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La première formation en Thérapies Animalières

Combien de personnes souhaitent annuellement réorienter leur vie professionnelle ? trouvez un nouveau souffle ? s’investir dans des causes qui leur parlent vraiment ?

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L’extra-socialisation des chiots : une nécessité démontrée

Une étude récente met en évidence, au travers de diverses expériences que l’extra-socialisation pour des chiots et jeunes chiens est « la cerise sur le gâteau » pour une adaptation, intégration à leur futur environnement.

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Levée de fond pour « Le Guide du Petit Comportementaliste »: votre contribution est cruciale

« Aimer les animaux, c’est faire en sorte que les adultes du futur les respectent; Pour cela il faut les éduquer aujourd’hui ». Aidez nous à rendre le projet possible.

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Le Pays de Galles envisage d’interdire les animaux sauvages dans les cirques pour faire cesser les pratiques cruelles

L’utilisation d’animaux La RSPCA s’est battue pendant des années pour que cette interdiction devienne une réalité – et nous sommes absolument ravis que le gouvernement Gallois ait confirmé son intention de présenter une législation pour mettre fin à cette pratique périmée et cruelle sur le sol de ce pays.

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La vie dans l’ère de la Compassion, de la Liberté et de la Justice pour Tous

Les humains s’engagent dans des relations intimes et nécessaires avec d’autres animaux, et dans la plupart de ces interactions, nous détenons le pouvoir. Mais le pouvoir n’est pas une droit pour la domination ou l’abus.

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« Les animaux ne sont pas sensibles et ne peuvent pas ressentir de douleur, selon les députés conservateurs Britaniques »

« Quiconque dit que la vie importe moins aux animaux qu’à nous, n’a pas tenu dans ses mains un animal qui se bat pour sa vie. Tout l’être de l’animal est jeté dans ce combat, sans réserve. « (Elisabeth Costello, dans Les vies des animaux de J. M. Coetzee)

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Agressivité chez les chiens: les rôles de l’oxytocine et de la vasopressine

Une nouvelle étude montre que ces hormones peuvent façonner l’agressivité et les émotions affiliées

Une étude récente sur l’agressivité chez les chiens menée par le Professeur Evan MacLean (Université de l’Arizona – US) « Oxytocine endogène, vasopressine et agressivité chez les chiens domestiques» a suscité un intérêt certain.

Oxytocine vs Vasopressine

L’oxytocine est souvent appelée «hormone d’amour», bien que l’hypothèse d’une relation extrêmement étroite entre le comportement positif et l’oxytocine soit souvent surestimée. Contrairement à l’oxytocine, la vasopressine, bien qu’amplifiant la tonicité des vaisseaux sanguins, a été liée à une agressivité accrue chez l’homme, et maintenant, pour la première fois, chez les chiens.

Cela pourrait surprendre beaucoup de personnes mais les bases du comportement social chez les chiens est en majeure partie liés au fonctionnement hormonal. À titre d’information, comme l’ont souligné les chercheurs, « le comportement agressif chez les chiens pose des problèmes de santé publique et de protection des animaux, mais les mécanismes biologiques régissant l’agressivité des chiens ne sont pas bien compris». Aux États-Unis, il y a environ 4,5 millions de morsures de chiens chaque année, environ la moitié impliquant des enfants. Le nombre de morsures de chien subies par les jeunes a diminué au cours de la dernière décennie.

Le texte intégral de l’étude « Oxytocine endogène, vasopressine et agressivité chez les chiens domestiques » est disponible en ligne, et un excellent résumé de cette étude historique peut être trouvé dans un essai de Carrie Arnold intitulé « Pourquoi certains chiens sont plus agressifs? Fondamentalement, le Dr MacLean et ses collègues ont commencé à étudier des chiens qui montraient une agressivité envers d’autres chiens. Ils ont observé leurs réactions et les ont comparé à des chiens non agressifs, de même sexe, âge et race. Ils ont mesuré les niveaux d’oxytocine et de vasopressine avant que les chiens ne soient exposés l’un à l’autre.

Lorsque 2 groupes de chiens ont été mis face à des chiens en peluche. Mme Arnold écrit: « les chiens agressifs grognaient, se précipitaient et aboyaient davantage envers les chiens en peluche que leurs homologues non agressifs. Ils avaient aussi beaucoup plus de vasopressine dans leur sang ».

