliste et continuiste pourrait approfondir notre compréhension des parallèles qui existent entre les animaux humains et non humains et aider à résoudre divers problèmes conceptuels sur le suicide humain. Cela ferait également pression sur les chercheurs pour définir plus clairement ce qu’est le suicide, et sur les éthologues pour mieux justifier la « grande division » entre les humains et les animaux.

Bien que les histoires d’animaux suicidaires soient anecdotiques, l’important est qu’elles soient parfaitement plausible du point de vue de la science contemporaine (Preti 2011a, p. 819). Ainsi, même si nous ne pouvons actuellement pas prouver qu’un animal se soit suicidé, il existe un nombre important et croissant d’éléments de preuves indiquant que cette possibilité ne peut être réglée par principe. Certaines créatures, pour citer Braitman (2014), «devraient recevoir le bénéfice du doute »(p. 159). Compte tenu des enjeux, nous devons au moins autant aux animaux, qu’aux humains.

Références:

Catégories
éducation bien-être animal cognition animale communication animale Comportement santé animale

La pyramide des besoins chez le chien

Les besoins chez les animaux humains

Le psychologue Abraham Maslow expose pour la première fois sa théorie de la motivation, A Theory of Human Motivation, en 1943. Cette théorie est présentée à travers la pyramide des besoins, ou plus connu comme la pyramide de Maslow – représentation pyramidale de la hiérarchie des besoins.

Le psychologue américain, Frederick Herzberg, va approfondir l’approche de Maslow, à travers ses études où il définit les besoins de l’homme dans le monde du travail. Pour se faire comprendre, il présente une théorie, l’anthropologie de l’homme au travail, qu’il fonde sur l’analyse d’un double mythe, qu’il va baptiser le mythe d’Adam et le mythe d’Abraham.

  • Mythe d’Adam : échapper à la souffrance, recherche de tout ce qui va réduire sa souffrance
  • Mythe d’Abraham : lui est l’élu, dieu l’a choisi et sa motivation est de réaliser sa destinée, d’accomplir ce pour quoi il a été choisi.

L’homme au travail est à la fois Adam et Abraham. Il recherche à souffrir le moins possible (fatigue, stress), mais également à s’épanouir, à se réaliser.

L’étude des enfants sauvages a aussi permis d’avancer dans les constatations qui caractérisent les besoins des êtres vivants, notamment les animaux sociaux et Homo sapiens.


Fig. 1 Pyramide des besoins selon Maslow

  Les besoins physiologiques sont directement liés à la survie des individus ou de l’espèce. Ce sont des besoins concrets (respiration, faim, soif, sexualité…). Il s’agit d’un besoin immédiat et constant.

  Le besoin de sécurité consiste à se protéger contre les différents dangers qui nous menacent. Il s’agit donc d’un besoin de conservation d’un existant, d’un acquis. Il s’inscrit dans une dimension temporelle.

  Le besoin d’appartenance révèle la dimension sociale de l’individu qui a besoin de se sentir accepté par les groupes dans lesquels il vit (famille, travail, association, …). L’individu se définissant par rapport à ses relations, ce besoin appartient au pôle « relationnel » de l’axe ontologique.

  Le besoin d’estime prolonge le besoin d’appartenance. L’individu souhaite être reconnu en tant qu’entité propre au sein des groupes auxquels il appartient.

  Le besoin de s’accomplir est selon Maslow le sommet des aspirations humaines. Il vise à sortir d’une condition purement matérielle pour atteindre l’épanouissement.

Un sixième besoin pourrait être introduit :

  • Le besoin d’éternité, d’immortalité ou tout simplement de temps. C’est un besoin de plus en plus exprimé dans notre société. Commercialement, il se traduit par l’attirance envers les produits promettant le rajeunissement ou de gagner du temps. L’émergence de technologies nous permettant de prolonger la vie (sciences médicales, cryogénisation…)

La Pyramide de Maslow transposée chez le chien 

Il nous a semblé intéressant d’établir un modèle de pyramide des besoins chez le chien. Car vivre avec un chien, implique connaitre les besoins associés à son espèce et y répondre pour assurer son bien-être et ses développements cognitifs, émotionnels et structurels.


Fig 2. Transposition de la Pyramide de Maslow

 
 Comme Frederick Herzberg l’avait mis en avant, outre les humains, bons nombres d’espèces animales non- humaines, vivants selon un schéma social plus ou moins complexe, sont régis par une liste de besoins à combler.

Chez nos amis canins, les besoins majeurs sont :

  • les besoins biologiques, soit physiologiques et « de survie »
  • les besoins sociaux, soit les interactions avec les congénères et les autres espèces,
  • les besoins individuels, propres à chaque individu, en fonction de sa race, de son développement et de son caractère.


Les besoins physiologiques : des besoins de base

Ceux sans quoi, l’individu ne peut pas vivre d’un point de vue fonctionnel et structurel.
La nourriture et l’eau : les apports nutritionnels vont varier tout au long de la vie de notre chien. Un chiot aura besoin d’éléments spécifiques en raison de son développement musculo-squelettique et neurophysiologique. Une chienne gestante ou allaitante aura besoin d’une nourriture riche pour assurer le bon développement de sa gestation et la viabilité des chiots à venir. Un chien âgé nécessitera une attention toute particulière et un apport particulier pour l’aider dans sa motricité. En fonction de l’activité, de la race de votre chien et de sa santé, il sera capital de lui procurer la nourriture adaptée. Tout comme pour nous, l’eau est indispensable. Les chiens sont pour la majorité, nourris avec des aliments secs (type croquette), par conséquent ils sont susceptibles de boire davantage. De l’eau fraiche doit être à disposition nuit et jour. Cependant un chien qui boit de façon excessive ou plus qu’à l’accoutumé doit être amené chez le vétérinaire pour vérifier le bon fonctionnement de ses reins et son taux de glycémie et d’insuline.

Éliminer, faire ses besoins : Un chien doit pouvoir vider sa vessie et ses intestins régulièrement. Un chiot fait ses besoins après chaque repas, au cours des séances de jeu, et au réveil. Il est donc indispensable de le sortir faire ses besoins à l’extérieur à ses moments-là, pour qu’il apprenne à être propre, et donc ne plus faire à la maison.

