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« Les Emotions Animales » : le 18 Novembre 2018 à Villeneuve Loubet

L’objectif de cette conférence, est de présenter, de débattre et de partager avec l’auditoire, le panel des émotions animales, comme décrite par Charles Darwin, il y a 150 ans en arrière : la joie, la colère, la tristesse, la peur, la surprise et le dégoût.

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Levée de fond pour « Le Guide du Petit Comportementaliste »: votre contribution est cruciale

« Aimer les animaux, c’est faire en sorte que les adultes du futur les respectent; Pour cela il faut les éduquer aujourd’hui ». Aidez nous à rendre le projet possible.

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Les Ateliers Educatifs du Centre Kami: Pourquoi mon animal ?

Des ateliers éducatif pour répondre aux questions que vous vous posez, sur vos compagnons canins et félins et mieux comprendre leurs comportements.

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Anthropomorphisme: un outil éthique ?

L’anthropomorphisme a souvent été un levier, utilisé par ses détracteurs, pour mettre à mal l’éthologie cognitive. Cette dernière met en avant les émotions des animaux, en utilisant des termes et des caractéristiques propres aux humains. De nombreux scientifiques voient d’un mauvais œil, l’emploi de mots tels que joie, tristesse, chagrin, humour, jalousie pour décrire les comportements des animaux non-humains. Et c’est précisément cela, l’anthropomorphisme.

Des mots humains pour des émotions universelles

C’est une méthode pour accéder aux sentiments, pensées des animaux en utilisant les mots que nous connaissons. Ainsi pour dire que mon chien est content (car son comportement met cette émotion en évidence), je vais utiliser le mot « content », car tout le monde le comprendra et saura de quoi je parle.
Les comportementalistes et éthologues, tout comme toutes personnes connaissant bien les animaux, savent que c’est le seul vocabulaire utilisable. Nous utilisons les mêmes mots pour décrire les sentiments humains et les sentiments non-humains, car ce sont les mêmes sentiments. Sa manifestation sera différente fonction des espèces, mais la joie reste de La Joie chez le chien, le chat et l’humain. Le chagrin demeure le Chagrin de la même façon.
De nombreux psychologues, tels que Gordon Burghardt mentionne qu’il est déplorable de ne pas suivre les intuitions éveillées par ce que vit l’animal. (1)
Donald Hebb, psychologue et neuropsychologue canadien, à l’origine de la révolution cognitive aux États-Unis en fournissant à la psychologie une alternative crédible au béhaviorisme, mentionne que pour lui, les témoignages anthropomorphiques des gardiens de zoo avaient autant de valeurs que des études « hautement » scientifiques. (2)
Pour la plupart des scientifiques, l’anthropomorphisme est une dérive anthropocentrique. Ce n’est pas l’émotion de l’animal qui serait décrite, mais celle du narrateur qui fait un transfert de ses propres émotions sur l’animal. L’animal dépourvu de système émotionnel, de cognition, ni d’intelligence, se voit attribuer, par son humain, les traits de ce dernier.
A bien y réfléchir, faire de l’anthropomorphisme revient à faire ce que nous faisons naturellement : nous ressentons les émotions de l’autres et nous considérons l’autre comme un être à part entière, et non plus comme un objet. Le fait d’attribuer des émotions à un animal, c’est prendre conscience qu’il peut avoir ces émotions. Et il est nécessaire de faire de l’anthropomorphisme pour continuer à conserver le point de vue de l’animal. « Que vit l’animal ? », « Que ressent-il ? », aucune donnée ne permet de classifier l’anthropomorphisme dans un champs scientifique, mais elle peut nous amener à devenir de meilleurs humains.

Toutes les émotions ne sont pas bonnes à dévoiler

Si les émotions positives sont aisées à être mentionnée et reconnue par tous, scientifiques y compris, les négatives, beaucoup plus délicates.
Comment un responsable de parc marin, qui a investi dans une transaction énorme, avec un budget conséquent, peut admettre que l’orque, que l’on a arraché à son groupe social, puis jeté en captivité, est triste, en pleine dépression et empli de chagrin. Bien sûr que non, cet orque va très bien ! Il a le moral ! Et puis, il a couté tellement cher… Pourtant ce pauvre cétacé qui tourne en rond dans son bassin exigu, cri sa détresse avec des vocalises aigües, et exprime sa douleur et sa peine. Mais comment admettre cette émotion sans devoir se considérer comme une personne mauvaise et sans cœur, et sans avoir à prendre des décisions, qui iraient certes dans le sens d’une éthique certaine, mais à l’encontre d’une logique économique.