Le Dr MacLean et ses collègues ont également étudié les chiens d’assistance (type chien guide…) pour comprendre leur comportement en présence de chiens inconnus et menaçants. Dans l’ensemble, ces chiens étaient plus calmes et présentaient plus d’oxytocine dans leur sang que les chiens communs. Mme Arnold écrit: « Les chiens d’assistance, élevés pour leur tempérament placide, ont des niveaux significativement plus élevés d’oxytocine (OT) dans leur sang que la moyenne des chiens. Les chiens qui étaient plus agressifs envers d’autres chiens avaient cependant plus de vasopressine (AVP) ».

Provoquer la cause et l’effet et comprendre les chiens individuels

Des études comme celles-ci sont très intéressantes et montrent d’importantes applications pratiques. Si on ignore si la vasopressine provoque, ou est le résultat d’un comportement agressif, nous connaissons maintenant les bases sous-jacentes de ce comportement. Lorsque la cause et l’effet sont résolus, cela peut conduire à des manières de contrôler les agressions hors contrôle et inappropriées. Et, bien que l’agressivité semble être beaucoup moins fréquente que les comportements positifs ou prosociaux chez les chiens, il s’agit toujours d’une réponse adaptative dans certaines situations et s’exprime clairement dans beaucoup d’autres animaux, y compris chez les humains.

Cela vaut la peine de citer la conclusion du document de recherche original car les auteurs présentent clairement pourquoi leur étude est si importante.

« En fin de compte, l’agressivité des chiens est un comportement social normal et adaptatif, mais exprimé dans un mauvais contexte, ou dans une extrême mesure, dont les conséquences compromettent le bien-être des humains et des chiens dans notre société. Il est probable que l’agressivité des chiens peut être motivée par divers états psychologiques, y compris la peur et la colère. Ces processus émotionnels peuvent être facilités par, ou produire des effets sur la signalisation OT et AVP dans le cerveau. Ainsi, il est important de considérer l’agressivité des chiens à plusieurs niveaux d’analyse, en abordant à la fois les processus cognitifs (par exemple, l’évaluation, l’apprentissage, l’inhibition) et les mécanismes physiologiques sous-jacents, qui servent de médiation à ces comportements. Les études présentées ici, suggèrent que l’OT et l’AVP peuvent jouer un rôle important dans ces processus socio-émotionnels et préparer la voie à un travail futur évaluant si les traitements et les interventions d’agression peuvent être améliorées en considérant les rôles de ces neuropeptides. En fin de compte, nous espérons que ces recherches conduiront à une connaissance accrue de la biologie du comportement social, à la promotion du bien-être humain et animal et à la préservation des relations uniques et de longue date entre les humains et les chiens. »

D’autres recherches sur tous les aspects du comportement social des chiens et autres animaux sont en cours de développement. Nous essaierons de vous les présenter et de vous tenir au courant et de disséminer ces résultats et montrant les causes et les effets pour rendre la vie des chiens plus agréable.

Il est essentiel de comprendre les chiens en tant qu’individus parce que les expériences personnelles d’un chien peuvent sûrement jouer un rôle important dans la façon dont il / elle répond à diverses situations, de la même manière que la formation. Ce qui semble inapproprié peut être totalement compréhensible lorsque le point de vue du chien individuel est pris en compte.

Dans l’ensemble, être capable d’éteindre l’agressivité quand il ne s’agit pas d’une réponse appropriée serait gagnant-gagnant pour les chiens et les humains.

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Empathie Animale : ce qu’il faut savoir

Ce que nous devrions apprendre de l’empathie animale. L’empathie, c’est cette capacité à se mettre à la place de l’autre et ressentir sa souffrance, son inconfort. Une aptitude à comprendre les sentiments et les émotions d’un autre individu pouvant amener à modifier notre propre comportement, pour réduire cette souffrance, parfois à notre détriment, et sans que cela soit pour autant de l’altruisme ou de la compassion.

L’empathie, c’est comprendre ce que l’autre endure et essayer d’amoindrir cette souffrance. Et je ne vous surprendrai pas en vous disant que l’animal humain que nous sommes n’a pas le monopole de l’empathie. Il a été montré, vu et prouvé que de nombreuses espèces animales font preuves d’empathie à l’égard de leur semblable, mais pas seulement.

lage-de-empathieDes témoignages racontés par les plus grands éthologues internationaux rappellent que l’empathie animale existe. Frans de Waal, spécialiste des primates et professeur de psychologie à Atlanta (Géorgie) cite quelques exemples dans son livre intitulé « L’Age de l’empathie » 1. Il raconte l’histoire presque banale qu’une éléphante aveugle, désorientée, secouru par une autre éléphante qui vient la guider. Une scène ordinaire, dans un parc naturel en Thaïlande.