Même si les chiens adultes sont capables de se retenir, il est vivement déconseillé de laisser son chien plus de 8 heures sans sortir. Cela peut avoir des répercussions sur son système urinaire (cystite, infection, problème de vessie, prostate…) mais aussi sur son état psychologique (anxiété, trouble du comportement….

Se reposer : Un chiot, tout comme un enfant, va assimiler tout ce qu’il s’est passé dans la journée, les nouveaux apprentissages, durant le sommeil. Il est donc indispensable qu’il puisse bénéficier d’un repos de qualité, dans un lieu tranquille et sans dérangement. Un chien adulte a également besoin de dormir dans un endroit sécurité et serein. Il a besoin de récupérer de sa journée et de ses efforts, sans quoi, il risque de développer des troubles du comportement. Un chien dort de 10 à 18 heures par jour (en fonction de l’âge).

Les besoins de sécurité

Un individu, quel qu’il soit, a besoin de sécurité pour évoluer et se développer en toute quiétude. L’insécurité est facteur de stress et de troubles autant pathologiques et psychopathologiques. Chez le chien, le besoin de sécurité est donc primordial.

 Son lieu de repos, son refuge : Il doit s’y sentir en sécurité et pouvoir s’y reposer sans être déranger. Il est important de ne pas mettre sa couche / son panier sur un lieu de passage, devant une porte, sous une fenêtre. Quand le chien fait une bêtise, il ne faut jamais le gronder lorsqu’il est sans son panier. Il doit être en sécurité dans son panier.
« Le chien a besoin d’évoluer dans un environnement cohérent et stable. » Beaucoup de chien déclenche des problèmes de comportement car ils subissent les changements d’humeur, et les variations stressantes venant de leur famille humaine. Nos agissements ont un impact majeur sur eux. Tout ce que nous faisons les impacte. Il est important pour l’équilibre de la maison, de la famille, de tenter de maintenir un milieu stable et calme.

Les besoins sociaux

Le chien est un animal social. Il a besoin d’interagir aussi souvent que possible et de façon positive avec ses congénères mais aussi avec les humains dès son plus jeune âge.
Avec ses congénères : il faut laisser les chiens libres de se rencontrer, de se sentir et de jouer et communiquer entre eux. Les humains interviennent trop souvent lors de rencontres de chien, souvent par peur de ce qui pourrait se passer. Les chiens sont moins compliqués que nous humains. Pour leur bien-être, ils doivent fréquenter d’autres chiens. Les priver de cela parce que leur propriétaire est réticent, c’est les priver de leur statut de chien. Pour les humains qui ne sont pas à l’aise avec ces rencontres ou peu confiants, il est possible de demander de l’aide auprès d’un comportementaliste ou d’un éducateur.
Avec les humains : des moments ensemble, de jeux, de tendresse, de travail. L’emmener avec nous, le faire partager de bons moments qui pour lui seront source de stimulations mentales différentes. C’est passer du temps qualitatif, en connexion avec son chien.

Avec d’autres espèces : dès lors qu’un chiot est mis en contact avec d’autres espèces que la sienne, durant ses périodes de développement, il identifiera ses espèces comme des amis et des partenaires de jeu éventuel. 

Les chiens ont besoin de vivre avec leur groupe familial. Ils ne sont pas faits pour la solitude et en souffrent dès lors qu’ils sont laissés seuls de façons récurrentes et prolongées, que ce soit dans un jardin, une pièce de l’appartement ou tout autre environnement.

Ils aiment communiquer, comme tous les animaux sociaux. Ils possèdent différents modes de communication : vocal, postural, olfactif. Il est donc important de comprendre leurs codes de communication pour y répondre de façon cohérente. Plus on les comprend, plus la complicité et la confiance mutuelle seront confortées.

Le besoin d’estime

Par estime il faut surtout comprendre « Respect ». Respecter le chien en tant que chien, en considérant sa race, son histoire et ses besoins. Les êtres humains ont tendance à humaniser leur animaux domestiques et faire un excès d’anthropomorphisme. Les effets sont très souvent désastreux, car en humanisant le chien, on ne le considère plus comme tel. Un chien n’est pas « dominant » ou « soumis ». Il n’est pas non plus « agressif » ou « voleur » ou tout autre terme tel que nous les entendons pour les humains. Un chien va réagir en fonction de son environnement à un instant donné, en soupesant sa situation, ses expériences passées et en fonction de son état émotionnel. Un chien qui aura était « estimé » et « respecté » aura acquis la confiance nécessaire pour faire face aux situations, agir et réagir de façons adaptées.

Estimer un chien, c’est lui faire confiance et lui permettre de se développer en adéquation avec les besoins liés à son espèce.

Le besoin d’utilité

Certaines races de chiens ont été génétiquement sélectionnées pour accomplir des tâches bien particulières depuis le XIIème siècle. On pensera aux chiens de berger (border collie, shetland, Berger australien, bouvier des Flandres…), aux chiens de chasses (épagneul, cocker, teckel, braques, pointer, beagles, St Huber, shiba inu, lévriers…), aux chiens de travail, de défense et d’utilité (husky, malamute, berger allemand, malinois, dobermann…). Ces chiens ont dans leur organisme des marqueurs génétiques et des traits de caractères qui répondent aux exigences définies depuis 1000 ans. Il est impensable de leur demander d’agir différemment aujourd’hui.

En fonction de leur race, les chiens ont donc un besoin irrépressible d’accomplir leur tâche. S’ils en sont privés, ils vont mettre en place des activités ou en comportement compensateurs (destruction, aboiements intempestifs, agressivité, fugue…)

Afin d’éviter des erreurs de casting, il est conseillé de bien se renseigner sur la race ou le croisement de races du chien que l’on souhaite adopter, pour s’assurer que nous serons en mesure de répondre à ses besoins.

Les besoins d’activité

Comme mentionné ci-dessus, les chiens ont besoin d’accomplir certaines tâches et avoir des activités définies. En moyenne un chien nécessite entre 3 à 5 heures d’activités par jour.

Il faut bien évidemment prendre en considération, la race, l’âge et la santé du chien. Un bichon de 7 ans ne va pas avoir besoin d’autant d’activités qu’un Berger Allemand de 2 ans. Cependant, si sur le plan physique, le Berger Allemand sera davantage demandeur, le bichon sera friand d’activités intellectuelles et de jeux.

