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Les grands carnivores: L’Union Européenne prend des mesures pour les protéger

L’Union Européenne (EU) va enfin mettre en place des mesures visant à protéger les grands carnivores dans les pays de l’Union Européenne.

Ces mesures vont permettre aux agriculteurs de recevoir une indemnisation intégrale pour tout dommage causé par des attaques d’animaux protégés tels que les lynx, les loups et les ours. Les autres dépenses, telles que l’installation de clôtures électriques ou l’acquisition de chiens de protection pour prévenir les dommages, seront également intégralement remboursées.

L’UE estime que cette initiative contribuera à protéger les grands prédateurs dans les zones où ils sont entrés en conflit avec les humains.

ours brun

Les militants de la protection animale espèrent que cela limitera le besoin de réforme.

Après plusieurs décennies de déclin, le nombre de grands carnivores comme le loup et l’ours est stable ou en augmentation dans de nombreuses régions d’Europe, souvent grâce aux efforts de conservation concentrés.
Il y a maintenant environ 17 000 ours bruns en Europe, répartis dans 22 pays. Bien qu’ils restent menacés, ils ont bien réussi à s’installer dans le nord de l’Espagne, où leur nombre a presque doublé en dix ans.

Mais le succès de la conservation augmente également les risques de conflit homme-faune.

Le nombre de loups a augmenté en Allemagne à un point tel que les animaux errent maintenant aux Pays-Bas où ils ont été associés à une augmentation des attaques sur les moutons.

Bien que ces carnivores sauvages soient protégés par la loi dans la plupart des pays, cela n’a pas empêché les agriculteurs de prendre les armes lorsque leurs animaux domestiques ont été attaqués.

Ce conflit est devenu un problème important dans certains pays. En France, environ 10.000 moutons ont été tués dans des attaques de loups, selon les éleveurs, en 2016. Le  gouvernement a versé une indemnité de quelque 3,2 millions d’euros.

À présent, l’UE espère qu’en assouplissant les règles de remboursement des dommages causés par les carnivores, elle réduira la nécessité pour les éleveurs – agriculteurs de tuer ces espèces menacées.

En vertu du nouvel arrangement, les États membres seront en mesure d’indemniser intégralement les agriculteurs pour les dommages causés par les loups et les ours. Les agriculteurs auront également droit à une indemnité pour la construction de clôtures électriques et l’achat de chiens de protection (type Montagne des Pyrénées,…).
Les dépenses indirectes, y compris les factures vétérinaires pour le traitement des moutons et des bovins blessés, ainsi que les coûts liés à la recherche des animaux disparus, seront également entièrement prises en charge.

Les militants des droits des animaux ont bien accueilli cette initiative.

« Cela enlève une excuse pour tuer les animaux du fait que l’on peut prendre des mesures préventives afin de réduire, voire éliminer complètement la menace », a déclaré le Dr Jo Swabe de Humane Society International. « Nous espérons que cela fera une différence sur le terrain. »

Les gouvernements allemand et français ont exercé beaucoup de pression pour permettre l’abattage des loups comme moyen de protection du bétail domestique. Et certains ont dit craindre que les humains ne soient également attaqués.

« Vous avez essentiellement des politiciens alarmistes qui disent que nous devons avoir cette option, car il peut parfois s’agir d’un enfant attaqué », a déclaré le Dr Swabe.
« Mais si vous regardez le comportement du loup, il est très peu probable qu’un enfant soit jamais attaqué. Ils ont plus à craindre de nous que nous en avons. »

Bien que l’UE ait sanctionné l’augmentation des paiements versés aux agriculteurs dans l’espoir que cela puisse réduire le besoin de réforme, les gouvernements n’ont pas toujours fourni l’argent nécessaire.

Affaire à suivre…

Corine Gomez
Comportementaliste

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« Les Emotions Animales » : le 18 Novembre 2018 à Villeneuve Loubet

Le Centre Kami organise la première conférence sur « Les Emotions Animales », le 18 Novembre 2018, dans la salle Irène Kenin du Pôle Culturel Auguste Escoffier à Villeneuve Loubet (06270, dans les Alpes Maritimes), en partenariat avec la Ville de Villeneuve Loubet.

L’objectif de cette conférence, est de discuter avec l’auditoire, des 5 émotions de base, que tous les mammifères sont capables de ressentir , comme décrite par Charles Darwin, il y a 150 ans en arrière : la joie, la colère, la tristesse, la peur, la surprise et le dégoût.

Si la plupart des scientifiques s’accordent à reconnaître que les animaux sont pourvus d’émotions, il est important que professionnels des métiers animaliers et propriétaires d’animaux soient informer sur le fonctionnement émotionnel et cognitif des animaux, et les méthodes thérapeutiques, pouvant les aider dans leurs relations avec les animaux. Divers intervenants, experts du monde animal, viendront partager leur expérience des émotions animales.

Portraits des intervenants

yolaine de la bigneYolaine de La Bigne :  journaliste française de presse écrite et de radio. Elle est également l’auteur de plusieurs livres. Sensibilisée à la nature, elle prend réellement conscience de l’urgence d’agir et se lance dans diverses actions pour défendre l’environnement : replanter des haies bocagères, tenir la page « Ecolo-J » dans le magazine Jonas (2001), écrire des chroniques radio « Les bonnes nouvelles de l’environnement » pour Nature et Découvertes diffusées sur une centaine de radio-locales (2006), créer la Fêt Nat’ (dès 2006 : fête de la nature et de l’écologie sur Paris avec défilés de mode, ateliers de recyclage, spectacle…), un événement qui lui vaut d’être Femme en or 2007…  Elle publie L’Agenda vert 2009 chez Arthaud et lance en 2007 le premier gratuit sur l’environnement, Néoplanète (qui paraît jusqu’en 2014), avec un site et une web-radio. Elle fonde en août 2016 « L’Université d’été de l’animal », qui a pour objectif de réunir chaque année les meilleurs spécialistes de l’intelligence animale et de communiquer leurs découvertes au grand public.

Quelques publications :

  • Quelle époque épique, éditions Hors Collection, 1993
  • L’Agenda vert, éditions Flammarion, 2008
  • Le bon sens, c’est le bonheur ! éditions La Martinière, 2010
  • L’animal est-il l’avenir de l’homme ? L’intelligence animale par les plus grands experts (dir. d’ouvrage), Éditions Larousse, 2017 (ISBN 978-2-03-593076-7)

Joy fromentalJoy Fromental : aventurière de la vie, dont tous les actes et les chemins vont vers le mieux-être des êtres vivants et de la nature. Après avoir apporté son soutien à différentes ONGs et associations humanitaires entre l’Europe et l’Amérique latine, Joy a décidé de développer ses sens et son savoir en découvrant la pranathérapie : une méthode de soins qui permet de soulager les troubles physiques et émotionnels grâce à l’énergie du Cœur, et la Déprogrammation : passer par l’inconscient, pour changer les croyances et redevenir qui nous sommes vraiment au plus profond de nous.
Joy a multiplié des rencontres qui l’ont conduite à « réveiller » ses capacités naturelles à communiquer avec les animaux. Aujourd’hui Joy se risque à s’élever et ouvrir son esprit xà d’autres approches thérapeutiques, et d’autres techniques de guérisons.from joy-logo-high-res

Elle communique et rencontre des animaux -plus ou moins- sauvages et écoute leurs messages pour ensuite transmettre et partager !
Présidente de L’association From Joy to Animals, Nature, Earth (FJANE)

miaMia Berggreen Nielsen : Photographe animalière française qui photographie les chevaux et les hommes en communion. Fascinée par les animaux depuis toujours, Mia consacre sa vie à les magnifier à travers son objectif. Ses photos parlent de l’authenticité, et de la beauté animale vraie. L’instant saisi, la lumière spéciale, le pas des chevaux… on pourrait presque sentir la poussière… Mia est une artiste qui raconte la vérité sur cette relation étroite qu’entretienne l’homme et l’animal.

nathalie schindelmanNathalie Schindelman : Fondatrice de ViA’nimaux et intervenante professionnelle diplômée en médiation animale. Intervenante en Médiation Animale », Nathalie Schindelman suit un cycle de formation Management de projets option Zoothérapie, ainsi qu’une formation organisée par Medianimal : le chien en zoothérapie (mai 2016)

Ses publications :

  • Moi, animal, 200 gr, JE PEUX VOUS AIDER, en 2017

Programme :

09h00 : Ouvertures des portes
09h30-09h45 : Monsieur le Maire, Lionel Luca, Discours d’inauguration
09h45 – 10h00 : Présentation d’ouverture
10h00 – 10h45 : La médiation animale : Passeur d’émotions, Nathalie Schindelman 
11h15 – 12h00 : La communication animale ou l’éveil à la sensibilité des animaux, Joy Fromental 
14h00 – 14h45 : Les émotions des animaux à travers l’objectif, Mia Berggreen Nielsen 
15h15 – 16h15 : L’intelligence animale, Yolaine de la Bigne 
16h30 – 17h00 : Discours de clôture

A qui s’adresse cette conférence :

Cette conférence s’adresse à tout public : adultes, enfants, professionnels, particuliers,… Elle sera une opportunité d’éclairer sur la perception que nous avons des émotions animales et ce qu’il en est. Les intervenants nous livreront une ouverture sur :

  • la sensibilisation et la conscience des émotions et des capacités cognitives des animaux.
  • la réflexion pour modifier nos façons d’interagir avec les animaux, pour le bien-être des animaux humains et non-humains.
  • une nouvelle vision et considération pour vivre de façon plus harmonieuse en renforçant les liens avec notre environnement.