« La cupidité a vécu, l’empathie est de mise, nous dit Frans de Waal. Il nous faut entièrement réviser nos hypothèses sur la nature humaine. » A l’heure où les gouvernements et les politiques sont régis par les banquiers et les grandes puissances financières, à l’heure où les candidates aux élections se livrent à des luttes et des joutes verbales pour leur seule survie, il est temps d’opposer un autre principe, tout aussi actif que cette compétition insensée : l’empathie.

Et si jusqu’à lors l’humain a osé croire avoir le monopole de l’empathie, il s’avère qu’elle partagée par de nombreux mammifères, à commencer par les primates, les éléphants et les dauphins, mais aussi par les oiseaux, les poissons et peut être qu’un jour nous verrons les reptiles s’ajouter à la liste.

De façon basique l’empathie peut se traduire par la synchronisation des comportements : accorder nos pas sur celui de l’autre en promenade, battre la mesure en cadence avec le groupe, un attelage de chiens de traîneau se meut comme un seul être, un chimpanzé, victime de contagion, baille quand un congénère baille, et rit quand l’autre s’esclaffe.

chimpanzee-film-2012Cependant, des chimpanzés ont été observés léchant le sang de compagnons attaqués par des léopards, et ralentissant l’allure pour permettre aux blessés de suivre le groupe. Dans la même communauté ont été décrits plusieurs cas d’adoption d’orphelins par des adultes femelles, mais aussi par des mâles ². On pourrait dire que ce type de comportement s’inscrit dans une démarche sociale, dès lors que le groupe a à y gagner : « Aidons les membres du groupe, soyons solidaire, pour que le groupe reste plus fort ».

Alors comment expliquer que cette empathie demeure quand l’individu n’a rien à gagner ?

Des expériences ont montré que des rats ont refusé des jours durant d’accéder à de la nourriture, en actionnant un levier, si cette action envoyait une décharge électrique à un compagnon dont ils voyaient les convulsions. Des rats et souris ont ainsi préférant s’abstenir de manger, plutôt que d’infliger de la souffrance à leur semblable.

Une autre expérience, menée à l’Institut Max-Planck en Autriche, mettait en scène un singe capucin de laboratoire. Ce dernier avait le choix entre deux jetons de couleurs différentes. Le premier lui valait un morceau de pomme tandis que le second garantissait la même chose pour un partenaire. Le comportement du capucin étonna les chercheurs, qui eurent la surprise de voir que le capucin optait pour le jeton qui offrait la récompense à son congénère plutôt qu’à lui-même.

Pour Frans de Wall, la réponse tient en un mot : l’empathie, précisément, ou le souci du bien-être d’autrui.

Et comme mentionné précédemment, ce comportement a été observé dans des situations inter spécifique : ainsi il a été vu, dans un zoo, une tigresse du Bengale nourrir des porcelets. Un bonobo hisser un oiseau inanimé au sommet d’un arbre pour tenter de le faire voler. Ou un chimpanzé remettre à l’eau un caneton malmené par de jeunes singes. Facebook, YouTube sont pleines de vidéo montrant des situations similaires : une chatte venir en aide à un chiot qui est tombé dans une ravine. Un chat qui aide un chien aveugle, et vise et versa. rats-empathie

Pour Darwin, la « sympathie » animale s’appuie sur des mécanismes émotionnels.3 Des souris sont plus sensibles à la douleur quand elles ont vu souffrir d’autres souris dont elles sont familières. En revanche, des processus cognitifs plus complexes entrent en jeu quand il est question de se mettre à la place de l’autre : un chimpanzé délaissera ses occupations pour venir réconforter un congénère qui connaît un problème émotionnel.

« Pendant 200 millions d’années d’évolution des mammifères, les femelles sensibles à leur progéniture se reproduisirent davantage que les femelles froides et distantes. Il s’est sûrement exercé une incroyable pression de sélection sur cette sensibilité« 4, écrit Frans de Waal. Une explication éthologique pour expliquer pourquoi les mammifères, dont les petits, allaités, seraient les plus doués d’empathie. Et les femelles davantage que les mâles. Cependant il est encore beaucoup à découvrir sur la question, car l’empathie inter spécifique ne s’appuie pas sur cette théorie.

Frans de Waal rappelle que, comme pour les autres animaux, « il existe chez l’homme un penchant naturel à la compétition et à l’agressivité ». Et l’empathie humaine n’est pas toujours vertueuse, c’est sur la capacité à ressentir les émotions de l’autre que va aussi se fonder la cruauté et la torture, dont seul l’être humain est capable.