Voici les type d’activités dont les chiens ont besoin :
–    Activité locomotrice : promenade, marche, course, nage, jeux « de bagarre » entre chiens
–    Activité sensorielle : l’observation, la découverte, le pistage
–    Activité intellectuelle : jeux de recherche d’objets, d’accès à la nourriture, éducation et obéissance de façon ludique.
–    Activité sexuelle : principalement pour les reproducteurs, en général les animaux de compagnie sont stérilisés.
–    Activité vocale : aboiements, chants (yoodle pour les basenji), hurlements, jappements, grognements
–    Activité masticatoire : manger, mâcher, mastiquer. (On préférera donner à notre chien des os, des friandises pour nettoyer les dents, des jouets type kong, des cordes à tirer, des cornes de cerfs)

Un chien comblé

Pour assurer un bon équilibre physique, émotionnel et comportemental, un chien doit pouvoir être satisfait dans tous points. Tous les besoins doivent être comblés en permanence et non pas l’un après l’autre.

Un chien, dont les besoins sont comblés, sera le chien parfait pour la famille parfaite. Et c’est tout ce que nous vous souhaitons.

Dans notre monde, ce n’est pas toujours facile de parvenir à combler nos propres besoins de façon permanente. Nous rencontrons des frustrations, des obstacles à notre épanouissement et parfois tristement pour des besoins bien plus primaires. Il faut néanmoins bien différencier nos besoins et nos désirs. Dès lors que le distinguo est clairement fait, il faut alors réduire nos prétentions et focaliser sur nos réels besoins… et on pourra alors se sentir heureux, comme un chien comblé.

Corine Gomez – Comportementaliste

Reférences :

Catégories
bien-être animal Comportement conscience santé animale

Guérir nos animaux avec des soins énergétiques

Les soins énergétiques pour animaux sont avant tout un cadeau d’amour que nous faisons à nos compagnons à quatre pattes, en leur transmettant l’Énergie Vitale dont ils ont besoin pour les aider à régler le dysfonctionnement qui les affecte (autant que possible).

Tout comme l’humain, les animaux ont eux aussi leur sensibilité qui peut générer comme chez nous, humains, des douleurs, des blocages, voire des maladies.
Tout comme pour l’humain, le médecin des animaux : le vétérinaire, peut gérer nombre de leurs inconforts, soigner les maladies et bien entendu il faut toujours, TOUJOURS aller voir son vétérinaire en premier et à minima une fois par an. Pour autant, nos vétérinaires ne sont en général pas en mesure de prendre en compte les volets « énergétique » et « émotionnel » de nos chers 4 pattes.

Pourquoi les soins énergétiques pour les animaux ?

Pour la plupart d’entre eux, la vie dans laquelle ils évoluent, est très éloignée des fondamentaux et des conditions idéales permettant leur épanouissement.

Les conditions de vie que nous leur octroyons, sont souvent bien inférieurs à leurs besoins minimums d’intimité, d’exercice, d’aventure ou de liberté. La nourriture que généralement nous leur donnons, l’environnement sonore dans lequel nous les faisons vivre, sont très loin de correspondre à leurs réels besoins…

Tout ceci sans oublier l’intrusion que nous faisons dans leur équilibre corporel (castration, contraception, taille des griffes, des oreilles, de la queue, etc.…) ou dans leur équilibre émotionnel en les laissant trop souvent seuls et dépourvus de compagnons de leur espèce ou trop peu d’interactions sociales.

Tout comme pour nous, humains, les changements importants de leur quotidien peuvent les affecter plus ou moins fortement : stress vis à vis de son humain ou de son environnement, intervention chirurgicale suite à un accident ou une maladie, fin de vie …

Par ailleurs, les animaux sont de grands empathes. Non seulement ils ont leur propre stress, et aussi ils prennent bien souvent le notre et nos maux.Ils peuvent ainsi ressentir un stress qui affecte fortement leur qualité de vie et qui peut engendrer différents maux.

Bien souvent les maladies proviennent d’un déséquilibre énergétique résultante d’un stress émotionnel non ou mal géré.

L’Énergie Vitale transmise à l’animal lors d’un soin énergétique, va lui permettre d’harmoniser son équilibre énergétique à tous niveaux : physique, émotionnel, mental et spirituel.

Soins énergétiques aux animaux

Les animaux sont très réceptifs aux soins énergétiques et en général les apprécient fortement.

Les soins énergétiques permettent d’équilibrer et d’harmoniser les circuits énergétiques et métaboliques du corps. Les soins vont permettre un relâchement des tensions neuro-musculaires et un apaisement des douleurs. Un soin énergétique va agir simultanément sur les douleurs émotionnelles et physiques. L’objectif étant de lui permettre de retrouver sérénité et bien-être autant ce que cela se peut.

Nos animaux sont un membre à part entière de la famille, ils nous accompagnent dans notre quotidien et nous aident à surmonter nos difficultés, nos tracas petits et grands et ce faisant, (bien qu’on ne le souhaite pas) ils peuvent s’en trouver affecter et contracter des maladies.

Tous ces facteurs peuvent influer le comportement et l’état physique et émotionnel de nos animaux. Il est à regretter que l’on ne prend pas en compte le côté émotionnel et les anxiétés, de nos chers compagnons.

Comme chez l’humain, nombre de problèmes comportementaux et l’essentiel des pathologies (problèmes digestifs, ulcères, tics, baisse de forme, etc.) sont liées au stress et aux émotions.

Les soins énergétiques pour animaux sont bénéfiques pour tous les animaux : ceux qui souffrent, qui sont anxieux, peureux, agressifs, qui ont le mal des voyages, manquent de vitalité pour les compétitions, les débourrages pour les équidés, les problèmes musculaires, de peaux… en complément des soins vétérinaires… mais également pour ceux qui vont bien – un peu comme pour nous quand on se fait faire un massage bien être et détente – seront au rendez-vous.

Quelques bienfaits

Les soins énergétiques aux animaux pourront apporter différents bienfaits comme, soulager, voire éliminer ses douleurs, faciliter le rétablissement après une intervention chirurgicale, une blessure ou une maladie, stimuler le système immunitaire, accélérer une cicatrisation, réduire les troubles émotionnels, apaiser, détendre, réduire l’agressivité et l’anxiété, ou encore accompagner en fin de vie.