L’horreur vécu par les beagles, à qui on coupe les cordes vocales, pour ne plus entendre leurs gémissements et leurs pleurs, dans les laboratoires pour des essais cliniques, est peu avouable. Et ne pas ouvrir les yeux sur leurs émotions, revient à faire un dénie.

Pour avoir bonne conscience, il est préférable de ne pas dévoiler les émotions négatives que l’on percevrait. Si on en parle pas, alors ça n’existe pas. Il est tentant d’écouter seulement notre intérêt et de se convaincre que les animaux sont contents ou insensibles, parce que nous en éprouvons le désir ou le besoin. Le garde-fou de l’anthropomorphisme est le savoir et les études sur l’intelligence et les émotions animales.

L’empathie et les neurones miroirs

Si l’anthropomorphisme revient à décrire avec des mots humains ce que nous voyons, il existe des choses plus profondes. Certaines personnes ont la capacité de savoir et ressentir ce l’autre ressent, saisir les émotions de l’animal humain ou non-humain, en pleine conscience. On parle ici d’empathie affective. Des études ont montré la véracité de ce fait. Elles portent sur les « neurones miroirs ». Il s’agit d’une partie du cerveau qui permet de comprendre le comportement de l’autre. En se mettant à la place de l’autre, au sens figurer et mental. Ainsi nous pouvons ressentir ses émotions. Ce phénomène existe chez des animaux non-humains. Il a été montré, par es chercheur de l’université de Parme (3), que les macaques ont dans leur cerveau, des cellules appelées « neurones miroirs ».

L’équipe du Prof. Christophe Boesh à Leipzig a découvert que les chimpanzés en captivité, collaboraient entre eux et aidaient leurs congénères à accéder à la nourriture, quand ces derniers n’y parvenaient pas. (4)

Des expériences effectuées sur des rats, ont également montré l’empathie des rongeurs à l’égard de leurs congénères. Des rats étaient placés dans une cage au sol électrifié (cage A). Le passage de l’électricité se déclencher quand d’autres rats, placés dans une cage adjacente (cage B), ouvraient une trappe pour accéder à de la nourriture.  Les rats de la cage B ont cessé d’ouvrir la trappe quand ils ont compris que cela faisait souffrir les rats de la cage A.

Des mesures éthiques au nom des animaux

Nous sommes programmés pour projeter sur l’autre (humain ou non humain) nos intentions, nos croyances et notre mental. L’anthropomorphisme peut correspondre à ce besoin d’attribuer des émotions, sans pour autant les dénaturer. Si l’anthropomorphisme en quoi je crois, peut être utilisé comme un outil de connaissance. Le savoir acquis par ce biais, doit être au service de l’éthique animale et au service des animaux.(5)

Corine Gomez, Comportementaliste

Ref.

  1. Gordon Burghardt : « Animal Awareness: Current Perception and Historical Perspectives », American Psychologist, 40, 1985 p.905-919-
  2. Donald Hebb : Emotion in Man and Animal : Analysis of the Intuitive Process of Recognition », Psychological Review, vol. 53, 1946, p. 88-106
  3. Vittorio Gallese & Alvin Goldman, « Mirror Neurons and the Simulations Theory of Mind-Reading », Trends in Cognition science, 2, 1998
  4. A.P Melis, B. Hare & M. Tomasello, « Chimpanzees Recruit the best Collaborators », Science, 311, 2006
  5. Mark Bekoff: The Emotional Lives of Animals : Anthropomorphisme. p.202-215

 

 

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Saint François d’Assise : l’homme qui parlait aux animaux

Saint François d’Assise serait donc le premier communicant animalier reconnu ? Chose est sûre, il est l’un des saints catholiques les plus connus et appréciés par les profanes et religieux. Un des fondateurs de l’ordre des franciscains, prônant une vie dans la pauvreté, il prêchait surtout l’amour de toute la Création. L’amour de la Nature comme intérêt majeur.