Pour les enfants… et les grands enfants aussi !

Tout au long de la journée, des ateliers coloriages et « Découverte de l’animal » seront au rendez-vous sur le stand de l’association « Les Patounes ».

Les enfants pourront rencontrer Nathie de l’association et aussi Nini, son adorable chienne et ses lapins. Nini et les lapins adorent être caresser et brosser.

Dans l’après midi, Claire de « Poils et Plume », expliquera comment il faut s’occuper d’un animal domestique peu et mal connu : le furet !

Victoria de l’association « Pawsitiv’Alie » fera une démonstration d’obérythmée avec son berger australien Alie, à 11:00 et une seconde à 15:00 !

Les partenaires, sans qui rien n’auraient été possible:

L’association Pawsitiv.AliePawsitiv'Alie
Association Les Patounes L’association From Joy to Animals,Nature, Earth 

Poils et plumes Poils et Plumes 06 L’atelier du foumilier
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La leçons des animaux sur le leadership féminin

Une nouvelle étude majeure indique les raisons pour lesquelles les femmes ne le font pas, mais pourraient le diriger.

Revue d’articles – Dr. Mark Bekoff

« Malgré de nombreux efforts pour réduire l’écart entre les sexes dans les postes de direction, les femmes restent universellement sous-représentées à ces postes dans pratiquement toutes les disciplines, y compris les sciences, la politique et les grosses entreprises. Nous étions donc intéressés par une approche non traditionnelle du phénomène en cherchant des indices dans les sociétés d’animaux non humains « .

« Nous avons beaucoup à apprendre des manières fascinantes par lesquelles la sélection naturelle a favorisé les traits de comportement des animaux non humains. En étudiant les mammifères non humains où la femelle règne, nous pourrons mieux comprendre les secrets de la destruction du plafond de verre. »

La biologiste Jennifer Smith et ses collègues, biologistes au Mills College, ont récemment publié un article de recherche intitulé « Obstacles et opportunités pour le leadership féminin dans les sociétés de mammifères : perspective comparative« . Un court résumé de cette étude avait été publié dans un article de New Scientist intitulé « Les 7 mammifères non humains où les femelles font la loi« . Dr Smith a accepté d’être interrogé au sujet de cette étude détaillée basée sur des données, qui « élucide les obstacles au leadership féminin, mais révèle également que les opérationnalisations traditionnelles du leadership sont elles-mêmes biaisées par les hommes ».

Pourquoi vous et vos collègues avez-vous mené les recherches sur le leadership féminin dans les sociétés de mammifères non humaines ? Quelle est l’importance de la perspective comparative pour ceux qui ne savent pas ce que cela implique ?

« … en étudiant les schémas comportementaux des animaux vivants aujourd’hui, nous espérions comprendre l’émergence de dirigeantes dans un cadre évolutif comparatif afin de donner un aperçu de la valeur ainsi que des obstacles historiques potentiels au leadership féminin au cours de millions d’années de lignée de mammifères. « 

Malgré de nombreux efforts pour réduire l’écart entre les sexes dans les postes de direction, les femmes restent universellement sous-représentées aux postes de direction dans presque toutes les disciplines, y compris les sciences, la politique et les affaires. Nous étions donc intéressés par une approche non traditionnelle de la compréhension de ce phénomène en recherchant des indices dans les sociétés d’animaux non humains. La sélection naturelle étant censée favoriser les solutions permettant aux individus de réussir dans leurs conditions écologiques, nous nous attendions à découvrir les règles qui régissent les sociétés qui promeuvent et se développent grâce aux fortes dirigeantes. Ainsi, en étudiant les schémas comportementaux des animaux vivants aujourd’hui, nous espérions comprendre l’émergence de dirigeantes dans un cadre comparatif d’évolution pour donner un aperçu de la valeur ainsi que des barrières historiques potentielles au leadership féminin pendant des millions d’années à travers la lignée des mammifères.

Comment avez-vous collecté et analysé les données ?

Nous avons examiné les données de 76 espèces sociales de mammifères bien étudiés pour lesquelles les modèles de leadership sont compris dans quatre contextes dans lesquels le leadership est exercé: mouvement, acquisition de nourriture, médiation au sein d’un groupe et interactions entre groupes. Dans une étude précédente intitulée « Le leadership dans les sociétés de mammifères: émergence, distribution, pouvoir et gains« , nous avons identifié ces quatre domaines comme étant importants pour les sociétés de mammifères humains et non humains, définissant les dirigeants comme des individus qui exercent une influence disproportionnée sur les sociétés et les comportements collectifs des membres du groupe. Dans la présente étude, nous avons identifié les espèces pour lesquelles les femelles mènent aux conflits plus souvent que les mâles, dans au moins deux de ces contextes majeurs. Nous avons utilisé cette définition stricte des espèces avec un fort leadership féminin pour en savoir plus sur les cas pour lesquels le leadership féminin est la norme.

Quelles sont vos principales découvertes sur les non-humains dans lesquels le leadership féminin se produit ?

Sur la base de notre définition stricte de « dirigeantes fortes», nous avons constaté que le leadership à prédominance féminine est généralement rare chez les mammifères sociaux, mais qu’il est omniprésent dans la vie des épaulards, des lions, des hyènes tachetées, des bonobos, des lémurs et des éléphants. Les leaders émergent sans contrainte et les suiveurs bénéficient du soutien social et / ou des connaissances écologiques des femelles plus âgées.

mammals females

Groupe sociaux de mammifères non humain dans lesquelles, les femelles sont des dirigeantes fortes. Source: Jennifer Smith; ces photos sont du domaine public sous la licence Creative Commons (voir note 1)

Dans votre essai, vous notez sept observations qui pourraient être pertinentes pour les humains. Pouvez-vous expliquer brièvement chacun ?

  1. Les femelles dirigeantes ont émergé, le plus souvent, au sein de familles et de petits groupes égalitaires, comme chez les lions et les éléphants. Cela se produit souvent lorsque les femelles adultes sont suivies par leur progéniture dépendante. Bien que le simple fait de se déplacer d’un endroit à l’autre, ait souvent été considéré comme un processus trivial, les femelles jouent un rôle essentiel pour éloigner ces petits groupes du danger et les amener à se nourrir, deux éléments indispensables à la survie. Ce n’est qu’un exemple des nombreuses façons dont les mammifères femelles influent sur les résultats sociétaux d’une manière importante qui est souvent négligée ou sous-estimée de toute autre manière lorsqu’elle est considérée dans le cadre des opérations traditionnelles du leadership humain.
  1. Il est plus probable que des dirigeantes fortes émergent lorsque les femelles forment des unités coopératives, comme c’est le cas chez les bonobos et les hyènes tachetées. Cette tendance a des implications évidentes car elle suggère que les femelles ont plus de chances d’être des leaders efficaces lorsqu’elles forment des coalitions solides au sein de leurs réseaux sociaux. Les femmes pourraient tirer profit de l’utilisation des médias sociaux et de coalitions pour former de solides alliances semblables au réseau masculins pour les hommes.
  1. Les femelles aînées servent souvent de dépositaire important de connaissances, amenant les membres du groupe vers des sources de nourriture importantes et loin du danger. Chez les orques et les éléphants, on associe leur longue durée de vie et les groupes composés de plusieurs générations d’individus appartenant à la lignée féminine, y compris des femelles post-reproductrices disposant de vastes connaissances.
  1. Des dirigeantes fortes semblent plus susceptibles d’apparaître dans des espèces pour lesquelles la gestion des conflits au sein de groupes est d’une importance vitale, comme cela se produit chez les hyènes tachetées. Cela suggère un créneau pour les femmes en tant que dirigeantes d’organisations nécessitant une médiation des conflits au sein et entre les groupes.
  1. De nombreuses espèces de mammifères caractérisées par un fort leadership féminin s’éloignent du schéma typique des mammifères, de sorte que les femelles sont légèrement plus grandes et plus fortes que les mâles, soit seules, soit en unissant leurs forces, soit les deux. Les hyènes tachetées, par exemple, sont physiquement plus grandes que les mâles. Les lémurs femelles et mâles ont la même taille. En revanche, les bonobos doivent unir leurs forces à celles des autres femelles pour surmonter leur taille inférieure à celle des mâles. Avec les nouvelles technologies, les humains sont en mesure de surmonter ces obstacles physiques grâce aux coalitions virtuelles et physiques qui mobilisent et responsabilisent les femmes pour les aider à surmonter ces obstacles potentiels.
  1. Certains traits observés chez les mammifères dotés de modèles de leadership important, tels que le manque de parité au sein de groupes humains, ne peuvent probablement pas expliquer le peu de dirigeantes chez l’espèce humaine. Nous (humains) partageons 99% de nos gènes avec des bonobos et des chimpanzés. Bien que les deux espèces ressemblent aux humains en ce sens qu’elles présentent également des schémas d’enclin préjudiciable envers les femelles, seuls les bonobos ont un leadership féminin fort.