Les soins énergétiques agissant au niveau vibratoire de la structure énergétique de l’animal, ils sont complémentaires à l’intervention d’un professionnel de la santé animale :

  • Ils agissent sur toute forme de pathologie diagnostiquée et traitée par un vétérinaire pour faciliter et accélérer la guérison si elle est possible,
  • Ils renforcent les effets des traitements allopathiques prescrits,
  • Ils apportent un soulagement des souffrances physiques,
  • Ils réduisent l’anxiété et le stress,
  • Ils apportent un mieux-être général et un confort de vie pour l’animal,
  • Ils aident à calmer les animaux agressifs ou craintifs,
  • Ils améliorent les problèmes émotionnels et comportementaux.
  • Ils accompagnent un animal en fin de vie, pour soulager au maximum sa souffrance, mais aussi pour lui assurer une transition en douceur, dans l’amour et la sérénité.

L’animal, son humain et les soins énergétiques

En cas de présence d’un déséquilibre énergétique chez l’animal, il y a également un déséquilibre énergétique chez le propriétaire.

L’animal peut se faire, tour à tour, animal-miroir, animal-enseignant ou animal-éponge, pour aider son humain.

En présence de difficultés aiguës et prolongées chez le propriétaire, l’animal pourra être affecté profondément dans sa propre sphère, jusqu’à parfois développer des types de déséquilibres habituellement réservés à l’humain : l’animal cale ici son comportement vibratoire sur celui de son propriétaire.

Il devient alors important pour le propriétaire d’être pris en charge sur le plan énergétique afin de rétablir son équilibre émotionnel et contribuer à rétablir celui de son animal ainsi que la relation qui les unit. 

Dans ce cas, les soins énergétiques permettront, par exemple :

  • De faire progresser une relation bloquée entre l’animal et son propriétaire,
  • De travailler sur les problématiques du propriétaire, comme par exemple le manque de confiance ou les peurs,
  • De corriger les comportements inadaptés prenant source dans des sentiments ou émotions déséquilibrés,
  • De prendre conscience de ses erreurs, apporter un changement d’état d’esprit et dépasser ses schémas limitants,
  • De restaurer une confiance mutuelle perdue,
  • De favoriser les performances sportives en travaillent sur les difficultés propres à chacun,
  • De travailler une problématique commune à l’animal et son propriétaire,
  • De travailler sur une phobie en rapport avec l’animal de manière générale (peur des serpents…),
  • D’apporter un mieux -être général…

Ces soins peuvent être proposés à l’humain seul, mais il est vivement conseillé d’envisager un travail simultané animal-propriétaire.

Concrètement comment se déroulent les soins énergétiques aux animaux

Pour pratiquer les soins énergétiques aux animaux, il est important que le praticien respecte certains principes.

Demander la permission

Même si généralement les animaux apprécient de recevoir un soin énergétique, le praticien doit toujours demander la permission à l’animal (et bien sûr à son propriétaire).

soins énergétiques pour animaux

En se plaçant dans l’intention et l’amour, il faut simplement lui expliquer pourquoi nous souhaitons lui prodiguer un soin et lui demander son accord. Le soin ne pourra être opérant que s’il accepte de le recevoir.
Cet accord sera demandé en début de chaque session.

En fait, c’est une permission d’entrer dans leur « espace personnel », que ce soit simplement pour un balayage du corps ou pour un soin complet. Généralement, les animaux sont toujours prêts à recevoir ce type d’aide et de guérison.

L’animal doit pouvoir décider

Il est important de ne pas se lancer trop vite dans le contact avec l’animal.

L’animal doit toujours être celui qui décide du moment où les soins peuvent commencer et quand ils doivent se terminer. L’animal doit être en mesure de pouvoir bouger librement.

Diverses approches de thérapies énergétiques existent. Difficile de d’affirmer que telle ou telle approche est meilleure ou moins bonne qu’une autre… Seule compte l’énergie d’amour que l’énergéticien va inclure dans son soin à l’animal en demande.

soins énergétiques pour animaux
Emplacement des 7 chakras chez le chat

Dans tous les cas, l’énergéticien va agir sur la structure énergétique de l’animal, incluant ses corps subtils, ses chakras et nadis, afin d’effectuer un rééquilibrage et une harmonisation de l’ensemble du circuit. Méthode non intrusive, en douceur et surtout sans douleur, sans manipulations d’aucune sorte, dans une grande bienveillance envers l’animal, qui agit sur tous les plans de l’être, aussi bien physique, psychique, énergétique et spirituel.

Les soins peuvent se pratiquer en « présentiel », avec l’animal physiquement ou alors à distance.

Séance de soins énergétiques pour les animaux

Le soin

soins énergétiques pour animaux
Emplacement des 7 chakras chien le chien

Le soin énergétique est effectué lors d’une imposition des mains sur l’animal, ou au-dessus, avec éventuellement l’utilisation du son, dans le respect de l’être. Le praticien se contente de canaliser l’Énergie Vitale. En faisant re-circuler l’énergie dans le corps, cette dernière permettra au receveur d’activer son propre processus d’auto-guérison qui lui permettra de recouvrer sa vitalité, sa santé.

Déroulement d’une session de soins énergétiques pour animaux

Deux façons d’offrir un soin énergétique à un animal :

1- soin physique, en personne

soins énergétiques pour animaux
Emplacement des 7 chakras chez le cheval

Par une imposition des mains sur ou juste au-dessus du corps de l’animal, avec éventuellement l’utilisation du son, l’énergie est transmise pour l’aider à régler le problème qui le perturbe. Ceci, que ce soit pour une guérison physique, psychique, énergétique ou spirituelle.

2- soin à distance

Le soin à distance est très efficace et dans certains cas, peut être préférable aux traitements sur place.
Des animaux peuvent vivre trop loin pour des traitements sur place, d’autres peuvent être extrêmement craintifs des étrangers, vieux et fragiles, ou proche de la mort et peuvent pouvoir mieux se détendre en recevant un soin énergétique à distance. Également, pour des propriétaires très occupés, les soins à distance sont une alternative prisée.

