Il n’y a pas de prédisposition raciale à l’agressivité!

Le comportement agressif est un comportement complexe : il implique de très nombreuses structures nerveuses, des facteurs contextuels, des singularités individuelles dans le développement et les expériences de vie.

Les données modernes de la génétique permettent de montrer que le génome est le support d’un potentiel génétique qui s’exprime ou non selon les individus et les circonstances. Le facteur racial n’est qu’un des nombreux paramètres et ne peut en aucun cas permettre une prédiction de l’agressivité. Nous préconisons une approche de l’agressivité qui met l’accent sur les caractéristiques individuelles du chien et sur les contextes de vie.

chien-agressif

L’idée selon laquelle l’appartenance raciale serait déterminante dans le comportement agressif est exactement la simplification suggérée par les médias et les politiques, qui éludent une analyse scientifique de la question. Par réaction, la responsabilité est parfois rejetée sur les maîtres et leur présumée incompétence, voire leurs mauvaises intentions.

Aucune de ces approches simplistes et réductrices ne reflète la réalité, elles ne conduisent qu’à des démarches d’exclusion au lieu des mesures préventives adaptées. Elles peuvent conduire à un relâchement dans l’éducation de races présumées « gentilles », au risque de favoriser des accidents. Elles entrainent l’isolement social des races désignées comme dangereuses, empêchant la socialisation correcte des chiens et les rendant ainsi plus dangereux.

Ce type d’enquêtes proposées principalement dans les pays anglo-saxons sont très intéressantes, si l’on accepte de se débarrasser du préjugé racial. Elles sont riches de données sur les contextes d’agression, sur le point de vue des propriétaires sur leur animal mordeur, toutes informations qu’un observatoire recueillant des données pourra exploiter de manière rigoureuse dans la prévention des morsures.

Race dangereuse ou pas ? Voilà une bien mauvaise manière de poser le problème, les vétérinaires doivent combattre ces idées. Les politiques y ont vu une stratégie simple : une fois les coupables désignés, quelques interdictions et le problème serait réglé. Cette méthode ne fonctionne nulle part sur la planète, et la réalité amène (enfin) les décideurs à aborder le problème dans sa complexité, dans ses paramètres individuels, et à lancer une stratégie préventive. Elle est moins spectaculaire, mais nous l’espérons payante à moyen terme pour diminuer le nombre de morsures, et en particulier celles qui touchent de jeunes enfants.

Ref. Nicolas Massal – Secrétaire de Zoopsy

Voir aussi notre page « Les comportement agressifs ou d’agressivité« 

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