 

  • Notre examen a des implications pratiques pour le leadership des femmes dans les affaires et la politique modernes. Cela suggère que certains facteurs peuvent être en partie le résultat de différences de genres et évolutives dans le physique et le comportement, mais aussi que les humains ont le potentiel de surmonter ces obstacles.

Vous notez également que les « obstacles évolutifs » possibles au leadership féminin chez l’humain e ne sont pas insurmontables. Que sont ces obstacles et comment peuvent être surmontés ? « Notre analyse comparative montre que plusieurs obstacles au leadership des femmes sont profondément ancrés dans l’histoire évolutive des mammifères, mais qu’il existe de nombreuses possibilités de leadership féminin, y compris celles qui existent déjà, et qui sont souvent ignorés dans les définitions opérationnelles du leadership. « 

Dans cet article, nous déclarons qu’« en tant qu’espèce culturelle, nous sommes capables de choisir notre propre avenir, de nous débarrasser – si nous voulons – de plafonds et de pyramides de verre et de créer les types de structures sociales permettant aux organisations de tirer profit de « l’avantage du leadership féminin ». La notion que les traditions culturelles de l’homme peuvent façonner les opportunités pour le leadership féminin est très excitante et offre un sentiment d’optimisme.

Que voyez-vous comme projets de recherche futurs importants sur ce sujet très important ?

Les étapes importantes de cette recherche consistent à communiquer nos résultats à un large public afin que d’autres puissent en apprendre davantage sur la « nature » du leadership. Nous travaillons actuellement à élargir le champ de cette recherche – pour inclure plus d’informations sur différentes espèces – et pour l’insérer dans un cadre quantitatif afin de démêler les effets de l’histoire de l’évolution et des facteurs écologiques actuels sur l’apparition de fortes dirigeantes au sein de sociétés de mammifères.

Y a-t-il autre chose à dire aux lecteurs ?

Nous avons beaucoup à apprendre des manières fascinantes dont la sélection naturelle a favorisé les traits comportementaux des animaux non-humains. En étudiant les mammifères non-humains, où la femelle règne, nous pouvons mieux comprendre les secrets de la destruction du plafond de verre. En tant qu’humains, nous possédons la capacité de choisir nos façons de vivre, de diriger et d’aider les autres. Nous pouvons mettre en œuvre des apprentissages que nous considérons comme utiles, et rejeter ceux qui ne le sont pas. Notre étude suggère que nous pourrions tirer parti de la création de réseaux de soutien, de l’acquisition des compétences des femmes expérimentées de nos communautés, et de la gestion efficace des conflits. Reconnaître qu’il s’agit du premier pas vers la promotion d’une société plus équitable dans laquelle les femmes sont accueillies et soutenues en tant que dirigeantes. Notre étude suggère que non seulement c’est une chose morale à faire, mais que soutenir l’émergence de femmes en tant que dirigeantes profitera à la société dans son ensemble.

Pour conclure :

Cette étude sera un classique dans le domaine et nous espérons que son lectorat sera large, non seulement parmi les universitaires, mais aussi parmi les personnes extérieures au domaine de la biologie, en particulier celles occupant des postes qui pourraient être utilisés pour équilibrer la parité hommes-femmes parmi les dirigeants. Les sept raisons qui ont été évoquées, expliquent pourquoi cette étude sur les non-humains est pertinente pour les humains. Elles peuvent certainement servir de rampe de lancement dont bénéficieront les femmes dans de nombreux domaines différents.
Note 1: Les sociétés mammifères non humaines pour lesquelles les femelles émergent en tant que leaders puissants lors de comportements collectifs dans de multiples contextes incluent: A) les épaulards (Orcinus orca), B) les lions d’Afrique (Panthera leo; photo de Greg Willis via Wikimedia / CC BY-SA 2.5) , C) hyènes tachetées (Crocuta crocuta; photo de David S. Green), D) bonobos (pan panusus; photo de Pierre Fidenci via Wikimedia / CC BY-SA 2.5), E) lémuriens à volants en noir et blanc (Varecia variegata Photo de Charles J. Sharp via Wikimedia / CC BY-SA 3.0), F) Lémur catta (Lemur catta; Photo de David Deniss via Wikimedia / CC BY-SA 3.0), G) Éléphants de brousse (Loxodonta africana; Photo par Amoghavarsha via Wikimedia / CC BY-SA 3.0), H) Éléphants d’Asie (Elephas maximus; Photo par Steve Evans via Wikimedia / CC BY-SA 2.0). Toutes les photos sont du domaine public sous la licence Creative Commons, à l’exception de celles utilisées avec l’autorisation de David S. Green

Mark Bekoff – Lessons from Animals About Barriers to Female Leadership – Posted Oct 09, 2018

References

Smith, Jennifer E., Chelsea A. Ortiz, Madison T. Buhbe, and Mark van Vugt. 2018. Obstacles and opportunities for female leadership in mammalian societies: A comparative perspectiveThe Leadership Quarterly.

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La Dysplasie du chien

Qu’est-ce que la dysplasie du chien ?

Le mot « dysplasie » signifie « anomalie du développement ». Les articulations chez le chien sont composées d’au moins deux os qui s’emboîtent parfaitement, pour former l’articulation. Lorsque ces os ne s’emboîtent pas normalement, en raison d’une malformation, d’une fracture ou d’une hyperlaxité ligamentaire, il y a une incongruence articulaire aussi appelée dysplasie articulaire. La malformation articulaire se produit pendant le développement, c’est-à-dire en période de croissance du chien.

La dysplasie du chien vise trois articulations en particulier :

  • La hanche, entre la tête du fémur et l’acetabulum du bassin (articulation coxofémorale).
  • L’épaule entre la scapula (ou omoplate) et la tête de l’humérus
  • Le coude entre l’humérus et le radius et l’ulna

La malformation va entraîner une déformation progressive de la cavité de l’os. Avec le temps, les os se frottent et abîment le tissu cartilagineux, qui produit le liquide synovial. La dysplasie génère de l’arthrose, douloureuse et invalidante pour le chien et des inflammations à répétition pour le chien.

Les causes de la dysplasie

La dysplasie du chien touche principalement les chiots de races moyennes, de grandes races, et de races géantes, tels que le labrador, le golden retriever, le berger allemand, le rottweiler, le dogue allemand, le bouvier bernois, le St Bernard, le Bobtail, … (liste non exhaustive – les petits chiens et chats peuvent être touchés aussi).

L’affection est liée à des anomalies sur de nombreux gènes, ce qui la rend difficile à éradiquer par la sélection génétique pratiquée par les éleveurs. Cependant des facteurs environnementaux comme le surpoids durant le jeune âge, l’excès d’exercice chez le chiot, une alimentation mal adaptée et trop riche, des traumatismes articulaires provoqués par des chutes répétées, peuvent favoriser l’expression clinique chez des animaux génétiquement atteints.

Cela sous-entend qu’il est donc possible de prévenir l’apparition d’une dysplasie en prodiguant une alimentation équilibrée et de bonne qualité au chien, adaptée à son âge et à sa race et en ménageant les chiots pendant leur période de croissance. Il faut en effet éviter de leur faire pratiquer des activités physiques intensives, trop longues ou avec risque d’impact.

Les symptômes de la dysplasie

Certains signes sont présents cliniquement dès que le chiot atteint 4 ou 6 semaines. Le plus souvent la maladie est diagnostiquée entre 6 et 12 mois. Cependant, un très jeune chiot peut être handicapé très tôt et d’autres chiens peuvent ne pas présenter de signes cliniques avant 1 à 2 ans. Certains chiens ne présentent ni douleur ni boiterie avant 6 à 10 ans.

Les symptômes sont les suivants :

  • boiterie postérieure
  • manque de coordination sur les postérieurs
  • réticence à courir et à sauter
  • difficulté à se coucher, se lever, et monter les escaliers
  • démarche anormale

Si le chien ne présente pas des signes de douleur visible, la douleur coxofémorale est souvent observée en consultation.
Elle est causée par les lésions à la hanche, par les altérations du cartilage et les micro-fissures associées. L’érosion du cartilage progresse et la douleur arthrosique s’installe.