Corine Gomez – Comportementaliste

  1. Frans de Waal – L’âge de l’empathie : Leçons de nature pour une société plus apaisée [« The Age of Empathy:Nature’s Lessons for a Kinder Society »], Éditions Les Liens qui libèrent, 2010, 330 p. (ISBN 978-2918597070)
  2. « Chimpanzee » est un documentaire américain réalisé par Mark Linfield et Alastair Fothergill en 2012
  3. Charles Darwin – L’expression des émotions chez l’hommes et les animaux – Rivages Poches
  4. Frans de Waal – L’âge de l’empathie : Leçons de nature pour une société plus apaisée [« The Age of Empathy:Nature’s Lessons for a Kinder Society »], Éditions Les Liens qui libèrent, 2010, 330 p. (ISBN 978-2918597070)

 

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Plaidoyer pour une conscience animale – Revue d’article

Article original de Dr Guillaume Sarcey et Dr Claude Beata, parue en avril 2016 dans « Comportement Animal – La revue pratique professionnelle »

L’existence d’une conscience animale est le nouveau terrain de discussion des philosophes, des éthologues, des biologistes et du législateur. Le vétérinaire comportementaliste, ou psychiatre vétérinaire, est très rarement invité à donner son avis. Il faut qu’il soit philosophe comme notre éminent confrère Philippe Devienne pour que sa voix soit entendue et nous ne pouvons que le remercier de porter une parole forte et étayée alliant la réflexion et la pratique quotidienne.

Nous prétendons que, placés là où nous le sommes, la question de la conscience nous concerne et que nous pouvons avoir une pierre à apporter à l’édifice. Nous disons d’abord qu’il est absurde de parler de l’Animal. Cela révèle d’une vision strictement anthropocentrique qui opposerait l’Homme et le reste du monde animal, dont l’être humain serait extrait par sa propre décision. Il nous paraît souhaitable, surtout quand il s’agit de parler de conscience, de définir de façon restrictive nos interlocuteurs animaux tant les degrés de conscience peuvent être différents. Il nous semble par ailleurs primordial de ne pas oublier notre pratique professionnelle et d’irriguer notre réflexion par les sources vives de nos expériences quotidiennes. Tout en étant conscient que beaucoup d’autres espèces (perroquets, singes, dauphins, éléphants, etc.) apportent des éléments dans le faisceau de présomptions de la conscience animale, nous nous limiterons aux chiens qui sont nos interlocuteurs réguliers. Si nous reconnaissons chez eux des éléments de conscience, à partir de ce moment-là, cela nous oblige, dans nos soins, dans nos décisions, à tenir compte de cette nouvelle dimension.

LA QUESTION DE LA CONSCIENCE

Mais pourquoi cette question de la conscience suscite-telle de telles controverses ? Beaucoup, aujourd’hui encore, considèrent que la conscience est l’apanage de l’être humain et qu’introduire l’animal dans ce champ-là relève du crime de lèse-majesté. N’oublions que nous autres, malheureux humains, avons subi trois blessures narcissiques majeures : Copernic nous a révélé que notre planète n’était pas le centre de l’univers, Darwin nous a appris que l’être humain n’était pas à part dans la création mais qu’il était relié aux autres espèces par des liens étroits, Freud nous a fait renoncer à l’idée du libre arbitre. Notre inconscient nous dirige et notre champ conscient n’est que la partie émergée de l’iceberg de notre personnalité. Alors faut-il en subir une quatrième et renoncer à être les seuls sujets conscients sur cette planète ? Cette question se pose depuis très longtemps : en 1838, Charles Darwin s’interrogeait déjà sur l’existence d’une conscience animale. Il avait observé Jenny, femelle orang-outan du zoo de Londres, se mettre en colère après une farce de son gardien. Il eut l’idée de lui présenter un miroir, afin d’analyser ses réactions. Mais aujourd’hui, pouvons-nous en dire un peu plus ?

LES ÉLÉMENTS DE LA CONSCIENCE

Plusieurs éléments sont à considérer pour parler de conscience animale : les définitions théoriques, les apports des neurosciences, les expériences en éthologie.