Nombre de soins nécessaires, à quelle fréquence ?

Tout dépend des cas, soyez attentif à votre animal, parfois une séance ou deux suffiront, d’autres fois pour des pathologies bien installées il en faudra plus.

Les soins agissent plusieurs jours entre 24 et 72h donc cela ne sert à rien de les enchainer sauf cas d’urgence spécifique. Il est important de s’adapter en fonction de chaque cas, une semaine à 10 jours d’écart étant en général satisfaisant.

Pour conclure

Nos animaux, sont de véritables « boules » d’amour, ils nous offrent toujours leur joie, leur tendresse, mieux que personne ils devinent si nous ne sommes pas bien et nous réconfortent. Vous avez remarqué ils sont toujours contents ! Ils ne vous disent jamais non !

Nous leur devons bien plus qu’une gamelle et un gite ! Ils méritent que nous prenions soins d’eux du mieux possible, que nous prenions en compte, leur être dans sa globalité, sans oublier leurs émotions, nos animaux sont des êtres sensibles. Ne l’oublions pas !


Barbara Lance

Énergéticienne, Naturopathe – La Sélection de Blue Moon

Catégories
Alimentation éthique éducation éthique évenement cognition animale communication animale Comportement membrariat

Pourquoi devenir membre ?

Effectivement pourquoi devriez-vous devenir membre d’une association comme le Centre Kami ?

« Que signifie être membre dune association? » « Quel serait mon intérêt ? Et que peut faire cette association pour moi? » « Cette association est-elle prêt de chez moi ? » A cette question 2 options possibles : « non, pas vraiment » ou « oui, et alors ?« .

Tout autant de questions qui nécessitent des réponses pour y voir plus clair et savoir ce que le Centre Kami a à vous offrir en tant que membre.

Bien partager sa vie avec un animal

Vous avez décidé d’avoir un compagnon félin ou canin et vous souhaitez faire au mieux pour qu’il puisse être heureux et épanoui. Son bien-être vous importe.

Une réduction sur des aliments et des accessoires adaptés

Étant nous même responsables de compagnons poilus, notre démarche a été de chercher, et développer si nécessaires, des produits alimentaires, thérapeutiques, complémentaires et des accessoires, qui respecteraient aux mieux les animaux. Ainsi notre gamme de croquettes pour chats et chiens, Kami Nutri Santé a été développé avec des nutritionniste et des vétérinaires, aux Royaumes Unis, dans un seul but : satisfaire les besoins nutritionnels de nos animaux et respecter le fait qu’ils sont carnivores.

Pour nos membres Plus, Pro et Plus Mix, une réduction de 10% est faite sur le tarif standard des croquettes.

Gamme Kami Nutri-Santé, pour chien et chat

Des soins et des conseils pour un mieux être

Il est facile d’imaginer que comme bons nombres de personnes, vous contacter le vétérinaire dès que votre loulou présente une anomalie. Nous le faisons tous. Les chiots et jeunes chiens ont tendance à avaler tout ce qu’ils croisent. Les chatons s’aventurent souvent dangereusement au risque de se blesser. Les séniors ont leurs soucis et leur douleurs articulaires, rénaux, urinaires… des pathologies liées à l’age ou à la vivacité.

Les changements de comportement de votre compagnon vont vous inquiéter, et vous vous sentez parfois dépassés.

Vous vous absentez une journée ou plus et ne souhaitez pas laisser votre loulou tout seul, livré à lui même : nous pouvons vous aider.

Être membre, c’est faire partie d’une communauté. Nous allons mettre notre expertise à votre service pour vous aider à gérer au mieux votre animal.

Vos avantages membres sur nos services:

  • Membre Premium : 10% de réduction sur les services (consultation en comportement, ostéopathie, soin énergétique,…)
  • Membre Plus, Pro et Plus Mix : 15% de réduction sur les services (consultation en comportement, ostéopathie, soin énergétique,… )

Apprendre à mieux connaitre son compagnon

Des activités en plein air

Hebdomadairement nous organisons des promenades de socialisation. Nos « promenades détentes« doivent être l’occasion pour votre chien de rencontrer ses congénères et d’apprendre les codes – sinon de s’y confronter. Ces promenades sont faites dans le calme et dans un cadre agréable et sécurisé. Les humains doivent aussi être détendus. Ce sera aussi l’opportunité d’avoir des conseils sur le comportement de votre chien, mais aussi réviser le votre.

Le but étant d’avoir un chien bien dans sa tête et dans ses pattes quand il se balade avec vous et avec des copains.

Mensuellement, notre ostéopathe se joindra à nous pour observer les chiens et détecter d’éventuels problèmes.

Ces promenades sont exclusivement pour les membres, et totalement gratuites. Nous limiterons le nombre de chiens pour pouvoir les observer tranquillement et pour limiter le stress des plus anxieux.

Taiko, un chien qui aime se faire des copains.

Des stages et des formations

Nos stages de secours canin :

Une journée mensuelle, pour apprendre à effectuer un bilan vital ou circonstancié du chien en souffrance et effectuer les bons gestes de premiers secours. Les membres Plus, Pro et Plus Mix bénéficient d’un tarif réduit.

Nos stages en massothérapie:

Allan Gauthier, Thérapeute ostéopathe canin, félin et équin

Apprendre à masser et apaiser son chien par le toucher. Les stagiaires viendront avec leur chien et découvriront l’art de masser leur compagnon pour amplifier la relation. Les membres Plus, Pro et Plus Mix bénéficient d’un tarif réduit.

Les Stages en Communication Animale:

Dans le cadre du partenariat Centre Kami et From Joy to
Animals, Nature, Earth, l’offre Membre Plus Mix permet d’être membre des 2 associations, et donc de bénéficier de tarif préférentiel lors des stages proposés par l’association  » From Joy to Animals, Nature, Earth », en initiation à la Communication Animale.

La Formation en Thérapie Animale

Une formation taillée pour ceux qui veulent se réorienter professionnellement, mais aussi pour ceux qui ont des centres d’intérêts dans le secteur animalier. La formation construite sur 3 piliers majeurs, vous permettra de développer des connaissances dans les univers canins et félins, et dans l’environnement animal de façon holistique.

Les membres Plus, Pro et Plus Mix bénéficieront d’un tarif préférentiel.