Diagnostiquer la dysplasie du chien

Le diagnostic de la dysplasie résulte d’une collaboration entre les observations du propriétaire et le bilan de l’examen clinique réalisé par le vétérinaire.
Une consultation spécialisée est nécessaire si vous observer les signes suivants :

  • raideur
  • intolérance à l’exercice
  • difficultés au relever ou au coucher
  • difficulté à monter les escaliers, à sauter dans la voiture
  • démarche anormale
  • boiterie sur un ou les deux postérieurs
  • douleur spontanée

La consultation spécialisée va réaliser un examen approfondi afin de dépister la dysplasie, le grader et proposer les traitements adaptés.

Le diagnostic nécessite la réalisation d’un bilan radiologique sous légère tranquillisation. Des radiographies sont réalisées sous différentes axes et sous contraction ou décontraction musculaires. Les radiographies permettent de mesurer le degré de laxité articulaire ce qui va conditionner les modalités de traitement.
Le vétérinaire peut aussi faire appel à une imagerie sous scanner pour avoir une meilleure lecture de l’anatomie du chien et de la malformation. Chez les chiens appartenant aux races prédisposées à une dysplasie on effectuera dès leur jeune âge des radiographies des articulations concernées.

Traiter la dysplasie du chien

Il existe aujourd’hui de nombreuses solutions médicales ou chirurgicales pour restaurer la mobilité de votre compagnon et améliorer son confort. Le type de traitement proposé dépend de nombreux facteurs incluant l’âge et le degré d’atteinte du patient.

Traitements chirurgicaux :

Les techniques d’intervention chirurgicales pour traiter la dysplasie de hanche sont nombreuses. Elles sont choisies par le vétérinaire, au cas par cas, en fonction de la gravité de la maladie et de l’âge de l’animal. Parmi ces techniques, on peut citer :

  • La Résection de la Tête et du Col du Fémur qui consiste au retrait de la tête et le col du fémur. Cette opération supprime l’articulation de la hanche. Elle n’est indiquée que chez les chiens assez légers, qui présentent une bonne musculature des fessiers pour assurer une bonne récupération de la mobilité.
  • La Triple ou la Double Ostéotomie du Bassin qui consiste à recréer une articulation de hanche normale en pratiquant une découpe des os du bassin. Cette opération est réservée aux jeunes chiens qui ne souffrent pas d’arthrose
  • La prothèse de hanche permet de recréer une articulation parfaite de la hanche. Elle consiste à remplacer la tête du fémur et la cavité de l’os du bassin qui la reçoit par des implants artificiels. Elle est indiquée chez les chiens qui ont des douleurs non soulagées par les traitements médicamenteux. Elle est en revanche très onéreuse mais permet au chien de ne plus souffrir après l’opération et donc de se passer à vie d’anti-inflammatoire.

Il existe d’autres opérations qui permettent de soulager le chien de ses douleurs articulaires liées à l’arthrose.

Traitements non chirurgicaux

Le traitement médical et hygiénique de la dysplasie de la hanche est globalement le même traitement que celui de l’arthrose : contrôle du poids, suppléments nutritionnels, anti-inflammatoires et anti-douleurs, chondroprotecteurs et physiothérapie.

La gestion non-chirurgicale est recommandé chez les chiens dont la dysplasie de la hanche est découverte fortuitement. Pour les chiens dont la dysplasie induit des symptômes cliniques, la réponse au traitement non chirurgical dépend de la sévérité de la douleur.

À court terme, le confort de la majeure partie des chiens est amélioré. Malheureusement les résultats ne sont pas toujours durables et la majorité des chiens dysplasiques demandent à terme une restriction d’activité et un traitement médical au long court. Dans 9 cas sur 10, l’examen clinique révèle une douleur à la manipulation des hanches.

Le Centre Kami propose une approche globale pour traiter les inflammations et la douleur, et fournit un plan de rééducation fonctionnelle adapté à chaque chien.

Il sera crucial de veiller à ce que le chien ne soit pas en excès de poids. De l’exercice régulier sera indispensable pour éviter le surpoids et favoriser le développement musculaire. Ce sont les muscles qui maintiennent la stabilité de l’articulation.

La douleur se traite en principe avec des anti-inflammatoires. Le problème, c’est qu’à long terme, ces anti-inflammatoires (metacam,etc…) finissent pas impacter les organes majeurs du chien (foie, reins). Nous privilégions ainsi des anti-inflammatoires naturels qui agissent sur le long terme sans effets secondaires : reines des près, harpagophytum, yucca, pissenlit, que vous trouverez dans :

Les chondroprotecteurs : Pour combattre l’arthrose, il est indispensable de donner au chien des chondroprotecteurs (protecteurs des cartilages). Nous vous proposons de  ces chondroprotecteurs de différentes façons:

En complémentation :

Dans des croquettes alimentaires :

massage-canin

La physiothérapie et l’ostéopathie : ce sont deux méthodes alternatives pour lutter contre la douleur liée à l’arthrose mais aussi aux malformations articulaires.

balneotherapie-pour-chien

La balnéothérapie et la nage : Évitant au chien de subir la gravité et donc de peser sur ses articulations la nage permet au chien de développer une musculature efficace sans douleur.

N’hésitez pas à nous contacter si vous avez une question.

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Qu’est-ce que la Sentience Animale?

Article de Musky, parue le 3 Janvier 2017  « Cruelty Free Lifestyle. org » – traduction C. Gomez

Qu’est-ce que la sentience animale?

Si vous venez de commencer à faire des recherches sur le droit des animaux, vous avez probablement rencontré ce terme : «sentience animale». Bien qu’il soit utilisé assez souvent, le concept et son importance ne sont pas toujours bien expliqués. C’est pourquoi nous avons décidé d’explorer le concept plus en profondeur aujourd’hui, pour vous aider à prendre des décisions éclairées en ce qui concerne votre point de vue éthique. Bien que cela soit censé être un article éducatif, je veux vous donner mon opinion personnelle sur la sensibilité des animaux.

Ce numéro est «L’éléphant dans la pièce» et vient de l’Université de la blague évidente! Vous entendrez sans doute le classique, l’argument «Les plantes ont aussi des sentiments», utilisé par les personnes qui doivent justifier la cruauté envers les animaux (généralement propagée par l’industrie de la viande!).

Donc, voici une expérience amusante à essayer si vous avez le moindre doute …

Courez vers un mouton et criez « BOUHH ». Le mouton va s’enfuir. Maintenant, montez à une plante et criez « BOUHH ». Est-ce qu’il s’enfuit? Evidemment, c’est une explication très simpliste.

cow-cflorg
Si vous êtes préoccupé par le traitement éthique des animaux, je vous invite à lire le document « Unconscious machines or sentient beings ? », car les informations fournies vous indiqueront la voie à suivre, ainsi que les racines de nombreux problèmes éthiques que nous rencontrons aujourd’hui.
Alors asseyez-vous, versez-vous une tasse de thé et profitez du voyage dans les basiquess du droit des animaux.

Qu’est-ce que la sentience animale?

Tout d’abord, il est important de comprendre un concept plus large avant de le lier aux droits des animaux.

Selon Oxford Dictionaries, être sensible signifie être « capable de percevoir ou de ressentir des choses ». Donc, bien sûr, les humains sont des êtres très sensibles, mais qu’en est-il des animaux?

La sentience animale expliquée

Il existe une définition très bien établie pour la sentience animale. Un animal sensible est «capable de prendre conscience de son environnement, de ses relations avec les autres animaux et les humains et des sensations dans son propre corps, y compris la douleur, la faim, la chaleur ou le froid». En d’autres termes, un animal sensible est « un être qui a des intérêts; c’est-à-dire un être qui préfère, désire ou veut. » Tout comme les humains, les autres êtres sensibles, y compris – mais sans s’y limiter – tous les mammifères et oiseaux, évitent la souffrance et recherchent des expériences heureuses et positives. L’interprétation principale de ce concept, approuvée par un groupe international d’éminents neuroscientifiques, a définie la Déclaration de Cambridge sur la conscience de 2012, qui confirme que les animaux ont les « substrats neurologiques générateurs de conscience ».

Pourquoi est-il important de prendre en compte la sensibilité des animaux?

Le fait est que si vous êtes ici, vous le considérez probablement déjà, car quelque chose vous a amené ici, pour en savoir plus sur l’éthique animale et les pratiques cruelles modernes, telles que l’élevage industriel et les tests de produits cosmétiques sur les animaux. Pendant de nombreuses années, dans de nombreuses cultures, les animaux ont été considérés comme des êtres supplémentaires aux êtres humains, et leur valeur était proportionnelle à la façon dont elles étaient exploitables par l’homme. Aujourd’hui, certaines personnes conservent cette approche et, si elles y croient vraiment, il sera impossible de leur faire changer d’avis.