Définitions théoriques

Selon Edelman (1), la conscience primaire est la capacité de lier des perceptions, des émotions et des éléments mémorisés et de créer des images mentales. Elle se réfère au présent et au passé remémoré sans perception réelle du passé et du futur. Elle permet de prendre conscience du monde qui nous entoure. Elle existe chez de nombreuses espèces animales. La conscience secondaire est la capacité d’avoir accès à notre histoire, d’aller au-delà de notre passé remémoré. Elle permet, par la pensée réflexive, d’être conscient d’être conscient. Elle est liée à la métacognition, aux pensées abstraites et au langage. « Le cerveau parle à lui-même » dit Edelman. La conscience primaire nait des interactions entre les structures cérébrales. La conscience secondaire nécessite la mise en jeu d’une mémoire biographique.
Les nouvelles théories évoquent comme base de la conscience des groupes de neurones, spatialement dispersés dans de nombreuses aires cérébrales et interconnectés. Ils constituent un Espace de Travail Global (Baars (2) ) Toutes les structures impliquées existent chez nos carnivores domestiques et rien ne permet de les exclure de ces définitions.

Apport des neurosciences

Les progrès en neuroscience ont permis d’étayer les travaux d’Edelman et de Baars. Les échanges d’information synchronisés à partir d’aires cérébrales distantes sont mis en évidence par les techniques récentes. Les potentiels évoqués cognitifs ont été utilisés chez le cheval et ont démontré des marqueurs de conscience. Aujourd’hui, plusieurs équipes ont réussi à faire accepter des IRM fonctionnelles à des chiens. L’équipe d’Adam Miklosi (3) a pu ainsi démontrer chez le chien l’existence de zones destinées à reconnaître des émissions vocales de leur propre espèce mais aussi d’une espèce partenaire comme les humains en attribuant de façon correcte une valence émotionnelle à ces émissions sonores. Quant aux travaux de Gregory Berns (4), toujours en IRM fonctionnelle, ils ont démontré que chez le chien l’anticipation d’une récompense « allume » la même zone (noyau caudé) que chez l’être humain. En allant plus loin, ils ont montré que l’odeur qui a le plus fort pouvoir évocateur de plaisir anticipé pour le chien est celle de son être d’attachement. Ces deux expériences viennent au moins supporter une notion de conscience a minima chez le chien.

Travaux en éthologie

Certains éthologues savent poser des questions très intelligentes aux chiens ! Ils ont une façon de les considérer avec respect qui leur permet d’imaginer des expériences subtiles. Des tests sont réalisés chez le chien par Range (5) en 2007. Les résultats montrent que les chiens réalisent une imitation sélective, dépendant des contraintes contextuelles. Ces capacités ne peuvent être expliquées par des processus non-mentaux (facilitation sociale et renforcement de stimuli). Ces résultats abondent dans le sens d’une métacognition au moins rudimentaire chez le chien. Un individu a une théorie de l’esprit s’il dispose de concepts tels que croire, savoir, connaître, vouloir et voir et qu’ils les utilisent pour prédire et expliquer des comportements. Ainsi, un animal possédant cette forme de conscience croit que les états mentaux jouent un rôle dans la survenue des comportements. Il déduit les états mentaux d’autres individus en observant leur apparence et leurs actions dans diverses circonstances. Cela a abondamment été montré chez le singe. Chez le chien, l’équipe de Miklosi, encore, réalise en 2006 un test d’attribution de connaissance. L’objectif est de déterminer si des enfants de moins de 3 ans et des chiens adultes attribuent ou non à une personne la connaissance d’un fait. Les chiens, comme les enfants, donnent significativement plus d’indications au joueur, lorsque ce dernier ne sait pas où le jouet se trouve. Selon toute vraisemblance, les chiens savent quand le joueur ne sait pas où est caché l’objet. Voir et savoir est un des éléments de la théorie de l’esprit.

CONCLUSION EN FORME DE QUESTIONS

Les quelques travaux présentés démontrent l’existence d’une conscience chez les chiens qui possèdent de réelles aptitudes à développer une théorie de l’esprit. Il est probable que le chien ne maintient pas en permanence un niveau de conscience élevée, car ce processus nécessite beaucoup d’énergie. Mais, sommes-nous toujours réellement conscients, lorsque nous conduisons une voiture ou laçons nos chaussures ? Au-delà de cette démonstration, il reste toujours une question fondamentale : pourquoi nous posons-nous cette question de la conscience ? Au-delà de la blessure narcissique évoquée, quel est le risque d’attribuer une conscience à un animal comme le chien ? Des raisons philosophiques ou religieuses empêchent certains de pouvoir accueillir l’animal dans la communauté de la conscience, même si elle leur est propre, même si ce n’est pas celle d’un humain. Nous postulons qu’il y a plus à gagner, y compris dans notre exercice professionnel quotidien, à considérer que les animaux que nous soignons sont des êtres doués de conscience.