Des événements pour mieux servir les animaux

En 2018, nous avons organisé la 1ère conférence sur les Émotions Animales. Pour 2019, nous préparons la 2nde édition où nos membres seront appelés à contribuer et prendre part.

D’autres actions sont en cours de préparation, pour servir la cause animale, et pour aider les refuges et associations de protection animale.

Notre association a besoin de membres. Nous avons besoin de vous. Nous essaierons de développer d’avantages de bénéfices et de soutien. Nous restons à votre écoute… Devenez membre !

Catégories
éducation évenement bien-être animal Comportement

Des promenades détentes et socialisation « entre chiens »

Indispensable pour le bien-être de nos chiens, le Centre Kami propose des promenades hebdomadaires « entre chiens », pour éveiller ou renforcer la socialisation par le jeu et par des rencontres positives avec des congénères.

Taiko en arrière plan, qui regarde les copains, pendant que Maya au premier plan se promène.

Il ne faut pas oublier que nos chiens sont des animaux sociaux, qui ont leur propre langage et qui ont besoin de « parler chien » régulièrement. Des promenades entre chiens, des rencontres canines sont nécessaires pour leur bien-être et leur équilibre. Encore trop d’humains ont tendance à isoler leur chien souvent par appréhension ou méconnaissance des réactions de leur propre chien. Les conséquences sont dans la majeure partie des cas, problématiques, car le chien ne supporte plus ses congénères :

  • Il grogne ou aboie dès qu’il croise d’autres chiens.
  • Il est terrorisé et essaie de fuir ou reste paralysé par la peur.
  • Il s’isole et ne veut plus jouer avec les autres chiens.
  • Il devient agressif avec les autres

Autant de situations qui peuvent poser de sérieux problèmes. Mais rien n’est jamais perdu ! Le mieux étant de promener régulièrement votre chien avec d’autres chiens de tout sexe, tout age et toutes races.

Lors de nos promenades encadrées, nous vous apportons notre expertise et évaluons votre chien. Vous recevrez des conseils en comportement et en éducation. Nous vous expliquerons pourquoi votre chien a ce comportement inadapté et commet faire pour que cela change, car il n’y a pas de fatalité.

Une fois par mois la promenade sera supervisée par notre ostéopathe canin, Allan Gauthier. La physiologie des chiens sera passée au crible. Cette promenade sera signalée en amont via notre newsletter et notre page facebook (@centrekami).

Calendrier

Les promenades entre chiens du Centre Kami ont lieu le mardi de 14h00 à 15h30, et le samedi matin de 8h30 à 10h00 su les rives du loup au départ de la passerelle St Georges.

Vous souhaitez vous joindre à nous ? Le rendez-vous est lancé.

Lundi
Fermé
Mardi
14 02 00 04004 – 15 03 30 04304
Mercredi
Fermé
Jeudi
Fermé
Vendredi
Fermé
Samedi
8 08 00 04004 – 9 09 30 04304
Dimanche
Fermé

Pré-requis et inscription:

Pour vous inscrire, et bénéficiez de nos conseils et expertises :

  • Être membre Premium/ Plus /Plus Mix (devenez membre maintenant)
  • Inscription en ligne (7 chiens maximum par promenade), en remplissant le formulaire ci-dessous.
  • Merci d’indiquer la date à laquelle vous souhaitez vous joindre à nous. La race, le sexe et l’age de votre chien. Et s’il est peureux, timide, agressif,…

Catégories
éducation bien-être animal cognition animale communication animale Comportement droit animalier Littérature santé animale

La première formation en Thérapies Animalières

Combien de personnes souhaitent annuellement réorienter leur vie professionnelle ? trouvez un nouveau souffle ? s’investir dans des causes qui leur parlent vraiment ?  

A l’occasion de mes rencontres, j’ai souvent été questionnée sur mon parcours et le cursus qui m’a menée à m’occuper du comportement des animaux. A l’issue de ces conversations, les curieux m’ont remonté qu’ils regrettaient l’absence de centre de formation avec des cours physiques : « tous ce fait par correspondance maintenant et travailler avec des animaux quand vous n’avez que de la théorie, cela ne veut rien dire.« , « Se trouver un stage tout seul, c’est la galère. Les responsables veulent des gens compétents et on ne sait pas ce que l’on vaut.« , « j’aimerai faire ce métier, mais je ne sais s’il y a des débouchés et personne pour me répondre.« 

C’est vrai… pas facile de changer de vie, de faire le grand saut sans trop savoir ce qu’il en sera. Et puis soyons honnête, une formation coûte cher, donc il faut être sur de son investissement.

Alors nous avons pensé à eux et celles qui voudraient réorienter leur vie en leur donnant un nouveau sens, à ceux qui veulent juste acquérir des connaissances et des compétences sur le monde du chien ou du chat.
Pour nous, professionnels et thérapeutes du secteur, le bien-être animal est le socle de toutes nos actions. Il est indispensable de comprendre les animaux, pour défendre leurs droits et mettre en place les devoirs que nous avons à leur égard.
La formation en Thérapies Animalières, proposée par le Centre Kami s’adresse à toutes ces personnes motivées et intéressées par les thérapies, le comportement et le bien-être des animaux.
Composée de 3 parties, cette formation se veut holistique. Tous les aspects de la gestion thérapeutique du chien et du chat seront dispensés.

Et bien entendu des stages de pratiques viendront compléter les cours physiques, les cours virtuels et les tests d’évaluation.

Nous avons voulu cette formation aussi flexible que possible.

La formation vous intéresse ? Contactez-nous et nous pouvons vous apporter des réponses concrètes.

Catégories
animal éthique comparatif humain et non humain Comportement conscience

La leçons des animaux sur le leadership féminin

Une nouvelle étude majeure indique les raisons pour lesquelles les femmes ne le font pas, mais pourraient le diriger.

Revue d’articles – Dr. Mark Bekoff

« Malgré de nombreux efforts pour réduire l’écart entre les sexes dans les postes de direction, les femmes restent universellement sous-représentées à ces postes dans pratiquement toutes les disciplines, y compris les sciences, la politique et les grosses entreprises. Nous étions donc intéressés par une approche non traditionnelle du phénomène en cherchant des indices dans les sociétés d’animaux non humains « .