Cependant, si vous êtes ici, vous êtes déjà différent, car quelque chose vous dit que ce n’est « pas juste » de percevoir les êtres vivants et respirants comme des ressources.

Commençons par une histoire!

Qu’on le veuille ou non, si vous pensez aux gens que vous connaissez, chacun a son propre agenda dans la vie, qui peut ou non être différent du vôtre. Vous êtes probablement très conscient de cela, et savez que vous ne pouvez pas justifier moralement de traiter les autres humains différemment parce que leurs intérêts ne correspondent pas aux vôtres.

En acceptant que les animaux soient des êtres sensibles (ce qui est un fait scientifiquement prouvé ), vous reconnaissez également que: Ces êtres ont des intérêts. Leurs intérêts peuvent être très différents des vôtres. Alors, pourquoi traiteriez-vous une créature avec un certain esprit (ce qui signifie que cette créature peut éprouver de la frustration ou de la satisfaction) comme si c’était une ressource?

La seule réponse, qui n’est pas nécessairement convaincante, est « nous le faisons depuis longtemps ».

Bien, peut-être, il est temps d’arrêter!

Les animaux ont des émotions.

Ce n’est pas parce que les animaux ne sont pas capables de signaler verbalement leurs sentiments que ces sentiments ne sont pas présents.

En fait, la science dit le contraire: les ressources scientifiques disponibles aujourd’hui confirment que de nombreux animaux ont une « vie riche et profondément émotive ».

Cela signifie que les émotions agréables, ainsi que le stress et la peur, sont très importants à considérer.

Par exemple, avez-vous remarqué que les animaux aiment jouer?

Les jeunes veaux caressent et frappent des objets juste pour s’amuser, les poulets heureux battent des ailes et les chiens remuent la queue lorsqu’ils reçoivent un traitement.

Tout comme les humains, les animaux apprécient également leur nourriture, leurs interactions tactiles et sexuelles et leur confort de base, comme se détendre à l’ombre par une journée chaude.

Malheureusement, dans la réalité moderne, des millions d’animaux se voient quotidiennement refuser ces expériences de base, sans parler de celles plus sophistiquées. Pour eux, c’est comme passer leur vie entière dans un camp de concentration – ce n’est pas la vie, c’est la survie pleine de souffrance et de douleur, à la fois physique et émotionnelle.

Les animaux sont des êtres sociaux

Les animaux sensibles apprécient les interactions sociales et présentent souvent des structures sociales complexes et des comportements interactifs au sein de leur propre type et entre espèces.

Nier ces liens sociaux avec les animaux entraîne une détresse horrible et une souffrance émotionnelle.

Par exemple, séparer les nouveau-nés de leurs mères est une expérience très traumatisante pour les mères et les bébés – ils pleurent les uns les autres et restent très stressés plusieurs jours après la séparation.

Ne me croyez pas? Vivre à côté d’une ferme laitière. C’est pitoyable d’entendre les pleurs constants de la mère pendant des jours.

Les animaux méritent d’être mieux traités

Malheureusement, les pratiques cruelles mentionnées ci-dessus sont largement répandues et mal réglementées par les organismes gouvernementaux (pour des raisons qui deviennent évidentes lorsque vous faites des recherches sur le sujet).

Nous croyons qu’il est temps de changer et nous espérons sincèrement que vous êtes prêt à vous joindre au mouvement, surtout maintenant que vous savez pourquoi vous aviez ces sentiments suspects envers la cruauté envers les animaux.

Pour finir avec un devis:

Les animaux sont beaucoup plus conscients et intelligents que nous ne l’avons jamais imaginé et, bien qu’ils aient été élevés en esclaves domestiques, ils sont des êtres à part entière.

En tant que tels, ils méritent notre respect.

Référence :

  • Article original « Cruelty Free Lifestyle. org »  03 Janvier 2017

What is animal sentience article, from Cruelty-free lifestyle .org

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Les chiots peuvent apprendre de leurs congénères et des humains.

Observer le comportement d’un humain peut être étonnamment instructif pour un chiot.

L’apprentissage social : une nécessité pour survivre

Pour survivre, les jeunes individus, y compris les chiots, les louveteaux et les bébés humains, doivent apprendre où aller, ce qui est source de sécurité pour eux et ce qu’ils sont censés faire. Si ces jeunes devaient apprendre seulement en essayant, en interagissant avec le monde et en faisant des erreurs, beaucoup se blesseraient sérieusement et beaucoup d’autres ne vivraient pas pour raconter leur expérience. Pour cette raison, les animaux qui vivent dans des groupes sociaux bénéficient de quelque chose appelé « l’apprentissage social ». En termes simples, l’apprentissage social fait référence au fait que les jeunes observent le comportement des individus plus expérimentés (généralement leur mère ou d’autres adultes dans la famille ou le groupe social). Ils apprennent quels sont les comportements les plus susceptibles de générer des récompenses et les comportements qui leur sont préjudiciables.

P_20180509_140312_vHDR_AutoIl est donc raisonnable de penser que l’évolution a prédisposé les jeunes animaux à observer les comportements des adultes de leur propre espèce, afin d’apprendre de nouveaux comportements en toute sécurité. Nous savons que les jeunes enfants observent les membres de leur famille pour apprendre davantage sur leur environnement, tandis que les jeunes loups observent comment les membres de leurs meutes se comportent.

Cependant, les choses sont beaucoup plus complexes pour les chiens domestiques. Ils ont évolué dans un environnement humain, extrêmement complexe, avec beaucoup d’informations majeures qui doivent être apprises. N’oublions pas en outre, que deux espèces différentes se manifestent et ont des comportements variés autour des chiots domestiques : les autres chiens, mais aussi les humains. Ces deux types d’individus vont fournir des informations importantes et précieuses pour la sécurité et l’épanouissement du chiot.

Les jeunes chiots apprennent-ils d’avantage en observant les comportements des humains, de leur mère ou ceux d’autres chiens?

Une équipe de chercheurs dirigée par Claudia Fugazza du Département d’Ethologie de l’Université Eötvös Loránd a posé la question suivante: «Les jeunes chiots apprennent-ils en observant les comportements humains? Leur mère ou d’autres chiens? « Pour répondre à cette question, ils ont utilisé un groupe de chiots âgés de huit semaines, de races différentes, comprenant des Labrador Retrievers, des Border Collies et des Tervurens Belges. Ils devaient résoudre deux problèmes : Les deux impliquaient d’ouvrir une boîte pour obtenir une friandise disposée à l’intérieur. Une des boîtes pouvait être ouverte en soulevant un couvercle à charnière, tandis que l’autre pouvait être ouverte en faisant glisser le couvercle sur le côté.

On a d’abord montré aux chiots que les boîtes contenaient des friandises en autorisant certains d’entre eux à en manger quelques-unes. Cela a permis de focaliser leur intérêt sur les boites. L’étude a montré que si les chiots étaient simplement autorisés à explorer la boîte fermée, et à la manipuler par tâtonnement, seulement environ 50% d’entre eux parviendraient à ouvrir la boîte pour manger la friandise dans le temps imparti (soit 2 minutes).

Un premier panel de chiots a été placé dans des box à environ un mètre et demi de la boîte d’essai. Ainsi, ils pouvaient l’observer très clairement d’autres chiens adultes résoudre le problème. Donnant ainsi l’occasion aux chiots d’apprendre la bonne technique pour atteindre l’objectif. Les chiens adultes pouvaient autant être les mères des chiots ou des chiens complètement inconnus. Les chiens adultes avaient été formés, au préalable, à ouvrir systématiquement l’une ou l’autre des 2 boîtes. À la fin de la période d’observation, les chiots ont pu aller à la boîte pour essayer de l’ouvrir les uns après les autres. Il est apparu que l’observation les chiens adultes a été profitable aux  chiots observateurs. Alors qu’une amélioration de 5% est notée pour les chiots qui ont pu observer leur mère ouvrir la boîte, une amélioration de 29 % du taux de réussite a été noté quand il d’agissait de chiots qui avaient observer un chien adulte étranger. Ce résultat montre qu’un chiot serait plus attentif au comportement d’un chien étranger, qu’à celui de sa mère.

De réelles capacités cognitives observées

P_20180615_103407_vHDR_AutoDe plus il est important de noter que les chiots ne sont pas simplement en train d’imiter le comportement des chiens adultes mais plutôt d’extraire des informations sur le fonctionnement des boîtes. Cette certitude vient du fait que certains des chiens adultes ont ouvert les boîtes avec leurs museaux, tandis que d’autres les ont ouvertes avec leurs pattes. Cependant, tous les chiots ont utilisé leur museau pour ouvrir les boîtes. Cela signifie qu’ils ont appris comment les boîtes fonctionnent grâce à l’observation, sans pour autant reproduire la méthode utilisée par le chien adulte. Par conséquent, cela démontre que les jeunes chiots peuvent apprendre en observant le comportement des autres chiens dans l’environnement.  Il serait logique de penser que l’évolution ait programmé les jeunes individus à observer les actions des animaux de leur propre espèce, pour améliorer la probabilité de leur survie.