Auteurs: Dr Guillaume Sarcey & Dr Claude Beata
Le 12 mars dernier, l’association Zoopsy a consacré une journée de réflexion au thème de la conscience animale avec trois intervenants, dont un psychiatre évolutionniste Stéphane Mouchabac (CHU St-Antoine, Paris)

1) Gérald Edelman, prix Nobel de médecine, Ex Directeur de l’institut de neuroscience à La Jolla en Californie, décédé en 2014
2) Bernard Baars, psychologue cognitiviste américain, chercheur à l’institut de neuroscience à La Jolla en Californie.
3) Ádám Miklósi, éthologue, PhD Eötvös Lóránd University, Department of Ethology Budapest, Hungary
4) Gregory Berns, professeur de Neuroéconomie, PhD, Center for Neuropolicy, Emory University, Atlanta, Georgia
5) Friedreike Range, éthologue, PhD, Clever Dog Lab, Messerli Research Institute Vienne, Autriche
Comportement Animal – revue pratique professionnelle – Vol 15, 2016 http://www.comportementanimal.fr

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Emotions animales : Je ressens donc j’existe

Est-il utile de rappeler que nous, humains, nous sommes aussi des animaux ? Nous faisons partie de la classe des mammifères, et plus précisément, mammifères terrestres. S’il n’y a plus de doutes sur le fait que les animaux humains (c’est-à-dire les humains), ressentent des émotions et des sentiments, l’éthologie cognitive (branche scientifique qui étudie l’esprit des animaux) s’est posée la question concernant les animaux non-humains : ont-ils des émotions ? De quelle palette de sentiments sont-ils pourvus ?

Durant ces 40 dernières années, psychologues, éthologues, neuroscientifiques, zoologues, primatologues et autres scientifiques ont mis en exergue le fait que de nombreux animaux manifestent leurs émotions ouvertement, sans pudeur. Ainsi si nous prêtons un peu plus attention au monde qui nous entoure, nous serons surpris de voir ce déballage de sentiments. Chacun d’entre nous a été le témoin, un jour ou l’autre, d’une de ces démonstrations de sentiments. Nous pouvons tous raconter une anecdote qui relaterait d’émotions animales. Mais s’agit-il vraiment de sentiments ? Certains pourraient en douter. Ne s’agit-il pas de comportements conditionnés. Des scientifiques adeptes du behaviourisme ont longtemps soutenu cette théorie : les animaux n’éprouvent aucun sentiment, ils n’ont aucune souffrance psychologique et se s’appesantissent pas pour la perte d’un congénère. Mais les travaux en éthologie cognitive ont remis ces théories en question. Et il a fallu admettre que bon nombre d’animaux (je dis bon nombre, car il persiste des doutes concernant les insectes) éprouvent des sentiments, tels que la joie, le chagrin, la colère, la jalousie, et que nous sommes en mesure de les comprendre. Cette compréhension nous a aussi permis de communiquer avec eux et de prendre leurs émotions en considération pour modifier notre façon d’agir.
Certains septiques pourront toujours dire que tout cela n’est que foutaise. Soit, à cela je réponds que leur doute ne leur sert que pour leur donner bonne conscience, car sinon comment pourraient-ils continuer à agir en toute impunité .

Je pense donc je suis

Pour affirmer que les animaux non-humains ont des sentiments, il faudrait pouvoir prouver qu’ils ont des similitudes cognitives avec nous, les animaux humains. Que leur comportement ne serait pas dicté par les besoins primaires ou génétiques, mais par un système cognitif élaboré, une pensée, une réflexion, un raisonnement, une adaptation, un système de communication, un décodage, une transmission, un souhait de transmette et d’éduquer et de progresser. En bref que leur comportement serait basé sur ces qualités que nous, humains, possédons et qui nous poussent à nous comporter comme nous le faisons.
René Descartes avançait dans le Discours de la méthode « le plus grand de tous les préjugés de notre enfance, c’est de croire que les bêtes pensent. ». Pour lui, les animaux n’ont pas moins de raison que l’humain ; ils n’en ont pas du tout. Pour Descartes, comme pour Malebranche (1649-1658), les animaux sont privés de toute raison et de toutes émotions. Les animaux ne sont rien d’autres que des objets mouvants au service des humains. Pour les philosophes du XVII, les animaux agissent sans conscience. La médecine moderne apportera son éclairage sur ce point, et montrera que les animaux non-humains ont une conscience et sont conscient de leur environnement, et de l’impact de leurs agissements.
Des études en neurosciences mettent en évidence dans le cortex frontal médian des singes, l’existence de neurones impliquées dans la sélection d’actions visant un objectif. Ils sont capables d’anticiper les conséquences de leurs actes, et peuvent faire un choix.(1)
Les animaux ressentent un large éventail d’émotions, notamment les 6 émotions universelles de Darwin : la colère, le contentement, la tristesse, le dégout, la peur et la surprise. Certaines sont plus subtiles dans leur expression, quant à d’autres elles sont bien souvent exprimées à leur paroxysme. Lorsque votre chien est content, vous ne pouvez pas passer à côté ! l’expression de son contentement s’écrit avec un grand C. Quand il est peiné, c’est une Peine majuscule.
Quand on y prend garde, les animaux manifestent leurs émotions à l’état brut, sans chichi et aussi un réel appétit de vivre.
Ceci étant, toutes les espèces animales n’expriment pas leurs sentiments de la même façon. De même que 2 chiens, 2 chats ou 2 chimpanzés ne ressentent pas et n’expriment pas leurs émotions de façons similaires. Des recherches ont montré que chaque individu possède une « personnalité » propre, tout comme les humains.(2)