« Nous avons beaucoup à apprendre des manières fascinantes par lesquelles la sélection naturelle a favorisé les traits de comportement des animaux non humains. En étudiant les mammifères non humains où la femelle règne, nous pourrons mieux comprendre les secrets de la destruction du plafond de verre. »

La biologiste Jennifer Smith et ses collègues, biologistes au Mills College, ont récemment publié un article de recherche intitulé « Obstacles et opportunités pour le leadership féminin dans les sociétés de mammifères : perspective comparative« . Un court résumé de cette étude avait été publié dans un article de New Scientist intitulé « Les 7 mammifères non humains où les femelles font la loi« . Dr Smith a accepté d’être interrogé au sujet de cette étude détaillée basée sur des données, qui « élucide les obstacles au leadership féminin, mais révèle également que les opérationnalisations traditionnelles du leadership sont elles-mêmes biaisées par les hommes ».

Pourquoi vous et vos collègues avez-vous mené les recherches sur le leadership féminin dans les sociétés de mammifères non humaines ? Quelle est l’importance de la perspective comparative pour ceux qui ne savent pas ce que cela implique ?

« … en étudiant les schémas comportementaux des animaux vivants aujourd’hui, nous espérions comprendre l’émergence de dirigeantes dans un cadre évolutif comparatif afin de donner un aperçu de la valeur ainsi que des obstacles historiques potentiels au leadership féminin au cours de millions d’années de lignée de mammifères. « 

Malgré de nombreux efforts pour réduire l’écart entre les sexes dans les postes de direction, les femmes restent universellement sous-représentées aux postes de direction dans presque toutes les disciplines, y compris les sciences, la politique et les affaires. Nous étions donc intéressés par une approche non traditionnelle de la compréhension de ce phénomène en recherchant des indices dans les sociétés d’animaux non humains. La sélection naturelle étant censée favoriser les solutions permettant aux individus de réussir dans leurs conditions écologiques, nous nous attendions à découvrir les règles qui régissent les sociétés qui promeuvent et se développent grâce aux fortes dirigeantes. Ainsi, en étudiant les schémas comportementaux des animaux vivants aujourd’hui, nous espérions comprendre l’émergence de dirigeantes dans un cadre comparatif d’évolution pour donner un aperçu de la valeur ainsi que des barrières historiques potentielles au leadership féminin pendant des millions d’années à travers la lignée des mammifères.

Comment avez-vous collecté et analysé les données ?

Nous avons examiné les données de 76 espèces sociales de mammifères bien étudiés pour lesquelles les modèles de leadership sont compris dans quatre contextes dans lesquels le leadership est exercé: mouvement, acquisition de nourriture, médiation au sein d’un groupe et interactions entre groupes. Dans une étude précédente intitulée « Le leadership dans les sociétés de mammifères: émergence, distribution, pouvoir et gains« , nous avons identifié ces quatre domaines comme étant importants pour les sociétés de mammifères humains et non humains, définissant les dirigeants comme des individus qui exercent une influence disproportionnée sur les sociétés et les comportements collectifs des membres du groupe. Dans la présente étude, nous avons identifié les espèces pour lesquelles les femelles mènent aux conflits plus souvent que les mâles, dans au moins deux de ces contextes majeurs. Nous avons utilisé cette définition stricte des espèces avec un fort leadership féminin pour en savoir plus sur les cas pour lesquels le leadership féminin est la norme.

Quelles sont vos principales découvertes sur les non-humains dans lesquels le leadership féminin se produit ?

Sur la base de notre définition stricte de « dirigeantes fortes», nous avons constaté que le leadership à prédominance féminine est généralement rare chez les mammifères sociaux, mais qu’il est omniprésent dans la vie des épaulards, des lions, des hyènes tachetées, des bonobos, des lémurs et des éléphants. Les leaders émergent sans contrainte et les suiveurs bénéficient du soutien social et / ou des connaissances écologiques des femelles plus âgées.

mammals females

Groupe sociaux de mammifères non humain dans lesquelles, les femelles sont des dirigeantes fortes. Source: Jennifer Smith; ces photos sont du domaine public sous la licence Creative Commons (voir note 1)

Dans votre essai, vous notez sept observations qui pourraient être pertinentes pour les humains. Pouvez-vous expliquer brièvement chacun ?

  1. Les femelles dirigeantes ont émergé, le plus souvent, au sein de familles et de petits groupes égalitaires, comme chez les lions et les éléphants. Cela se produit souvent lorsque les femelles adultes sont suivies par leur progéniture dépendante. Bien que le simple fait de se déplacer d’un endroit à l’autre, ait souvent été considéré comme un processus trivial, les femelles jouent un rôle essentiel pour éloigner ces petits groupes du danger et les amener à se nourrir, deux éléments indispensables à la survie. Ce n’est qu’un exemple des nombreuses façons dont les mammifères femelles influent sur les résultats sociétaux d’une manière importante qui est souvent négligée ou sous-estimée de toute autre manière lorsqu’elle est considérée dans le cadre des opérations traditionnelles du leadership humain.
  1. Il est plus probable que des dirigeantes fortes émergent lorsque les femelles forment des unités coopératives, comme c’est le cas chez les bonobos et les hyènes tachetées. Cette tendance a des implications évidentes car elle suggère que les femelles ont plus de chances d’être des leaders efficaces lorsqu’elles forment des coalitions solides au sein de leurs réseaux sociaux. Les femmes pourraient tirer profit de l’utilisation des médias sociaux et de coalitions pour former de solides alliances semblables au réseau masculins pour les hommes.
  1. Les femelles aînées servent souvent de dépositaire important de connaissances, amenant les membres du groupe vers des sources de nourriture importantes et loin du danger. Chez les orques et les éléphants, on associe leur longue durée de vie et les groupes composés de plusieurs générations d’individus appartenant à la lignée féminine, y compris des femelles post-reproductrices disposant de vastes connaissances.
  1. Des dirigeantes fortes semblent plus susceptibles d’apparaître dans des espèces pour lesquelles la gestion des conflits au sein de groupes est d’une importance vitale, comme cela se produit chez les hyènes tachetées. Cela suggère un créneau pour les femmes en tant que dirigeantes d’organisations nécessitant une médiation des conflits au sein et entre les groupes.
  1. De nombreuses espèces de mammifères caractérisées par un fort leadership féminin s’éloignent du schéma typique des mammifères, de sorte que les femelles sont légèrement plus grandes et plus fortes que les mâles, soit seules, soit en unissant leurs forces, soit les deux. Les hyènes tachetées, par exemple, sont physiquement plus grandes que les mâles. Les lémurs femelles et mâles ont la même taille. En revanche, les bonobos doivent unir leurs forces à celles des autres femelles pour surmonter leur taille inférieure à celle des mâles. Avec les nouvelles technologies, les humains sont en mesure de surmonter ces obstacles physiques grâce aux coalitions virtuelles et physiques qui mobilisent et responsabilisent les femmes pour les aider à surmonter ces obstacles potentiels.
  1. Certains traits observés chez les mammifères dotés de modèles de leadership important, tels que le manque de parité au sein de groupes humains, ne peuvent probablement pas expliquer le peu de dirigeantes chez l’espèce humaine. Nous (humains) partageons 99% de nos gènes avec des bonobos et des chimpanzés. Bien que les deux espèces ressemblent aux humains en ce sens qu’elles présentent également des schémas d’enclin préjudiciable envers les femelles, seuls les bonobos ont un leadership féminin fort.