Mais maintenant la question cruciale demeure : Puisque les chiens évoluent dans un environnement typiquement humain, ont-ils aussi été câblés de telle sorte que, dès leur jeune age, ils sont prédisposés à observer les êtres humains et à extraire des informations qu’ils pourront ensuite utiliser ? Un test en format Humain :Tout comme le premier test, les chiots observent des épreuves séparées, mais avec cette fois-ci, des êtres humains ouvrant une boîte spécifique. Une fois libérés, les chiots ont montré qu’ils avaient appris en regardant les humains faire. L’amélioration notée était de 42% dans la résolution des problèmes et dans la période de temps allouée.

Conclusion

Cela signifie que, au moins dans cette étude, les chiots ont davantage profité de l’observation du comportement d’un humain plutôt que du comportement d’un autre chien. L’étude a également montré que ces bénéfices ont persisté, et sont susceptibles d’être mémorisés de façon permanente, car lorsque retesté une heure plus tard les chiots se souvient encore comment résoudre les boîtes de puzzle. Le Docteur Fugazza a résumé les implications de cette étude en disant: « Nous pouvons former les chiots dès leur plus jeune âge en leur montrant ce qu’ils doivent faire, comme leur mère. »

Si nous voulons qu’ils ramassent un bâton, nous devons aller le chercher d’abord, si nous voulons qu’il aille se coucher dans une couche spécifique, nous devons nous y coucher d’abord. Je vous laisse imaginer ce qu’il va vous falloir faire pour éduquer votre chiot.

Corine Gomez

References

  • Stanley Coren : https://www.psychologytoday.com/intl/basics/animal-behavior
  • Claudia Fugazza, Alexandra Moesta, Ákos Pogány & Ádám Miklósi (2018). Social learning from conspecific’s and humans in dog puppies. Scientific Reports, 8:9257 | DOI:10.1038/s41598-018-27654-0

 

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L’extra-socialisation des chiots : une nécessité démontrée

Une étude récente met en évidence, au travers de diverses expériences que l’extra-socialisation pour des chiots et jeunes chiens est « la cerise sur le gâteau » pour une adaptation, intégration à leur futur environnement.

Le Dr Zazie Todd a publié une étude basée sur les recherches de Helen Vaterlaws-Whiteside et Amandine Hartmann, intitulée «Améliorer le comportement des chiots en utilisant un nouveau programme de socialisation standardisé».

En résumé, cet essai qui s’adresse à ceux qui choisissent de partager leur maison et leur cœur avec un chien, traite de six portées de chiots faisant partie du programme d’élevage des chiens guides pour aveugles, qui ont participé à l’étude.

La moitié des chiots recevaient une extra-socialisation cinq jours par semaine pendant les six premières semaines de leur vie, comprenant des activités diverses telles que:

  • Des interactions répétées et intenses avec les humains et les animaux
  • Des stimulations visuelles, auditives et tactiles accrue: « caresser doucement le chiot avec les doigts, une serviette, des gants en caoutchouc, en examinant doucement les oreilles et les dents du chiot et en encourageant le chiot à faire des choses comme franchir un obstacle ou franchir une porte. Les chercheurs ont fait en sorte que le chiot soit à l’aise en toute circonstance. « 

Les chiots ont été évalués à l’âge de six semaines, puis à l’âge de huit mois. Dans l’ensemble, les chiots qui ont reçu une extra-socialisation, par rapport aux chiots qui ont reçu une socialisation normale, «ont obtenu de meilleurs résultats lors des tests à 6 semaines». Il a été montré qu’à 8 mois, ils étaient moins susceptibles d’avoir des comportements liés à la séparation, ou avoir une sensibilité corporelle.

Dans l’ensemble, «l’extra-socialisation a apporté des avantages importants pour leur bien-être comportemental en tant que jeunes adultes. Ces résultats seront particulièrement intéressants pour ceux qui élèvent et entraînent les chiens d’assistance, mais ils sont importants pour tous ceux qui se soucient des chiens. »

Selon les chercheurs eux-mêmes, « l’extra-stimulation spécifiquement étudié pour des chiots très jeunes, a permis de développer un contact physique accru, des défis mentaux et une interaction positive étendue avec les personnes étrangères à la portée. Cela explique également le comportement d’anxiété réduit et le comportement détendu lors des tests à huit mois. »

 

Etre bien socialisé aux autres chiens et aux humains est essentiel pour les chiots. Cette période est appelée la période sensible. La recherche classique faite par Drs. John Paul Scott et John Fuller, a démontré qu’il suffisait de deux périodes de 20 minutes de contact social par semaine pour produire des chiens socialisés.

Si PLUS c’est mieux, alors ne nous contentons pas du minimum.

La présente étude montre clairement que «plus c’est mieux» et que les chiots qui ont bénéficié de l’extra-socialisation sont d’avantage paré en termes de résilience et de qualité de vie. Les animaux de compagnie ont besoin de beaucoup plus que ce que nous leur donnons. Les effets positifs de l’extra-socialisation montrent que nous pouvons toujours faire plus pour les chiens dont nous sommes les responsables, les gardiens. C’est une situation gagnant-gagnant pour tous.

De nombreux chiens de compagnie sont plus stressés que nous ne le pensons dans un monde dominé par l’homme, et il est bénéfique pour eux de développer autant de résilience que possible, en essayant de s’adapter à nos modes de vie.

Je suis en faveur d’apporter aux chiens et à tous les autres animaux,  tout ce qu’il nous est humainement possible. Ne soyons pas avare de notre temps. Si nous endossons la responsabilité d’adopter un animal, c’est pour son bien, voire même pour son « meilleur ». Et son meilleur passe par une extra-socialisation, pour qu’il soit capable de s’adapter à toutes les circonstances sans sombrer dans l’anxiété ou la dépression.

Il n’y a rien de mal à faire plus pour les non-humains qui dépendent de nous. Nous sommes leurs lignes de vie et devons leur donner la meilleure vie possible. Montrons leur combien nous nous soucions d’eux et combien nous les aimons.

Corine Gomez
Comportementaliste

Réferences

  • Vaterlaws-Whiteside, H. et Hartmann, A. (2017). « Améliorer le comportement des chiots en utilisant un nouveau programme de socialisation standardisé. » Applied Animal Behavior Science, 197, 55-61. https://doi.org/10.1016/j.applanim.2017.08.003
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Le Bien-être Animal à l’ISN

Le Centre Kami s’est rendu le 5 juin dernier à l’International School of Nice (ISN), avec une représentante des Chats du Mercantour, pour présenter le rôle de bénévole et des associations de la protection animale, ainsi qu’expliquer le comportement des animaux, devant 2 classes d’élèves âgés de 8 à 10 ans.

Lou, une élève de 10 ans, qui est déjà très investie et sensible à la cause animale, a eu l’idée de faire venir des associations de la protection et du bien-être animal dans l’enceinte de son école. Ainsi les Chats du Mercantour et le Centre Kami ont pu sensibiliser une quarantaine d’enfants de 8 à 10 ans sur le comportement des animaux, le respect et les bons gestes à avoir envers eux.

L’ISN est une école internationale et multiculturelle, qui a pour mission d’inspirer et de faire grandir les adultes de demain dans le respect de l’autre et de son environnement. Ce cadre ne pouvait qu’être en adéquation avec les valeurs que nous véhiculons.

Après avoir présenté nos activités respectives, nous avons pu évaluer les connaissances des enfants concernant la vie, les besoins et le comportement des animaux domestiques.

Tous les élèves ont manifesté un grand intérêt et des connaissances intéressantes. Leur enthousiasme s’est vu au travers de leur participation active : tous voulaient répondre au quizz.

Le Centre Kami a eu le privilège de leur décerner un certificat et le livret « Le Guide du Petit Comportementaliste » à chacun des élèves présents. Un excellent moment !

Nous remercions Johanna, la Directrice de l’ISN, qui nous a ouvert ses portes, ainsi que Lou qui a été à l’origine de cette jolie rencontre.

Le Centre Kami intervient dans les écoles, les centres aérés pour faire connaitre les animaux et leur comportement aux enfants. Des interventions à buts pédagogiques et éducatifs, sont dispensés aussi bien en français, qu’en anglais?