Vois-moi : un seul regard suffit

loup-regardLes yeux, chez les humains comme chez de nombreuses espèces animales, reflètent les sentiments et traduisent les émotions. Doug Smith, directeur du projet Yellowstone dans les années 2000, pour la réintroduction des loups a écrit un article concernant l’échange de regards qu’il a eu avec une louve surnommée Five. Il écrit « la dernière fois que j’ai regardé Five dans les yeux, (…) elle laissait derrière elle un élan que sa meute avait tué. (…) Nous la survolions ; comme d’habitude, elle a levé les yeux vers nous. Mais le regard qu’elle m’adressa avait changé. Plonger ses yeux dans ceux d’un loup sauvage, c’est l’un des rêves les plus fous des amoureux de la nature ; selon certain, on y découvre l’état sauvage dans toute sa pureté et son intégrité. (…) Ce jour-là, quelque chose avait disparu dans le regard de Five : elle avait l’air inquiète. Jusqu’alors, ses yeux avaient toujours brillé d’une lueur de défi. »(3)

Je suis persuadée que là encore, nous avons tous vu dans les yeux de notre chien, notre chat, des expressions fortes, vraies et sans faux semblant. Il reste dans mon esprit, le regard de mon vieux chien, un regard plein de lourdeur des années passées, plein de fatigue et aussi de douleur. Une tumeur, qui avait fini par ronger sournoisement une partie de son cerveau, lui provoquait des crises, semblable, à de l’épilepsie. Tricky, mon Basenji de 14 ans, n’était plus que l’ombre de lui-même. Il avait perdu 4 kilos en 2 mois, et semblait me dire inlassablement « Je suis fatigué. Tout me pèse. Je reste pour toi, mais tu veux bien m’aider maintenant ? ». Le jour où nous sommes partis faire notre dernière promenade, j’ai vu dans son regard de la gratitude. Quand il s’est allongé sur la table du vétérinaire et que je soutenais sa tête, ses yeux n’exprimaient plus cette souffrance, qui était inscrite sur son visage depuis des semaines. Il était prêt et serein. Il allait enfin être libéré. Je l’ai vu dans ses yeux, quand les miens, humides, lui disaient adieu. Un animal peut avoir un regard stoïque, mais lorsqu’il a besoin d’aide, se yeux nous disent parfois tout ce qu’il nous faut savoir.

Apprends à me lire, me ressentir et me comprendre

Les émotions chez les animaux non-humains sont parfois aussi faciles à lire et à comprendre que chez les animaux humains. Chez les animaux, il n’y a pas de filtre, pas de sous-entendu. Tout est clair, net. Leurs yeux, leurs oreilles, leurs odeurs transmet leurs émotions. Comprendre le comportement d’un animal et être témoin de ses émotions sont 2 choses différentes. On peut tout à fait identifier la joie de notre chien sans pour autant analyser le pourquoi et sa sémiologie. Quand 2 chiens jouent, il est aisé de savoir qu’ils sont contents. Interpréter leurs interactions et décrypter les comportements complexes de la séquence, est autre chose. Cela demande des connaissances, une expérience et un œil entrainé.