Saint François d’Assise est né en 1181 à Assise, en Italie, d’une famille aisée. Sa mère, Dona Joanna Pica de Bourlémon était une femme pieuse originaire de Provence et Pietro Bernadone dei Moriconi, son père était un très riche marchand drapier de la ville. De retour d’un voyage en France, son père décide de nommer son fils Francesco (François, « le français ») en hommage à la France, alors que sa mère l’avait fait baptiser Giovanni (Jean, du nom de l’apôtre).

Dans sa jeunesse, François fait des études de Latin et se laisse aller aux plaisirs de son âge et de son statut. Il rêve d’accéder à la noblesse et désire être chevalier. Il participe à la guerre qui oppose les bourgeois d’Assise aux nobles de la ville rivale de Pérousse. Mais il sera capturé et emprisonné pendant an.

Durant son emprisonnement, il médite sur sa vie. Libéré grâce à l’argent de son père, il est prêt à s’engager dans l’armée pour accomplir ses desseins mais, soudain, une voix le questionne : « Pourquoi sers-tu le serviteur et non le maître ? » Cet événement est important dans la vie de François et lui impose une totale remise en question. Peu à peu, il se défait de son ancienne vie agitée, de ses anciens amis ; il s’éloigne des lieux de fête et se tourne vers les chapelles et la foi.

L’Appel de la foi

En 1205, alors qu’il prie devant la croix de la chapelle San Damiano, en ruine, Jésus crucifié lui parle et dit : « François va, et répare ma maison, qui, tu le vois, tombe en ruine. » Ainsi, il s’en va vendre, à Foligno, des marchandises appartenant à son père dans le but de restaurer la chapelle. Son père, furieux l’assigne en justice pour le déshériter. Devant l’évêque d’Assise, François se dévêtit entièrement, se dépouillant du luxe qu’il porte et déclare, nu devant la foule : « Jusqu’ici je t’ai appelé père sur la terre ; désormais je peux dire : Notre Père qui êtes aux cieux, puisque c’est à Lui que j’ai confié mon trésor et donné ma foi. » L’évêque le prend alors sous sa protection. Saint François d’Assise ne sait pas que, au-delà de la restauration d’une simple église, c’est l’Église elle-même qu’il va refonder.

De la foi à la Communication animale

 

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St François d’Assise et le Loup de Gubbio

Plus tard, il se rend dans le village de Gubbio où il trouve une communauté effrayée par les attaques d’un loup. Partant à la rencontre de l’animal, il s’adresse à lui, l’appelant « Frère loup », parvient à l’apaiser et le loup se jette à ses pieds, subjugué par ses paroles. La légende voudrait que la bête, pour promettre de ne plus jamais attaquer la ville, soit venue déposer sa patte dans la main que lui tendait François, qui mit ses méfaits sur le compte de la faim et lui pardonna. Le loup aurait ainsi vécu ensuite parmi les habitants, passant de maison en maison sans que personne ne le craigne. Il mourut de vieillesse et tout le village le regretta.

 

François ne considère tout être vivant. Ainsi prêche-t-il aux animaux et aux oiseaux, comme ici : « Mes frères les oiseaux, vous avez bien sujet de louer votre créateur et de l’aimer toujours ; Il vous a donné des plumes pour vous vêtir, des ailes pour voler et tout ce dont vous avez besoin pour vivre. 
De toutes les créatures de Dieu, c’est vous qui avez meilleure grâce ; il vous a dévolu pour champ l’espace et sa simplicité ; Vous n’avez ni à semer, ni à moissonner ; il vous donne le vivre et le couvert sans que vous ayez à vous en inquiéter. »  À ces mots, rapportent le saint lui-même, les oiseaux expriment à leur façon une admirable joie, allongeant le cou, déployant leurs ailes, ouvrant le bec et le regardant attentivement.
De retour de Gubbio vers l’été 1206, François mendie pour financer la restauration de la chapelle San Damiano, mais aussi désormais de celles de San Pietro et de la Portioncule. Il décide d’« épouser Dame Pauvreté », s’habit d’une tunique avec une corde en guise de ceinture et gagne son pain de l’aumône et de travaux manuels.