Les ateliers pour enfants, organisé par le Centre Kami, reprennent les fondements du comportement animal :

  • Comment un chien, un chat se comporte de façon innée ?
  • Quelles sont les interactions que j’ai avec lui, qui vont modifier son comportement ?
  • Que dois-je faire et ne surtout jamais faire ?
  • Comment mon chien, mon chat peut m’aider à bien grandir ?
  • Ce que j’apprend à mon chien, ce que mon chien m’apprend…
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Notre Vide- Grenier annuel au profit du Bien-être animal

CK-catalogue

Cette année encore, le Centre Kami organise son vide grenier le 2 septembre prochain au Parking des Plans, devant le pole Culturel Auguste Escoffier à Villeneuve Loubet Village.

Sur place entre 60 et 75 exposants sont attendus, ainsi que des centaines de chineurs. Les fonds récoltés par ce vide grenier seront utilisés pour le bien -être animal et pour défendre la cause animale.

Vous pouvez réserver votre emplacement dès maintenant. Votre réservation ne sera valide qu’à réception de votre paiement et des documents nécessaires:

  • Paiement
  • copie de la carte d’identité
  • copie de la carte grise du véhicule qui sera sur l’emplacement

Comment payer ?

  • Par carte bancaire (site weezevent sécurisé) :

Achetez vos places

Scanner et envoyer vos documents par email au Centre Kami

  •  Par chèque, en l’envoyant avec les documents demandés ci-dessus au :

Centre Kami

28 Corniche Notre Dame

06270 Villeneuve Loubet

Le paiement et les documents valides seront indispensable pour participer

Le 2 septembre à Villeneuve Loubet : Venez nombreux pour chiner, vous informer sur les activités des associations et contribuer au bien être des animaux.

Un Vide-Grenier  pour et par les amoureux des animaux!

 

 

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Souhaitez-vous savoir ce que les chiens font, pensent et ressentent ?

« J’ai des émotions que tu peux comprendre en tant qu’humain, mais j’ai besoin que tu me comprennes en tant que chien. »

Vous voulez devenir un éthologue dans un parc à chien?

Rex arrive au parc canin. Il attend impatiemment que son humain ouvre la porte. Il franchit la barrière et se dirige immédiatement vers un rocher, lève sa jambe droite comme s’il était le « meilleur » des chiens, urine un jet régulier, gratte le sol vigoureusement, se dirige vers la clôture qui entoure le parc, relève sa jambe, projette un peu de pipi, puis regarde autour de lui pour voir qui d’autre est là, ou pour voir fièrement si quelqu’un l’a vu faire ça. C’est la routine de Rex. Cependant, après qu’il ait un peu regardé un peu la seconde fois, si Rex voit son ami Tony, il s’en va, court droit vers lui, fait quelques révérences, et les deux luttent, se mordent l’un l’autre, se poursuivent partout, se ruent sur d’autres chiens et bousculent presque les gens. Ils jouent aussi longtemps que leurs humains le leur permettent. Cependant, si Tony n’est pas là, et Rex regarde les autres chiens qui le regardent, il urine et gratte le sol à nouveau pour s’assurer qu’ils comprennent ce qu’il a fait. Et si un autre chien s’approche et renifle le pipi de Rex et urine dessus, Rex reviendra pour remettre ça dessus.

Cette description de Rex jouant et urinant, est un excellent exemple de ce que à quoi les notes de terrain ressemblent. En effet, les gens dans les parcs à chiens et ailleurs passent beaucoup de temps à observer et à commenter ces comportements. Dans les parcs à chiens, pour devenir éthologues, il faut se concentrer généralement sur le jeu, le pipi, le grattage du sol et les chiens qui observent les autres chiens. Ces comportements sont d’excellents outils pédagogiques car les individus peuvent être identifiés, ils peuvent être vus tout au long de la rencontre, et les actions sont claires et faciles à marquer. Il est également possible de connaître les différences de personnalité entre les chiens observés. Ce clip standard et ce genre d’interactions permettent d’apprendre à devenir de meilleurs observateurs. En principe, nous sommes toujours contents quand les avis se rejoignent sur ce que font les chiens et sur ce que les comportements signifient. Mais les divergences occasionnelles d’opinions sont également instructives. Les gens peuvent voir les choses différemment, et ces différences sont importantes à analyser.

Dans les parcs à chiens ou ailleurs, les gens sont souvent reconnaissants pour ces mini-leçons d’éthologie. Devenir un citoyen éthologue permet de « rentrer» dans la peau d’un chien et de se sentir vraiment plus proche d’eux. Ce sentiment est positif, car les chiens et les humains ne peuvent qu’en bénéficier.

Les chiens sont le rêve d’un éthologue

Lorsque nous observons attentivement les chiens, ce que nous apprenons est une histoire sans fin. Il y a toujours un élément de plus au puzzle expliquant pourquoi les chiens font ce qu’ils font. De plus, pour comprendre les chiens, il n’y a aucun substitut à une observation et à une description soigneuse. Pour les éthologues, observer les chiens dans tous les types d’environnement et de situation est essentiel pour générer des expériences, des modèles et des théories. Pour le compagnon humain d’un chien, observer de près votre propre chien est le meilleur moyen d’améliorer la qualité de vie de votre chien et de soulager le stress que tant de chiens endurent jour après jour.

Il est important de réaliser que pour apprendre ce que c’est que d’être un chien, nous devons, dans un certain sens, devenir un chien. Nous devons essayer d’adopter la perspective d’un chien, même si cela nécessite un saut imaginatif. Quand nous regardons les chiens et d’autres animaux, il est essentiel de voir selon leur propre angle de vision pour finalement comprendre leur point de vue ; de cette façon, nous, les observateurs, devenons les observés.

Pour comprendre ce qu’un chien pense et ressent, nous devons porter une attention particulière aux subtilités de son comportement, qui sont toutes importantes. Et il y a beaucoup de bonnes raisons d’apprendre autant que possible sur le comportement des chiens, y compris l’apprentissage de leurs douleurs potentielles.

Que font les éthologues ?

Les éthologues observent les animaux et posent des questions sur l’évolution et l’écologie des différents comportements. En termes plus élémentaires, l’éthologie c’est l’étude en détails de qui fait quoi à qui, combien de fois, quand et où. Beaucoup de psychologues s’intéressent également au comportement des chiens, mais ils ne prennent généralement pas une vision aussi large, écologique et évolutive du comportement.

Les éthologues se concentrent généralement sur les animaux en liberté plutôt que sur les animaux captifs. Certains chiens sont en liberté et nous pouvons apprendre beaucoup en les regardant, en notant où ils vont, avec qui, et dans quel but, quand aucun humain n’interfère avec leurs choix. Nous pouvons étudier les chiens sauvages tout comme nous étudions d’autres animaux sauvages. Cependant, nous pouvons également étudier les chiens de compagnie dans tous les contextes. Ce domaine d’étude s’appelle l’écologie comportementale des chiens parce que nous pouvons les observer et les étudier dans différentes niches écologiques, y compris dans les chemins où ils peuvent courir, parcs pour chiens, et dans nos maisons, en laisse et détachés, et au cours de leurs diverses interactions : avec d’autres chiens, avec des combinaisons de chiens et de personnes, avec des étrangers, et avec leur famille humaine. L’un des principaux avantages de l’étude des chiens de compagnie est qu’il est possible d’identifier des individus, de les voir interagir avec d’autres chiens identifiables, et de les observer au fil du temps. Quand on étudie d’autres animaux sur le terrain, il n’est pas toujours possible d’identifier les individus de manière fiable ou de les observer sur du long terme.

Il est essentiel de réaliser que le comportement n’est pas seulement quelque chose qu’un individu fait, mais c’est aussi quelque chose qu’un individu a de façon innée, des actions qui peuvent être mesurées. Les modèles de comportement qui perdurent avec le temps (ou entre générations) sont considérés comme des adaptations évolutives. Par exemple, l’arc de jeu est adaptatif car il fonctionne pour initier et maintenir une « ambiance de jeu». Ce geste a été exposé pendant de nombreuses générations, et chaque nouvelle génération continue à l’utiliser.

En pensant et en étudiant le comportement animal de cette manière, l’éthologue Konrad Lorenz a montré comment l’évolution peut influencer une grande variété de comportements, y compris les signaux utilisés pour communiquer la menace et la domination, ainsi que le jeu, parmi d’autres comportements. Auteur de « Man Meets Dog », Konrad Lorenz est souvent appelé le père de l’éthologie, et il est devenu célèbre pour avoir empreigné des canetons et des jeunes. L’importance considérable des recherches éthologiques a été soulignée en 1973 quand, avec Niko Tinbergen, souvent surnommé le curieux naturaliste, Karl von Frisch, pour son travail sur le language des abeilles, a reçu conjointement le prix Nobel de physiologie et de médecine.

Beaucoup de scientifiques qui considéraient leur propre travail comme une « vraie recherche» étaient assez irrités que ce prix sacré soit allé à trois camarades payés pour regarder des animaux. Quoi, créer des expériences de terrain ingénieuses pour étudier le comportement animal – et s’amuser à le faire – n’est pas une véritable recherche ? Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité.