Chimpanzee-05.jpg
Mais le profane, l’amoureux des animaux, les compagnons de cœur reconnaissent les émotions basiques. Il suffit de les regarder, de les écouter, de les sentir. Tout chez eux nous traduit leurs émotions. L’expression de leur visage, la taille des yeux, la posture, l’allure, le regard, les vocalisations, l’odeur (phéromones) sont des signes de réponses émotionnelles. Il n’est pas nécessaire d’être pleinement conscient, il suffit juste d’observer et de laisser notre intuition faire le reste. Nous sommes tous à même de capter les émotions des animaux. Nul besoin d’être scientifique. Pour les scientifiques, le risque est de tomber dans de l’anthropomorphisme. Cependant tous s’accordent à dire que si nous sommes tous capables de capter les émotions des animaux, cela peut signifier deux choses :
– Soit les émotions des animaux non-humains sont plus visibles qu’on le croit,
– Soit les animaux humains ont une aptitude naturelle à voir les émotions chez les autres espèces.
Cela se pourrait-il que les 2 soient cumulables ?

L’amour des dauphins et la colère des chats

Dans son livre « The Smile of a Dolphin : remarkable Accounts of Animal Emotions » Marc Bekoff relate des anecdotes racontées par ses collègues scientifiques, sur la vie affective des animaux. Ces zoologues ont ainsi pu raconter leurs propres histoires, avec des animaux d’études auxquels ils s’étaient attachés. Il est écrit des histoires sur l’amour des dauphins, des poisson-globes, des perroquets ara et des mangoustes naines, la colère et l’agressivité des chats, des pieuvres et des corbeaux, la peine des éléphants et des rats, la joie des hyènes tachetées, la pudeur et la jalousie des primates. Tout autant d’histoires pour montrer que beaucoup d’animaux ont des sentiments variés. Ce livre a été un évènement libératoire pour ces scientifiques qui ont pu raconter leurs propres émotions à l’égard de ces animaux qu’ils étudiaient et pour lesquels, un nom avait succédé à l’habituel numéro déshumanisant.

Une éthique à déterminer

« Jusqu’à présent, notre éthique occidentale s’est cantonnée en grande partie aux relations entre les hommes. Cela reste très limité. Il nous faut une éthique universelle qui tiendra compte également des animaux. (…). La véritable éthique exclut de porter préjudice à la vie. L’heure approche où l’on s’étonnera que l’espèce humaine ait vécu si longtemps avant de le reconnaître. L’éthique, sous sa forme absolue, implique d’être responsable envers tout ce qui vit »(4)
Il va effectivement falloir mettre en évidence que les animaux non-humains qui peuplent notre planète font l’expérience quotidienne de la passion et de la souffrance. Ils connaissent l’amour et la douleur, l’indifférence et le couronnement. Notre société les traite différemment fonction de facteurs établis par nous, animaux humains. Car nous décidons de cette morale qui définit ce qui est bien et ce qui ne l’est pas, sans nous soucier de ce que l’autre ressent.
Les animaux partagent notre univers, notre société et notre foyer. Ils sont nos compagnons pour certains, et le plat de résistance pour d’autres. Ils sont aimés, puis exhibées, chassés et disséqués, soignés, enfermés, laissés libres, réduits à l’esclavage, dorlotés, exterminés.
Il viendra un temps où nous aurons honte de les avoir traités ainsi. Notre devoir est de veiller à ce que la sensibilité animale soit préservée. Ils dépendent de nous, de notre bienveillance. Nous avons pour responsabilité de veiller sur eux pour que leur souffrance diminue. C’est notre devoir, et leur droit.

« Les émotions sont un don de nos ancêtres. Nous partageons cet héritage avec les autres animaux. Ne l’oublions jamais »(5)

Corine Gomez, Comportementaliste

Remerciements à Mark Bekoff, qui a été une vraie source d’inspiration.
A Skunk, Speed et Tricky, mes compagnons, mes amis, mes confidents.

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Skunk, Bull Terrier femelle 2000-2013

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Speed, femelle Européen 1998 – 2015

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Tricky, Basenji – Male 2002 – 2016

Ref:

1- Matsumoto K. et Tanaka K. « Neuroscience. Conflict and cognitive control. », Science, vol.303, 2004, p. 969-970
2- Sam Gosling, « From Mice to Men : What can we learn about personnality from animal research » Current directions in Psychological science, 8, 1999, p. 69-75
3- Doug Smith, « Meet Five, Nice and Fourteen, Yellowstone’s Heroin Wolves », Wildlife conservations, Fev. 2005, p.33
4- Albert Schweitzer, Memoirs of Childhood and Youth, London, Allen & Unwin, 1924
5- Marc Bekoff « Les émotions des animaux » Ed. Payot et Rivage 2009