 

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St François d’Assise prêchant aux Oiseaux- Giotto

Lors de la rencontre d’un lépreux, il l’embrasse plutôt que de le fuir et se prend de passion pour soigner ces pauvres hommes. « Voici comment le Seigneur me donna, à moi frère François la grâce de commencer à faire pénitence. Au temps où j’étais encore dans les péchés la vue des lépreux m’était insupportable. Mais le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux ; je les soignais de tout mon cœur ; et au retour, ce qui m’avait semblé si amer s’était changé pour moi en douceur pour l’esprit et pour le corps. Ensuite j’attendis peu, et je dis adieu au monde. » Testament 1-3.

 

Naissance de l’ordre des Franciscains

Une communauté se resserre autour de François et il fonde l’Ordre des Frères mineurs. La première règle qu’il rédige pour cet ordre sera approuvée par le pape Innocent III de manière orale, en 1210. En 1212, il accueille Claire, une jeune noble d’Assise, avec laquelle il fonde l’Ordre des pauvres dames – appelées aujourd’hui les Clarisses.

Ensuite, bien décidé à mettre fin à la guerre entre Chrétiens et Musulmans, il parvient, après avoir été capturé, à rencontrer le sultan de Babylone en personne et tente, en vain, de le convertir. Il prêche l’Évangile avec un tel charisme et une telle dévotion que le sultan lui accorde toute son attention. « Témoin en effet de cette ardeur et de ce courage, le sultan l’écoutait avec plaisir et le pressait de prolonger son séjour auprès de lui. Il offrit à François de nombreux et riches cadeaux que l’homme de Dieu méprisa comme de la boue : ce n’était pas des richesses du monde qu’il était avide, mais du salut des âmes », raconte saint Bonaventure.

Revenu en Italie, et devant ce qu’est devenue sa communauté et les désaccords qu’il entretient avec elle – notamment au sujet de l’éducation –, il se résigne à la diriger. En 1215, il crée à Bologne un troisième ordre pour les laïcs, le Tiers-Ordre, dont la première règle sera approuvée en 1221. En 1223, il invente le principe de la crèche de Noël au couvent de Greccio, près d’Assise. Il se retire ensuite dans un ermitage pour écrire la deuxième règle du Tiers-Ordre, qui sera approuvée la même année par Honorius III.

Retraite et mort

Menant toujours une vie retirée, François tombe malade et se réfugie dans une hutte près de la chapelle San Damiano, comme un retour aux origines. Dans un état très fragile, il y écrit le premier texte en italien moderne, où il fait part de son amour de toute la création et en remercie le Seigneur. Il meurt le 3 octobre 1226 dans la chapelle du Transito.

francois-dassiseL’homme qui prêchait aux oiseaux et considérait tout être vivant comme un frère est canonisé par le pape Grégoire IX deux ans après sa mort, en 1228. Ainsi saint François d’Assise, cet amoureux de la Nature et de l’unité de la Création qui prêchait l’humilité, la paix et l’Amour, est-il devenu le saint patron des louveteaux – enfants scouts de 8 à 12 ans – et des animaux. Il aimait les bêtes et, dit-on, celles-ci le lui rendaient bien, comme si elles ressentaient l’Amour bienveillant qui se dégageait de sa personne. En 1979, le pape Jean-Paul II le nomme, pour son œuvre, saint patron des écologistes. L’actuel pape François, de son aveu même, a choisi ce nom en hommage à ce saint illustre.

Après une jeunesse agitée, il a voulu toute sa vie être pauvre parmi les pauvres, « suivre nu le Christ nu ». Son nom évoque un art de vivre et une manière d’être Chrétien. « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix », disait-il dans l’une de ses prières. Il s’est fait maître de la contemplation, a chanté partout son amour de la Création, et a répandu la joie de l’Évangile. Par les similitudes de son parcours avec celui de Jésus – de là est peut-être née la légende de l’accouchement dans la paille –, on va parfois jusqu’à l’appeler « l’autre Christ ». Saint François d’Assise est fêté le 4 octobre.

Ref :
Christopher Lings
http://www.lebreviairedespatriotes.fr/03/10/2013/a-la-une/saint-francois-dassise-lhomme-qui-prechait-aux-oiseaux/