Devenir un chien en parlant couramment le chien

Un éthologiste veut toujours en apprendre plus sur tout ce que font les chiens et pourquoi ils le font, comparer les individus d’une espèce à une autre et à faire des comparaisons inter-espèces pour essayer de comprendre pourquoi il y a des similarités et des différences.

En fin de compte, en devenant vous-même un éthologue, vous pouvez « devenir un chien», ou du moins obtenir une bonne approximation de ce que c’est que d’être un chien ; il s’agit de phénoménologie, un domaine qui met l’accent sur l’importance des expériences directes.

Les modèles d’interaction sociale. Il est important de noter que souvent, lorsque vous observez des chiens ou d’autres animaux, les différentes sortes d’interactions se brouillent terriblement vite. Parfois, il est simplement impossible de savoir qui a initié et qui a mis fin à une rencontre, et quand il y a plus de deux chiens, ou un chien et un humain, cela peut devenir un cauchemar très rapidement. Néanmoins, nous pouvons encore apprendre beaucoup de l’analyse des différents types d’interactions en utilisant cette matrice simple.

Destinataire
Initiateur Chien Humain
Chien 1 2
Humain 3 4

Au cours de votre parcours pour devenir éthologue, vous pouvez créer votre propre matrice ou un ensemble de matrices et remplir les chiffres pour toutes sortes d’interactions. C’est un exercice simple et amusant à travers lequel vous apprendrez beaucoup sur la personnalité de votre chien. Par exemple, est-ce un leader ou un suiveur, un joueur ou plus d’un solitaire ? Quels types d’interactions initient-ils, et quelles sortes de rencontres n’aiment-ils pas particulièrement et essayent-ils d’éviter ? Vous pouvez également découvrir s’ils préfèrent certains chiens plutôt que d’autres, s’ils passent une bonne ou une mauvaise journée, et comment leur comportement change au fil du temps avec des chiens familiers et inconnus et des humains dans différents contextes sociaux et physiques. La liste des choses que vous pouvez apprendre est longue, selon vos intérêts. C’est ce qui rend les chiens si excitants !

Comment mesurer le comportement

En devenant éthologue, vous apprendrez également que les types de données que vous collectez dépendent des méthodes que vous utilisez pour observer des individus ou des groupes d’animaux. Les éthologues essaient d’utiliser des critères et des mesures objectifs lorsqu’ils observent et analysent un comportement. Certaines de ces mesures comprennent :

  • La fréquence : C’est simplement le nombre de fois qu’un comportement est effectué.
  • Taux (fréquence / temps) : C’est un raffinement de la fréquence, en ce que les facteurs de taux dans le temps ou la durée. À quelle fréquence un chien a-t-il un comportement particulier pendant une période donnée ?
  • Intensité : Il est difficile de mesurer l’intensité (ou la concentration) lorsqu’on observe des individus, de sorte que certains chercheurs utilisent souvent ce qu’on appelle l’indice de distraction. A savoir, est-ce difficile d’empêcher un animal de faire quelque chose ? Ainsi, par exemple, quand un chien se promène avec le nez coincé au sol, il est parfois presque impossible d’attirer leur attention. L’intensité est une mesure subjective, mais elle peut être rendue un peu plus objective en mesurant la force d’une odeur, l’intensité du bruit requis et le temps qu’il faut pour attirer l’attention de l’individu.

Construire un éthogramme, ou un menu de ce que font les chiens

La façon la plus simple de devenir un chien ou un autre animal est de passer du temps à les regarder. Il est incroyablement instructif de simplement les observer courir librement, ou presque, comme dans les parcs à chiens et sur les sentiers où ils sont autorisés à courir et à explorer par leurs propres moyens. Cependant, l’observation des chiens pendant qu’ils marchent attachés par une laisse à un humain fournit également des données. Et, il est presque aussi important de regarder les gens qui sont avec les chiens. Le résultat de ces observations serait une liste de modèles de comportement appelés un éthogramme. Cette liste est juste cela, un menu descriptif de ce que les chiens et les humains font sans interprétation ou explication de pourquoi ils le font. Les actions peuvent être décrites par leurs caractéristiques physiques – à quoi elles ressemblent – telles que les postures, les gestes, les expressions faciales et la démarche, ou par leurs conséquences, telles que l’orientation d’un individu vers des objets ou des individus dans l’environnement, qui conduisent à l’accomplissement d’une tâche ou à un résultat.

Développer un éthogramme, ou un menu de ce que font les animaux, est la partie la plus importante d’une étude comportementale. C’est une grande expérience d’apprendre comment les animaux agissent. Certains modèles de comportement comprennent l’approche d’un chien à d’autres chiens (vitesse et orientation); la morsure dirigé vers différentes parties du corps; intensité mordante (inhibée et douce, ou dure et accompagnée d’une secousse de la tête ou non); rouler dessus; se tenant sur; le menton au repos, le jeu sollicitant; auto-jouer; uriner et la posture utilisée; cacaoyer; grondement; aboiement; gémissements; approcher et se retirer; pawing dirigé vers différentes parties du corps; position de l’oreille; position de queue; démarche; etc.

« Alors, que faire de toute cette recherche éthologique pour moi et mon chien ? »

Permettez-moi de terminer en considérant une question : « Alors, qu’est-ce que toute cette recherche éthologique fait pour moi et mon chien ? » Il est important de sortir de notre tour d’ivoire et d’entrer en piste. Trop de chercheurs et d’éducateurs canins observent les chiens dans un système type « laboratoire » ou quand les chiens sont au travail, mais ils doivent aussi aller dans des endroits où les chiens sont promenés et autorisés à courir librement. Les parcs pour chiens sont d’excellents endroits pour étudier le comportement des chiens.

Il est également important de se référer à la science citoyenne dans la recherche sur les chiens et entendre ce que les autres pensent des chiens que nous observons ensemble. La science en général, et l’éthologie des chiens en particulier, ne pourront être améliorées et croître grâce aux efforts des scientifiques citoyens. Brian Hare, expert en chiens de l’Université Duke, mentionne : «À l’avenir, les scientifiques citoyens produiront des ensembles de données utiles qui testeront les hypothèses et répondront aux questions en complément des techniques de laboratoire conventionnelles utilisées pour étudier la psychologie canine. »

En fin de compte, notre objectif commun est d’utiliser ce que nous savons pour rendre la vie des chiens, avec qui nous partageons nos maisons et nos cœurs, la meilleure possible. Je suis également sûre que pendant que nous surveillons les chiens, ils nous observent attentivement et apprennent notre comportement. Eux aussi ont besoin d’apprendre sur le comportement de leurs humains et d’autres humains afin de mieux s’adapter à notre monde.

Dans «Learning to Speak Dog Part 4: Reading a Dog’s Body », il est mentionné: «Étudier le comportement d’un chien et les observer interagir avec le monde, peut être un spectacle fascinant, surtout si vous savez ce qu’il faut rechercher. Cela peut être utile pour apprendre à lire le langage corporel de votre chien, le comprendre et avoir une idée de ce qu’il ressent, de son humeur et de ce qu’il essaie de dire, il vous aidera à éviter les problèmes potentiels et à diffuser ceux qui existent déjà. Cela peut vous aider à mieux vous connaître, et vous apprendrez une nouvelle langue. « 

20160921_164514Je ne pourrais pas être plus d’accord. En apprenant sur le comportement des chiens et en parlant couramment le chien, vous aiderez le chien ou les chiens avec qui vous vivez à profiter pleinement de la vie. En outre, ces informations peuvent être utilisée pour améliorer vos relations avec votre chien et d’autres – un gagnant-gagnant.

Prenez part aux discussions sur la fascinante vie sociale, cognitive, émotionnelle et morale des chiens. De nombreuses recherches sont menées dans le monde entier, et presque chaque semaine, nous en apprenons davantage sur le comportement de nos compagnons canins et sur leurs motivations, ce qu’ils savent et ce qu’ils ressentent, comment fonctionnent leurs sens et leurs cerveaux, et comment ils négocient leurs mondes sociaux, y compris leurs interactions avec d’autres chiens et humains.

Corine Gomez

Revue d’Article – Marc Bekoff

References

  1. Bekoff, Marc. Canine Confidential: Why Dogs Do What They Do. Chicago: University of Chicago Press, 2018.
  2. Also see: Canine Confidential: Why Dogs Do What They Do and Mark Derr’s An Eminent Ethologist Elucidates Dogs
  3. Stewart, Laughlin et al. Citizen Science as a New Tool in Dog Cognition Research.” PLoS One, 2015. 
  4. Learning to Speak Dog Part 4: Reading a Dog’s Body : https://thelabsand.co/learning-to-speak-dog-part-4-reading-a-dogs-body/