 

  • Notre examen a des implications pratiques pour le leadership des femmes dans les affaires et la politique modernes. Cela suggère que certains facteurs peuvent être en partie le résultat de différences de genres et évolutives dans le physique et le comportement, mais aussi que les humains ont le potentiel de surmonter ces obstacles.

Vous notez également que les « obstacles évolutifs » possibles au leadership féminin chez l’humain e ne sont pas insurmontables. Que sont ces obstacles et comment peuvent être surmontés ? « Notre analyse comparative montre que plusieurs obstacles au leadership des femmes sont profondément ancrés dans l’histoire évolutive des mammifères, mais qu’il existe de nombreuses possibilités de leadership féminin, y compris celles qui existent déjà, et qui sont souvent ignorés dans les définitions opérationnelles du leadership. « 

Dans cet article, nous déclarons qu’« en tant qu’espèce culturelle, nous sommes capables de choisir notre propre avenir, de nous débarrasser – si nous voulons – de plafonds et de pyramides de verre et de créer les types de structures sociales permettant aux organisations de tirer profit de « l’avantage du leadership féminin ». La notion que les traditions culturelles de l’homme peuvent façonner les opportunités pour le leadership féminin est très excitante et offre un sentiment d’optimisme.

Que voyez-vous comme projets de recherche futurs importants sur ce sujet très important ?

Les étapes importantes de cette recherche consistent à communiquer nos résultats à un large public afin que d’autres puissent en apprendre davantage sur la « nature » du leadership. Nous travaillons actuellement à élargir le champ de cette recherche – pour inclure plus d’informations sur différentes espèces – et pour l’insérer dans un cadre quantitatif afin de démêler les effets de l’histoire de l’évolution et des facteurs écologiques actuels sur l’apparition de fortes dirigeantes au sein de sociétés de mammifères.

Y a-t-il autre chose à dire aux lecteurs ?

Nous avons beaucoup à apprendre des manières fascinantes dont la sélection naturelle a favorisé les traits comportementaux des animaux non-humains. En étudiant les mammifères non-humains, où la femelle règne, nous pouvons mieux comprendre les secrets de la destruction du plafond de verre. En tant qu’humains, nous possédons la capacité de choisir nos façons de vivre, de diriger et d’aider les autres. Nous pouvons mettre en œuvre des apprentissages que nous considérons comme utiles, et rejeter ceux qui ne le sont pas. Notre étude suggère que nous pourrions tirer parti de la création de réseaux de soutien, de l’acquisition des compétences des femmes expérimentées de nos communautés, et de la gestion efficace des conflits. Reconnaître qu’il s’agit du premier pas vers la promotion d’une société plus équitable dans laquelle les femmes sont accueillies et soutenues en tant que dirigeantes. Notre étude suggère que non seulement c’est une chose morale à faire, mais que soutenir l’émergence de femmes en tant que dirigeantes profitera à la société dans son ensemble.

Pour conclure :

Cette étude sera un classique dans le domaine et nous espérons que son lectorat sera large, non seulement parmi les universitaires, mais aussi parmi les personnes extérieures au domaine de la biologie, en particulier celles occupant des postes qui pourraient être utilisés pour équilibrer la parité hommes-femmes parmi les dirigeants. Les sept raisons qui ont été évoquées, expliquent pourquoi cette étude sur les non-humains est pertinente pour les humains. Elles peuvent certainement servir de rampe de lancement dont bénéficieront les femmes dans de nombreux domaines différents.
Note 1: Les sociétés mammifères non humaines pour lesquelles les femelles émergent en tant que leaders puissants lors de comportements collectifs dans de multiples contextes incluent: A) les épaulards (Orcinus orca), B) les lions d’Afrique (Panthera leo; photo de Greg Willis via Wikimedia / CC BY-SA 2.5) , C) hyènes tachetées (Crocuta crocuta; photo de David S. Green), D) bonobos (pan panusus; photo de Pierre Fidenci via Wikimedia / CC BY-SA 2.5), E) lémuriens à volants en noir et blanc (Varecia variegata Photo de Charles J. Sharp via Wikimedia / CC BY-SA 3.0), F) Lémur catta (Lemur catta; Photo de David Deniss via Wikimedia / CC BY-SA 3.0), G) Éléphants de brousse (Loxodonta africana; Photo par Amoghavarsha via Wikimedia / CC BY-SA 3.0), H) Éléphants d’Asie (Elephas maximus; Photo par Steve Evans via Wikimedia / CC BY-SA 2.0). Toutes les photos sont du domaine public sous la licence Creative Commons, à l’exception de celles utilisées avec l’autorisation de David S. Green

Mark Bekoff – Lessons from Animals About Barriers to Female Leadership – Posted Oct 09, 2018

References

Smith, Jennifer E., Chelsea A. Ortiz, Madison T. Buhbe, and Mark van Vugt. 2018. Obstacles and opportunities for female leadership in mammalian societies: A comparative perspectiveThe Leadership Quarterly.